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Quelles sont les principales méthodes de valorisation ?

Par Guillaume Pommier

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7 min de lecture

Les méthodes de valorisation font parmi des notions les plus importantes en Corporate Finance. D’abord, la valorisation fait partie des travaux récurrents du banquier M&A, que ce soit dans le cadre d’un pitch (phase d’origination) ou dans le cadre d’un mandat (phase d’exécution). En effet, difficile d’acheter ou de vendre une société sans connaitre sa valeur ! Ensuite, la maîtrise des méthodes de valorisation est très fréquemment évaluée pendant les entretiens en M&A. Par conséquent, c’est important de les connaitre et surtout de bien les comprendre.

Dans cet article, nous passons en revue les principales méthodes de valorisation, leur fondement et leur utilisation. A chaque fois, vous pouvez retrouver plus de détails toutes ces méthodes dans notre cours dédié aux méthodes de valorisation sur la plateforme.

Les trois méthodes de valorisation traditionnelles

Les trois principales méthodes de valorisation sont les comparables boursiers, les transactions comparables et le DCF. Les deux premières (comparables boursiers et transactions précédentes) sont des méthodes analogiques. La troisième (DCF) est une méthode intrinsèque.

Les méthodes analogiques

Les méthodes analogiques reposent sur la comparaison de la cible avec des sociétés analogues, qu’on appelle des comparables.

  • Dans le cas des comparables boursiers (« trading comparables » en anglais), les sociétés analogues sont des entreprises cotées en bourse. Et le point de comparaison est le cours de bourse des entreprises comparables
  • Dans le cas des transactions précédentes ( « precedent transactions » en anglais), les sociétés analogues sont des entreprises qui ont fait l’objet d’une acquisition dans une période relativement récente. Et le point de comparaison est le prix par action offert par l’acquéreur pour racheter l’entreprise

Le fondement des deux méthodes analogiques réside donc dans la capacité du banquier à extérioriser un prix pour chaque entreprise comparable (cours de bourse ou prix par action offert par l’acquéreur), calculer des multiples de valorisation à partir de ce prix et appliquer ces multiples à la cible qu’il cherche à valoriser. Ce travail repose sur trois grandes étapes, qui sont d’ailleurs communes aux deux méthodes analogiques :

Etape 1 : Sélectionner un échantillon d’entreprises comparables

Cette sélection se base sur l’application de plusieurs critères de sélection. Ces critères sont très précisément décrits dans le cours dédié aux méthodes de valorisation sur la plateforme Training You. Evidemment, ce qu’on peut déjà dire à ce stade, c’est que ces entreprises comparables sont nécessairement cotées en bourse pour la méthode des comparables boursiers et ont fait l’objet d’une acquisition pour les comparables transactionnels. En effet, dans les deux cas, le banquier M&A peut extérioriser un prix et construire à partir de ce prix une analyse comparative

Etape 2 : Calculer des multiples

Une fois l’échantillon d’entreprises comparables construit, le banquier M&A calcule des multiples. Les multiples permettent de rapporter une valeur absolue (Enterprise Value, Equity Value) à un agrégat comptable de l’entreprise (chiffre d’affaires, EBITDA, résultat net, etc.). Par exemple, le multiple le plus couramment utilisé pour les méthodes analogiques est EV/EBITDA. Pour obtenir une revue de l’ensemble des multiples utilisables et comprendre comment les calculer pour chaque méthode, nous vous renvoyons encore une fois à notre cours de valorisation

Etape 3 : Appliquer une moyenne ou médiane des multiples à la cible

Après avoir calculé des multiples pour chacune des entreprises comparables, le banquier applique leur moyenne ou médiane à l’agrégat pertinent de la cible. Par exemple, si la médiane des multiples EV/EBITDA ressort à 10 fois et que l’EBITDA de la cible est de 150 millions d’euros, l’EV de la cible s’élèvera avec 1,5 milliards d’euros

La méthode intrinsèque du DCF

La méthode intrinsèque du DCF (« Discounted Cash Flows » en anglais) considère que la valeur de l’entreprise correspond à la valeur présente de l’ensemble des  flux de trésorerie disponibles (« Free Cash Flows » en anglais) qu’elle génèrera  à l’avenir. Cette méthode s’appele « intrinsèque » car elle se base principalement sur les performances de la cible elle-même et non sur des entreprises comparables. Le fondement de la méthode du DCF réside dans l’actualisation de ses flux de trésorerie disponibles. Ce travail repose sur trois étapes :

Etape 1 : Calculer les flux de trésorerie disponibles sur un horizon explicitement défini

Ce calcul s’appuie essentiellement sur le Business Plan de l’entreprise sur les prochaines années (généralement entre 5 et 7 ans, mais c’est variable). Pour savoir comment calculer les flux de trésorerie disponibles et comprendre la logique financière derrière chacun des éléments de la formule de calcul, vous pouvez visionner la section réservée au DCF dans notre cours de valorisation

Etape 2 : Actualiser les flux de trésorerie disponibles

Une fois les flux de trésorerie disponibles calculés, le banquier M&A doit les actualiser. En effet, la théorie de la « valeur temps de l’argent » nous apprend qu’un euro demain ne vaut pas tout à fait le même euro aujourd’hui. Puisque le détenteur de cet euro peut le placer à un taux d’intérêt et gagner un petit surplus lié à la rémunération de son placement dans le temps. C’est le principe même de l’épargne. Par conséquent, si le « Free Cash Flow » de l’année 3 (donc celui dans 3 ans) s’élève à 50 millions d’euros, sa valeur présente sera inférieure. Mais de combien ?

En réalité, l’actualisation dépend de la probabilité de recevoir effectivement ces 50 millions d’euros dans 3 ans, et donc inversement du risque de ne pas les toucher… Ce risque est capturé par un taux d’actualisation : le WACC (« Weighted Average Cost of Capital ») en anglais ou le CMPC (« Coût Moyen Pondéré du Capital ») en français. Concrètement, le banquier actualise chaque « Free Cash Flow » à l’aide de ce taux, qui représente par ailleurs le coût global du financement pour l’entreprise. Plus l’entreprise est « risquée », plus ses flux futurs sont incertains et plus le taux d’actualisation sera élevé. Cela réduira mécaniquement la valeur présente des flux futurs et donc la valorisation obtenue avec le DCF. Les détails de ce mécanisme d’actualisation sont parfaitement explicités dans le cours de valorisation sur la plateforme

Etape 3 : Calculer la valeur terminale

La somme des flux de trésorerie disponibles actualisés sur l’horizon explicite correspond à la valeur de l’entreprise pendant cette période. Or, l’entreprise ne vas pas disparaitre après. Le banquier M&A doit donc calculer la valeur présente de l’ensemble des « Free Cash Flows » au-delà de cette période, et ce jusqu’à l’infini. C’est précisément l’objectif de la valeur terminale. Cette valeur se calcule de deux manières : Gordon-Shapiro ou les multiples. Chacune d’entre elle est détaillée dans notre cours de valorisation

Les autres méthodes de valorisation

Les méthodes traditionnelles sont les plus souvent utilisées. Mais au-delà de ces trois méthodes, le banquier M&A détient d’autres cordes à son arc de valorisation. Passons en revue rapidement quelques méthodes additionnelles pouvant être utilisées pour valoriser une entreprise.

Les méthodes de valorisation des sociétés cotées

D’abord, deux méthodes s’appliquent uniquement aux sociétés cotées en bourse car elles reposent sur l’analyse de l’évolution du cours de bourse sur une période récente.

La méthode du « Share Price »

Cette méthode consiste à calculer la moyenne du cours de bourse de la cible sur une période récente (3 mois, 6 mois, 12 mois) et s’en servir comme référence pour en déduire sa valeur. Elle est certes assez simpliste, mais donne une idée très précise du prix payé concrètement par des investisseurs pour acheter une action de l’entreprise. Par conséquent, elle est une référence pertinente pour obtenir une idée de combien elle vaut. Le banquier M&A doit néanmoins faire attention aux variations du cours de bourse qui seraient liées non pas à l’évolution de la valeur fondamentale de la société, mais davantage à un choc externe.

Par exemple, si un acquéreur annonce son intention de lancer une offre publique (OPA ou OPE) sur la société, alors il est plus que probable que son cours de bourse grimpe de manière rapide par simple réaction à cette information. C’était par exemple le cas du cours de M6 début 2021 quand RTL Group a confirmé une potentielle cession de la chaîne

La méthode du « Target Price »

Cette méthode repose sur l’opinion des brokers qui suivent la société. Dans leurs notes de recherche (appelée aussi notes de brokers et disponibles à travers des bases de données payantes comme Bloomberg ou Refinitiv), ils indiquent un cours de bourse cible pour l’entreprise, basé sur leur prévision concernant l’évolution du cours de bourse dans les prochaines semaines. Si le cours prévisionnel est supérieur au cours de bourse actuel, ils recommandent aux investisseurs d’acheter le titre. Dans le cas contraire, ils conseillent de le céder. De la même manière que pour la méthode du « Share Price », le banquier M&A doit cependant faire attention aux dates de publications de ces notes. Car des prévisions antérieures à un évènement impactant pour l’entreprise (ex : publication de ses résultats, acquisition d’une entreprise, cession d’une filiale, changement du CEO) seront vite obsolètes

La méthode LBO

Ensuite, la méthode LBO s’utilise pour valoriser une entreprise qui est sur le point de faire l’objet d’un LBO, autrement dit une opération à effet de levier (avec un financement significatif en dette) par un fonds de Private Equity. Concrètement, la méthode LBO permet de répondre à la question suivante : quel montant le fonds de Private Equity peut-il  injecter en Equity pour faire le LBO, étant donné ses différentes contraintes de financement (levier financier), opérationnelles (Business Plan de la cible) et financières (TRI exigé par les LPs) ? Pour comprendre les différentes étapes de la méthode et avoir un exemple chiffré, nous vous conseillons de visionner la partie dédiée à la méthode LBO dans notre de valorisation sur la plateforme.

Les méthodes patrimoniales

Enfin, les méthodes patrimoniales reviennent à évaluer chaque élément de l’actif et du passif exigible de l’entreprise puis à en déduire la valeur de son actif net. Cette actif net s’obtient en calculant la différence entre la somme des actifs diminué du passif exigible. Dans cet exercice particulièrement difficile, le banquier M&A doit réévaluer chaque élément du bilan de l’entreprise en partant de sa valeur comptable, en fonction de ses propres hypothèses et de la santé financière de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle faire un ANR ou Actif Net Réévalué. En général, ces méthodes s’utilisent dans des situations spéciales comme une restructuration.

Pour conclure, les méthodes de valorisations sont des notions à absolument connaitre si vous souhaitez faire un stage en M&A ou Corporate Finance. Les recruteurs testent les candidats presque systématiquement sur ces méthodes. Alors donnez-vous toutes les chances de bien maitriser la valorisation avec les cours et cas pratiques que nous proposons pour vous préparer aux entretiens.

Vous souhaitez en savoir plus sur les méthodes de valorisation et les autres concepts financiers ?

Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance. Fondée par deux anciens banquiers de Lazard, elle regroupe tout ce que vous devez connaitre pour réussir les process de recrutement en M&A, Private Equity et autres métiers en Corporate Finance : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur.

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Qu’est-ce que le WACC ?

Le WACC est une notion fondamentale en Corporate Finance, à la fois régulièrement testée pendant les entretiens et souvent utilisée en poste. Le mot « WACC » est l'abréviation de « Weighted Average Cost of Capital », en français « Coût Moyen Pondéré du Capital » (ou « CMPC »). Dans cet article, nous étudierons d’abord le concept de WACC ainsi que ses principaux cas d’application. Ensuite, nous aborderons les spécificités inhérentes au calcul du WACC. Enfin, nous mentionnerons les facteurs qui peuvent faire varier le WACC. 1) Le WACC : un concept fondamental de la finance d’entreprise De manière générale, le WACC représente le coût de financement global d’une entreprise. Pour l’entreprise, le WACC est le taux auquel elle peut se financer auprès des investisseurs. Pour les investisseurs, c’est le taux de rendement minimum qu’ils attendent de l’entreprise en contrepartie de leurs investissements. Ces investisseurs sont à la fois les actionnaires (qui financent l’entreprise en achetant ses actions) et les créanciers (qui financent l’entreprise en lui attribuant des prêts). Le WACC dans le cadre d’une valorisation par DCF Premièrement, le WACC est utilisé pour valoriser une entreprise dans le cadre de la méthode du Discounted Cash Flow ou « DCF ». Cette méthode repose sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs générés par l’entreprise à un taux d’actualisation. Et ce taux est le WACC ! On utilise la formule ci-dessous : Avec : CF1, CF2, CFn : Flux de trésorerie pour les années 1, 2 et n Valeur Terminale : CFn x (1+g) / (WACC - g) avec g taux de croissance à l’infini (si on utilise la formule de Gordon Shapiro) Dans ce cas, l’actualisation des flux de trésorerie futurs de la société avec le WACC permet de prendre en compte : La valeur temps de l’argent. Recevoir 100€ dans 5 ans a moins de valeur que les avoir dans sa poche dès aujourd’hui car nous pourrions utiliser à bon escient ces 100€ dès maintenant pour faire augmenter leur valeur. Exemple : les placer à un taux d’intérêt de 5% par an, les investir dans une nouvelle machine plus performante, etc. Le risque de cet argent. Plus le risque de ne pas recevoir l’argent en contrepartie de leur investissement est grand pour les investisseurs, plus le WACC est élevé. Pour les actionnaires, cet argent est les dividendes qu’ils peuvent recevoir au fil du temps et le prix de revente de leurs actions. Pour les créanciers, cet argent est les intérêts financiers (dans le cadre d’une dette bancaire) ou les coupons (dans le cadre d’une dette obligataire) qu’ils recevront chaque année et le montant du principal à l’échéance Le WACC dans le cadre d’une analyse de création de valeur Deuxièmement, le WACC s'utilise dans le cadre de l’analyse de création de valeur. Dans ce cas, il se compare au taux de rentabilité opérationnelle de la société, lui-même mesuré par le « ROCE » ou « Return on Capital Employed ». Précisément, on a : Avec : EBIT : Earnings Before Interests and Taxes (EBITDA - D&A) Valeur comptable de l’actif économique : Actif immobilisé + BFR (Besoin en Fonds de Roulement) Ici, deux possibilités : Le ROCE est supérieur au WACC. Le taux de rentabilité opérationnelle de l’entreprise est supérieur au taux auquel elle se finance. Le rendement des investissements est plus élevé que leur coût. Par conséquent, l’entreprise crée de la valeur pour les investisseurs Le ROCE est inférieur au WACC. Le taux de rentabilité opérationnelle de l’entreprise est inférieur au taux auquel elle se finance. Le rendement des investissements est plus faible que leur coût. Par conséquent, l’entreprise détruit de la valeur pour les investisseurs Le WACC dans le cadre de la rentabilité d’un projet Troisièmement, le WACC s'utilise pour évaluer la viabilité financière d’un projet. Pour cela, il se compare au rendement attendu du projet. Comme pour l’entreprise, l’évaluation d’un projet est possible en actualisant les flux futurs qu’il génère à son coût de financement. Ici, le WACC est le taux d’actualisation qui permet de calculer la Valeur Actuelle Nette (ou la « VAN ») du projet. On a : Ici, deux possibilités : La VAN est positive. Les flux futurs actualisés couvrent l’investissement de départ. Le projet est viable. Dans ce cas, on dit aussi que le WACC est inférieur au TRI (le taux pour lequel la VAN est nulle, c’est-à-dire pour lequel les flux futurs du projet couvrent exactement le montant de l’investissement) La VAN est négative. L’investissement de départ est plus élevé que la somme des flux futurs générés par le projet. Il n’est pas viable. Dans ce cas, on dit que le WACC est supérieur au TRI 2) Le WACC : une formule de calcul à savoir mais surtout à comprendre Le WACC se calcule comme la moyenne du coût des capitaux propres (taux minimum exigé par les actionnaires) et du coût de la dette après impôts (taux minimum attendu par les créanciers) pondérée par la part des capitaux propres et de la dette dans le financement de l’actif économique. La formule de calcul du WACC Formellement, on a : Avec : re : Coût des capitaux propres rd : Coût de la dette t : Taux d’imposition des sociétés D : Valeur de marché de la dette E : Valeur de marché des capitaux propres L'explication de la formule du WACC Ici, le WACC est une moyenne pondéré de deux coûts : Le coût des capitaux propres. Il s’obtient à l’aide du MEDAF (Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers) en ajoutant au taux de rendement de l’actif sans risque (généralement une obligation d’Etat) une prime de risque (car détenir une action est plus risqué qu’une obligation d’Etat). Cette prime de risque dépend de plusieurs facteurs : le secteur d’activité de la société, son niveau d’endettement et le niveau de risque du marché pris dans son ensemble Le coût de la dette. Il s’obtient en ajoutant une prime de risque (« spread ») au taux interbancaire en vigueur (ex : le taux « Euribor » au sein de l’Union Européenne, le taux « Libor » au Royaume-Uni, etc.) Pour obtenir plus de détails et comprendre comment obtenir le coût des capitaux propres et le coût de la dette, vous pouvez retrouvez le cours de valorisation sur la plateforme Training You. Cette formule du WACC pose quand même un problème de « circularité ». En effet, le WACC dépend de la valeur de marché des capitaux propres. Or, on calcule le WACC pour obtenir par DCF une valorisation des capitaux propres de la société… Pour les entreprises cotées, une solution serait de considérer que la valeur de marché des capitaux propres est sa capitalisation boursière. Mais cela signifie alors que les marchés financiers sont 100% efficients ! Et cela ne règle pas le sujet pour les entreprises non cotées ! Plus d’informations sont disponibles dans les cours sur la plateforme. 3) Le WACC : un taux qui dépend surtout du risque économique Plus le WACC est faible, plus les flux futurs générés par l’entreprise seront élevés et plus sa valorisation sera forte ! Alors, existe-t-il un moyen de réduire le WACC, c’est-à-dire de minimiser le coût de financement de l’entreprise ? En théorie, le WACC dépend surtout du risque de l’actif économique Le WACC varie selon les caractéristiques économiques du secteur d’activité dans lequel évolue l’entreprise. Par exemple : La structure des coûts. Plus les coûts fixes sont élevés, plus l’entreprise est sensible à la conjoncture économique et plus le WACC est élevé La sensibilité à la conjoncture économique. Certains secteurs amplifient structurellement les variations de l’activité économique. Les entreprises appartenant à ces secteurs ont un WACC plus élevé La visibilité de l’activité. La prévisibilité des flux futurs réduit le risque de l’investisseur et donc le WACC de l’entreprise Le taux de croissance des résultats. Un taux de croissance élevé signifie qu’une grande partie de la valeur de l’entreprise s’explique par des flux éloignés dans le temps. Le risque de l’investisseur augmente, le WACC aussi En pratique, le WACC peut être réduit par un recours équilibré à la dette Selon la théorie des marchés en équilibre et sans distorsions fiscales, le WACC est indépendant des sources de financement de l’entreprise. Ainsi, il n’existe pas de « structure financière optimale » qui minimise le WACC et maximise la valeur de l’entreprise. La théorie de Modigliani et Miller Cependant, un monde sans impôt est une utopie. En prenant en compte les biais inhérents à notre monde (fiscalité, coûts de faillite, asymétrie d’informations, etc.), Franco Modigliani et Merton Miller nuancent la première idée en proposant une structure de financement « idéale ». En effet, jusqu’à un certain point, le recours à l’endettement permet de réduire le WACC et donc augmenter la valeur de l’entreprise en raison de la déductibilité des frais financiers. Concrètement : Les créanciers reçoivent les intérêts financiers avant leur imposition Les actionnaires perçoivent les dividendes après paiement de l’impôt. Car les dividendes ne sont pas déductibles de l’assiette de l’impôt sur les sociétés Mais au-delà d’un certain niveau d’endettement, le risque de faillite prend le pas sur l’avantage fiscal. Et le WACC augmente à nouveau, formant une courbe en « U ». Ici, la structure financière optimale est atteinte quand la valeur actuelle des économies d’impôts est compensée par une augmentation de la valeur actuelle des couts de dysfonctionnement et de faillite. Dans ce cadre, la valeur de l'actif économique de l'entreprise endettée est égale à la valeur de l'actif économique d'une entreprise non endettée majorée de la valeur actuelle de l'économie d'impôt lié à la déductibilité fiscale des intérêts de la dette. L'introduction de la fiscalité par Miller En 1977, Merton Miller reviendra sur cette théorie, en intégrant la fiscalité des entreprises mais aussi des particuliers dans le raisonnement. Selon lui, la prise en compte de ces deux fiscalités produit les mêmes conclusions que celles de 1958 (sans aucun impôt) : le financement de l’actif économique entre capitaux propres et dette n'a aucun impact sur la valeur de l’entreprise. Pour conclure, le WACC est un concept très important en Corporate Finance. D’abord, il est couramment utilisé par les banquiers en poste : valoriser une société, calculer la création de valeur pour les actionnaires, savoir si le lancement d’un projet est rentable. Ensuite, il est régulièrement évalué en entretien par les recruteurs. C’est donc essentiel de bien comprendre sa définition, savoir comment le calculer et en maîtriser toutes les dimensions. Vous souhaitez en savoir plus sur le WACC et les autres concepts financiers ? Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate. 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Par Training You

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Comment valoriser une startup ?

Il existe de nombreuses méthodes de valorisation possibles pour évaluer le prix de cession d'une entreprise. Dans le cas où vous souhaiteriez maîtriser les principales méthodes de valorisation (les comparables boursiers, les transactions précédentes et le DCF), un cours complet sur la Valorisation est disponible sur la plateforme Training You. Comme cela, l'évaluation du prix de cession d'une entreprise ne sera plus un secret pour vous ! Mais valoriser une startup requiert une expertise particulière. Dans cet article, nous nous pencherons plus précisément sur le cas des méthodes de valorisation utilisées pour valoriser une startup. Dans les faits, elles sont exactement les mêmes que pour les autres entreprises. Mais certaines spécificités doivent être connues par les banquiers M&A pour adapter ces méthodes de valorisation à la startup. Valoriser une startup avec les méthodes traditionnelles La méthode DCF La méthode DCF repose sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs générés par l’entreprise. Elle se divise en trois étapes. D’abord, on calcule la valeur de l’entreprise sur un horizon explicite, en général entre 5 et 7 ans. Ensuite, on calcule la valeur de l’entreprise au-delà de cette période en utilisant la valeur terminale. Enfin, chaque flux est actualisé (ou ramener à sa valeur présente) à un taux qui représente le risque opérationnel de l’entreprise. Ce taux reflète aussi le coût de financement global pour l’entreprise, défini comme le taux de rendement minimum exigé par l’ensemble des pourvoyeurs de fonds pour financer l’entreprise. Pour valoriser une startup, ces trois étapes sont parfaitement valides. Cependant, la durée de l’horizon explicite doit souvent être supérieure à 5 ou 7 ans. En effet, une startup n’est presque jamais rentable dans les premières années d’activité. Son EBITDA est souvent négatif, et ses flux de trésorerie disponibles aussi. Si l’ensemble des flux de trésorerie disponibles calculés pendant la période de projection (prenons par exemple 5 ans) sont négatifs, alors plus de 100% de la valeur d’entreprise est liée à la valeur terminale. Cela n’a aucun sens en théorie financière. Surtout, cette valeur terminale doit être calculée en utilisant un flux de trésorerie « normatif ». Ce flux doit représenter les flux générés par l’entreprise sur le long terme. Que faire si ce dernier est négatif ? Cela n’a aucun sens. Par conséquent, on prolonge l’horizon explicite (10 ou 15 ans) le temps que la startup soit rentable, avec des flux de trésorerie positifs pendant quelques années. Les méthodes des multiples La méthode des multiples renvoie au comparables boursiers ou transactions précédentes. Le principe est le suivant. D’abord, on sélectionne un échantillon d’entreprises comparables, soit des entreprises cotées en bourse (ce sont les comparables boursiers ou trading comparables) soit des entreprises ayant fait l’objet d’une acquisition dans les précédentes années (ce sont les transactions transactionnels ou précédente transaction). Ensuite, on calcule un multiple pour chacune des entreprises comparables qui constituent les échantillons. Le multiple le plus couramment utilisé est EV/EBITDA. Enfin, on applique la moyenne ou la médiane des multiples à un agrégat de l’entreprise que l’on cherche à valoriser, ici l’EBITDA par exemple. Cependant, les startups ont souvent un EBITDA négatif ou très faible dans les premières années de leur existence. Il est alors pertinent de calculer des multiples qui utilisent un autre agrégat que l'EBITDA. On pourra alors utiliser le chiffre d’affaires (EV/Revenue) ou des indicateurs opérationnels (par exemple le nombre d’utilisateurs pour une plateforme). De la même manière que pour les autres entreprises, on calculera une moyenne ou médiane qu’on appliquera ensuite à l’entreprise à valoriser. En conclusion, pour valoriser une startup, on utilise les mêmes méthodes de valorisation qu'une autre entreprise. Néanmoins, ces méthodes doivent s’adapter aux spécificités des startups, en particulier le manque de rentabilité dans les premières années. Valoriser une startup avec d'autres méthodes  La méthode du Venture Capital La méthode du Venture Capital ressemble à la méthode du LBO pour les fonds de Private Equity. Premièrement, elle se place du point de vue de l’investisseur. Deuxièmement, elle prend en compte ses différentes contraintes. Concrètement, la méthode du VC répond à la question suivante : si je veux investir un certain ticket (contrainte de financement), à quelle valorisation dois-je le faire pour obtenir ce rendement (contrainte de rentabilité), étant donné l'évolution supposée de la startup et le multiple auquel je pourrai sortir (contraintes opérationnelles) ? Passons en revue les contraintes : Contrainte de financement. Le fonds a établi une stratégie d'investissement et doit injecter des tickets à l'intérieur d'une certaine fourchette. Exemple : entre 10m€ et 30m€ Contrainte de rentabilité. Le fonds doit atteindre un certain TRI pour rendre l'argent à ses LPs (investisseurs) et se payer aussi. Cette contrainte inclut aussi la dilution que le fonds va nécessairement subir au fur et à mesure des prochains tours de table. Par exemple, s'il prend une participation de 20% aujourd'hui, il détiendra certainement moins que cela à sa sortie (sauf s'il réinvestit lors des prochaines levées) Contrainte opérationnelle. Cela correspond à l'évolution du marché de la startup et de son Business Plan sur ce marché. Cette contrainte prendre aussi en compte le risque de faillite, surtout si la startup est encore en « early stage » On peut noter que la méthode du Venture Capital se base sur plusieurs hypothèses qui sont par nature très incertaines au stade de maturité de l'entreprise (Business Plan, multiples de sortie, etc.). La méthode du Scorecard La méthode du Scorecard est une variante des multiples. Elle repose sur la comparaison de la cible avec d'autres startups similaires dans le même stade de développement. Les étapes sont les suivantes : Identification des facteurs de valorisation. Exemples : expérience de l'équipe fondatrice, taille du marché cible, technologie, traction du marché, concurrence, etc. Attribution de scores aux facteurs de valorisation (par rapport à d'autres startups au même stade de développement). Par exemple, une startup avec une équipe fondatrice expérimentée a un score plus élevé que celle avec une équipe moins expérimentée Pondération des facteurs de valorisation (en fonction de leur importance relative pour la valorisation globale de la startup) Calcul de la valorisation. Cela repose sur l'agrégation des scores pondérés de chaque facteur de valorisation Ajustements et négociations (en fonction d'autres facteurs). Exemples : niveau de risque associé à l'investissement, perspectives de croissance, conditions du marché En résumé, la méthode du Scorecard évalue la valeur relative de la startup en fonction de ses caractéristiques spécifiques et du contexte du marché. Pour conclure, valoriser une startup n'est pas facile. Par conséquent, les investisseurs appliquent souvent une règle simple : la proportionnalité ! Premièrement, il sait combien il va investir. Car cela dépend de la taille moyenne du ticket et des besoins de la startup. Deuxièmement, il sait le pourcentage qu'il veut détenir à chaque tour. Car cela dépend des projections concernant les prochaines levées et donc la dilution qu'il va subir dans le futur. Par conséquent, la valorisation est souvent une résultante de ces deux données. Par exemple, le fonds injecte 10m€ et veut détenir 20% post-money (valorisation après la levée de fonds). La valorisation post-money est donc de 50m€ (10m€/20%). Et la valorisation pre-money (avant la levée de fonds) est de 40m€ (50m€ - 10m€). Pour en apprendre davantage, vous pouvez visionner le cours de Venture Capital sur la plateforme Training You. Vous voulez travailler en M&A ou Venture Capital ? C'est possible ! Mais vous devez travailler dur pour réussir les process de recrutement. Ils sont exigeants. Les recruteurs évaluent les candidats sur plusieurs dimensions : connaissance du métier, fit avec les équipes, maîtrise des connaissances techniques en finance, capacité d'analyse et de synthèse, etc. Pour vous aider, la plateforme Training You contient plus de 60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours sur le fit et la technique (dont un cours dédié au Venture Capital), des exercices et cas pratiques, des fiches sur les banques et fonds d’investissement et des podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Guillaume Pommier

5 min de lecture

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5 concepts économiques à maîtriser pour la valorisation en M&A

Les entretiens en M&A sont très sélectifs. La valorisation fait partie des thématiques systématiquement évaluées pendant l'entretien en M&A. Pour réussir l’entretien M&A, c’est très important de comprendre et savoir dérouler les principales méthodes de valorisation : DCF, méthodes analogiques, LBO et autres. Pour briller sur la valorisation en M&A, vous devez maîtriser certains concepts économiques. Dans cet article, nous parcourons 5 concepts à connaitre pour briller en valorisation lors d'un entretien en M&A. 1) Valorisation en M&A : Le « Risk Free Rate » Le « Risk Free Rate » (ou « taux sans risque » en français) est le taux d’intérêt exigé par un investisseur pour détenir un actif supposé « sans risque ». En général, l’actif sans risque correspond à une dette émise par un Etat (une dette souveraine) qui jouit d’une bonne réputation sur les marchés financiers de sorte que son risque de faillite est quasi-nul voire nul. Pour la France Pour la France, il est commun d’utiliser le taux d’intérêt exigé par les investisseurs pour détenir une OAT (Obligation Assimilable au Trésor) à horizon 10 ans. Concrètement, l’Etat français émet des OAT pour assurer son financement à moyen et long terme La première OAT a été émise en 1985 par Pierre Bérégovoy qui était alors Ministre des Finances. Depuis 2001, c’est l’Agence France Trésor qui est chargée de l’émission de la dette souveraine. Les taux de l’OAT sont publics et disponibles sur le site de la Banque de France. En octobre 2023, le rendement attendu sur l’OAT à 10 ans s’élevait à 3,5%. Ce chiffre est nettement plus élevé par rapport aux années 2010 en raison du retour de l’inflation depuis 2022 Pour l'Europe Pour un pays européen dont les finances publiques seraient moins stables que la France, on peut utiliser comme référence l’obligation émise par l’Etat allemand (dont les finances publiques sont considérées comme les plus stables du continent). Dans ce cas, on prendra le « Bund » à 10 ans. Ce taux s’établissait autour de 2,4% en novembre 2023. Parfois, il est aussi possible d’utiliser l’EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate) qui correspond au taux interbancaire auquel les banques peuvent s’échanger de l’argent entre elles Pour les Etats-Unis Pour les Etats-Unis, c’est la même idée. On utilise une obligation émise par le trésor américain sur le long terme (en général 10 ans). On les appelle les « Treasury Bonds ». Leur rendement s’élevaient autour de 4% en novembre 2023 Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le « Risk Free rate » est le point de départ du calcul du coût des capitaux propres en utilisant le MEDAF (Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers) ou « CAPM » (Capital Asset Pricing Model) en anglais. Concrètement, le coût des capitaux propres (qui correspond au taux de rendement exigé par les actionnaires pour détenir une action) est la somme entre le rendement exigé pour détenir l’actif sans risque et une prime de risque (qui intègre le risque additionnel de détenir une action par rapport à l’actif sans risque). On a : Coût des capitaux propres = Risk Free Rate + Prime 2) Valorisation en M&A : Le taux d’inflation Le taux d’inflation s'obtient en comparant le prix total d’un panier de biens et services au cours d’une période donné à celui relevé pour une période précédente. En effet, dans une économie de marché (comme la France, l’Europe ou les Etats-Unis), les prix varient. Précisons deux points. Premièrement, l’inflation intervient lorsque les prix augmentent globalement et non seulement le prix de certains biens et services. Deuxièmement, la mesure de l’inflation se base sur les dépenses moyennes de l’ensemble des ménages (selon le poids des différents biens et services achetés). Pour l’année 2023, le taux d’inflation prévisionnel est de 5,8% pour la France, 5,2% dans les pays de l’Union Européenne et 4,5% aux Etats-Unis. Notons que ces taux sont bien plus élevés que ceux connus depuis 20 ans dans les pays développés ! Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le taux d’inflation est l’une des deux références qu’on peut utiliser pour approximer le taux de croissance à l’infini (ou « Perpetual Growth Rate » an anglais) lors du calcul de la Valeur Terminale. En effet, selon la méthode de Gordon-Shapiro, la Valeur Terminale (qui capture la valeur de l’entreprise au-delà de l'horizon explicite) se calcule de la manière suivante : Valeur Terminale = FCF normatif x (1+g) / (WACC-g) Avec : FCF normatif: flux de trésorerie disponible à la fin de l'horizon explicite g: taux de croissance à l'infini (souvent le taux d'inflation ou le taux de croissance du PIB) WACC : coût moyen pondéré du capital 3) Valorisation en M&A : Le taux de croissance Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un indicateur économique permettant de mesurer la production de richesses d’un pays, c’est-à-dire la valeur de tous les biens et services produits dans le pays sur une année. La variation du PIB d’une année sur l’autre permet de mesurer le taux de croissance économique d’un pays qu’on appelle aussi le taux de croissance du PIB. À l’inverse, une diminution du PIB traduit une décroissance de l’économie. Souvent, le PIB par habitant reflète aussi le « niveau de vie » dans le pays. En 2022, le taux de croissance du PIB était de 2,5% en France, 3,5% pour l'Union Européenne (et la zone euro) et 2,1% aux Etats-Unis. Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le taux de croissance du PIB est l’autre référence (avec le taux d’inflation) qu’on utilise pour approximer le taux de croissance à l’infini (« Perpetual Growth Rate ») lors du calcul de la Valeur Terminale. Entre 2012 et 2022, les banquiers M&A adoptent une approche conservatrice dans le calcul de la Valeur Terminale (faible inflation) en utilisant le taux d’inflation. Depuis 2022, le taux de croissance du PIB devient (au moins à court terme) une meilleure référence pour approximer le taux de croissance à l’infini. En effet, une croissance des flux de l’entreprise à l’infini basée sur l’inflation aujourd’hui serait bien trop élevée et irréaliste !  4) Valorisation en M&A : La prime de contrôle La prime de contrôle est le surplus de prix payé par un acquéreur pour détenir le contrôle d’une entreprise au-delà d’un certain montant. Dans le cadre d’une offre publique (OPA ou OPE sur une société cotée), ce montant est par exemple le cours de bourse, correspondant à la valeur boursière en vigueur du titre et qui résulte des échanges entre les investisseurs sur le marché boursier. En théorie, son fondement repose sur la valeur actuelle des synergies attendues dans le cadre du rachat. Ces synergies proviennent de l’augmentation des revenus (ex : ventes croisées, accès à de nouveaux marchés, etc.) ou de la diminution des coûts (ex : économies d’échelle, suppression des doublons, etc.). Par conséquent, l'acquéreur peut payer « plus cher » que la valeur « standalone » de la cible. Evidemment, la valeur présente des synergies dépend principalement du niveau de complémentarité entre les deux entreprises En pratique, la prime de contrôle oscille souvent entre 20% et 30% du prix par action. Mais ce chiffre peut aussi augmenter en fonction du contexte concurrentiel sur l’opération (compétition entre les acheteurs pour la cible). 5) Valorisation en M&A : Les multiples EV/EBITDA selon les secteurs Dans le cadre d’une valorisation avec les méthodes analogiques (comparables boursiers ou transactions précédentes), on utilise des multiples à partir d’un agrégat bénéficiaire de l’entreprise pour arriver à la valeur de la cible. Le multiple le plus couramment utilisé est EV/EBITDA. En effet, l’EBITDA est la véritable mesure de la performance opérationnelle de l’entreprise (qui résulte de son exploitation) avant prise en compte de sa politique d’investissement (D&A), financière (Interests) et fiscale (Taxes). En France, les entreprises sont en moyenne valorisées autour de 10x l’EBITDA fin 2023, tous secteurs confondus. Mais cette moyenne cache aussi de forte disparités sectorielles. En effet, il est peu pertinent d’appliquer un multiple d’une entreprise du secteur pharmaceutique à une entreprise industrielle par exemple. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la manière dont les investisseurs valorisent une entreprise dépend de son secteur d’activité, plus précisément de plusieurs facteurs sectoriels (croissance, niveau de rentabilité dégagé sur cette activité, contexte concurrentiel, etc.). Voici quelques exemples de multiples EV/EBITDA par secteur en au 3ème trimestre 2023 :   Vous souhaitez faire un stage en M&A ? Les banques d’affaires recrutent chaque année des stagiaires. Cependant, les process de recrutement sont de plus en plus compétitifs. Pour optimiser vos chances de réussite, c’est avec Training You ! 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Par Ziad Sebti

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