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Préparation
L'étude de cas en Conseil en stratégie

Hérité de l’anglais « case study », la dénomination « étude de cas » est vaste. Concrètement, elle désigne une méthode d’étude approfondie d’un sujet précis visant à produire de la connaissance ou à atteindre un niveau de compréhension supérieur d’un objet d’étude particulier. Comme vous pouvez l’imaginer, l’étude de cas n’est pas seulement l’apanage de la recherche universitaire. Il s’agit aussi de la pierre angulaire du processus de recrutement des cabinets de Conseil en stratégie. Lors d’une étude de cas, le candidat se voit confronté à une problématique Business. Et il doit la résoudre en temps réel, en situation d’information imparfaite. Dans ce contexte propice au stress, tout est mis en place pour évaluer la pertinence du candidat. L’entretien de conseil se compose de 3 parties distinctes : Le « fit » ou l’entretien interpersonnel La phase de « case study » ou l’étude de cas Une partie « Q&A » (questions/réponses avec le consultant) L’étude de cas stricto sensu n’est que la 2ème phase de l’entretien. Toutefois, dès votre première poignée de main, vous êtes indirectement évalué. Ainsi, arriver en entretien trop détendu, en retard, voire relâché, ou proposer un « fit » sans structure ou sans exemples précis, peut déjà vous exposer à une mauvaise impression irrattrapable. Cette 2ème phase, du reste, est l’étape charnière de votre entretien. Dans cet article, on vous explique d’abord les différents types de cas, ensuite son importance dans l’évaluation des candidats pour les cabinets et enfin quelques clés pour réussir cette épreuve. La typologie des études de cas Passons en revue les différents types de cas. Interviewer-led vs Interviewee-led Un cas « Interviewer-led » signifie que le recruteur vous guide dans la résolution du cas via une série de questions. Chez McKinsey, ces cas sont très courants. Ils évaluent votre capacité à mobiliser les ressources disponibles pour répondre efficacement et de manière convaincante à une série de sous-problèmes gravitants autour du problème client. A l’inverse, un cas « Interviewee-led » vous met en position de « driver » le cas. Vous devez être force de proposition et orienter l’échange sur les thématiques les plus pertinentes. Ces cas sont fréquents au BCG. Ils testent votre autonomie, votre capacité à prioriser les sujets les plus pertinents, tout en fixant un cap pertinent. Ces deux styles de cas se suivent souvent pendant un même entretien. Il est donc préférable de s’entraîner aux deux cas de figure en amont Cas quantitatif vs cas qualitatif Un cas « quantitatif » est un cas dont la résolution s’articule principalement autour d’une mise en équation, suivie de plusieurs étapes de calculs distinctes pour in fine déboucher sur une résolution cohérente et pertinente du problème de votre client. Au contraire, un cas « qualitatif » peut être exempt de tout calcul, ce qui reste néanmoins assez rare. L’accent est mis sur la structuration du problème, mais aussi sur la créativité et le business sense du candidat. Encore une fois, ces deux catégories de cas seront souvent interdépendantes et imbriquées lors de vos entretiens réels Cas « classique » vs cas « exotique » On considère comme « classique » un cas populaire dans le milieu du conseil (ex : « Combien de balles de ping-pong peut-on introduire dans un A380 ? », même si c’est plutôt ici d’un brainteaser) ou dont la démarche s’inspire largement d’un framework usuel (Profitabilité, Croissance, Entrée sur un nouveau marché, etc.). Pour obtenir un aperçu des principaux frameworks utilisés dans la résolution des cas, retrouvez notre cours dédié aux Frameworks. Un cas « exotique » se veut difficile d’accès, au sens où aucun savoir/savoir-faire acquis au cours de votre préparation ne peut vous aiguiller dans le « crackage » du cas. Là encore, il n’est pas rare d’être soumis à un cas abordable au début mais présentant par la suite des pans littéralement indomptables ! Cas business vs cas non-business Un cas business se réfère à un cas dont la réussite repose sur un indicateur financier. Il ne faut pas confondre « cas business » et « cas secteur privé ». En effet, le Secteur Public peut tout à fait faire l’objet d’un cas « business », dont l’objectif est d’améliorer le ROCE d’un ministère par exemple. Un cas « non-business » est un cas qui ne s’inspire pas de l’entreprise, ni dans sa manière de résoudre le problème, ni dans l’objet d’étude. Les market sizings ou les brainteasers, souvent posés sous forme de devinettes, en sont des exemples typiques. Certains cas se situent à la frontière de ces deux versants (ex : améliorer l’image de marque d’un musée) Cas écrit vs cas oral Les cas écrits étaient auparavant systématiques au 2ème tour du BCG, mais un nouveau test en ligne (façon « GMAT ») semble avoir gagner les faveurs de l’enseigne. Aussi, EY-Parthenon, au 1er tour, propose un cas écrit composé d’une série de questions principalement « quantitatives ». Ces tests étant relativement relevés, viser ¾ de bonnes réponses permet généralement de rejoindre la tête du classement sur l’épreuve. Le cas oral, emblématique des entretiens de conseil, met le candidat face au recruteur, pour une durée totale de 30 à 45 minutes de raisonnement argumenté autour d’un problème. Depuis la pandémie Covid-19, ils s’effectuent souvent en ligne, sous forme de « visiocall » Cas individuel vs cas en groupe Les cas en groupe sont très rares dans les processus de recrutement des cabinets de Conseil en stratégie. Néanmoins, Accenture propose des cas en groupe pour la majorité de ses « practices ». Ici, la capacité de travail d’équipe est mise en exergue : sens de l’écoute, communication, leadership, esprit d’équipe. Par contre, les cas individuels sont omniprésents. Souvent, en fin de processus de recrutement, le candidat peut se voir accompagné d’un jury constitué de plusieurs « Partners » ou plusieurs « consultants seniors » Notre conseil : Utilisez la bibliothèque de +170 cas de Training You pour avoir un aperçu global des différents types de cas auxquels vous pourrez être confronté lors de vos entretiens. Pourquoi les processus de recrutement des cabinets de Conseil en stratégie ont-ils recours à l’étude de cas ? L’étude de cas ressemble à une mission du cabinet D’abord, l’étude de cas est un exercice idéal pour évaluer le futur consultant. En effet, il simule en temps réel un pan d’une mission effectuée par le cabinet. Le candidat est ainsi testé en immersion d’une manière fidèle et fiable. L'étude de cas nécessite une démarche logique Ensuite, l’étude de cas permet d’évaluer la démarché logique, la réflexion du candidat, évitant ainsi de tomber dans une infertile restitution de connaissance. L'étude de cas évalue systématiquement trois blocs : Structure et Logique Être MECE (« Mutually Exclusive & Collectively Exhaustive ») doit être une seconde nature pour le consultant aguerri. Vous serez donc testé sur votre faculté à : Segmenter un problème en plusieurs parties exclusives Définir une structure exhaustive permettant la résolution du problème Répondre aux plus hauts standards de qualité de raisonnement, notamment en termes de priorisation, niveau de détail et rigueur d’analyse Esprit quantitatif Votre capacité à mettre en équation un raisonnement complexe et à le résoudre de manière mathématique est naturellement valorisée. Ceci implique de maîtriser 3 éléments essentiels : Formalisation mathématique d’un problème Résolution mathématique d’un problème Aisance quantitative et calcul mental Communication et Synthèse Le recruteur cherche à évaluer votre capacité à présenter un travail final au client autant qu’à communiquer au sein de votre équipe. Il faut respecter 3 paramètres : Clarté de l’analyse Concision de l’expression Précision conceptuelle L’étude de cas est un exercice réaliste Enfin, l’étude de cas est souvent très réaliste. Si vos connaissances ne sont pas évaluées directement, votre démarche est scrupuleusement décortiquée. Pourquoi ? Parce que la connaissance dans le conseil n’est qu’un moyen servant la production d’une analyse à forte valeur ajoutée pour le client. Il y a deux conséquences immédiates. D’abord, un consultant crée du savoir « neuf ». Et ce savoir s’insère dans une analyse approfondie reposant intégralement sur la qualité de la démonstration. Ce savoir tire donc toute sa légitimité du travail du consultant. Ensuite, un consultant exploite les données de façon optimale. Ce qui implique d’être intransigeant sur la qualité des données, le temps passé à recueillir et exploiter les données et la quantité d’information critique nécessaire au démarrage d’une analyse. D’une part, le consultant doit apporter de la valeur à son client en ayant un regard neuf, analytique et créatif, nécessaire à la résolution du problème (fond). D’autre part, la démarche au sein de laquelle s’insère son analyse doit refléter les plus hauts standards de travail afin d’être convaincant (forme). Ces deux exigences font du Conseil en stratégie l’un des métiers les plus complets et dont les pratiques sont parmi les plus exploitables à d’autres métiers. Comment réussir une étude de cas ? Pour réussir une étude de cas, il : Trouver la solution au problème du client Démontrer sa capacité à résoudre un problème de manière méthodique Ainsi, même si le temps vient à manquer et que vous n’avez pas « cracker » l’étude de cas, votre recruteur peut tout à fait laisser un avis favorable. Puisqu’il sait que lors d’une mission, avec plus de temps, vous auriez fourni un brillant rendu. Cette explication vous révèle donc qu’il faut trouver la réponse à l’étude de cas, mais aussi démontrer votre capacité à le faire sur n’importe quel autre cas. Plus vous montrerez de la consistance dans votre analyse, plus vous parviendrez à convaincre votre recruteur que votre performance n’est pas liée à la chance et que vous êtes apte à réitérer des analyses pertinentes une fois en poste. La question est donc de savoir : « Comment démontrer au recruteur ma capacité à résoudre un problème non formalisé de manière systématique ? ». A ce stade, votre étude de cas a déjà commencé… ! Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur Comment réussir systématiquement une étude de cas ? Vous chercher un stage/CDI en Conseil en stratégie ? Comme mentionné, les process sont exigeants. Et l’étude de cas en est la clé de voute. Pour décrocher une offre dans un prestigieux cabinet de Conseil en stratégie, il faut être très bien préparé. Training You est la première plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Conseil en stratégie, avec +50 heures de formations : 8 cours sur toutes les étapes du process de recrutement (dossier de candidature, fit, cas), +170 études de cas réelles et résolues en live par des consultants, 14 fiches sur les principaux secteurs, 17 fiches sur les principaux cabinets et des podcasts exclusifs avec des consultants. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme Pour aller plus loin, découvrez notre épisode de "Choose Your Career" avec Iryna, ex-McKinsey. 


Par Elyas Hamadache

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Préparation
Adoptez le bon mindset pour intégrer les meilleurs cabinets de Conseil en stratégie

Avant de postuler aux cabinets de Conseil en stratégie, il faut avoir le bon mindset. Pour cela, vous devez comprendre les enjeux. Dans cet article, on vous explique l’état d’esprit si particulier des candidats qui intègrent McKinsey, BCG et Bain. La demande excède l’offre pour les cabinets de Conseil en stratégie Rien n’est gagné. Rien n’est perdu d’avance. Les cabinets « MBB » reçoivent chaque année plusieurs milliers de candidatures pour leur bureau de Paris. Pour cause, l’espérance de vie du consultant se situe souvent entre 2 et 3 ans. Cela veut dire que les besoins en remplacement des effectifs juniors sont une priorité. D’ailleurs, cette problématique est présente dans tous les principaux bureaux (Dubaï, Londres, New York, Boston, etc.). Certes, tous les bureaux sont très compétitifs, mais pas d’inquiétude. Car les « MBB » à Paris ont d’importants besoins : BCG Paris est le cabinet de stratégie ayant la plus grande taille approchant les 1 000 consultants ! Pour McKinsey, l’ordre de magnitude se situe autour de 400 consultants à Paris et même 600 en France en comptant le bureau de Lyon Bain compte environ autant de consultants parisiens que McKinsey La bataille des cabinets de Conseil en stratégie est âpre Un process de recrutement en Conseil en stratégie est difficile. Souvent, vous devez enchaîner au moins 3 tours d’entretiens, avec le plus souvent une partie fit et une étude de cas. Dans un process classique, c’est entre 4 et 6 études de cas qui vous seront proposées ! Et vous n’avez pas vraiment le droit à l’erreur. Le niveau d’exigence est élevé. Le cabinet n’évalue pas votre niveau sur seulement 1 ou 2 entretiens. Au contraire, c’est votre capacité à être consistant pendant tout le process et délivrer le même niveau de performance sur la durée qui sera déterminante. Quelques aperçus rapides de batailles dans chaque « MBB » pour vous faire une idée : McKinsey favorise les cas « interviewer-led », c’est-à-dire menés par le recruteur. Cependant, le consultant peut vous laisser guider l’entretien à tout moment avec un style « interviewee-led » pour vérifier votre niveau de consistance en phase d’adaptation Au BCG, le second tour se compose d’un test informatique assez long et très discriminant, évaluant votre logique et votre business sense. Avant, il y avait même un cas écrit Enfin, Bain vous challengera énormément au dernier tour et ne connaît pas votre CV. Ainsi, impossible de compter sur son école pour intégrer ! Vous devez avoir un mental d’acier pour réussir dans les cabinets de Conseil en stratégie Pourquoi faut-il avoir un mental d’acier ? Car la quantité de travail à fournir est élevé. Dans un process de recrutement en Conseil en stratégie, le candidat qui échoue commet généralement 3 erreurs : Il travaille beaucoup plus le cas que le fit Il se pense prêt trop tôt Il relâche ses efforts avant l’échéance finale et sous-performe Au contraire, le candidat qui réussit possède 3 caractéristiques : Il travaille beaucoup et suffisamment l’étude de cas comme le fit. Au passage, il est très mal vu d’avoir un excellent fit et d’être moyen en étude de cas (c’est le syndrome du charlatan) Il travaille par palier. D’abord, il atteint (rapidement) un premier niveau en cas (par exemple avec la bibliothèque de cas Training You). Ensuite, il fait des « mock cases ». A ce moment là, il commence à relever ses efforts en fit, sans oublier les cas ! En effet, l’écart de niveau entre son premier palier et le D-day (niveau MBB) est relativement faible, mais très long à obtenir Il travaille de manière assidue et profite de l’inertie de toute sa préparation. Par conséquent, il augmente progressivement son niveau global pour arriver à son potentiel maximum au moment fatidique Lors de votre préparation, les échecs seront sans doute nombreux : motivation en berne, médiocres prestations dans les études de cas avec votre « case buddy », sentiment de ne jamais être prêt face à l’ampleur du travail et au niveau requis, etc. Cependant, il faut garder un mental d’acier (« Sky is the limit! You are not the limit! »). Votre niveau en cas ne suit pas une fonction affine, à l’inverse de votre niveau de fit. Vous devez comprendre les attentes des recruteurs en amont Les cabinets de Conseil en stratégie, consciemment ou non, évaluent souvent deux attraits primordiaux en parallèle pendant le process : la « delivery capacity » et le « social proof & kindness level » du candidat. D’abord, pour avoir un bon niveau de « delivery capacity », il faut être bon sur plusieurs paramètres : bien communiquer, être synthétique, prouver votre dimension quantitative, être structuré et logique dans votre discours, démontrer votre créativité et votre business sense. Ensuite, pour avoir un bon niveau de « social proof & kindness », il faut être bon sur plusieurs plans tout au long du process : avoir un fit bien préparé, être souriant au bon moment et très « corpo » (professionnel) au bon moment (trop sourire pendant un cas renvoie l’image d’une personne peu préparée et cherchant à combler ce manque, le sourire en entrant dans la salle et en sortant suffirait amplement), renvoyer l’image d’une personne spontanée, naturelle et équilibrée (donc ayant une ou plusieurs passions, un regard franc, etc.). Aucun candidat n’est parfait. Mais de toute évidence, là n’est pas la question. Visez un bon équilibre sympathie/performance. Ceci s’applique d’ailleurs à tous les jobs sauf cas extrêmes : gardien de la paix, petite enfance, etc. Ce qui compte ce n’est pas la destination, c’est le chemin Lors de votre préparation, vous allez véritablement vous transformer. Le niveau d’exigence est tel (structuration, communication, connaissance business, etc.) que ces quelques semaines ou mois de préparation vous serviront tout au long de votre carrière. C’est un peu comme une formation intensive en classes préparatoires. Se préparer aux entretiens des cabinets de Conseil en stratégie, quel que soit le résultat, est déjà une fin en soi ! Mais on ne joue pas un match pour perdre. Un candidat bien préparé doit pouvoir intégrer un cabinet de Conseil en stratégie. Surtout, un candidat accompagné par Training You a toutes les chances d’intégrer un « MBB » parce qu’il suit une formation millimétrée, adaptée à ses forces et faiblesses et a accès, sur une unique interface, à tout ce dont il a besoin ! D’ailleurs, cibler un « MBB » est un bon objectif pour 3 raisons : Premièrement, cela permet de se donner au maximum Deuxièmement, vous arrivez relativement « ready » aux autres cabinets Troisièmement, cette ambition est l’essence de votre moteur pour avancer, le moteur étant la persévérance et la consistance (non, non, le fit n’est pas la carrosserie !) Mais vous pouvez parfaitement viser un autre cabinet si vous avez été vraiment marqué par certaines rencontres ou si vous cherchez une spécificité (secteur, géographie, culture, etc.). Vous cherchez un stage en Conseil en stratégie ? Pour conclure, vous allez livrer une bataille féroce le jour de l’entretien. La guerre commence maintenant. Votre préparation doit s’appuyer sur une grande combativité. Pour cela, Training You est la meilleure option, avec une bibliothèque de +170 cas réels qui tombent en entretien corrigés par des consultants, des cours dédiés à chaque étape du process de recrutement (dossier de candidature, fit, étude de cas, etc.), 14 fiches secteurs1 17 fiches sur les principaux cabinets et des podcasts exclusifs avec des consultants qui vous donnent tous les tips pour intégrer les meilleurs cabinets. « On n’évalue pas un arbre à la brillance de son feuillage, ou au sucre de ses fruits, mais à la violence des tempêtes traversées dignement. » Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Elyas Hamadache

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Préparation
Les 10 règles d’or du consultant en stratégie

Comment réussir à tous les coups ses entretiens en Conseil en stratégie ? La réponse est simple : être (déjà) un consultant en stratégie. Seulement, il n’est pas si simple d’incorporer dans sa préparation aux entretiens des pratiques d’un univers dont on ignore presque tout, et dont les secrets semblent réservés à une poignée « d’initiés ». Dans cet article, un consultant vous rappelle les 10 règles essentielles qu’il aurait aimé connaître avant de passer ses entretiens. Règle #1 : Les bons comptes font un bon consultant en stratégie Les paroles partent, les écrits restent et les chiffres prouvent. Métier historiquement d’ingénieur, le Conseil en stratégie ne saurait se passer de chiffres. D’abord, parce que les chiffres assurent l’homogénéité des raisonnements (#Comparing apples to apples). Ensuite, parce qu’ils permettent de se prémunir. On ne peut pas compter sur une intuition avec certitude. Comme vous pouvez l’imaginer, le client ne s’acquitte pas d’émoluments avoisinant souvent les 500 000€ pour entendre des opinions. Enfin, parce que c’est important de parler le langage de votre client. Le comité exécutif qui s’enquiert de votre livrable final ne jure que par les chiffres ! To dos : Entraînez-vous aux calculs mentaux tous les jours pour marquer des points facilement le jour J Démontrez les faits par des chiffres pendant l’entretien, c’est-à-dire lors de l’étude de cas et du fit « La Mathématique est l’art de donner le même nom à des choses différentes » Henri Poincaré Règle #2 : « Bon sens d’abord, business sense ensuite » pour le consultant en stratégie On est rapidement déconcerté par l’étendue des connaissances que l’exercice « case study » semble supposer. La bonne nouvelle ? Votre recruteur non plus ne sait pas tout ! Et en savait d’ailleurs certainement moins lorsqu’il/elle était à votre place. En somme, le « bon sens paysan » du consultant en stratégie réside dans le fait de poser les bonnes questions pour répondre au bon problème. Ceci est à votre portée. Comment faire alors ? Rester logique. Comment rester logique ? Saisissez ce qui est attendu de vous. Qu’est-il attendu de vous en entretien ? La même chose qu’en mission, à savoir distinguer l’essentiel, les « core challenges » du superflu. Dans cette optique, l’Imbellus game de McKinsey vise à discriminer les candidats capables d’élaborer une stratégie en présence d’un grand nombre d’information (cf. « jeu de l’écosystème ») et en situation d’information imparfaite (cf. « jeu de la plante »). En entretien : Triez les informations importantes Priorisez les challenges essentiels, avec bon sens Pensez à l’impact et la faisabilité de vos hypothèses, si vous tenez à ce que votre client les considère comme des solutions crédibles « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » René Descartes Règle #3 : « Apprendre-Comprendre-Entreprendre » Pendant l’étude de cas, il faut apprendre d’abord. Dès l’énoncé. Comprendre ensuite, en phase de clarification. Poser des questions, tant que vous n’avez pas une connaissance parfaite du sujet. Continuer à comprendre, pendant le « corps » du cas, de manière itérative, et directement intégrer les résultats d’étapes à votre solution globale. Puis entreprendre (i.e. challenger le « statu quo » par des initiatives souvent contre-intuitives), en amenant avec vous le recruteur, et plus tard, le client. N’oubliez pas que le conseil est une aventure à vivre en équipe ! Chez Bain par exemple, le Conseil en stratégie est souvent assimilé à une aventure entrepreneuriale et le travail d’équipe forme l’une des valeurs les plus profondément ancrée dans la culture du cabinet. De plus, cette trilogie prolifique vous servira de boussole pour mener le navire ! Une autre valeur essentielle de Bain est l’intégrité (traduite le True North) inspirant directement d’ailleurs le logo du cabinet. En entretien : Respectez l’ordre apprendre/comprendre/entreprendre. Sinon, vous risquez de perdre votre recruteur Amenez votre recruteur avec vous en clarifiant votre démarche dans le cadre de vos initiatives « Garde-toi d'entreprendre ce que tu ne sais pas faire, et commence par t'instruire de ce que tu dois savoir. C'est ainsi que tu mèneras une vie délicieuse »  Pythagore Règle #4 : « Pour être efficace : faire simple » Certes le problème est compliqué, mais votre réponse doit être simple. Le client, ou ici le recruteur, n’attend pas de vous que vous lui appreniez son métier. A priori, il le connaît déjà. Il attend de vous la résolution d’un problème dont la réponse n’est pas formalisée. Par conséquent, il faut sans cesse vous raccrocher à la problématique posée. Et y répondre simplement en combinant les informations obtenues pendant l’entretien, et les savoirs acquis tout au long de votre préparation. Comment faire ? Facilitez le travail au sein de votre équipe/avec votre recruteur en communiquant vos résultats préliminaires (via des synthèses d’étape par exemple) Restez « structuré » pour être facile à suivre lorsque vous partagerez vos résultats finaux au recruteur Ainsi, le client pourra transmettre facilement vos recommandations en interne « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » Nicolas Boileau Règle #5 : « Dans la peau du client », un prérequis du consultant en stratégie Si vous ne vous mettez pas à la place du client, vous risquez de ne pas avoir de place au sein du cabinet. En mission réelle, il y a souvent des jeux de pouvoir, des informations à savoir décrypter. En bref, il faut sans cesse lire entre les lignes. Pour cela, il vous appartient de bien reconnaître les signaux de votre recruteur qui doit se sentir compris. Tout simplement ! Pourtant, une carrière entière ne suffit pas toujours à maîtriser cet art ! En entretien : Ecoutez votre recruteur, en particulier au début de l’entretien où il est facile de passer outre certaines informations puisque vous êtes susceptible d’être inondé de « data » Demandez de répéter toute information si besoin Essayez de comprendre les difficultés/problèmes auxquels votre client fait face, ainsi que le périmètre exact dans le cadre duquel votre solution doit s’insérer (exemple : un budget limité, un taux de croissance visé d’ici l’année X, etc.) Déchiffrez les informations implicites « Mettez-vous toujours à la place de l’autre » Dalaï Lama Règle #6 : « Pensée transversale » Le consultant en stratégie doit procéder à une allocation optimale de la pensée business. L’une des plus grandes forces du consultant est de travailler sur des secteurs toujours différents, et ainsi de résoudre des problèmes hétérogènes, en exploitant/combinant des raisonnements usuels, là où l’on ne s’y attend pas toujours, tel un virtuose (enfin, idéalement !). C’est une force ! Pourquoi ? Parce que l’on peut comprendre la logique d’AirBnB (servir d’intermédiaire entre vous et votre logement d’appoint), en comprenant la logique d’Uber (servir d’intermédiaire entre vous et votre chauffeur). Et il en va de même pour Facebook et vos amis, Google et l’information, etc. Votre client, embarqué dans un travail routinier a particulièrement besoin de ce regard extérieur, ces « fresh eyes ». En entretien : Adoptez des raisonnements analogiques entre les secteurs quand cela est possible Ne craignez pas d’être trop créatif : on doit se souvenir de vous à la fin de l’entretien (pour les bonnes raisons). À chaque fois que votre recruteur se dit « je n’y aurais jamais pensé », vous marquez de précieux points « Le véritable signe de l'intelligence, ce n'est pas la connaissance mais l'imagination », Albert Einstein Règle #7 : Structurer, indispensable pour le consultant en stratégie Essayer de cracker une étude de cas sans structure, c’est comme vouloir faire décoller un avion sans carlingue. C’est le crash assuré ! Pourquoi parle-t-on toujours de structure dans le Conseil en stratégie pour construire des frameworks ? Parce que justement, une structure sert de fondation. Une formule mathématique initiale permet de structurer une démonstration de théorème. Une structure osseuse robuste permet de supporter la bonne constitution de l’ensemble du corps humain. Lors de votre entretien, la structure constitue une fondation pour « cracker » le cas. Votre structure doit être MECE (« Mutually exclusive, collectively exhaustive ») pour être valide. Pourquoi ? Lors d’une mission réelle, des parties précises du champ d’étude sont attribuées à différents consultants. C’est pourquoi le recruteur déteste les « overlaps ». Ensuite, on ne peut pas supporter un raisonnement global, si la structure est incomplète. Ce serait comme penser qu’une main fonctionnelle puisse se passer des phalanges ! Au BCG, le format de l’entretien invite à proposer des structures plus concises, qui priorisent davantage les points clés. A l’inverse, McKinsey impose presque officiellement des structures à trois niveaux de détail. En entretien : Assurez-vous d’être MECE en s’appuyant notamment sur : la chaîne de valeur, les parties prenantes impliquées ou les thématiques pertinentes. Exemple : marché, concurrents, clients, etc. « Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense » Baudelaire Règle #8 : Communication efficace Votre communication doit mettre en valeur votre pensée. Soyez efficace lorsque vous communiquez pendant l’entretien ou en mission. Comment ? Visez un ratio « nombre de mots/idée » le plus faible possible, tout en conservant une qualité d’information suffisante. En entretien : Soyez top-down : commencer par présenter les différentes parties de votre raisonnement avant de rentrer dans le détail Soyez concis Soyez transparents : sur votre avancée, votre point de blocage éventuel Soyez proactif : anticipez les problèmes, communiquez-les en amont Soyez naturel : vos exemples les plus prosaïques peuvent parfois faire forte impression ! Du bon sens, encore un fois ! « L'émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges » Marc-Aurèle Règle #9 : Le légendaire « so what? » En entretien, toute intervention doit servir soit à mieux comprendre le problème, soit à résoudre le problème. Aux yeux du client et du recruteur, toute action doit avoir un but précis et mobiliser les ressources disponibles pour atteindre le but recherché. Donc, en mission, toute slide doit exprimer une idée claire amenant une résolution graduée du problème. En entretien : Pour mieux comprendre le problème Favorisez les questions de clarification Prenez des notes claires Demandez à votre examinateur de répéter une information si nécessaire Présentez votre structure avant de commencer à résoudre le cas Demandez du temps lorsque cela est nécessaire Pour mieux résoudre le problème : Soyez MECE Effectuez des hypothèses avec bon sens Saisissez les perches tendues par votre recruteur Ancrez vos raisonnements dans les chiffres Ne vous contentez pas des évidences et essayer de sortir des sentiers battus : « go beyond the odds » comme suggère le BCG ! « What else? » George Clooney Règle #10 : Extra Mile Ne confondez pas le mouvement, et le progrès. Vous pouvez courir sur place, ou réaliser une avancée inestimable, avec le même nombre de pas. Les entretiens sont hyper concurrentiels parce que les appels d’offre des missions de Conseil en stratégie le sont aussi. Il y a plus de demande d’emploi en Conseil en stratégie que d’offre, en général. Ainsi, une bonne manière d’être compétitif réside dans une pratique simple : offrir plus de valeur ajoutée que celle attendue. En poste, vous fidéliserez vos clients finaux, contenterez vos collaborateurs. En entretien, vous démontrerez au recruteur votre sens de la performance, votre pugnacité et marquerez de précieux points. Comment faire ? Anticipez les besoins et répondez-y avant qu’ils vous soient communiqués « Tendez l’oreille » et proposez d’inclure une analyse en plus, même si elle a été rapidement mentionnée par le recruteur. Rien n’est fait au hasard Pendant votre préparation, faites plus de cas, et faites plus de vos cas Plus de cas, en exploitant au maximum la bibliothèque de cas Training You Plus de vos cas, en les approfondissant avec vos fiches secteurs, en challengeant le contenu, en les refaisant à la perfection ! « Si tu veux quelque chose que tu n'as jamais eu, il te faudra faire ce que tu n'as jamais fait. » Thomas Jefferson Mode d’emploi : Que faire de ses règles ? Nous vous conseillons trois choses : Les connaître pour cerner les attentes de vos entretiens avant même votre premier tour Les incorporer dans votre préparation dès à présent pour augmenter votre niveau progressivement au fil des études de cas Envoyer les bons signaux à votre recruteur, lors du jour fatidique ! Vous chercher un stage/CDI en Conseil en stratégie ? Training You est la première plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Conseil en stratégie, avec plus de 50 heures de formations : 20 cours sur chaque étape des candidatures, +170 études de cas résolues en live par des consultants, 14 fiches sur les principaux secteurs1 17 fiches sur les principaux cabinets et podcasts exclusifs avec des consultants. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme Pour aller plus loin, découvrez notre épisode de "Choose Your Career" avec Achraf, Senior Manager chez Bain.   


Par Elyas Hamadache

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