Le marché des M&A en France continue d’évoluer dans un environnement incertain, marqué par des tensions géopolitiques persistantes et un cycle économique encore fragile. Pourtant, loin de s’effondrer, l’activité démontre une résilience remarquable. D’après les dernières League Tables publiées par CFNEWS, les banquiers d’affaires ont totalisé 2 599 mandats en 2025, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Un chiffre qui reste néanmoins supérieur à celui de 2022, point bas récent du marché. Mais au-delà du volume, c’est surtout la structure du marché qui évolue. Derrière les chiffres se dessine une transformation profonde du M&A français, avec des implications directes pour les étudiants et jeunes professionnels qui souhaitent y faire carrière. Un marché moins spectaculaire, mais plus structuré L’un des enseignements majeurs de l’année 2025 réside dans la baisse des très grosses transactions. Les opérations supérieures à un milliard d’euros reculent, après une année 2024 particulièrement dynamique sur ce segment. À l’inverse, les transactions de petite et moyenne taille dominent très largement le marché. Les opérations inférieures à 20 millions d’euros représentent toujours une part écrasante des mandats. Cette évolution s’explique en grande partie par le contexte macroéconomique. Le ralentissement de l’inflation a permis de stabiliser les taux d’intérêt, redonnant de la visibilité aux entreprises. Mais les incertitudes géopolitiques et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement continuent de freiner les opérations les plus ambitieuses. Résultat : le marché devient plus fragmenté, plus opportuniste, et surtout plus orienté vers des stratégies de consolidation progressive plutôt que vers des acquisitions transformantes. Rothschild confirme son leadership incontesté Dans ce contexte, Rothschild & Co s’impose une nouvelle fois comme l’acteur dominant du marché français des M&A. Avec 152 mandats en 2025, la banque d’affaires affiche une progression significative et renforce son statut de référence. Ce qui distingue particulièrement Rothschild, c’est sa capacité à intervenir sur l’ensemble des segments. La banque se positionne en tête sur les opérations de LBO, de build-up, de capital-développement et même de capital innovation. Elle domine également les segments Small Cap, Mid Cap et Large cap, illustrant une couverture extrêmement large du marché, possible grâce à Transaction R. Cette présence transversale constitue un avantage compétitif majeur, qui lui permet de capter à la fois les grandes transactions structurantes et les opérations plus récurrentes du mid-market. Adviso Partners, symbole d’un marché en mutation S’il ne fallait retenir qu’une surprise dans ce classement 2025, ce serait sans aucun doute la trajectoire d’Adviso Partners. La banque d’affaires réalise une progression spectaculaire en passant de la 13e à la 2e place, avec un volume de mandats quasiment doublé en un an. Cette performance ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du mid-market, notamment à travers son rapprochement avec Rydge Conseil. Adviso s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable du Small Cap, segment sur lequel elle occupe la première place. Pour ceux qui souhaitent mieux comprendre cette stratégie et les coulisses du développement d’une boutique en forte croissance, l’épisode avec Bertrand Thimonier dans la série Career Insights offre un éclairage particulièrement intéressant sur la vision et l’exécution derrière cette montée en puissance. https://youtu.be/e2HIosCFwrI?si=gKjVrDilevNu7K5v Edmond de Rothschild, la force d’un modèle équilibré En troisième position, Edmond de Rothschild Corporate Finance confirme la solidité de son positionnement. Avec 59 mandats, la banque illustre une approche plus généraliste, couvrant l’ensemble des segments du marché sans concentration excessive. Elle se distingue particulièrement sur les opérations de LBO, où elle figure parmi les leaders. Ce positionnement équilibré lui permet de capter des opportunités variées, tout en conservant une forte crédibilité auprès des fonds d’investissement. Pour approfondir cette approche et mieux comprendre les spécificités du métier, l’épisode avec Arnaud Petit dans Career Insights apporte un retour d’expérience concret et particulièrement instructif. https://youtu.be/r-0GORyjMEY?si=_BgBu35NxvC4Bw6C Un marché des M&A de plus en plus segmenté Au-delà du podium, le classement met en évidence une segmentation croissante du marché. Natixis Partners et Crédit Agricole CIB affichent une forte présence sur les segments intermédiaires, tandis que Lazard reste fidèle à son positionnement historique sur les transactions de grande envergure. Parallèlement, des acteurs comme Cambon Partners ou Amala Partners continuent de renforcer leur spécialisation, notamment sur les opérations de build-up et de LBO. Cambon Partners, en particulier, illustre parfaitement cette dynamique avec une progression régulière et une identité forte sur le mid-market. L’épisode avec David Salabi dans Career Insights permet d’ailleurs de mieux comprendre les logiques stratégiques derrière ce positionnement. https://youtu.be/pYBjJ7mxLBM?si=9yMZ2_LL3iUxYFQF Cette évolution traduit une réalité de plus en plus marquée : le marché du M&A n’est plus homogène. Il est désormais structuré par des niches, des expertises sectorielles et des segments de valorisation. LBO et build-up : les véritables moteurs de 2025 Un autre enseignement clé concerne la nature des opérations. Les transactions sponsor-driven, notamment les LBO et les build-up, continuent de soutenir l’activité. À l’inverse, les opérations boursières enregistrent un recul notable après une année 2024 plus dynamique. Cette tendance confirme le rôle central du private equity dans le marché actuel. Les fonds poursuivent activement leurs stratégies de consolidation, créant un flux constant d’opérations, notamment sur le mid-market. Pour les banques d’affaires, cela implique une adaptation continue des équipes et des expertises, avec une importance croissante accordée aux opérations complexes mais répétables. Ce que les league tables révèlent vraiment pour les étudiants Au-delà du classement lui-même, ces données offrent une lecture extrêmement précieuse pour les étudiants. Elles permettent d’identifier les banques les plus actives, les segments les plus dynamiques, et surtout les zones où se concentrent réellement les opportunités. Le premier enseignement est clair : le mid-market est aujourd’hui le cœur du marché. Une grande partie des transactions, et donc des recrutements, se situe sur les segments Small et Mid Cap Le deuxième point concerne la dynamique des boutiques en forte croissance. Des acteurs comme Adviso, Cambon ou Amala offrent souvent davantage d’opportunités et une exposition opérationnelle très rapide Enfin, le Large Cap reste extrêmement attractif, mais plus sélectif. La raréfaction des gros deals limite mécaniquement le nombre de postes disponibles Autrement dit, comprendre la structure du marché devient un avantage compétitif en soi dans la préparation des candidatures Conclusion Les League Tables 2025 confirment une transformation profonde du marché des M&A en France. Moins dépendant des grandes transactions, plus fragmenté et plus spécialisé, le marché s’adapte à un environnement économique en mutation. Pour les étudiants, cette évolution ouvre de nouvelles opportunités, à condition d’en comprendre les dynamiques et les codes. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la préparation aux entretiens en M&A/Corporate Finance : au-delà des connaissances techniques, il s’agit avant tout de maîtriser les attentes réelles du marché et des recruteurs. Pour aller plus loin, les retours d’expérience de professionnels issus de ces différentes banques, disponibles dans la série Career Insights, constituent une ressource particulièrement précieuse pour appréhender concrètement les enjeux du métier. Source : CFNEWS, League Tables 2025 Découvrir nos formations en M&A/Corporate Finance
Par Guillaume Pommier
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