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Les articles de Thomas Gioe

Retour d'expérience
Interview de David Boccara, Partner chez Nine58 Advisors

Nine58 Advisors est une boutique M&A fondée en 2019 par Pierre Chabrelie, En 2024, elle ouvre son bureau parisien et en confie la responsabilité à David Boccara. Ce dernier est nommé Partner et responsable des opérations Small et Mid Cap pour le marché français. Avant cela, David Boccara exerçait depuis 2013 au sein de la boutique M&A Small Cap Effective Capital et avait travaillé pour L'Epervier CF et Rothschild & Co. Peux-tu nous présenter ton parcours ? J’ai effectué une classe préparatoire au Lycée Montaigne à Paris avant de rejoindre l’ESCP dont je suis sorti diplômé. Lors de mes études, j’ai effectué plusieurs stages en M&A notamment à la banque Rothschild, puis chez L’Epervier Corporate Finance (aujourd’hui Financière de Courcelles). J’ai ensuite rejoint l’aventure Effective Capital début 2013, à sa création. J’ai gravi les échelons jusqu’à devenir Managing Partner et responsable des équipes en France. Je suis intervenu sur plus d’une cinquantaine de transactions dans des secteurs variés. Après plus de 10 ans dans cette boutique, j’ai rejoint Nine58, une banque d’affaires basée à Londres. Parle-nous de Nine58 ? Nine58 est une boutique M&A small & mid cap qui a été fondée en 2019 par Pierre Chabrelie, ancien Global Co-Head of Corporate Finance chez ING à Londres avec plus de 30 ans d’expérience dans le secteur. Nous avons deux bureaux en Europe. Une équipe à Londres. Et une à Paris. Cela permet d’être au plus proche des entrepreneurs. Nous les accompagnons dans toutes leurs problématiques haut de bilan. Et nous intervenons sur tous types d’opérations : cessions (sell-side), acquisition (buy-side), ingénierie financière (LBO, OBO, MBO) et levées de fonds à l’international. Quelles sont les spécificités de Nine58 Advisors ? Chez Nine58, nous avons une approche flexible et généraliste auprès des entreprises, soutenue par un réseau unique de senior advisors avec plus de 200 transactions cumulées et issus des plus grandes banques. Nous disposons d’un large réseau à l’international nous permettant de fournir une expertise sur mesure à nos clients dans tous les secteurs. Une autre spécificité de Nine58 est notre appétence particulière pour les secteurs de la Santé & Bien-Être, de la Technologie et de l’Energie. Nous avons des équipes à taille humaine à la fois à Paris et à Londres permettant une approche beaucoup plus adaptée à chaque client. Quelles sont les principales différences dans l’approche du conseil M&A small & mid cap vs large cap ? Il existe une plus grande variété de situations et de typologies d’entrepreneurs dans le small cap. La valeur du conseil que l’on apporte est ainsi décuplée par rapport aux plus grosses opérations. De plus, les dirigeants sont très souvent les principaux actionnaires de leur société et ils nous confient ainsi une très forte responsabilité dans le cadre de l’opération visée. Les interlocuteurs auxquels nous sommes confrontés sont différents de ceux des grands groupes que l’on peut retrouver en large cap par exemple. Notre approche d’entrepreneurs à entrepreneurs nous permet d’appréhender au mieux les différentes problématiques, les attentes des chefs d’entreprise que l’on conseille, et ainsi d’avoir une approche beaucoup plus humaine et pédagogique qui se démarque des banques par exemple. Avec des bureaux à Londres et Paris, Nine58 se positionne comme un acteur clé. Comment cette présence aide-t-elle pour les deals internationaux et quelle valeur ajoutée apportez-vous ? La présence de Nine58 à Londres et Paris est un atout majeur dans notre stratégie de croissance et notre capacité à gérer des deals internationaux. Ces deux villes sont non seulement des centres financiers de premier plan en Europe, mais elles représentent aussi des points d'accès stratégiques à des marchés divers et dynamiques. Cette position nous permet de bénéficier d'une perspective unique sur les tendances du marché et les opportunités d'investissement à l'échelle européenne et mondiale. Notre valeur ajoutée repose sur notre capacité à combiner une expertise locale approfondie avec une compréhension globale des dynamiques de marché. Nous avons des partners au bureau de Londres qui ont évolué la majeure partie de leur carrière dans cette ville qui maîtrisent très bien les acteurs de la place. Il en est de même pour notre bureau à Paris avec nos bonnes relations avec plusieurs institutions de la place. Cet aspect nous permet d'offrir des conseils stratégiques et personnalisés qui tiennent compte non seulement des spécificités de chaque opération, mais aussi des nuances culturelles et réglementaires qui peuvent affecter les transactions internationales. Notre approche est fortement axée sur la création de relations à long terme avec nos clients. Nous ne nous contentons pas de faciliter les transactions ; nous cherchons à comprendre et à anticiper les besoins futurs de nos clients, en les aidant à naviguer dans un environnement économique mondial en constante évolution. Cette approche orientée client, combinée à notre expertise dans des secteurs clés tels que la technologie, l’énergie et la santé, nous permet de fournir une valeur ajoutée significative et de soutenir la croissance et le succès à long terme de nos clients. Quels sont les atouts de travailler dans une boutique vs une banque ? Dans une boutique, les analystes et les stagiaires ont de plus importantes responsabilités. Ils doivent gérer beaucoup plus de situations différentes. Cela demande donc une grande capacité à travailler de façon autonome et proactive. Il faut manifester son désir d’apprendre. C’est une formation accélérée qui permet de comprendre le fonctionnement d’une opération de fusion-acquisition d’un bout à l’autre et de se retrouver dans les meilleures dispositions pour évoluer plus rapidement. Les tâches pourront aller de la production de documents de présentation, à de la modélisation et de la valorisation sur Excel, à la gestion de data rooms, la participation à des rendez-vous avec les différentes parties prenantes lors d’un deal (avocats, fonds d’investissement, auditeurs) et bien d’autres. Chez Nine58, nous laissons la liberté à nos juniors d’exprimer leurs idées afin de leur permettre d’apporter leur contribution à leur échelle. Cela facilite ainsi leur apprentissage et leur évolution humaine mais également technique au sein de ce métier. Quels conseils pourrais-tu donner aux étudiants souhaitant faire carrière en M&A ? D’abord de bien se renseigner sur le métier. En discutant par exemple avec des personnes en stage ou en CDI qu’ils peuvent connaître au travers de leurs écoles via les associations d’alumnis ou de leur entourage. Participer à des conférences ou des webinaires est également un bon moyen. Ensuite, il faut être conscient que c’est un métier exigeant. Il demande de la rigueur et une implication forte. Il faut impérativement avoir le sens du détail et faire preuve de minutie lors de l’exécution des tâches. Les horaires peuvent parfois être difficiles. Mais cela reste très formateur. Enfin, il faut s’informer. Sur l’actualité du M&A et de la finance au sens large. Sur les boutiques ou les banques auxquelles on souhaite postuler aussi. Nous recrutons d’ailleurs deux fois par an des stagiaires pour des durées de 6 mois. Vous souhaitez travailler en M&A ? Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A et Corporate Finance pour vous aider ! La plateforme contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les entreprises du secteur (banques et fonds) pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Thomas Gioe

5 min de lecture

Décryptage
Matthieu Pigasse : portrait d’un banquier d’affaires pas comme les autres

Matthieu Pigasse est l’un des banquiers les plus talentueux de sa génération et aussi l’un des plus « starisés ». L’article retrace l’itinéraire de ce banquier aux multiples facettes : de l’administration publique aux cabinets ministériels, de la politique à la finance, du conseil aux gouvernements et entreprises à l’investissement dans les médias, de la traditionnelle banque Lazard à la jeune boutique Centerview. Un début de carrière dans le secteur public pour Matthieu Pigasse… Matthieu Pigasse est né en 1968. Diplômé de Sciences Po Paris en 1990 et de l’ENA en 1994, il débute sa carrière comme administrateur civil au ministère de l’Économie et des Finances, au sein de la prestigieuse Direction du Trésor. A Bercy, il est affecté à la sous-direction en charge de la gestion de la dette et de la trésorerie. Mais le « jeune Pigasse » est à cette époque aussi séduit par la politique. D’une sensibilité de gauche, il profite de la bascule politique lors des élections législatives de 1997. En effet, il fait son entrée dans les cabinets ministériels. Sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, il sera d’abord conseiller technique dans le cabinet de Dominique Strauss Kahn (en 1998) puis directeur adjoint en charge des questions industrielles et financières au sein du cabinet de Laurent Fabius (à partir de 1999) lors de leur passage au Ministère de l’Economie et des Finance. Au programme : la mise en place des grandes privatisations décidées par le gouvernement socialiste (Air France, Crédit Lyonnais, Autoroutes du Sud de la France, etc.). La carrière de Matthieu Pigasse prend ensuite un nouveau tournant en 2002. Emmenée par Lionel Jospin, la gauche est éliminée au 1er tour de l’élection présidentielle. Jacques Chirac est réélu à la Présidence de la République. Et François Hollande (alors Premier Secrétaire du Parti Socialiste) refuse à Pigasse l’investiture socialiste aux législatives. Il quitte alors les arcanes du pouvoir politique pour rejoindre le secteur privé. … avant les sirènes de la banques d’affaires 1) Les années Lazard (2002 - 2019) Sur les conseils d’Alain Minc, Bruno Roger (alors Président de Lazard en France) recrute Matthieu Pigasse pour diriger l’activité « Conseil aux gouvernements » de la banque. Entre la politique et la finance, la genèse du métier remonte à 1975 lorsque, pour la première fois, trois banques d'investissement (Lehman Brothers, Warburg et Lazard) approchèrent l'Indonésie, fragilisée par les déboires du pétrolier Pertamina. A partir de ce premier dossier, l’activité décolle. Dans les années 2000, Matthieu Pigasse travaillera auprès de nombreux gouvernements. Son fait d’arme le plus marquant : le conseil de la Grèce sur la restructuration de sa dette et l’assistance du gouvernement d'Alexis Tsipras lors des négociations avec ses créanciers internationaux entre 2009 et 2014. Fort de cette expérience et d’une influence grandissante dans le cercle très fermé des associés-gérants de Lazard, Matthieu Pigasse devient co-directeur général délégué de Lazard France en 2009, seul dirigeant de la banque en France en 2010 et responsable mondial des activités M&A en 2015. Pendant ses « années Lazard », il conseille plusieurs des plus grandes entreprises françaises. Quelques exemples : Vente du Paris Saint-Germain par Canal+ à Colony Capital (2006) Cession par Accor de sa participation dans le Club Med (2006) Fusion entre Suez et Gaz de France (2007) Fusion de la Caisse d'épargne et de la Banque populaire (2008) Création puis augmentation de capital de Natixis (2008) Rachat de ses actions par L'Oréal à Nestlé (2014) Acquisition de Darty par la FNAC (2015) Acquisition de Gemalto par Thales (2017) Vente d'AB Groupe à TF1 (2018) Rachat par Sanofi de Bioverativ (2018) 2) Le challenge Centerview (depuis 2020) L'ouverture du bureau parisien de Centerview en avril 2020 En 2019, Matthieu Pigasse décide de quitter la banque Lazard pour rejoindre la boutique américaine Centerview. En effet, Centerview ouvre son bureau parisien en avril 2020. Dans ses bagages, l’ancien patron de Lazard emporte plusieurs banquiers, dont Nicolas Constant et Pierre Pasqual. Quelques tensions avec la maison de New York peuvent expliquer ce départ. Parmi elles, le partage des responsabilités avec Peter Orszag (qui a rejoint la banque en 2016 après avoir occupé plusieurs postes dans l'administration américaine et qui a été nommé CEO du conseil financier en juin 2019…) ou encore les activités de Pigasse dans les médias qu’il gère en parallèle de ses fonctions chez Lazard. Surtout, le banquier souhaitait s’engager dans un projet de nature plus entrepreneuriale, davantage possible chez Centerview que chez Lazard. Centerview, une boutique M&A leader aux Etats-Unis Fondée en 2006 par Blair Effron et Robert Pruzan, Centerview intervient sur des opérations M&A, des restructurations et la défense contre les activistes. Aux Etats-Unis, elle s’est rapidement imposée dans le paysage des M&A face aux grandes banques traditionnelles (Goldman Sachs, Bank of America, J.P. Morgan, Morgan Stanley ou Citi). Par exemple, elle a conseillé en 2019 le joaillier américain Tiffany lors de son rachat par LVMH pour 16Mds$ ou la 21st Century Fox lors de sa cession à Walt Disney pour 71Mds$. Pour plus de détails sur Centerview, vous pouvez lire notre article sur les 5 boutiques américaines à la conquête du M&A en France. Le développement rapide de Centerview en France avec Matthieu Pigasse En France, sous l’impulsion de Matthieu Pigasse, la boutique grandit rapidement et affiche déjà un track record déjà bien rempli. Quelques exemples : Vente du bloc d’Engie dans Suez à Veolia (conseil des administrateurs d’Engie) Rachat des cliniques C2S par Elsan au fonds d’investissement Eurazeo (conseil de Elsan) Entrée de CVC dans la Ligue de Football Professionnel (conseil de la LFP) Acquisition par Ardian de GreenYellow à Casino (conseil de Ardian) Rachat de April par KKR (conseil de KKR) Parmi ses nouveaux projets pour Centerview, Matthieu Pigasse envisagerait le lancement d’une équipe dédiée au Conseil en gouvernements pour concurrencer Lazard… justement ! La presse, l’autre passion de Matthieu Pigasse Les origines familiales de Matthieu Pigasse « Je veux gagner de l'argent pour acheter des journaux », aurait lancé le jeune Matthieu à son père. Déjà, il est issu d’une famille proche du monde de la presse : son père (Jean-Daniel Pigasse) est journaliste à La Manche libre, son oncle (Jean-Paul Pigasse) a été Directeur de la rédaction de L’Express, son frère (Nicolas Pigasse) a cofondé le magazine Public et sa sœur (Virginie Pigasse) a travaillé pour le magazine Globe. Les investissements de Matthieu Pigasse dans la presse Ensuite, lors de son passage chez Lazard, Matthieu Pigasse étoffe rapidement son carnet d’adresses. Il investit de manière régulière dans le secteur des médias. Et il intègre ses actifs dans une nouvelle holding baptisée Les Nouvelles Éditions indépendantes (LNEI). En 2004, il négocie la recapitalisation de Libération par Edouard de Rothschild En 2009, il rachète le journal culturel Les Inrocks avec comme objectif de « renforcer le traitement des faits de société [pour créer] un news culturel libre, indépendant et rebelle à l’ordre établi. » En 2010, il convainc le patron de Free Xavier Niel de rejoindre le montage qu’il a imaginé avec Pierre Bergé pour reprendre le groupe Le Monde. Il a depuis revendu une partie de ses parts au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky En 2014, il entre au capital de Le Nouvel Observateur (devenu ensuite L'Obs), toujours avec Xavier Niel et Pierre Bergé En 2015, il acquiert la station Radio Nova En 2017, il rachète le festival Rock en Seine auprès de ses trois actionnaires historiques et fondateurs (François Missonnier, Christophe Davy et Salomon Hazot). Il veut en faire la base d’un nouveau pôle d’activités événementielles qui intégrera aussi le Festival des Inrocks et les Nuits Zébrées de Radio Nova Le lancement du SPAC Mediawan en 2016 Surtout, il participe en 2016 au lancement de Mediawan, le premier SPAC français, avec Xavier Niel et Pierre-Antoine Capton pour racheter des entreprises dans le secteur des médias. Depuis, le groupe a réalisé plusieurs acquisitions (Groupe AB, le pôle TV d’EuropaCo ou Lagardère Studios) pour s’imposer comme un leader de l’audiovisuel en Europe. Pour conclure, Matthieu Pigasse est une personnalité qui détonne dans le milieu très feutré de la banque d’affaires. Banquier qui assume ses convictions politiques. Passionné de rock et adepte des jeux vidéos à ses heures perdues. Investisseur actif dans la presse. Passé du Conseil au gouvernement au M&A. De la vieille maison Lazard au challenge entrepreneurial offert par l’américaine Centerview. Et la suite reste à écrire. Comme Matthieu Pigasse, vous souhaitez faire de la banque d’affaires ? C’est possible, mais les recrutements sont très concurrentiels. Et il faut être très bien préparé pour décrocher une offre. Pour vous aider, Training You a été fondé par deux anciens banquiers de Lazard qui connaissent les process de recrutement, les questions de fit et techniques régulièrement posées et comment y répondre. La plateforme Training You contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au point le jour J : cours, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Thomas Gioe

6 min de lecture

Décryptage
5 raisons de postuler dans une boutique M&A

Si vous souhaitez faire un stage en M&A, vous avez le choix ! La boutique M&A est une option. Mais il existe plusieurs types de structures accueillent des stagiaires en M&A. Quelques exemples : Les grandes banques françaises comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole Une banque anglo-saxonne présente sur les métiers de la banque de financement et d’investissement en France comme Goldman Sachs, Citi, Morgan Stanley ou J.P. Morgan (on les appelle aussi les « bulge brackets ») Une entreprise dans une équipe de M&A interne (c’est le « Corporate M&A ») Et vous pouvez aussi rejoindre une boutique M&A ! Dans cet article, on vous donne les 5 raisons pour lesquelles il est pertinent de faire un stage dans une boutique M&A. A fortiori si vous n’avez pas énormément d’expérience dans le domaine. 1) Des « entrepreneurs du M&A » à forte renommée dans les boutiques Les boutiques M&A sont souvent fondées par des personnalités reconnues du monde des affaires. Ils apportent leur expérience et surtout un carnet d’adresses. Ces « entrepreneurs du M&A » sont des anciens banquiers d'affaires ou anciens patrons, voire les deux. Des anciens patrons de grandes entreprises C’est le cas de Jean-Marie Messier, qui a fondé sa boutique en 2003 après son éviction de Vivendi. Dans un entretien pour le magazine Challenges réalisé en 2016, « J2M » motivait sa décision : « Je n’avais pas le choix. Je suis d’origine modeste, je n’avais pas de patrimoine, je devais élever mes cinq enfants, et l’idée de continuer à m’observer moi-même ne me réjouissait pas. ». Avec l’aide de plusieurs relations (le patron de Publicis Maurice Lévy, le patron de News Corp. Rupert Murdoch ou le pape new-yorkais des M&A Herbert Allen), il lance d’abord sa boutique à New York puis ouvre rapidement un bureau à Paris. Et depuis près de 20 ans, Messier & Associés concurrence directement les leaders Lazard et Rothschild sur la place parisienne. Des anciens banquiers d’affaires C’est le cas de Peter Weinberg et Joe Perella (respectivement anciens banquiers chez Goldman Sachs et Morgan Stanley) qui fondent Perella Weinberg Partners en 2006. Et les exemples sont pléthores. Ken Moelis (ancien de UBS) a lancé la boutique Moelis & Company en 2007. Les frères Michael et Yoel Zaoui (deux banquiers qui évoluaient chez Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont fondé la boutique Zaoui & Co en 2013. Grégoire Heuzé (ancien de Rothschild & Co et Centerview) a lancé Altamoda en 2021. Ces personnalités ont noué des liens de confiance avec leurs anciens grands clients. Et ils savent les cultiver de manière discrète. Par conséquent, ils assurent un dealflow élevé à la boutique. Et cela permet au junior de travailler sur des exécutions et donc d’élever sa courbe d’apprentissage rapidement. 2) Une boutique M&A est un conseil indépendant au service des clients La boutique est une structure indépendante. Elle n’est pas une banque de bilan. Le seul service offert au client, c’est le conseil. Et elles mettent régulièrement en avant leur absence de conflit d'intérêts dans les opérations M&A pour attirer les clients. Mais, de quoi parle t-on au juste ? Au contraire des boutiques, les grandes banques d’affaires (les « banques universelles » ) proposent à la fois du conseil et du financement. D’ailleurs, ces activités de financement représentent souvent une part importante de l’activité. Par conséquent, elles ont un levier sur leurs clients. Comme elles les financent, elles obtiennent plus facilement un rôle de conseil sur les opérations M&A. De plus, la qualité du conseil peut être perturbé par les intérêts de la banque en tant que financeur de l’entreprise. C’est davantage vrai en buy-side (la banque pousse le prix à la hausse et accorde le financement derrière avec les fees qui y seront associés) qu’en sell-side (les intérêts sont alignés pour obtenir le prix le plus élevé possible). Cependant, il est toujours assez risqué d’avoir la même personne comme conseil et financeur… 3) Une expertise reconnue dans certains secteurs ou domaines pour la boutique M&A Plusieurs boutiques M&A ont parfois une ou plusieurs spécialisations pour concurrencer les banques d’affaires. Quelques exemples : Cambon Partners Fondé en 2003 par David Salabi, Cambon Partners s’est imposée comme une boutique M&A de référence dans le domaine de la tech pour les sociétés en croissance. La boutique a conseillé sur plus de 300 opérations depuis son lancement, en intervenant à toutes les étapes du cycle de vie de l’entreprise (venture, growth capital, LBO, M&A). Pour en apprendre plus, vous pouvez retrouver notre podcast avec David Salabi (fondateur de Cambon Partners) :  Bryan, Garnier & Co Fondée en 1996 par l’américain Shelby Bryan et le français Olivier Garnier, Bryan, Garnier & Co a développé une forte expertise en santé et TMT. GP Bullhound Fondée aux débuts de la bulle Internet en 1999 à Londres et présente à Paris depuis 2016, GP Bullhound accompagne les fonds étrangers intéressés par les startups françaises, les fonds français qui souhaitent élargir leur champ d'investissement à l’étranger et les entrepreneurs qui cèdent leur startup Financière de Courcelles Fondée en 1928, la Financière de Courcelles a conseillé sur beaucoup de transactions dans le secteur de l’éducation ces dernières années. Depuis 2020, elle a accompagné 15 deals pour un montant de plus de 1Md€, dont plusieurs opérations à l’international (ex : acquisition d’ICS par Skill&You, acquisition d’Invictus par Sommet Education). Plusieurs opérations ont dépassé les 100m€ de valorisation (ex : Oktogone racheté par AD Education, MédiSup racheté par Stirling Square) Pour en apprendre plus, vous pouvez retrouver notre podcast avec Matthieu de Baynast (Président de la Financière de Courcelles) :  Clairfield International Fondé en 2004, Clairfield International réalise de nombreuses opérations cross-borders sur le segment grâce à son réseau à l’international. Aujourd’hui, la boutique est un partnership de +300 personnes dans le monde, présent dans 25 pays (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Asie). La boutique intervient sur le segment mid-market. En 2021, elle a conseillé sur plus de 140 opérations Vous pouvez visionner notre webinaire avec Thierry Chetrit, co-fondateur de Clairfield : https://www.youtube.com/watch?v=aF3eH1ynwaw Vous pouvez retrouver plus d’informations sur d’autres boutiques M&A dans nos fiches banques. Elles incluent : présentation de la boutique, process de recrutement, deals récents conseillés, arguments pour répondre à la question « Pourquoi cette banque ? », questions d’entretiens posées récemment). 4) Une forte exposition dès le grade junior dans une boutique M&A Les boutiques offrent souvent plus d’exposition aux banquiers juniors. D’abord, la chaîne hiérarchique est moins longue que dans les grandes banques. Concrètement, cela signifie que moins de personnes (qui évoluent à des grades différents) travaillent sur une opération. Les équipes projet sont constituées de 2 ou 3 personnes maximum : le Managing Director (qui a un rôle très spécifique et ne participe pas à la production), un associate/VP (qui contrôle la production et interagit au quotidien avec le client pour être certain que le deal avance) et l’analyste (qui gère la production avec le stagiaire). Parfois, l’analyste ou le stagiaire peut travailler directement avec le MD sur un pitch ou un information memorandum. Cela permet d’être très exposé et de profiter pleinement de la forte courbe d’apprentissage pendant les premiers mois ou années dans la banque. Ensuite, dans les boutiques spécialisées sur les segments small/mid cap (cela représente 90% des boutiques…), le junior aura une vision plus globale d’un deal M&A. D’une part, il ne sera pas limité à l’exécution de tâches techniques sur PowerPoint et Excel. Ses responsabilités seront généralement moins rigides et plus entrepreneuriales. D’autre part, il aura davantage accès au client, par exemple en participant aux meetings. C’est un peu moins vrai dans les grandes banques. 5) Une dimension plus humaine dans une boutique M&A Les boutiques M&A qui évoluent sur le segment small/mid cap (encore une fois, c’est la grande majorité) sont plus proches du terrain. Elles conseillent des entrepreneurs. Par exemple un jeune créateur de startup qui revend sa société à un fonds ou une grande entreprise. Elles conseillent aussi des familles. Par conséquent, quand on travaille dans une boutique, c’est important d’appréhender les clients de manière subtile, de comprendre leurs problématiques et leurs attentes et de passer le temps nécessaire pour les accompagner dans leur transaction. C’est une approche humaine qui nécessite de la pédagogie. Ce rôle est très différent dans les grandes banques d’affaires qui font du large cap. Car elles conseillent souvent de grandes entreprises qui connaissent davantage les enjeux d’un deal M&A (ex : les professionnels du Corporate M&A dans les entreprises du CAC 40 sont souvent des anciens banquiers d‘affaires). Vous souhaitez postuler dans une boutique M&A en stage ou CDI ? Les boutiques M&A recrutent des stagiaires et des juniors toute l’année. Cependant, il faut être très bien préparé pour décrocher une offre. Pour vous aider, Training You a été fondé par deux anciens banquiers de Lazard qui connaissent les process de recrutement, les questions de fit et techniques régulièrement posées et comment y répondre. La plateforme Training You contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au point le jour J : cours, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Thomas Gioe

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Décryptage
Qu’est-ce que le Private Debt ?

Le Private Debt est un financement en dette, alternatif aux sources traditionnelles et dans le cadre duquel les entreprises sont financées par des fonds spécialisés qui émettent de la dette non notée et privée. Dans cet article, nous analysons le développement du Private Debt ces dernières années, les principaux produits de dette et les prérequis pour faire un stage dans le domaine. Un développement rapide du Private Debt depuis 2008 Le marché du Private Debt s’est rapidement développé depuis 2008. Et cela pour 3 raisons : Premièrement, la crise des Subprimes (en 2008) puis celle des dettes souveraines dans la zone Euro (à partir de 2011) a entraîné un durcissement de la réglementation bancaire. En effet, les normes Bâle III (proposées en 2010) contraignent les banques dans le recours au crédit. Par conséquent, de nouvelles sources de financements émergent, dont le Private Debt. Deuxièmement, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurances, etc.) ont progressivement cherché à diversifier leur portefeuille. Surtout dans un contexte de baisse des taux et donc des rendements associés. Troisièmement, le Private Equity a fortement progressé dans les années 2010. Et avec des niveaux de valorisation élevés. Or, ces opérations nécessitent un financement en dette important. Ainsi, les investisseurs en dette ont été sollicités, dont les nouveaux fonds de Private Debt (Arcmont, Ardian, Capzanine, LGT, Tikehau, etc.). Les différentes classes d’actifs dans le Private Debt Dans un LBO (Leveraged Buy Out), les actionnaires (fonds de Private Equity par exemple) cherchent à maximiser la rentabilité de leurs capitaux propres en ayant recourt au levier financier. C’est-à-dire en finançant une partie du prix d’acquisition de la cible avec de la dette financière. Les fonds de Private Debt font partie de ce pool d’investisseurs qui apportent la dette. Parmi les principales dettes utilisées dans un montage LBO, on en distingue 3 grands types : La dette senior La dette senior est prioritaire car elle est remboursée avant les autres dettes. Elle est divisée en plusieurs tranches (A, B ou C). Elle provient généralement de banques sous la forme d’emprunts bancaires ou obligataires. La rémunération est assurée par des intérêts financiers classiques payés de manière périodique. Son rendement se situe souvent entre de 6% et 8%. Sa maturité varie entre 5 et 8 ans selon les tranches. Lorsque les montants sont élevés, la dette senior est garantie par plusieurs banques (« underwriting ») afin de partager le risque dans le « syndicat bancaire ». La dette unitranche La dette unitranche est assimilée à un produit de dette hybride du fait de sa composition mixte entre une dette senior et une dette junior dans une seule et unique tranche. Sa maturité peut aller jusqu’à 8 ans. Son rendement se situe entre la dette senior classique et la dette junior, entre 8% et 10%. La rémunération provient de 3 sources : intérêts classiques, intérêts PIK* (payment in kind) et potentiellement un Equity Kicker**. La dette junior La dette junior, appelée aussi subordonnée, offre une grande flexibilité à son émetteur dans la remontée des cash flows car elle est remboursée in fine, ce qui laisse le temps à l’entreprise de se développer avec les montants levés. Par ailleurs, elle permet d’avoir un effet de levier beaucoup plus important par rapport à ce que peuvent proposer les banques via les emprunts classiques. Le rendement est assez élevé, entre 10% et 13%. La maturité peut aller jusqu’à 9 ans. La rémunération est assurée par des intérêts classiques, des intérêts PIK ou un Equity Kicker. Par exemple, la dette mezzanine est une dette junior Contrairement à une dette bancaire classique, le Private Debt ne requiert pas de négociation avec de multiples institutions. Sa mise en place est assez rapide. De plus, elle permet de lever plus de dette et à des niveaux de risques différents. Enfin, elle apporte de la flexibilité. Ainsi, elle est une bonne alternative au financement classique. Comment faire un stage en Private Debt ? Un stage en Private Debt est une très bonne entrée dans l’univers du Corporate Finance. Qu’il s’agisse d’un fonds spécialisé, d’un asset manager ou d’un investisseur institutionnel, les connaissances acquises demeurent colossales. Les prérequis en Private Debt D’abord, dans votre dossier de candidature, c’est important de mettre en avant certains prérequis. Par exemple, un intérêt pour la macroéconomie et une bonne compréhension des marchés financiers sont utiles pour comprendre les enjeux du Private Debt. En effet, plusieurs investissements en dette privée sont réalisés à taux variables, ce qui les rend très sensibles aux taux souverains ou monétaires de référence tels que l’EURIBOR ou l’€STER en Europe. D’où la nécessité de comprendre le fonctionnement de l’économie, les sources de financement, la politique monétaire et les différents impacts des évènements du quotidien (politiques, économiques, sociaux, environnementaux). Les concepts techniques à maîtriser pour le Private Debt  Ensuite, pour réussir les entretiens, il est indispensable de maîtriser les différents types de dettes et inévitablement le concept du LBO. De plus, être au courant de l’actualité, notamment sur la politique monétaire en place, est nécessaire. Quelques exemples de questions régulièrement posées dans les entretiens en Private Debt ; Quel est le rôle et la structure des 3 états financiers ? Quels sont les indicateurs auxquels on s’intéresse pour faire l’analyse financière d’une société ? Qu’est-ce qu’une obligation ? Comment calculer son rendement ? Quelles sont les particularités d’un LBO par rapport à une acquisition classique ? Quels sont les grands types de financements en dette auxquels l’entreprise peut recourir ? Quels sont les principaux types de dette ? Quelle dette est la plus risquée ? Quelle dette est la plus rentable ? Les qualités importantes pour faire un stage en Private Debt Enfin, vous devez être rigoureux et organisé. Les missions dans un stage en Private Debt couvrent des tâches très diverses : rencontrer d’autres fonds spécialisés ou investisseurs, faire du reporting, préparer les supports de présentations aux investisseurs, faire de l’analyse financière d’entreprises, etc. D’ailleurs, les fonds de Private Debt financent des actifs très variés : des « Corporate » (financement des entreprises dans tous les secteurs), des actifs « Real Estate » (financement de projets ou biens immobiliers) et des actifs « Infrastructure » (financement de projets d’infrastructure, tels que le déploiement d’un réseau de fibre optique). Par conséquent, le Private Debt couvrent une pluralité d’entreprises et de secteurs. * Les intérêts PIK sont capitalisés chaque année. Exemple : l’entreprise a une dette de 500 à maturité 6 ans. Elle paiera la 6ème année : le remboursement du principal (500) et les intérêts de chacune des 6 années qui ont été capitalisés pendant la période ** Un Equity Kicker est un complément de rémunération sous la forme de BSA (Bons de souscription d’actions), qui permet un accès au capital pour les investisseurs en dette. Ils sont souvent utilisés dans le cadre d’un financement en dette mezzanine Vous souhaitez faire un stage en Private Debt ? C’est un métier passionnant, en plein essor et avec des missions très diversifiées. Surtout, un stage en Private Debt est très valorisé auprès des recruteurs dans d’autres métiers en Corporate Finance, comme le M&A ou le Private Equity. Pour y arriver, vous devez être préparé. Training You est la première plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance. Avec nos Packs, vous aurez accès à +60 heures de formation : vidéos sur les concepts techniques à maîtriser (dont ceux utiles en Private Debt), des exercices et cas pratiques d’entraînement, des fiches sur les entreprises, des podcasts exclusifs avec des professionnels. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Thomas Gioe

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