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Décryptage

5 raisons de postuler dans une boutique M&A

Par Thomas Gioe

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6 min de lecture

Si vous souhaitez faire un stage en M&A, vous avez le choix ! La boutique M&A est une option. Mais il existe plusieurs types de structures accueillent des stagiaires en M&A. Quelques exemples :

Et vous pouvez aussi rejoindre une boutique M&A !

Dans cet article, on vous donne les 5 raisons pour lesquelles il est pertinent de faire un stage dans une boutique M&A. A fortiori si vous n’avez pas énormément d’expérience dans le domaine.

1) Des « entrepreneurs du M&A » à forte renommée dans les boutiques

Les boutiques M&A sont souvent fondées par des personnalités reconnues du monde des affaires. Ils apportent leur expérience et surtout un carnet d’adresses. Ces « entrepreneurs du M&A » sont des anciens banquiers d’affaires ou anciens patrons, voire les deux.

Des anciens patrons de grandes entreprises

C’est le cas de Jean-Marie Messier, qui a fondé sa boutique en 2003 après son éviction de Vivendi. Dans un entretien pour le magazine Challenges réalisé en 2016, « J2M » motivait sa décision : « Je n’avais pas le choix. Je suis d’origine modeste, je n’avais pas de patrimoine, je devais élever mes cinq enfants, et l’idée de continuer à m’observer moi-même ne me réjouissait pas. ». Avec l’aide de plusieurs relations (le patron de Publicis Maurice Lévy, le patron de News Corp. Rupert Murdoch ou le pape new-yorkais des M&A Herbert Allen), il lance d’abord sa boutique à New York puis ouvre rapidement un bureau à Paris. Et depuis près de 20 ans, Messier & Associés concurrence directement les leaders Lazard et Rothschild sur la place parisienne.

Des anciens banquiers d’affaires

C’est le cas de Peter Weinberg et Joe Perella (respectivement anciens banquiers chez Goldman Sachs et Morgan Stanley) qui fondent Perella Weinberg Partners en 2006. Et les exemples sont pléthores. Ken Moelis (ancien de UBS) a lancé la boutique Moelis & Company en 2007. Les frères Michael et Yoel Zaoui (deux banquiers qui évoluaient chez Goldman Sachs et Morgan Stanley) ont fondé la boutique Zaoui & Co en 2013. Grégoire Heuzé (ancien de Rothschild & Co et Centerview) a lancé Altamoda en 2021.

Ces personnalités ont noué des liens de confiance avec leurs anciens grands clients. Et ils savent les cultiver de manière discrète. Par conséquent, ils assurent un dealflow élevé à la boutique. Et cela permet au junior de travailler sur des exécutions et donc d’élever sa courbe d’apprentissage rapidement.

2) Une boutique M&A est un conseil indépendant au service des clients

La boutique est une structure indépendante. Elle n’est pas une banque de bilan. Le seul service offert au client, c’est le conseil. Et elles mettent régulièrement en avant leur absence de conflit d’intérêts dans les opérations M&A pour attirer les clients.

Mais, de quoi parle t-on au juste ? Au contraire des boutiques, les grandes banques d’affaires (les « banques universelles » ) proposent à la fois du conseil et du financement. D’ailleurs, ces activités de financement représentent souvent une part importante de l’activité. Par conséquent, elles ont un levier sur leurs clients. Comme elles les financent, elles obtiennent plus facilement un rôle de conseil sur les opérations M&A. De plus, la qualité du conseil peut être perturbé par les intérêts de la banque en tant que financeur de l’entreprise. C’est davantage vrai en buy-side (la banque pousse le prix à la hausse et accorde le financement derrière avec les fees qui y seront associés) qu’en sell-side (les intérêts sont alignés pour obtenir le prix le plus élevé possible). Cependant, il est toujours assez risqué d’avoir la même personne comme conseil et financeur…

3) Une expertise reconnue dans certains secteurs ou domaines pour la boutique M&A

Plusieurs boutiques M&A ont parfois une ou plusieurs spécialisations pour concurrencer les banques d’affaires. Quelques exemples :

Cambon Partners

Fondé en 2003 par David Salabi, Cambon Partners s’est imposée comme une boutique M&A de référence dans le domaine de la tech pour les sociétés en croissance. La boutique a conseillé sur plus de 300 opérations depuis son lancement, en intervenant à toutes les étapes du cycle de vie de l’entreprise (venture, growth capital, LBO, M&A).

Pour en apprendre plus, vous pouvez retrouver notre podcast avec David Salabi (fondateur de Cambon Partners) :

Bryan, Garnier & Co

Fondée en 1996 par l’américain Shelby Bryan et le français Olivier Garnier, Bryan, Garnier & Co a développé une forte expertise en santé et TMT.

GP Bullhound

Fondée aux débuts de la bulle Internet en 1999 à Londres et présente à Paris depuis 2016, GP Bullhound accompagne les fonds étrangers intéressés par les startups françaises, les fonds français qui souhaitent élargir leur champ d’investissement à l’étranger et les entrepreneurs qui cèdent leur startup

Financière de Courcelles

Fondée en 1928, la Financière de Courcelles a conseillé sur beaucoup de transactions dans le secteur de l’éducation ces dernières années. Depuis 2020, elle a accompagné 15 deals pour un montant de plus de 1Md€, dont plusieurs opérations à l’international (ex : acquisition d’ICS par Skill&You, acquisition d’Invictus par Sommet Education). Plusieurs opérations ont dépassé les 100m€ de valorisation (ex : Oktogone racheté par AD Education, MédiSup racheté par Stirling Square)

Pour en apprendre plus, vous pouvez retrouver notre podcast avec Matthieu de Baynast (Président de la Financière de Courcelles) :

Clairfield International

Fondé en 2004, Clairfield International réalise de nombreuses opérations cross-borders sur le segment grâce à son réseau à l’international. Aujourd’hui, la boutique est un partnership de +300 personnes dans le monde, présent dans 25 pays (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Asie). La boutique intervient sur le segment mid-market. En 2021, elle a conseillé sur plus de 140 opérations

Vous pouvez visionner notre webinaire avec Thierry Chetrit, co-fondateur de Clairfield :

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur d’autres boutiques M&A dans nos fiches banques. Elles incluent : présentation de la boutique, process de recrutement, deals récents conseillés, arguments pour répondre à la question « Pourquoi cette banque ? », questions d’entretiens posées récemment).

4) Une forte exposition dès le grade junior dans une boutique M&A

Les boutiques offrent souvent plus d’exposition aux banquiers juniors.

D’abord, la chaîne hiérarchique est moins longue que dans les grandes banques. Concrètement, cela signifie que moins de personnes (qui évoluent à des grades différents) travaillent sur une opération. Les équipes projet sont constituées de 2 ou 3 personnes maximum : le Managing Director (qui a un rôle très spécifique et ne participe pas à la production), un associate/VP (qui contrôle la production et interagit au quotidien avec le client pour être certain que le deal avance) et l’analyste (qui gère la production avec le stagiaire). Parfois, l’analyste ou le stagiaire peut travailler directement avec le MD sur un pitch ou un information memorandum. Cela permet d’être très exposé et de profiter pleinement de la forte courbe d’apprentissage pendant les premiers mois ou années dans la banque.

Ensuite, dans les boutiques spécialisées sur les segments small/mid cap (cela représente 90% des boutiques…), le junior aura une vision plus globale d’un deal M&A. D’une part, il ne sera pas limité à l’exécution de tâches techniques sur PowerPoint et Excel. Ses responsabilités seront généralement moins rigides et plus entrepreneuriales. D’autre part, il aura davantage accès au client, par exemple en participant aux meetings. C’est un peu moins vrai dans les grandes banques.

5) Une dimension plus humaine dans une boutique M&A

Les boutiques M&A qui évoluent sur le segment small/mid cap (encore une fois, c’est la grande majorité) sont plus proches du terrain. Elles conseillent des entrepreneurs. Par exemple un jeune créateur de startup qui revend sa société à un fonds ou une grande entreprise. Elles conseillent aussi des familles. Par conséquent, quand on travaille dans une boutique, c’est important d’appréhender les clients de manière subtile, de comprendre leurs problématiques et leurs attentes et de passer le temps nécessaire pour les accompagner dans leur transaction. C’est une approche humaine qui nécessite de la pédagogie. Ce rôle est très différent dans les grandes banques d’affaires qui font du large cap. Car elles conseillent souvent de grandes entreprises qui connaissent davantage les enjeux d’un deal M&A (ex : les professionnels du Corporate M&A dans les entreprises du CAC 40 sont souvent des anciens banquiers d‘affaires).

Vous souhaitez postuler dans une boutique M&A en stage ou CDI ?

Les boutiques M&A recrutent des stagiaires et des juniors toute l’année. Cependant, il faut être très bien préparé pour décrocher une offre. Pour vous aider, Training You a été fondé par deux anciens banquiers de Lazard qui connaissent les process de recrutement, les questions de fit et techniques régulièrement posées et comment y répondre. La plateforme Training You contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au point le jour J : cours, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur.

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Entreprise
Lazard, la boutique qui a inventé le M&A moderne

« Pour beaucoup, Lazard est la maison qui a inventé la banque d’affaires moderne, celle des fusions-acquisitions » écrit en 2006 Martine Orange dans son « best-seller » dédié à la banque Ces Messieurs de Lazard. Pourquoi donne-t-on aujourd’hui à Lazard cette importance ? L’histoire de la banque Lazard résonne comme celle d’une « saga familiale » débutée au milieu du 19ème siècle et qui se poursuit aujourd’hui. Lancée par les « frères Lazard » en 1848, la petite quincaillerie deviendra en 150 ans d’histoire hors du commun l’une des marques les plus reconnues de la banque d’affaires. A la fois admirée et redoutée, Lazard a enchainé les coups d’éclats, les succès mais aussi les faux pas et les déclins. Surtout, elle a conquis le monde à force de travail (dealflow exceptionnel) et grâce à la vision de plusieurs associés-gérants qui ont fait l’histoire de la banque (personnalités clés). Surtout, elle a fortement influencé le capitalisme mondial et évidemment participé à l’émergence du M&A moderne. Dans cet article, nous aborderons d’abord les origines de Lazard, puis la construction progressive du « mythe » autour de la banque au fur et à mesure de son développement, enfin la consécration de Lazard comme banque de référence dans les M&A aujourd’hui. Aussi, nous évoquerons à la fin quelques « grands banquiers » de Lazard qui ont largement contribué à l’histoire de la banque. Les origines de Lazard : une banque entre la France et les Etats-Unis Lazard Frères est fondée en 1848 par trois frères lorrains (origine française de la banque) à La Nouvelle-Orléans en Louisiane (origine américaine de la banque). Précisément, Alexandre, Lazare et Simon Lazard émigrent aux États-Unis et y lancent une activité de négoce (mercerie, quincaillerie, épicerie, etc.). La fratrie est rapidement rejointe par Elie (le 4ème frère Lazard) et leur cousin Alexandre Weill. Et l’activité initiale de négoce est progressivement remplacée par le service financier. En effet, dans le contexte de la ruée vers l’or de l’époque, la famille s'installe à San Francisco en Californie pour stocker l'or des pionniers, organiser les transferts d'or vers les familles en France et financer ponctuellement des premiers clients. Ce sont les débuts de la banque Lazard ! Le mythe Lazard : une banque au cœur de l’économie et de la finance mondiale Lazard occupe rapidement une place prépondérante dans les milieux d’affaires français et américains. A la fin du 19ème siècle, depuis ses différentes « maisons » (Paris, New York et Londres), elle s’est imposée comme une référence de la finance mondiale. Et à partir du début du 20ème siècle, la banque sera intimement liée à l’évolution du capitalisme moderne. Des opérations spectaculaires D’abord, Lazard est intervenue lors de nombreuses opérations spectaculaires. A la fois au service des gouvernements et des entreprises. Pour les gouvernements (et municipalités) : Défense du « franc » en 1924 contre la spéculation internationale. La banque intervient sur les marchés des changes pour le compte du gouvernement de Raymond Poincaré Remise en ordre des finances de la ville de New York. Elle était en quasi-faillite en 1975 (avec l’entregent de Félix Rohatyn) Conseils des gouvernements de Jacques Chirac et Michel Rocard lors des grandes privatisations de la fin des années 1980. Avec le recrutement de banquiers proches des milieux étatiques comme David Dautresme ou Georges Ralli Pour les entreprises : Accompagnement de André Citroën dans la restructuration financière de sa société automobile en 1927 Conseil lors de la création de la compagnie aérienne Air Inter en 1954 Conseil lors de la première OPA hostile aux Etats-Unis qui opposait trois sociétés américaines à Franco-Wyoming en 1964 Conseil du conglomérat ITT pour le rachat d’Avis en 1965 Conseil sur le rapprochement entre Peugeot et Citroën en 1976 Une influence sur les entrepreneurs Ensuite, Lazard a accéléré la carrière de certains « capitaines d'industrie » français (avec l’influence marquée d’Antoine Bernheim, le banquier « faiseur de roi » de Lazard) : Bernard Arnault quand il souhaite racheter Boussac puis lors des opérations du rapprochement entre Moët-Hennessy et Louis Vuitton. Jusqu’à sa disparition, Bernheim se plaisait à souligner les « trop petites » faveurs que Bernard Arnault lui attribuait en guise de remerciements : une réduction de 30% chez Dior, un foulard pour son anniversaire et des caisses de Moët en fin d'année… Antoine Riboud (patron de BSN) dans sa tentative d’OPA hostile (et ratée…) sur Saint-Gobain en 1968 mais aussi dans ses futures acquisitions qui donneront naissance au groupe Danone actuel Vincent Bolloré dans la construction de son empire François Pinault dans la croissance de son groupe avec l'acquisition du Printemps La consécration de Lazard : une banque M&A référence dans le monde Le succès dans les années 1980 Lazard a régné sans partage sur les M&A dans les années 1980 et 1990 en France. D’ailleurs, elle échappe « miraculeusement » à la nationalisation en 1981. Cela ne sera pas le cas d’autres banques comme Paribas ou Rothschild. Cette décision s'explique grâce aux relations amicales entre André Meyer et Jacques Attali, le jeune conseiller du président élu François Mitterrand. Malgré un petit « passage à vide » dans les années 2000 (concurrence féroce de Rothschild & Co, des banques américaines et des nouvelles boutiques, rivalités internes, etc.), la maison est aujourd’hui l’une des banques d’affaires les plus prestigieuse au monde. En France, sa réputation est intacte. D’ailleurs, Lazard « ne se refuse pas » pour de nombreux étudiants ! Un leader sur la place au niveau mondial Aujourd'hui, Lazard, c’est avant tout une banque d’affaires indépendante (une « boutique » dont le seul métier est le conseil financier) au milieu des grandes banques universelles, qui maintient une forte dimension internationale (présence dans plus de 25 pays) et qui propose 5 principaux types de conseils : M&A (son activité historique) Restructuration (dans le cadre de situations spéciales) Levée de capitaux (conseil en financement en equity et en dette) Politique économique et financière. C’est la fameuse activité de conseil aux gouvernements. Elle se lance en 1974 dans le cadre de la « troïka » avec Lehman Brothers et Warburg. Et elle reste aujourd’hui une spécialité de Lazard Gestion d’actifs (pour les clients fortunés). Elle se lance en 1953 à Londres et se nomme aujourd’hui Lazard Asset Management Lazard est aussi entrer dans la « modernité » au tournant du 21ème siècle. Deux évènements majeurs marquent cette transition : Premièrement, les « trois maisons » (Paris, New York et Londres) se réunifient en 2000 à l’initiative de Michel David-Weill, après avoir repris les parts du groupe Pearson (actionnaire historique de Lazard Londres) Deuxièmement, Lazard fait son entrée à la bourse de New York en 2005 sous l’impulsion de Bruce Wasserstein (nommé à la présidence de la banque en 2002 par Michel David-Weill) Actuellement, Lazard est dirigée par l’américain Peter Orszag. Il a succédé à Kenneth Jacobs en 2023. Ce dernier avait lui-même pris la place de Bruce Wasserstein à son décès en 2009. Les banquiers de Lazard : une banque aux fortes personnalités Lazard a forgé des personnages clés dans l’histoire des M&A qui sont à l’origine de nombreux bouleversements dans le monde des affaires. Quelques exemples : André Meyer Surnommé le « Picasso de la finance », il dirige la banque pendant plus de 30 ans et y développe des métiers lucratifs comme le Venture Capital ou l’immobilier. Pour lui, « le véritable secret de Lazard, c'est de savoir garder les secrets ». Le culte de la discrétion a toujours été mis en avant par Lazard. Felix Rohatyn Il rejoint la banque comme stagiaire à 20 ans. Il devient associé en 1961 puis Managing Director et responsable de la branche américaine de Lazard jusqu'en 1997. Puis, il est ambassadeur des Etats-Unis à Paris. Michel David-Weil Entré en 1956 à 24 ans au sein de la banque et qui en devient le président en 1975, il est le « dernier empereur de Wall Street » laisse un héritage exceptionnel chez Lazard, avec en point culminant la réunification des « trois maisons » historiques de Paris, New York et Londres en 2000. Michel David Weil quitte Lazard en 2004 après un bras de fer avec l'américain Bruce Wasserstein, à qui il avait pourtant confié les rênes de la banque trois ans plus tôt. Bruno Roger Il rejoint la banque en 1954 à 21 ans après l'obtention de son diplôme et qui y fera toute sa carrière : gérant en 1973, associé-gérant en 1978 et président de Lazard France de 2002 à 2017. Sous l’influence de Bruce Wasserstein et sur les conseils d’Alain Minc, Bruno Roger recrute Matthieu Pigasse en 2002 qui lui succèdera comme directeur général de Lazard Paris en 2017. Antoine Bernheim Il est recruté par André Meyer et surnommé « le banquier faiseur de roi » ou « le parrain du capitalisme français ». En effet, il a aidé Vincent Bolloré, Bernard Arnault ou encore Francois Pinault à construire leurs empires industriels. Entré au sein de la banque en 1963, c’est lui qui invente les systèmes complexes de holding qui permettent à un actionnaire de prendre le contrôle d'un empire avec une mise de fonds réduite. Ce système sera fortement utilisé par ses clients. Dont un certain Vincent Bolloré, qui les appelle les « les poulies bretonnes ». Bruce Wasserstein Ancien de First Boston et légende de Wall Street, il a participé à plusieurs deals emblématiques des années 1990. Et il cède sa boutique de conseil Wasserstein Perella à Dresdner en 2000, au plus haut du cycle. Il rejoint ensuite Lazard ou il est nommé à la présidence par Michel David Weil. Cette nomination intervient devant plusieurs prétendants en interne. Comme Edouard Stern, Bill Loomis ou Jean-Marie Messier. Bruce Wasserstein impulse l’introduction en bourse de Lazard en 2005. Mathieu Pigasse D'abord, il est associé-gérant chez Lazard de 2002 à 2015. Puis, il est directeur général délégué de Lazard Frères à Paris à partir de 2009. Enfin, il est responsable des M&A et du conseil aux gouvernements à l’échelle mondiale en 2015 jusqu'à sa démission en 2019. En effet, il rejoint à cette date la rivale Centerview. Il figure parmi les hommes clés de l'histoire récente de Lazard pour son rôle dans plusieurs transactions importantes, y compris le sauvetage de la Grèce lors de la crise de la dette souveraine. Kenneth Jacobs Il rejoint la banque comme Partner en 1991 pour diriger les activités américaines de la banque. Avec lui Lazard fait son entrée sur de nouveaux marchés et ajoute dans son arsenal de métier les restructurations et conseils en investissement stratégique. Il est président entre 2009 et 2023. Peter Orszag lui succèdera. Vous souhaitez travailler en M&A chez Lazard ? C’est difficile d’intégrer ce type de boutique M&A. La concurrence est rude. Une bonne préparation est nécessaire ! 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Par Lucas Gill

7 min de lecture

Entreprise
Rothschild & Co vs Edmond de Rothschild : quelles différences ?

Le patronyme « Rothschild » est connu dans le monde entier. Il est même entré dans le langage commun pour devenir synonyme de grande richesse. Mais Rothschild, c’est avant toute chose une famille, dont sont issues deux des plus prestigieuses banques d’affaires de notre époque : Rothschild & Co et Edmond de Rothschild. Dans cet article, nous allons d’abord revenir sur les origines communes aux deux banques, puis expliquer en quoi elles sont différentes aujourd’hui et enfin étudier les avantages de chacune par rapport à l’autre. Rothschild & Co et Edmond de Rothschild : Deux banques avec une histoire commune La naissance d’une dynastie avec Mayer Amschel Rothschild L'enfance L’histoire de la dynastie débute en 1744 avec la naissance à Francfort de Mayer Amschel Rothschild. A cette époque, de nombreux juifs allemands vivent dans des ghettos. Et ils sont soumis à des règles strictes (ex : sortir que certains jours, ne pas faire les courses en même temps que les autres, etc.). Devenu orphelin, le petit « Mayer » est envoyé par ses grands frères faire ses armes chez le banquier Simon Wolf Oppenheimer à Hanovre. Dans cette ville, la politique envers les juifs est plus souple. Avec lui, Mayer s’initie à la finance. Et il développe sa maîtrise des affaires. Les débuts professionnels A son retour à Francfort en 1763, il est mis en relation avec le prince Guillaume Ier (électeur de Hesse-Cassel). C'est l'une des plus grandes fortunes d'Europe. Ce dernier cherche un banquier pour gérer sa fortune. Et Mayer devient rapidement l’un de ses hommes de confiance. Lorsque le prince Guillaume succède à son père en 1785 (il devient Guillaume IX), il est sollicité par d’autres Princes européens pour des emprunts. Or, il est d’une nature plutôt méfiante. Et il ne souhaite pas devenir l’usurier de l’Europe. C’est alors que Mayer lui propose de prêter l’argent en son nom. En effet, il peut exiger des taux importants. Car les emprunteurs ont l’habitude que les juifs pratiquent le prêt à usure. Tout cela sans écorner la réputation de Guillaume. En échange, Rothschild s’octroie de fortes commissions. Ainsi, il pourra rapidement prêter lui aussi de l’argent et ainsi faire fructifier sa fortune personnelle. Les cinq maisons À sa mort en 1812, Mayer lègue ses biens à ses cinq fils (il avait aussi cinq filles). Ces fils sont déjà dispersés dans les plus grands centres financiers européens : Francfort, Londres, Paris, Vienne et Naples. Ensemble, les cinq frères vont accroître de manière phénoménale l’héritage de leur père. Comment ? En créant le réseau financier le plus vaste au monde. Chacun prend la tête d'une filiale de la banque familiale. Cela donne les cinq branches de la famille, symbolisées par les cinq flèches de leur emblème. La branche française à Paris James de Rothschild, l’un des cinq fils de Mayer, installe la banque à Paris. D’une part, il développe l’activité bancaire traditionnelle de la famille en France. D’autre part, il diversifie l’entreprise dans plusieurs domaines : L'art. Il devient un grand collectionneur Le vin. La famille acquiert le domaine de Mouton en 1853 et le château Lafite Rothschild dans le Bordelais en 1868 Le ferroviaire. Il fonde la Compagnie des chemins de fer du Nord en 1845 (qui restera sous le contrôle de la famille jusqu'à son absorption par la SNCF lors de la nationalisation des réseaux privés de chemins de fer en France en 1938) Les deux tournants : séparation et nationalisation La branche française va subir un double tournant dans la seconde moitié du 20ème siècle. La naissance de la branche genevoise En 1953, Edmond de Rothschild (arrière petit fils de James) fonde la Compagnie financière (LCF) Edmond de Rothschild, anticipant les évolutions bancaires qui transforment la Banque Privée et l’Asset Management. Dans les années 1960, il se fait pionnier du Private Equity en devenant l’actionnaire de référence de nombreuses sociétés dont le Club Med. Surtout, en 1965, il lance sa nouvelle Banque Privée Edmond de Rothschild à Genève, en Suisse La renaissance de Paris Orleans En 1981, après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République en France, une vague de nationalisations est lancée par le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. La banque Rothschild n’y échappe pas et est nationalisée en 1982, contrairement à d’autres banques d’affaires comme Lazard. David de Rothschild (arrière-arrière petit-fils de James) relance l'activité familiale via la société Paris Orléans (la holding qui détenait avant la compagnie ferroviaire). Au départ, ce n’est pas une banque d'affaires mais plutôt une société de gestion de portefeuille, qu’il avec son cousin Eric de Rothschild. Paris Orléans reçoit aussi le soutien financier de Evelyn de Rothschild (à la tête de la branche anglaise), d'Edmond de Rothschild (le fondateur du groupe financier suisse…), du financier britannique Jimmy Goldsmith et du banquier marseillais Martin Maurel (qui avait déjà soutenu la famille pendant la Seconde Guerre Mondiale). Non satisfait avec la seule gestion de fortune, David de Rothschild lance dès 1983 la nouvelle banque « Rothschild & Cie », qui regroupe à la fois ses activités de banque privée et des activités de banque d’affaires. Son ambition est maintenant claire : bâtir un « nouveau Lazard », la référence des banques d'affaires en France dans les années 1980 Rothschild & Co et Edmond de Rothschild : Deux banques qui se ressemblent aujourd’hui Les activités traditionnelles de la banque Au départ, Rothschild & Co (la banque parisienne, héritière de « Rothschild & Cie ») se spécialise davantage en M&A (c’est principalement une banque d’affaires depuis 1983). A l'inverse, Edmond de Rothschild (la cousine genevoise) exerce plus la gestion de fortune. C’est principalement une banque privée depuis les années 1960. Or, les deux sont aujourd’hui concurrentes sur presque toutes les activités « traditionnelles » de la banque : Banque d’affaires. Rothschild & Co est toujours leader en France, mais Edmond de Rothschild est un concurrent sérieux, surtout sur les opérations midcap Banque privée. Edmond de Rothschild était pionnier. Mais Rothschild & Co a fortement renforcé cette activité depuis quelques années. En particulier depuis la fusion avec Martin Maurel en 2016. En effet, les familles Rothschild et Maurel entretiennent des relations privilégiées depuis plusieurs générations Gestion d'actifs. Les deux banques sont historiquement présentes dans ce métier Les autres activités Par contre, en ce qui concerne les activités « non traditionnelles », Edmond Rothschild jouit aujourd’hui d’un plus gros patrimoine. Par exemple, il est présent dans : Le vin. Avec Champagne Barons de Rothschild, Château Clarke, Château des Laurets (au sein de la division « Heritage »). La banque genevoise est en concurrence avec d’autres membres de la famille dans les activités viticoles. Comme par exemple Philippe Sereys de Rothschild (qui possède plusieurs domaines dont le prestigieux Mouton Rothschild) et Eric de Rothschild (propriétaire du Château Lafite) Le fromage. Avec le Domaine des 30 Arpents qui produit le dernier brie de Meaux AOC fermier (dans « Heritage ») Le foncier. Avec le domaine du Mont d’Arbois, un groupe hôtelier de luxe à Megève (dans « Heritage ») L’art. Avec les « Fondations Edmond de Rothschild » Le sport. Avec Gitana Team, une écurie de course à la voile fondée en 2000 par Benjamin de Rothschild (fils d'Edmond) Enfin, Rothschild & Co est aujourd’hui davantage présent dans le capital investissement avec la branche Merchant Banking. Elle a été créée en 2009 et investit à la fois en dette et fonds propres dans des entreprises sur le segment midcap. Les dirigeants des banques Rothschild Les dirigeants des deux groupes sont aujourd’hui Alexandre de Rothschild (fils de David, le refondateur de la banque parisienne après la nationalisation) pour la branche parisienne et Ariane de Rothschild (femme de Benjamin, le fils de Edmond, décédé en 2021) pour la branche genevoise. D’ailleurs, ils étaient en conflit pendant plusieurs années sur l’utilisation du nom, avant un compromis signé en 2018. Aujourd’hui, il est interdit d’utiliser le nom seul. C'est une victoire pour Benjamin et Ariane (la branche genevoise), qui réclamaient précisément l’ajout d’un élément distinctif au patronyme de la banque parisienne (cela sera le suffixe « & Co » !). Pourquoi aller chez Rothschild & Co ou Edmond de Rothschild ? Le choix entre Rothschild & Co et Edmond de Rothschild dépend de vos aspirations et de vos objectifs. Dans les deux cas, il faut bien les connaitre pour performer dans la parte fit de l’entretien. Les 3 atouts de Rothschild & Co Elle détient 3 avantages distinctifs : La réputation sur le métier de la banque d’affaires. La banque est l’un des leaders en France du conseil en M&A et reconnue pour son expertise dans ce domaine. Avec Lazard, Rothschild & Co constitue le duo des boutiques M&A indépendantes les plus prestigieuses de la place parisienne Le réseau mondial. La banque est présent dans 40 pays contre moins de 15 pays pour Edmond de Rothschild La diversité des segments en M&A. La banque conseille sur tous les types de transactions (y compris des très gros deals large cap).Au contraire, Edmond de Rothschild se spécialise plutôt à Paris sur le segment midcap Les 3 atouts de d'Edmond de Rothschild  Elle détient 3 avantages distinctifs : La spécialisation en midcap. Si vous souhaitez travailler sur des opérations midcap (proximité avec le client, rôle pédagogique plus important, plus d’exposition potentielle en tant que junior), la boutique sera un excellent choix La dimension philanthropique. La banque a développé un réseau de 10 fondations à l’échelle internationale. Elles poursuivent la tradition philanthropique de la famille Rothschild Le mélange de tradition et d’innovation. A côté des activités traditionnelles et de la culture Rothschild, la banque est régulièrement impliquée dans des initiatives innovantes. C’était déjà le cas dans les années 1960 (avec la naissance du Private Equity moderne) et cela continue au cours du temps (ex : la création de Gitana Team, une équipe de course de voile de haut niveau) Pour en apprendre plus sur Edmond de Rothschild, vous pouvez retrouver notre podcast avec son Président Arnaud Petit ici :  Vous souhaitez travailler en M&A dans des banques comme Rothschild & Co ou Edmond de Rothschild ? C’est difficile d’intégrer ce type de banque. La concurrence est rude. Une bonne préparation est nécessaire ! Pour vous aider, deux anciens banquiers de Lazard (la banque concurrente, oui…) ont lancé Training You en 2019 pour aider les étudiants à préparer les entretiens en M&A et plus globalement en Corporate Finance. Les formations regroupent tout ce que vous devez connaitre pour réussir un process de recrutement : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Lucas Gill

8 min de lecture

Entreprise
Centerview, la boutique M&A qui défie les grandes banques

Centerview fait de plus en plus rêver les candidats. Dans le monde feutré des banques d’affaires, de nouveaux acteurs apparaissent régulièrement pour concurrencer les grandes institutions traditionnelles, souvent en place depuis plusieurs décennies (plus d’un siècle parfois…). Parmi ces nouveaux acteurs, ce sont les « boutiques » M&A qui prennent le plus de place. La « boutique » est une structure indépendante. Elle ne possède pas de bilan. Son seul service offert au client, c’est le conseil. Au contraire, les banques universelles (telles que BNP Paribas, Goldman Sachs et autres) font à la fois du conseil et d’autres activités (financement, trading, etc.). Et parmi ces nouvelles « boutiques » M&A, Centerview figure en bonne place ! Mieux, elle se distingue par un parcours « fulgurant » depuis sa création aux États-Unis en 2006. Au point de détrôner les « vieilles maisons » comme Lazard ou Rothschild ? Dans cet article, nous allons d’abord revenir sur les origines de Centerview, puis raconter son arrivée tonitruante à Paris et enfin parcourir le process de recrutement original mis en place par la boutique à Paris. Centerview : la « petite boutique M&A » qui concurrence les géants de Wall Street Les origines de Centerview Centerview a été fondée en juillet 2006 par un groupe de banquiers d'affaires aux Etats-Unis. Parmi eux, on retrouve Blair Effron (ancien vice-président d'UBS), Robert Pruzan (ancien président de Wasserstein Perella & Co) et d'autres personnalités influentes du Wall Street de l’époque comme Stephen Crawford (ancien co-président de Morgan Stanley), Adam Chinn (ancien associé de Wachtell Lipton) ou James Kilts (ancien PDG de Gillette). L’idée est claire : concurrencer frontalement les grandes banques de Wall Street qui détiennent à cette époque la grande majorité du marché tant convoité des M&A. La recette est simple : capitaliser sur le réseau respectif des co-fondateurs et innover avec une politique marketing agressive. En effet, les premiers deals conseillés par Centerview se font sans fees pour permettre aux clients de juger de la qualité du travail. Et cela fonctionne ! Centerview gagne rapidement en notoriété et brille par sa capacité à conclure des deals emblématiques qui attirent l'attention de l'industrie. Le plus spectaculaire de tous reste certainement l'acquisition de Time Warner par AT&T en 2018 pour 85 milliards de dollars. Un deal qui a marqué le secteur des médias et du divertissement. L’opération permet à Centerview de se positionner comme un acteur clé du large cap aux Etats-Unis. Rappelons cependant que AT&T revendra l’actif (devenu WarnerMedia) à Discovery trois ans plus tard pour se recentrer sur ses activités d’opérateur télécoms… Autre gros deal : le conseil de Tiffany dans son rachat par LVMH en 2020 pour 16 milliards de dollars, une opération marquante dans le secteur du luxe. En plus de ces deals, Centerview réalise aussi des recrutements de poids. Citons seulement deux exemples : Robert Rubin (ancien secrétaire au Trésor des Etats-Unis) arrivé en tant que Senior Advisor en 2010 et Rahm Emanuel (ancien maire de Chicago) qui lancera un nouveau bureau dans sa ville en 2019. Les expertises de Centerview Aujourd’hui, au-delà des opérations M&A (et du conseil en financement), Centerview propose aussi 3 autres types de conseils à ses clients : Conseil stratégique (hors du cadre transactionnel classique). Exemple : définir la stratégie opérationnelle de l’entreprise Conseil en restructurations (quand la structure financière de l’entreprise pose problème). Exemple : recapitalisations, placement sous la protection du Chapter 11 aux Etats-Unis, revue de Business Plan pour communiquer auprès des créanciers Conseil des boards (quand un avis indépendant est pertinent). Exemple : special committees, fairness opinion, défense contre des OPA ou fonds activistes Centerview : l’arrivée d’un « mastodonte » à Paris L'ouverture du bureau de Paris en 2020 Quand Centerview débarque à Paris en 2020, elle a déjà gagné son statut de boutique « référence » dans le monde des M&A. D’abord, son dealflow américain est élevé. Ensuite, elle conseille sur des opérations large cap. Enfin, elle a déjà entamé son développement à l’international, avec par exemple l’ouverture d’un premier bureau en Europe à Londres. Mais la jeune boutique américaine veut frapper fort en France. D'ailleurs, Paris est son premier bureau en Europe continentale. Pour cela, elle attire l’un des banquiers les plus connus de sa génération sur la place parisienne. Surtout, elle le recrute chez la « vieille rivale » Lazard, véritable temple de la banque d’affaires et inventeur des M&A modernes. Cela sera Mathieu Pigasse qui dirigera le nouveau bureau parisien de Centerview. Celui-ci emmène dans ses bagages plusieurs banquiers de Lazard, dont Nicolas Constant et Pierre Pasqual. Le « style Lazard » chez Centerview à Paris fonctionne rapidement. Grâce à l'expertise et l'expérience de ces banquiers chevronnés, Centerview gagne rapidement en crédibilité et réputation sur le marché français. « On a démarré à cinq en plein confinement avec beaucoup d'énergie à un moment où les dirigeants avaient un grand besoin d'échange et de réfléchir à l'après-crise », raconte aujourd’hui l’un des premiers banquiers de la boutique à Paris. Depuis ses locaux de l’avenue Matignon puis aux « 51 Hoche » (son nouveau siège parisien depuis 2023), Centerview est passée de 5 à 30 banquiers en trois ans. Aux côtés des anciens Lazard, elle a aussi recruté l’associé-gérant de Rothschild & Co Grégoire Heuzé (aujourd’hui parti pour fonder sa propre boutique Altamoda) ou le co-responsable de la banque d'investissement de Barclays à Paris et spécialiste des deals bancaires et financiers Yann Krychowski. Un dealflow déjà impressionnant Surtout, son dealflow est impressionnant avec un track record bien rempli. La boutique a conseillé sur une vingtaine de deals en France. Quelques exemples : Vente du bloc d’Engie dans Suez à Veolia (conseil des administrateurs d’Engie) Rachat des cliniques C2S par Elsan au fonds d’investissement Eurazeo (conseil de Elsan) Entrée de CVC dans la Ligue de Football Professionnel (conseil de la LFP) Acquisition par Ardian de GreenYellow à Casino (conseil de Ardian) Rachat de April par KKR (conseil de KKR) Acquisition de Newcrest par Newmont (conseil de Newmont) Rachat de Provention Bio par Sanofi (conseil de Provention Bio) Acquisition par L’Oréal de Aesop auprès de Natura & Co (conseil de L’Oréal) Rachat du RC Strasbourg pat BlueCo (conseil du RC Strasbourg) Rachat par Kering des parfums Creed (conseil de Kering) Ce dealflow impressionnant a permis à Centerview de faire son entrée dans le top 10 des League Tables françaises au premier semestre 2023. Dans le classement Refinitiv, la boutique se classe à la 6ème position derrière des acteurs historiques du secteur comme BNP Paribas, J.P. Morgan, Lazard et Rothschild & Co. Centerview : un processus de recrutement atypique et exigeant Centerview se démarque également par son processus de recrutement non conventionnel. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les diplômes prestigieux, la banque accorde une importance primordiale aux compétences analytiques, à la capacité de résolution de problèmes complexes et à la créativité des candidats. Le processus de recrutement de Centerview comprend souvent des études de cas stimulantes. Ce qui permet aux candidats de démontrer leurs compétences pratiques. Cette approche innovante a permis à Centerview de constituer une équipe diversifiée et talentueuse, apportant des perspectives variées dans leurs transactions. A Paris, le process de recrutement se déroule généralement en deux tours : Premier tour : Le candidat a 2 entretiens avec des banquiers juniors (analystes ou associates). Les entretiens sont structurés de manière classique, avec du fit et de la technique. Deuxième tour : Le candidat est invité à un « Superday » (une sorte d’Assessment Center à l’anglo-saxonne). Il regroupe plusieurs candidats. Chacun a des entretiens avec une grande partie de l’équipe (dont plusieurs banquiers seniors). Chaque candidat est confronté à 4 types d’entretien : General Fit & Leadership. Ce sont les question de fit classiques d’un entretien en M&A Problem Solving. Ce sont généralement des mises en situation Work Ethic & Work. C’est un entretien axé sur le fit à l’anglo-saxonne, avec des competency-based questions Technique. C’est un entretien classique qui évalue la compréhension des concepts financiers de base du candidat L’un des entretiens peut être réalisé en anglais. Aussi, les candidats ont généralement un call avec une RH de New-York au début du process pour vérifier la cohérence de la candidature. Conclusion : Centerview est une nouvelle force dans les M&A Centerview s'est donc imposée comme une force majeure parmi cette nouvelle génération de boutiques M&A qui concurrence les banques d’affaires traditionnelles. Son expansion à Paris et son impressionnant dealflow en à peine quelques années témoignent de sa capacité à rivaliser avec les plus grands acteurs du secteur. Avec sa récente entrée dans le top 10 des banques d'affaires en France, Centerview confirme sa position en tant que banque incontournable sur le marché français. Cependant, Centerview reste « une jeune boutique » par rapport aux autres grands acteurs des M&A en France comme Lazard et Rothschild & Co. L’enjeu du développement de la banque en France est important dans les prochaines années. Clairement, il faudra compter sur elle !  Vous souhaitez travailler en M&A chez Centerview ? C’est possible mais difficile d’intégrer ce type de boutique M&A. La concurrence entre les étudiants est rude. Et une bonne préparation est nécessaire ! Pour vous aider, deux anciens banquiers de Lazard ont lancé Training You en 2019 pour aider les étudiants à préparer les entretiens en M&A et plus globalement en Corporate Finance. Les formations regroupent tout ce que vous devez connaître pour réussir un process de recrutement : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Théa Chaduteau

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