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Centerview, la boutique M&A qui défie les grandes banques

Par Théa Chaduteau

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6 min de lecture

Centerview fait de plus en plus rêver les candidats. Dans le monde feutré des banques d’affaires, de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement pour concurrencer les grandes institutions traditionnelles, souvent en place depuis plusieurs décennies (plus d’un siècle parfois…). Parmi ces nouveaux acteurs, ce sont les « boutiques » M&A qui prennent le plus de place. La « boutique » est une structure indépendante. Elle ne possède pas de bilan. Son seul service offert au client, c’est le conseil. Au contraire, les banques universelles (telles que BNP Paribas, Goldman Sachs et autres) font à la fois du conseil et d’autres activités (financement, trading, etc.).

Et parmi ces nouvelles « boutiques » M&A, Centerview figure en bonne place ! Mieux, elle se distingue par un parcours « fulgurant » depuis sa création aux États-Unis en 2006. Au point de détrôner les « vieilles maisons » comme Lazard ou Rothschild ?

Dans cet article, nous allons d’abord revenir sur les origines de Centerview, puis raconter son arrivée tonitruante à Paris et enfin parcourir le process de recrutement original mis en place par la boutique à Paris.

Centerview : la « petite boutique M&A » qui concurrence les géants de Wall Street

Les origines de Centerview

Centerview a été fondée en juillet 2006 par un groupe de banquiers d’affaires aux Etats-Unis. Parmi eux, on retrouve Blair Effron (ancien vice-président d’UBS), Robert Pruzan (ancien président de Wasserstein Perella & Co) et d’autres personnalités influentes du Wall Street de l’époque comme Stephen Crawford (ancien co-président de Morgan Stanley), Adam Chinn (ancien associé de Wachtell Lipton) ou James Kilts (ancien PDG de Gillette).

L’idée est claire : concurrencer frontalement les grandes banques de Wall Street qui détiennent à cette époque la grande majorité du marché tant convoité des M&A. La recette est simple : capitaliser sur le réseau respectif des co-fondateurs et innover avec une politique marketing agressive. En effet, les premiers deals conseillés par Centerview se font sans fees pour permettre aux clients de juger de la qualité du travail. Et cela fonctionne ! Centerview gagne rapidement en notoriété et brille par sa capacité à conclure des deals emblématiques qui attirent l’attention de l’industrie.

Le plus spectaculaire de tous reste certainement l’acquisition de Time Warner par AT&T en 2018 pour 85 milliards de dollars. Un deal qui a marqué le secteur des médias et du divertissement. L’opération permet à Centerview de se positionner comme un acteur clé du large cap aux Etats-Unis. Rappelons cependant que AT&T revendra l’actif (devenu WarnerMedia) à Discovery trois ans plus tard pour se recentrer sur ses activités d’opérateur télécoms… Autre gros deal : le conseil de Tiffany dans son rachat par LVMH en 2020 pour 16 milliards de dollars, une opération marquante dans le secteur du luxe.

En plus de ces deals, Centerview réalise aussi des recrutements de poids. Citons seulement deux exemples : Robert Rubin (ancien secrétaire au Trésor des Etats-Unis) arrivé en tant que Senior Advisor en 2010 et Rahm Emanuel (ancien maire de Chicago) qui lancera un nouveau bureau dans sa ville en 2019.

Les expertises de Centerview

Aujourd’hui, au-delà des opérations M&A (et du conseil en financement), Centerview propose aussi 3 autres types de conseils à ses clients :

  • Conseil stratégique (hors du cadre transactionnel classique). Exemple : définir la stratégie opérationnelle de l’entreprise
  • Conseil en restructurations (quand la structure financière de l’entreprise pose problème). Exemple : recapitalisations, placement sous la protection du Chapter 11 aux Etats-Unis, revue de Business Plan pour communiquer auprès des créanciers
  • Conseil des boards (quand un avis indépendant est pertinent). Exemple : special committees, fairness opinion, défense contre des OPA ou fonds activistes

Centerview : l’arrivée d’un « mastodonte » à Paris

L’ouverture du bureau de Paris en 2020

Quand Centerview débarque à Paris en 2020, elle a déjà gagné son statut de boutique « référence » dans le monde des M&A. D’abord, son dealflow américain est élevé. Ensuite, elle conseille sur des opérations large cap. Enfin, elle a déjà entamé son développement à l’international, avec par exemple l’ouverture d’un premier bureau en Europe à Londres. Mais la jeune boutique américaine veut frapper fort en France. D’ailleurs, Paris est son premier bureau en Europe continentale. Pour cela, elle attire l’un des banquiers les plus connus de sa génération sur la place parisienne. Surtout, elle le recrute chez la « vieille rivale » Lazard, véritable temple de la banque d’affaires et inventeur des M&A modernes. Cela sera Mathieu Pigasse qui dirigera le nouveau bureau parisien de Centerview. Celui-ci emmène dans ses bagages plusieurs banquiers de Lazard, dont Nicolas Constant et Pierre Pasqual.

Le « style Lazard » chez Centerview à Paris fonctionne rapidement. Grâce à l’expertise et l’expérience de ces banquiers chevronnés, Centerview gagne rapidement en crédibilité et réputation sur le marché français. « On a démarré à cinq en plein confinement avec beaucoup d’énergie à un moment où les dirigeants avaient un grand besoin d’échange et de réfléchir à l’après-crise », raconte aujourd’hui l’un des premiers banquiers de la boutique à Paris. Depuis ses locaux de l’avenue Matignon puis aux « 51 Hoche » (son nouveau siège parisien depuis 2023), Centerview est passée de 5 à 30 banquiers en trois ans. Aux côtés des anciens Lazard, elle a aussi recruté l’associé-gérant de Rothschild & Co Grégoire Heuzé (aujourd’hui parti pour fonder sa propre boutique Altamoda) ou le co-responsable de la banque d’investissement de Barclays à Paris et spécialiste des deals bancaires et financiers Yann Krychowski.

Un dealflow déjà impressionnant

Surtout, son dealflow est impressionnant avec un track record bien rempli. La boutique a conseillé sur une vingtaine de deals en France. Quelques exemples :

  • Vente du bloc d’Engie dans Suez à Veolia (conseil des administrateurs d’Engie)
  • Rachat des cliniques C2S par Elsan au fonds d’investissement Eurazeo (conseil de Elsan)
  • Entrée de CVC dans la Ligue de Football Professionnel (conseil de la LFP)
  • Acquisition par Ardian de GreenYellow à Casino (conseil de Ardian)
  • Rachat de April par KKR (conseil de KKR)
  • Acquisition de Newcrest par Newmont (conseil de Newmont)
  • Rachat de Provention Bio par Sanofi (conseil de Provention Bio)
  • Acquisition par L’Oréal de Aesop auprès de Natura & Co (conseil de L’Oréal)
  • Rachat du RC Strasbourg pat BlueCo (conseil du RC Strasbourg)
  • Rachat par Kering des parfums Creed (conseil de Kering)

Ce dealflow impressionnant a permis à Centerview de faire son entrée dans le top 10 des League Tables françaises au premier semestre 2023. Dans le classement Refinitiv, la boutique se classe à la 6ème position derrière des acteurs historiques du secteur comme BNP Paribas, J.P. Morgan, Lazard et Rothschild & Co.

Centerview : un processus de recrutement atypique et exigeant

Centerview se démarque également par son processus de recrutement non conventionnel. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les diplômes prestigieux, la banque accorde une importance primordiale aux compétences analytiques, à la capacité de résolution de problèmes complexes et à la créativité des candidats. Le processus de recrutement de Centerview comprend souvent des études de cas stimulantes. Ce qui permet aux candidats de démontrer leurs compétences pratiques. Cette approche innovante a permis à Centerview de constituer une équipe diversifiée et talentueuse, apportant des perspectives variées dans leurs transactions.

A Paris, le process de recrutement se déroule généralement en deux tours :

Premier tour :

Le candidat a 2 entretiens avec des banquiers juniors (analystes ou associates). Les entretiens sont structurés de manière classique, avec du fit et de la technique.

Deuxième tour :

Le candidat est invité à un « Superday » (une sorte d’Assessment Center à l’anglo-saxonne). Il regroupe plusieurs candidats. Chacun a des entretiens avec une grande partie de l’équipe (dont plusieurs banquiers seniors). Chaque candidat est confronté à 4 types d’entretien :

  • General Fit & Leadership. Ce sont les question de fit classiques d’un entretien en M&A
  • Problem Solving. Ce sont généralement des mises en situation
  • Work Ethic & Work. C’est un entretien axé sur le fit à l’anglo-saxonne, avec des competency-based questions
  • Technique. C’est un entretien classique qui évalue la compréhension des concepts financiers de base du candidat

L’un des entretiens peut être réalisé en anglais.

Aussi, les candidats ont généralement un call avec une RH de New-York au début du process pour vérifier la cohérence de la candidature.

Conclusion : Centerview est une nouvelle force dans les M&A

Centerview s’est donc imposée comme une force majeure parmi cette nouvelle génération de boutiques M&A qui concurrence les banques d’affaires traditionnelles. Son expansion à Paris et son impressionnant dealflow en à peine quelques années témoignent de sa capacité à rivaliser avec les plus grands acteurs du secteur. Avec sa récente entrée dans le top 10 des banques d’affaires en France, Centerview confirme sa position en tant que banque incontournable sur le marché français. Cependant, Centerview reste « une jeune boutique » par rapport aux autres grands acteurs des M&A en France comme Lazard et Rothschild & Co. L’enjeu du développement de la banque en France est important dans les prochaines années. Clairement, il faudra compter sur elle !

Vous souhaitez travailler en M&A chez Centerview ?

C’est possible mais difficile d’intégrer ce type de boutique M&A. La concurrence entre les étudiants est rude. Et une bonne préparation est nécessaire ! Pour vous aider, deux anciens banquiers de Lazard ont lancé Training You en 2019 pour aider les étudiants à préparer les entretiens en M&A et plus globalement en Corporate Finance. Les formations regroupent tout ce que vous devez connaître pour réussir un process de recrutement : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur.

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Goldman Sachs , l’histoire d’une banque devenue un mythe

L'histoire de Goldman Sachs est fascinante et riche en événements clés qui ont contribué à forger sa légende. En 150 ans, la petite société de courtage new-yorkaise est devenue l’une des plus grandes banques au monde. Pour certain, cette puissance lui vaudrait même le surnom de « Firme » pour appuyer sur l’originalité de Goldman Sachs dans son domaine. Aujourd’hui, Goldman Sachs attire de nombreux étudiants et jeunes diplômés qui souhaitent débuter leur carrière en finance, en particulier dans les métiers de la banque d’investissement (M&A, financement, trading, etc.). Parmi les sources de leur motivation, le seul fait de devenir un membre de la « Firme » joue un rôle clé. Mais d’où vient cette fascination ? Quand le fabuleux destin de Goldman Sachs a-t-il débuté ? Quelles épreuves ont-elles contribué à fasciner sa légende ? Comment Goldman Sachs est-elle devenue ce mythe si particulier dans le monde de la finance ? Dans cet article, nous allons d’abord rappeler le contexte dans lequel Goldman Sachs est née, puis parcourir les grandes étapes de son développement depuis sa création et enfin donner un aperçu de la banque aujourd’hui. La naissance du mythe « Goldman Sachs » Du rôle de Marcus Goldman ... L’histoire de Goldman Sachs débute avec Marcus Goldman, un immigré allemand venu aux Etats-Unis en 1848 lors de la première vague d'immigration massive de juifs vers l'Amérique. En effet, suite aux révolutions qui éclatent dans plusieurs pays européens à cette époque (le « Printemps des peuples »), des milliers de juifs émigrent vers le « nouveau continent » en quête de meilleures opportunités économiques et de liberté religieuse. Marcus Goldman commence sa carrière comme commerçant et artisan. Cependant, il comprend rapidement le potentiel de la « finance » dans la société américaine de l’époque en pleine croissance. C’est la raison pour laquelle il fonde en 1869 la société M. Goldman & Co. à New York. Cette société est initialement spécialisée dans le courtage en valeurs mobilières pour les immigrants (en les aidant à investir sur les marchés financiers américains en pleine expansion). Mais la petite société va vite se développer. ... à l'arrivée de Samuel Sachs D’abord, en 1882, Marcus Goldman invite son gendre Samuel Sachs (qui a épousé sa plus jeune fille Louisa) à rejoindre l’aventure. M. Goldman & Co. est alors rebaptisée M. Goldman and Sachs. Puis, en 1885, il recrute son fils Henry et son beau-fils Ludwig Dreyfuss. M. Goldman and Sachs est alors renommée Goldman Sachs & Co. Sous la direction de Marcus Goldman et Samuel Sachs, la société se développe et prospère rapidement, notamment en finançant des projets d'infrastructures majeurs tels que le chemin de fer transcontinental, contribuant ainsi à l'essor industriel des États-Unis à la fin du 19ème siècle en facilitant le commerce et l'expansion vers l'ouest. À sa retraite, après avoir posé les bases de ce qui deviendra la plus célèbre banque du monde, Marcus Goldman laisse la société entre les mains de son fils Henry Goldman (recruté en 1885) et de son gendre Samuel Sachs. Pendant cette période, il a aussi joué un rôle actif au sein de la communauté juive de New York et a contribué à soutenir diverses œuvres de bienfaisance. Le développement de la plus grande banque d’investissement au monde A partir du début du 20ème siècle, la banque a évolué pour devenir une banque d'investissement de premier plan. Des opérations M&A emblématiques D’abord, elle a participé à de nombreuses opérations de M&A et de financement d'entreprises (en particulier dans le cadre d’introduction en bourse). On peut citer quelques opérations emblématiques : Fusion entre AT&T et Western Electric (1915) Introduction en bourse de Ford Motor Company (1956) Introduction en bourse d'Apple (1980) Privatisation de British Telecom (1984). C’était l'une des premières privatisations de services publics majeurs dans le monde, sous l’impulsion du gouvernement conservateur de Margaret Thatcher Introduction en bourse de Microsoft (1986) Le développement des activités de banque d’investissement a été initié par Sidney Weinberg, entré chez Goldman Sachs en 1907 à 16 ans en tant que commis de bureau avant de gravir les échelons de la banque et d’être promu associé en 1917 puis associé directeur en 1930. Au début de sa carrière, Paul Sachs (fils du fondateur) lui paie des cours du soir pour apprendre le métier de banquier d’affaires. A la fin de sa carrière, il est surnommé « M. Wall Street » ! Sidney Weinberg a non seulement déplacé les activités de Goldman Sachs de la banque de négoce vers la banque d’affaires, mais a aussi été le pionnier des connexions entre la banque et le monde politique. En effet, proche du président Roosevelt, il crée le « Business Advisory and Planning Council » dont l’objectif est de présenter des cadres du secteur privé à des responsables du gouvernement. Cet organisme va donc jouer le rôle d’une passerelle entre le secteur privé et le secteur public lors la nouvelle ère de « New Deal » qui s’ouvre dans les années 1930. Depuis cette époque, Goldman Sachs a souvent œuvré pour « placer » certains de ses éminents banquiers à des postes gouvernemental, au point qu'on l'appellera parfois « Government Sachs ». Les valeurs de Goldman Sachs Ensuite, la banque a véhiculé des valeurs qui structurent son histoire. Quelques exemples : Engagement. La banque devient dès 1928 une société en commandite par actions, ce qui signifie que les associés étaient responsables des pertes de la banque avec leur propre argent. Cette structure a contribué à renforcer la culture du risque et de l'engagement des banquiers Résilience. Pendant la crise financière de 1929 (la Grande Dépression), Goldman Sachs a été l'une des rares grandes banques d'investissement à survivre, en grande partie grâce à sa prudence financière et à sa capacité à s'adapter aux conditions économiques difficiles Créativité. La banque adopte une approche innovante avec le concept de valorisation à partir des résultats attendus et pas seulement les actifs physiques. Cette approche novatrice à l’époque est aujourd’hui bien connue et utilisé par tous les banquiers. C’est la méthode DCF avec l’actualisation des flux de trésorerie futurs à l’aide du WACC (qui prend en compte le risque liés à ces résultats) Le développement de Goldman Sachs à l'international Enfin, après la Seconde Guerre mondiale, la banque a étendu ses opérations à l'international, ouvrant des bureaux à l'étranger et devenant une force majeure de la finance mondiale. Par exemple, en France, Goldman Sachs est présente depuis l’ouverture d’un bureau à Paris en 1987. Ce bureau était le premier de la banque en Europe continentale après l’implantation à Londres en 1970 . Cette « globalisation » de la banque s’est accompagnée d’une « starisation » de certains de ses banquiers. C’est l' « ère des superstars » de Goldman Sachs qui parvient grâce à sa culture compétitive à attirer et retenir les meilleurs talents de Wall Street. On peut citer quelques personnalités emblématiques comme : Robert Rubin (co-président entre 1990 et 1992 avant de devenir Secrétaire au Trésor des États-Unis sous l'administration Clinton) Lloyd Blankfein (président entre 2006 et 2018 pendant la crise financière de 2008 et qui a engagé la banque vers une grande transformation) Henry Paulson (ancien Secrétaire au Trésor des Etats-Unis sous l’administration de Bush) Mario Draghi (Vice-Président pour l'Europe de Goldman Sachs de 2002 à 2005 avant de devenir gouverneur de la Banque d'Italie entre 2006 et 2011 puis président de la Banque centrale européenne entre 2011 et 2019) Pour en savoir plus : Vous pouvez retrouver notre page dédiée à Goldman Sachs ainsi que la fiche complète sur la plateforme. Le tournant de la crise financière de 2008 Pendant la crise financière mondiale de 2008, Goldman Sachs a été au centre de l'attention en raison de son implication dans des transactions liées à des produits financiers complexes (crise des « subprimes »). Cela a eu un impact sur sa réputation et a suscité des débats plus large sur l'éthique dans le secteur financier. Mise en difficulté dans ses activités traditionnelles de banque d’investissement, Goldman Sachs débute alors une diversification de ses activités à partir des années 2010. Goldman Sachs devient aussi une banque commerciale D’abord, la banque change de statut en 2008 pour devenir une banque de dépôt, élargissant ses activités pour inclure la banque commerciale traditionnelle. Cette décision a été motivée par plusieurs facteurs importants. Premièrement, à la suite de la crise financière, les autorités de régulation et les gouvernements ont renforcé la supervision et la réglementation du secteur financier. En devenant une banque de dépôts, Goldman Sachs était soumise à une surveillance accrue, ce qui pouvait contribuer à renforcer sa stabilité financière. En effet, cette transformation a été perçue comme un signal positif pour les investisseurs et les contreparties de la banque. Deuxièmement, en devenant une banque de dépôts, Goldman Sachs avait accès à la facilité de prêt de la Réserve fédérale. Elle pouvait donc emprunter des fonds plus facilement en cas de besoin et renforcer sa liquidité donc sa capacité à faire face à des crises financières potentielles. Troisièmement, en tant que banque de dépôts, Goldman Sachs pouvait diversifier ses sources de financement en acceptant des dépôts de clients particuliers et institutionnels, ce qui contribuait à réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés de capitaux volatils. Goldman Sachs diversifie ses activités Ensuite, au cours des dernières années, la banque a cherché à diversifier ses activités en investissant dans des domaines tels que la gestion d'actifs, la technologie financière (fintech) et la banque en ligne.  L’une des initiatives les plus importantes est  la création de la marque « Marcus by Goldman Sachs ». Marcus (en référence à Marcus Goldman) est  la division de Goldman Sachs qui propose des produits et services bancaires en ligne pour les consommateurs particuliers. Cette initiative a été lancée en 2016 aux Etats-Unis et s'est depuis étendue à d'autres pays. Avec Marcus, Goldman Sachs vise aussi à concurrencer d'autres acteurs de la banque en ligne et des fintechs. Goldman Sachs s'engage sur les enjeux RSE Enfin, la banque a renforcé son engagement envers la durabilité et l'investissement responsable. Voici quelques-unes des mesures prises : Engagement vers la neutralité carbone. En 2020, elle a annoncé son engagement à devenir neutre en carbone dans ses activités opérationnelles et financières au niveau mondial. Concrètement, cela signifie que la banque s'efforce de compenser toutes les émissions de carbone générées par ses activités Investissement dans les énergies renouvelables. Elle a investi dans des projets d'énergies renouvelables, notamment des parcs éoliens et des installations solaires. En effet, la banque a intégré des critères ESG dans ses décisions d'investissement et de financement, aidant ainsi les clients à prendre en compte ses aspects dans leurs activités. Par exemple, la banque s'est engagée à investir 750 milliards de dollars dans des projets et des entreprises liés à la transition vers une économie durable d'ici 2030 Participation à des initiatives mondiales. La banque est membre de plusieurs initiatives mondiales visant à promouvoir la durabilité, telles que les Principes pour une Banque Responsable des Nations Unies Au fil de son histoire, Goldman Sachs a donc traversé de nombreuses épreuves qui ont forgé son mythe et a su s'adapter aux évolutions du secteur financier (Grande Dépression en 1929, crise des subprimes en 2008). Surtout, sa réputation de puissance financière et d'influence mondiale perdure. Aujourd’hui, elle reste une institution emblématique de Wall Street. Plus, elle est devenue un véritable « mythe » de la finance. Vous souhaitez travailler chez Goldman Sachs ? Vous avez raison. Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance. 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Par Guillaume Pommier

8 min de lecture

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Perella Weinberg Partners, la boutique M&A en plein essor

Elle se tient au milieu des Centerview, Evercore ou encore Greenhill & Co. Elle concurrence avec détermination les « vieux lions » du M&A comme Lazard ou Rothschild & Co. Surtout, elle se développe rapidement sur une place parisienne avec de plus en plus d’acteurs, souvent des petits et plus rarement des gros. Elle, c’est la boutique M&A Perella Weinberg Partners. Vous l’avez déjà compris. Dans le monde feutré des banques d’affaires, de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement pour concurrencer les grandes institutions en place depuis de longues décennies (parfois plus d’un siècle). Souvent, ce sont des boutiques. Elles sont des structures « indépendantes » qui ne font pas de financements (pas de bilan) et n’offrent à leur clients que leur conseil. Autant le dire d’un mot, parmi ces nouvelles « boutiques » M&A, Perella Weinberg Partners figure en bonne place ! Dans cet article, nous allons d’abord revenir sur les origines et le développement rapide de Perella Weinberg Partners puis mentionner quelques avantages de travailler chez Perella Weinberg Partners à Paris. Les origines et le développement de Perella Weinberg Partners L’union de deux grands banquiers de Wall Street … Perella Weinberg Partners est fondée en 2006 par deux « vétérans » de Wall Street : Joseph Perella et Peter Weinberg. Le premier, Joseph Perella a travaillé chez Morgan Stanley pendant de nombreuses années puis co-fondé la banque Wasserstein Perella & Co. en 1988 qu’il a vendu à Dresdner Bank en 2000. Le second, Peter Weinberg a évolué pendant une grande partie de sa carrière chez Goldman Sachs. Les deux unissent leurs forces pour fonder Perella Weinberg Partners, une boutique axée non seulement sur le conseil en M&A mais qui propose aussi d'autres services financiers. Depuis 2006, Joseph Perella et Peter Weinberg sont restés des figures influentes au sein de la boutique. Encore aujourd’hui, leur leadership et leur expertise ont contribué à façonner la culture de la boutique et ses facteurs différenciants par rapport aux autres acteurs. … pour concurrencer les vieux établissements de Wall Street L’objectif est affirmée dès le départ : concurrencer frontalement les grandes banques d’affaires de Wall Street dont les services sont souvent peu personnalisés et qui ne répondent plus (selon eux) aux besoins de la nouvelle génération de dirigeants au début du 21ème siècle. Un développement rapide aux Etats-Unis puis dans le monde Depuis sa création il y a plus de 15 ans, Perella Weinberg Partners a connu une croissance rapide. Des deals M&A emblématiques D’abord, elle a établi une réputation solide en tant que boutique M&A en intervenant sur des transactions emblématiques. Quelques exemples : Conseil de Facebook dans l’acquisition de WhatsApp pour 19Mds$ (2014) Conseil de Heinz dans sa fusion avec Kraft Foods Group pour créer The Kraft Heinz Company (2015) Conseil de AT&T dans son acquisition de Time Warner pour 85Mds$ (2016) Conseil de 21st Century Fox dans sa vente à The Walt Disney Company pour 71Mds$ (2017) Conseil de AbbVie dans son acquisition de la société pharmaceutique Allergan pour 63Mds$ (2019) Conseil de LVMH dans son acquisition de Tiffany & Co. pour 16,2Mds$ (2020) Conseil de NVIDIA dans son acquisition de Arm Holdings pour 40Mds$ (2020) Conseil de la Bourse de Londres dans son acquisition de Refinitiv pour 27Mds$ (2021) Une diversification au-delà du M&A Ensuite, Perella Weinberg Partners a progressivement diversifié ses activités. Au-delà du conseil  M&A, elle propose par exemple de la gestion d'actifs auprès d’une clientèle institutionnelle et privée, le conseil en financement, restructurations ou en matière de litiges. Cet élargissement de compétences s’est aussi réalisé par croissance externe. Par exemple avec le rachat en 2016 de la boutique de conseil spécialisée en énergie Tudor, Pickering, Holt & Co. Une présence internationale Enfin, Perella Weinberg Partners a étendu sa présence au-delà des Etats-Unis pour devenir une entreprise internationale. Elle ouvre des bureaux dans des centres financiers clés à travers le monde. Par exemple Londres, Paris, Abu Dhabi, Dubaï et d'autres villes importantes. Par exemple, le bureau parisien a été ouvert en 2018. A l’époque, c’était le 12ème de Perella Weinberg dans le monde mais seulement son 2ème en Europe avec Londres. Initialement, le lancement parisien est beaucoup lié au Brexit et un peu à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron qui bénéficie d’une image très positive dans les milieux d’affaires. Joe Perella le confirme lui-même : « Le climat en France est devenu bien plus hospitalier. Le changement en France est très positif, nous voulons y investir, nous rapprocher de nos clients ». Clairement, ce lancement est un succès. Premièrement, Perella Weinberg attirent rapidement plusieurs banquiers français expérimentés et des personnalités du monde des affaires (Stéphane Richard, l’ancien patron de Orange). Les banquiers sont d’ailleurs souvent recrutés chez la concurrence : Bank of America (Gilles Tré-Hardy) et Goldman Sachs (Cyrille Pérard). Deuxièmement, elle confie la direction du bureau à David Azéma, ex-banquier chez Bofa et ancien commissaire aux participations de l’État. Troisièmement, Perella Weinberg travaille rapidement sur plusieurs opérations d’envergure en France. En 2021, Perella Weinberg Partners fait même son entrée au Nasdaq dans le cadre de son association avec le SPAC de Betsy Cohen. Cette étape importante permet de saisir des opportunités de croissance dans un marché post-crise sanitaire en pleine reprise, réduire sa dette et élargir ses actionnaires. L’attractivité de Perella Weinberg Partners à Paris Perella Weinberg Partners attire de nombreux étudiants et jeunes diplômés à Paris. Pourquoi ? Une réputation glorieuse qui amène un fort dealflow Perella Weinberg Partners s’est rapidement imposée comme une boutique de référence, d’abord aux Etats-Unis face aux grandes banques de Wall Street puis en Europe. En France, elle conseille sur des opérations significatives, souvent en Large Cap et auprès des grandes entreprises du pays. Quelques exemples : Conseil de Bel dans la cession de Leerdammer à Lactalis pour 700m€ (2021) Conseil de Veolia dans son OPA sur Suez (2021) Conseil de Eutelsat dans sa fusion avec OneWeb (2022) Conseil de Pernod Ricard dans sa prise de participation majoritaire dans au capital de Codigo 1530 (2022) Conseil de Orpéa dans le cadre de la mise en place de son plan de sauvetage avec la CDC (2023) Malgré sa jeunesse à Paris, Perella Weinberg Partners a donc attiré quelques-unes des plus grandes entreprises du pays pour les conseiller sur leurs transactions. En tant que stagiaire en M&A, c’est essentiel ! En effet, c’est pendant une exécution que l’on peut le mieux comprendre les facettes multiples du M&A, travailler en lien étroit avec un client et ressentir la pression (positive le plus souvent, parfois un peu négative aussi) du métier. Une aventure entrepreneuriale en M&A C’est périlleux de comparer le M&A avec l’entrepreneuriat. Non, la banque d’affaires n’est pas une startup. Son Business Model est clair. Ses attitudes sont anciennes. Ses professionnels sont peu habitués aux nouvelles tendances du marché du travail. Cependant, Perella Weinberg Partners reste une jeune boutique à Paris. Le bureau existe depuis 2018. A l’échelle d’une banque d’affaires, c’est évidemment presque rien. En rejoignant Perella Weinberg Partners à Paris, vous allez donc participer à une petite aventure entrepreneuriale en plein dans l’univers feutré de la banque d’affaires à Paris. En effet, l’objectif reste de concurrencer les boutiques M&A traditionnelles en place depuis de nombreuses années. Comme Lazard, Rothschild & Co ou encore Messier & Associés. Il faut attirer des talents (recrutements) et des clients (dealflow) pour poursuivre le développement rapide du bureau. Ensuite, en tant que jeune boutique M&A à Paris, Perella Weinberg Partners offre un environnement de travail plus agile et une hiérarchie plus plate par rapport aux grandes banques d'affaires de la place. Cela peut permettre aux juniors de travailler sur une plus grande variété de projets et d'avoir un impact plus direct sur les décisions. Enfin, en raison de sa taille plus réduite, Perella Weinberg Partners offre des opportunités d'apprentissage plus personnalisées et une exposition accrue aux aspects variés des transactions M&A. En effet, le stagiaire est facilement exposé à des banquiers seniors et peut travailler directement avec eux sur certaines tâches. Cette responsabilisation très forte est moins fréquente dans des équipes plus grosses avec une chaîne hiérarchique plus dense. Vous souhaitez travailler en M&A chez Perella Weinberg Partners ? C’est possible ! Mais cela reste difficile d’intégrer ce type de boutique M&A. La concurrence entre les étudiants est rude. Et une bonne préparation est nécessaire ! Pour vous aider, deux anciens banquiers de Lazard ont lancé Training You en 2019 pour aider les étudiants à préparer les entretiens en M&A et plus globalement en Corporate Finance. Les formations regroupent tout ce que vous devez connaître pour réussir un process de recrutement : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Quentin Demaret

6 min de lecture

Entreprise
Lazard, la boutique qui a inventé le M&A moderne

« Pour beaucoup, Lazard est la maison qui a inventé la banque d’affaires moderne, celle des fusions-acquisitions » écrit en 2006 Martine Orange dans son « best-seller » dédié à la banque Ces Messieurs de Lazard. Pourquoi donne-t-on aujourd’hui à Lazard cette importance ? L’histoire de la banque Lazard résonne comme celle d’une « saga familiale » débutée au milieu du 19ème siècle et qui se poursuit aujourd’hui. Lancée par les « frères Lazard » en 1848, la petite quincaillerie deviendra en 150 ans d’histoire hors du commun l’une des marques les plus reconnues de la banque d’affaires. A la fois admirée et redoutée, Lazard a enchainé les coups d’éclats, les succès mais aussi les faux pas et les déclins. Surtout, elle a conquis le monde à force de travail (dealflow exceptionnel) et grâce à la vision de plusieurs associés-gérants qui ont fait l’histoire de la banque (personnalités clés). Surtout, elle a fortement influencé le capitalisme mondial et évidemment participé à l’émergence du M&A moderne. Dans cet article, nous aborderons d’abord les origines de Lazard, puis la construction progressive du « mythe » autour de la banque au fur et à mesure de son développement, enfin la consécration de Lazard comme banque de référence dans les M&A aujourd’hui. Aussi, nous évoquerons à la fin quelques « grands banquiers » de Lazard qui ont largement contribué à l’histoire de la banque. Les origines de Lazard : une banque entre la France et les Etats-Unis Lazard Frères est fondée en 1848 par trois frères lorrains (origine française de la banque) à La Nouvelle-Orléans en Louisiane (origine américaine de la banque). Précisément, Alexandre, Lazare et Simon Lazard émigrent aux États-Unis et y lancent une activité de négoce (mercerie, quincaillerie, épicerie, etc.). La fratrie est rapidement rejointe par Elie (le 4ème frère Lazard) et leur cousin Alexandre Weill. Et l’activité initiale de négoce est progressivement remplacée par le service financier. En effet, dans le contexte de la ruée vers l’or de l’époque, la famille s'installe à San Francisco en Californie pour stocker l'or des pionniers, organiser les transferts d'or vers les familles en France et financer ponctuellement des premiers clients. Ce sont les débuts de la banque Lazard ! Le mythe Lazard : une banque au cœur de l’économie et de la finance mondiale Lazard occupe rapidement une place prépondérante dans les milieux d’affaires français et américains. A la fin du 19ème siècle, depuis ses différentes « maisons » (Paris, New York et Londres), elle s’est imposée comme une référence de la finance mondiale. Et à partir du début du 20ème siècle, la banque sera intimement liée à l’évolution du capitalisme moderne. Des opérations spectaculaires D’abord, Lazard est intervenue lors de nombreuses opérations spectaculaires. A la fois au service des gouvernements et des entreprises. Pour les gouvernements (et municipalités) : Défense du « franc » en 1924 contre la spéculation internationale. La banque intervient sur les marchés des changes pour le compte du gouvernement de Raymond Poincaré Remise en ordre des finances de la ville de New York. Elle était en quasi-faillite en 1975 (avec l’entregent de Félix Rohatyn) Conseils des gouvernements de Jacques Chirac et Michel Rocard lors des grandes privatisations de la fin des années 1980. Avec le recrutement de banquiers proches des milieux étatiques comme David Dautresme ou Georges Ralli Pour les entreprises : Accompagnement de André Citroën dans la restructuration financière de sa société automobile en 1927 Conseil lors de la création de la compagnie aérienne Air Inter en 1954 Conseil lors de la première OPA hostile aux Etats-Unis qui opposait trois sociétés américaines à Franco-Wyoming en 1964 Conseil du conglomérat ITT pour le rachat d’Avis en 1965 Conseil sur le rapprochement entre Peugeot et Citroën en 1976 Une influence sur les entrepreneurs Ensuite, Lazard a accéléré la carrière de certains « capitaines d'industrie » français (avec l’influence marquée d’Antoine Bernheim, le banquier « faiseur de roi » de Lazard) : Bernard Arnault quand il souhaite racheter Boussac puis lors des opérations du rapprochement entre Moët-Hennessy et Louis Vuitton. Jusqu’à sa disparition, Bernheim se plaisait à souligner les « trop petites » faveurs que Bernard Arnault lui attribuait en guise de remerciements : une réduction de 30% chez Dior, un foulard pour son anniversaire et des caisses de Moët en fin d'année… Antoine Riboud (patron de BSN) dans sa tentative d’OPA hostile (et ratée…) sur Saint-Gobain en 1968 mais aussi dans ses futures acquisitions qui donneront naissance au groupe Danone actuel Vincent Bolloré dans la construction de son empire François Pinault dans la croissance de son groupe avec l'acquisition du Printemps La consécration de Lazard : une banque M&A référence dans le monde Le succès dans les années 1980 Lazard a régné sans partage sur les M&A dans les années 1980 et 1990 en France. D’ailleurs, elle échappe « miraculeusement » à la nationalisation en 1981. Cela ne sera pas le cas d’autres banques comme Paribas ou Rothschild. Cette décision s'explique grâce aux relations amicales entre André Meyer et Jacques Attali, le jeune conseiller du président élu François Mitterrand. Malgré un petit « passage à vide » dans les années 2000 (concurrence féroce de Rothschild & Co, des banques américaines et des nouvelles boutiques, rivalités internes, etc.), la maison est aujourd’hui l’une des banques d’affaires les plus prestigieuse au monde. En France, sa réputation est intacte. D’ailleurs, Lazard « ne se refuse pas » pour de nombreux étudiants ! Un leader sur la place au niveau mondial Aujourd'hui, Lazard, c’est avant tout une banque d’affaires indépendante (une « boutique » dont le seul métier est le conseil financier) au milieu des grandes banques universelles, qui maintient une forte dimension internationale (présence dans plus de 25 pays) et qui propose 5 principaux types de conseils : M&A (son activité historique) Restructuration (dans le cadre de situations spéciales) Levée de capitaux (conseil en financement en equity et en dette) Politique économique et financière. C’est la fameuse activité de conseil aux gouvernements. Elle se lance en 1974 dans le cadre de la « troïka » avec Lehman Brothers et Warburg. Et elle reste aujourd’hui une spécialité de Lazard Gestion d’actifs (pour les clients fortunés). Elle se lance en 1953 à Londres et se nomme aujourd’hui Lazard Asset Management Lazard est aussi entrer dans la « modernité » au tournant du 21ème siècle. Deux évènements majeurs marquent cette transition : Premièrement, les « trois maisons » (Paris, New York et Londres) se réunifient en 2000 à l’initiative de Michel David-Weill, après avoir repris les parts du groupe Pearson (actionnaire historique de Lazard Londres) Deuxièmement, Lazard fait son entrée à la bourse de New York en 2005 sous l’impulsion de Bruce Wasserstein (nommé à la présidence de la banque en 2002 par Michel David-Weill) Actuellement, Lazard est dirigée par l’américain Peter Orszag. Il a succédé à Kenneth Jacobs en 2023. Ce dernier avait lui-même pris la place de Bruce Wasserstein à son décès en 2009. Les banquiers de Lazard : une banque aux fortes personnalités Lazard a forgé des personnages clés dans l’histoire des M&A qui sont à l’origine de nombreux bouleversements dans le monde des affaires. Quelques exemples : André Meyer Surnommé le « Picasso de la finance », il dirige la banque pendant plus de 30 ans et y développe des métiers lucratifs comme le Venture Capital ou l’immobilier. Pour lui, « le véritable secret de Lazard, c'est de savoir garder les secrets ». Le culte de la discrétion a toujours été mis en avant par Lazard. Felix Rohatyn Il rejoint la banque comme stagiaire à 20 ans. Il devient associé en 1961 puis Managing Director et responsable de la branche américaine de Lazard jusqu'en 1997. Puis, il est ambassadeur des Etats-Unis à Paris. Michel David-Weil Entré en 1956 à 24 ans au sein de la banque et qui en devient le président en 1975, il est le « dernier empereur de Wall Street » laisse un héritage exceptionnel chez Lazard, avec en point culminant la réunification des « trois maisons » historiques de Paris, New York et Londres en 2000. Michel David Weil quitte Lazard en 2004 après un bras de fer avec l'américain Bruce Wasserstein, à qui il avait pourtant confié les rênes de la banque trois ans plus tôt. Bruno Roger Il rejoint la banque en 1954 à 21 ans après l'obtention de son diplôme et qui y fera toute sa carrière : gérant en 1973, associé-gérant en 1978 et président de Lazard France de 2002 à 2017. Sous l’influence de Bruce Wasserstein et sur les conseils d’Alain Minc, Bruno Roger recrute Matthieu Pigasse en 2002 qui lui succèdera comme directeur général de Lazard Paris en 2017. Antoine Bernheim Il est recruté par André Meyer et surnommé « le banquier faiseur de roi » ou « le parrain du capitalisme français ». En effet, il a aidé Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou encore Francois Pinault à construire leurs empires industriels. Entré au sein de la banque en 1963, c’est lui qui invente les systèmes complexes de holding qui permettent à un actionnaire de prendre le contrôle d'un empire avec une mise de fonds réduite. Ce système sera fortement utilisé par ses clients. Dont un certain Vincent Bolloré, qui les appelle les « les poulies bretonnes ». Bruce Wasserstein Ancien de First Boston et légende de Wall Street, il a participé à plusieurs deals emblématiques des années 1990. Et il cède sa boutique de conseil Wasserstein Perella à Dresdner en 2000, au plus haut du cycle. Il rejoint ensuite Lazard ou il est nommé à la présidence par Michel David Weil. Cette nomination intervient devant plusieurs prétendants en interne. Comme Edouard Stern, Bill Loomis ou Jean-Marie Messier. Bruce Wasserstein impulse l’introduction en bourse de Lazard en 2005. Mathieu Pigasse D'abord, il est associé-gérant chez Lazard de 2002 à 2015. Puis, il est directeur général délégué de Lazard Frères à Paris à partir de 2009. Enfin, il est responsable des M&A et du conseil aux gouvernements à l’échelle mondiale en 2015 jusqu'à sa démission en 2019. En effet, il rejoint à cette date la rivale Centerview. Il figure parmi les hommes clés de l'histoire récente de Lazard pour son rôle dans plusieurs transactions importantes, y compris le sauvetage de la Grèce lors de la crise de la dette souveraine. Kenneth Jacobs Il rejoint la banque comme Partner en 1991 pour diriger les activités américaines de la banque. Avec lui Lazard fait son entrée sur de nouveaux marchés et ajoute dans son arsenal de métier les restructurations et conseils en investissement stratégique. Il est président entre 2009 et 2023. Peter Orszag lui succèdera. Vous souhaitez travailler en M&A chez Lazard ? C’est difficile d’intégrer ce type de boutique M&A. La concurrence est rude. Une bonne préparation est nécessaire ! Pour vous aider, deux anciens banquiers de Lazard ont lancé Training You en 2019 pour aider les étudiants à préparer les entretiens en M&A et plus globalement en Corporate Finance. Les formations regroupent tout ce que vous devez connaitre pour réussir un process de recrutement : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Lucas Gill

7 min de lecture