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Le métier de banquier M&A - ITW avec Julien Rousselle (Associate chez Fenchurch Advisory Partners)

Training You a eu le plaisir de recevoir Julien Rouselle, Analyste M&A chez Fenchurch Advisory Partners. Diplômé de l’ESSEC, Julien s’oriente en finance d’entreprise et réalise un premier stage de 6 mois en Leveraged Finance chez Natixis, puis un second stage de 6 mois en M&A à la Société Générale. Parallèlement il obtient un Summer Internship chez Barclays en ECM (Equity Capital Market). En 2018, Julien reçoit une offre pour un Summer chez Goldman Sachs qui débouche sur une offre en tant qu’Analyste M&A FIG (programme Graduate). Depuis plus d’un an, Julien a rejoint Fenchurch Advisory Partners, une boutique M&A FIG à Londres. En quoi consiste le M&A ? Le M&A (fusions-acquisitons) est un service de conseil financier pour de grandes entreprises. Le but est d’aider un client à réaliser une opération de fusion, d’acquisition ou de cession d’une partie de ses actifs. Pour ce faire, les banquiers d’affaires en M&A sont amenés à travailler avec des personnes qui ont un niveau de décision élevé, en général l’équipe de direction et les actionnaires. Ils doivent donc apporter un conseil à des personnes qui connaissent extrêmement bien leur métier et leur apporter un conseil à forte valeur ajoutée. En général, le dirigeant connaît parfaitement son entreprise mais a besoin de connaître l’état et l’évolution de son marché (et donc de ses concurrents). Tout le travail du banquier d’affaires en M&A est d’avoir des yeux et des oreilles partout. Le rôle du banquier est aussi de préserver un anonymat strict pour préserver les informations confiées par son client. Il y a deux parties très importantes dans le travail d’un banquier en M&A : le conseil et l’exécution d’une transaction. Le M&A, ce n’est pas seulement du conseil financier, c’est aussi la mise en exécution de ce conseil. Il faut donc une certaine capacité à gérer un projet, à exécuter une transaction et à accompagner son client jusqu’à la signature du contrat. Le but est de nouer une relation durable avec le client pour l’accompagner lors de ses prochaines transactions. Quels sont les différents secteurs ? Certains sont-ils plus aimés que d’autres ? L’activité n’est pas toujours scindée en secteurs, cela est propre à chaque ville (équipes sectorielles plus fréquentes à Londres étant donné la possibilité de créer des « pôles » sectoriels multilingues). Les secteurs principaux sont TMT (Télécommunications, Média et Technologies), Energies et ressources naturelles (Energy, Mining & Utilities), industries (Industrials & Chemicals), produits de grande consommation (Consumer & Retail), santé (Helathcare), institution financières (Financial Institutions Group ou FIG) et immobilier (Real Estate). Certains secteurs sont plus à la mode que d’autres. Par exemple, FIG a la réputation d’être un secteur où il y a beaucoup de travail et qui est très technique donc, en général, il n’attire pas les étudiants en sortie d’école. A l’inverse, des secteurs comme TMT, qui vont couvrir des entreprises technologiques comme Facebook, Instagram, WhatsApp, etc. attirent beaucoup plus. Ce sont de grosses capitalisations qui font des acquisitions assez régulièrement afin de se doter de nouvelles technologies, de bases de clients ou afin de s’implanter dans de nouveaux pays. Enfin, le M&A, c’est structurel. Depuis 2007, les taux d’intérêt sont très bas ce qui fait que les banques gagnent assez peu d’argent sur leurs activités de prêteurs et ont donc besoin de se diversifier. La seule façon pour ces dernières de continuer à indiquer des chiffres en hausse, c’est de développer leurs activités de conseil et leurs capacités à générer des deals. Peux-tu nous parler de la vie d’un mandat buy-side ?  Deux manières de voir les choses. Soit le client vient directement voir le banquier (souvent parce qu’il le connaît). Cependant, pour la plupart des deals, c’est au banquier d’aller voir le client et de le convaincre de travailler avec lui en lui présentant par exemple un dossier avec toutes les analyses déjà faites. Une fois l’idée pitchée, et que le client semble réceptif, le process débute alors. Il faut commencer par faire signer un accord de confidentialité à tout le monde : un NDA (Non Disclosure Agreement). Le montant des flux futurs de cette acquisition est alors à estimer ainsi que les synergies qui pourront être faites afin de valoriser l’actif sur la base des informations présentes dans l’information mémorandum. L’information mémorandum est un document préliminaire de 50-100 pages environ qui reprend toutes les analyses sur l’entreprise et qui va être diffusé auprès de tous les acheteurs potentiels. Sur la base de la valeur préliminaire donnée par tous les acheteurs potentiels, le vendeur va en sélectionner quelques-uns (entre 2 et 5 en général) avec lesquels il va rentrer en discussions plus avancées. On pourrait penser que le vendeur va sélectionner les deux personnes qui ont donné la valeur la plus importante, mais ce n’est pas toujours le cas. Le vendeur garde bien souvent les acheteurs qui donnent la valeur la plus justifiée. Pour passer au second tour, l’acheteur doit donc faire une offre haute mais crédible, en s’appuyant sur l’expérience de son conseil financier. Lorsque le vendeur a choisi les quelques acheteurs potentiels avec lesquels il souhaite poursuivre le processus, il va leur donner davantage de détails afin de leur permettre d’ajuster leur valorisation. A la fin du processus, lorsqu’il ne reste plus qu’un seul acheteur et que les deux parties sont d’accord sur le prix, elles vérifient la véracité de toutes les informations reçues. Si tout est conforme alors tout est signé par des avocats et la propriété de l’actif est transférée à l’acheteur. Comment se passe ta journée-type ?  En M&A, ce sont de grosses opérations qui demandent beaucoup de travail, de vérifications et d’analyses. Par conséquent, une journée type n’existe pas. Tout dépend où l’analyste se situe dans le process. Il est possible de passer toute la journée à pitcher autrement dit à faire un document d’analyse sur la base d’informations publiques. En début de process vient surtout l’analyse de documents qui se fait sur PowerPoint et sur Excel. Le PowerPoint correspond au support de présentation d’une idée à un client. Les chiffres ne sont là que pour appuyer le rationnel stratégique. Il ne faut pas avoir peur d’Excel, ce n’est rien d’autre que des additions, soustractions, divisions et multiplications. Ce qui est compliqué, c’est de déterminer quel pourcentage de prime il faut appliquer sur telle ou telle transaction et de savoir traiter le passage des bonus de telle banque à telle banque. En fin de process, il s’agit plus de négociations avec les documents juridiques qui se fait en relation avec les avocats, mais aussi d’aider son client à organiser des réunions avec le management pour poser des questions relatives à des problématiques fiscales, opérationnelles et de bilan. Bien qu’une journée type ne puisse être définie, la charge de travail reste conséquente. Il est commun de commencer vers 9h et, en fonction des banques, de finir entre 23h et 4h du matin. Le week-end est rarement complètement disponible et il est parfois compliqué de prendre des vacances. Il est aussi possible de se retrouver dans plusieurs process en même temps, ce qui oblige à prioriser toute la journée les objectifs de gestion de projet et de faire les analyses tôt le matin ou tard le soir Peux-tu nous parler de ton expérience avec les Summers Internships ?  Un Summer correspond à un stage de pré-embauche d’une durée de 2 mois. Les recrutements sont très compétitifs et nécessitent une préparation spécifique. Les anglo-saxons ont un avantage non négligeable par rapport aux français puisqu’ils sont entraînés aux processus de recrutement dès leur première année de Bachelor. Ils suivent des cours spécifiquement dédiés à l’élaboration d’un CV et d’une LM qui correspondent parfaitement aux attentes des recruteurs. Ils participent également à des événements de networking avec des alumni etc. Les banques recrutent des personnes de tous les horizons, sans expérience préalable en finance, en particulier pour les anglais. De plus, les anglais n’ont généralement pas d’expérience professionnelle lorsqu’ils postulent. Ainsi, les ressources humaines se focalisent davantage sur le fit que sur la technique pure, ce qui peut être déstabilisant pour un français habitué aux entretiens purement techniques. Les entretiens comportent également des brainteasers qui permettent d’évaluer si un candidat est capable de construire un raisonnement qui fait sens. Ces entretiens ont vocation à recruter des personnes qui sont en adéquation avec les valeurs et la culture de la banque. Un Summer est comme un entretien de 2 mois, il faut tout le temps se montrer sous son meilleur jour et montrer une motivation sans faille, tout en étant en compétition avec d’autres profils tous aussi bons les uns que les autres. C’est aussi l’occasion d’apprendre de nouvelles choses sur le « networking » ou le travail en équipe. As-tu des conseils pour bien préparer les entretiens ?  Faire du networking, du networking et du networking ! C’est sûrement l’une des choses à laquelle on n’est pas préparé en France mais qui est d’une importance capitale. Il ne faut absolument pas hésiter à contacter des gens. Il n’y a jamais rien à perdre à essayer d’établir un contact avec quelqu’un que vous ne connaissez pas. Il ne faut pas voir le networking comme une sorte de népotique passe-droits, mais plutôt comme un moyen de glaner des informations sur un secteur sur lequel l’information n’est pas publique. Le networking peut également permettre d’avoir accès à des offres de stages ou d’emploi avant leur publication officielle sur LinkedIn et autres sites carrière, et ainsi maximiser les chances d’être retenu. Ça donne donc un avantage stratégique et cela permet de créer son réseau. Vous voulez faire du M&A ? Les process de recrutement sont difficiles. Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance. Fondée par deux anciens banquiers de Lazard, elle regroupe tout ce que vous devez connaitre pour réussir les process de recrutement en M&A, Private Equity et autres métiers en Corporate Finance : questions de fit, questions techniques, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et les fonds d’investissement, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Training You

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Le Private Equity chez Mirova : ITW avec Anne-Laurence Roucher

« Mirova est une société de gestion dédiée à l'investissement responsable et l'impact. Notre mission est de combiner un retour sur investissement élevé et un impact environnemental et social robuste. C’est donc une finance respectueuse de la planète ! » Anne-Laurence Roucher est Deputy CEO et Responsable des activités Private Equity et Capital Naturel* chez Mirova, une société de gestion spécialisée dans l’investissement à impact et plus globalement l’ESG. Dans cet entretien, elle évoque son parcours, raconte la création et le développement de Mirova et parle des profils ciblés par Mirova pour des stages. Pouvez-vous nous présenter en quelques-mots votre parcours ? J'ai étudié dans une école de commerce, l’ESCP à Paris. A la fin de mes études, en toute logique, je voulais me diriger vers le monde du business et du consulting. Mais je souhaitais avant tout un travail où je pouvais avoir un impact sur la société. C’était très important pour moi. J’ai vraiment hésité à travailler dans une ONG. Et finalement, j'ai débuté comme chef de projet pour une entreprise de réinsertion sociale dans le domaine de la restauration. Elle s’appelle La Table de Cana Paris-Antony. Dans cette entreprise, l'essentiel des collaborateurs était en contrat d'insertion. Le but était de les aider à obtenir un emploi permanent dans le secteur traditionnel de la restauration. Ils avaient des contrats de 6 à 18 mois en tant que commis de pâtisserie, commis de cuisine, serveur, livreur, etc. C’était super intéressant parce que c'était un business de traiteur avec 40 personnes en insertion ! Ensuite, je me suis dit que si je voulais continuer dans la voie de l’Impact, il fallait quand même que j'apprenne à faire du business. Donc j'ai passé 5 ans dans un cabinet de Conseil en stratégie qui s'appelle A.T. Kearney. J'ai travaillé essentiellement sur des missions dans le secteur des services financiers. Mes clients étaient des fonds de LBO, des banques d'investissement, des banques de détail et des compagnies d'assurance. Puis, après 5 ans, j'ai eu deux réflexions. La première, c’est que j'avais une vie de famille qui commençait. Donc j'avais envie d'avoir un peu plus de prise sur mon agenda et mon temps de travail. La seconde, c’est que j'avais envie d'arrêter de conseiller. Je voulais avoir des idées et les implémenter dans la durée. Ainsi, j'ai rejoint Natixis à la stratégie. Parce que c’est difficile de changer à la fois d’entreprise et de métier ! Assez vite, après deux ans et demi, j’ai été recrutée par Natixis Asset Management pour m'occuper de leur stratégie. C'était juste au moment de la crise des « subprimes ». Donc sympa comme timing d'arrivée ! J’ai beaucoup travaillé sur le repositionnement stratégique de Natixis Asset Management, qui est devenu Ostrum. Des pistes importantes ont émergé à cette époque. Il y avait 3 milliards d’euros sous gestion en investissements responsables. Mon boss était déjà Philippe Zaouati, l’actuel DG de Mirova. On s’est dit que cela serait très intéressant de créer un business d'investissement responsable à beaucoup plus grande échelle. En effet, la crise des « subprimes » venait de la finance. Donc la finance pouvait aussi être source de solutions. Au début, on a implanté dans le plan stratégique de Natixis une Business Unit dédiée à l'investissement responsable. Cela a plutôt bien fonctionné. Et notre boss nous a dit : « Faites-en une société de gestion de plein exercice ». C'est comme ça que Mirova est née en 2012. Vous connaissez donc bien l’histoire de Mirova. Vous avez réalisé une double transition de l’Asset Management vers le Private Equity et la finance durable. Pourquoi ce choix ? C'est sûr que je connais bien l'histoire de Mirova ! On a lancé Mirova en 2012. A cette époque, l'investissement responsable n’était pas « le truc super à la mode ». C'était sympa. C'était frais. Mais c’était pas très sérieux. On nous regardait de manière légèrement condescendante. Et puis le temps est passé. Cela nous a permis de confirmer que ce positionnement était le bon. Avec la volonté croissante des investisseurs de prendre en compte les critères ESG dans leurs investissements, on est passé de 3 à 30 milliards d’euros sous gestion. A la création de Mirova, je me suis occupée de tout ce qui n'était pas lié à l'investissement. C’est-à-dire le développement organique avec l’ouverture des bureaux aux Etats-Unis et à Singapour, les acquisitions et les fonctions support. Par conséquent, j'ai couvert plusieurs activités chez Mirova. Ensuite, quand on ambitionnait d’accélérer sur les Private Assets, j’ai supervisé ces activités. En effet, j'avais travaillé sur des acquisitions dans le Capital Naturel, notamment le rachat de Althelia en 2017. A cette époque, nous avions comme objectif plus d’un milliard d’euros pour l’investissement dans le Capital Naturel d’ici à 2022. Pouvez-vous nous présenter Mirova aujourd’hui ? Premièrement, la mission. Mirova est une société de gestion dédiée à l'investissement responsable et l'impact. Notre mission est de combiner un retour sur investissement élevé et un impact environnemental et social robuste. C’est donc une finance respectueuse de la planète ! D’ailleurs, on essaie d’y associer d’autres parties pour favoriser une transition large du monde de la finance vers le financement d'un monde plus durable. Deuxièmement, la déclinaison des objectifs. Mirova est aujourd’hui une entreprise de presque 250 personnes et implantée dans le monde entier. Elle a des racines fortes en France évidemment. Mais elle peut aussi compter sur des équipes assez larges à Boston, Londres, Nairobi et Singapour. Par conséquent, on grandit petit à petit. Et Mirova gère aujourd’hui 30 milliards d’euros d'actifs. Nos classes d’actifs sont diversifiées : actions cotées sur les marchés financiers, obligations vertes et durables, infrastructures liées à la transition énergétique, Capital Naturel et Private Equity. Troisièmement, la croissance. Mirova est encore un petit acteur. Mais on commence à avoir une taille certaine malgré tout ! Et je suis fière du chemin parcouru. Maintenant, il faut continuer le développement. Quelles sont les particularités de Mirova par rapport aux autres acteurs du Private Equity ou fonds de LBO ? Mirova est loin des gros fonds de LBO conventionnels. On investit plutôt en Série B ou C. L’objectif ? C’est de permettre à l’entreprise de développer une technologie qui a un impact environnemental ou sociétal fort. De plus, on choisit des classes d'actifs qui ont beaucoup de potentiel de croissance. Et il y a encore beaucoup à faire ! On veut avoir un positionnement assez authentique, en cherchant à la fois un bon TRI et un impact environnemental et sociétal fort. C'est vraiment ça qui m'intéresse. D’ailleurs, c’est ce que l’on retrouve dans le positionnement de chacun de nos fonds. Quelle est la stratégie de Mirova en Private Equity pour ses prochaines années ? D’abord, c’est être fidèle à ce qu'on est ! Ensuite, c’est exploiter un potentiel de croissance qui reste encore très élevé. Nous voulons quasiment doubler de taille à horizon 2030-2035. Cet objectif est ambitieux mais réalisable. Je pense qu’on peut se renforcer significativement sur les Private Assets. Mais nous voulons aussi développer nos autres classes d’actifs. Combien de stagiaires prenez-vous chaque année en Private Equity chez Mirova ? A Paris, nous recrutons 4 stagiaires pour une période de 6 mois. Donc cela fait 8 stagiaires au total par an. Ils sont répartis à l’échelle de la Business Unit Private Equity & Capital Naturel. Nous avons aussi 3 alternants dans les équipes. Cela fait un peu de monde. Alors à l’échelle de Mirova, encore plus ! Certains alternants ou stagiaires partent ensuite faire un VIE sur nos bureaux à l’étranger. Pour réviser vos entretiens : Vous pouvez retrouvez notre cours dédié à la préparation des entretiens en Private Equity sur la plateforme Training You. Quels conseils pourriez-vous donner aux étudiants souhaitant faire carrière en Private Equity chez Mirova ? D’abord, nous avons besoin d'avoir des jeunes qui sont « plug and play » autant que possible. Même si c'est une logique d'apprentissage, nous avons besoin d’étudiants qui comprennent où ils mettent les pieds. Cela signifie avoir déjà fait des stages en analyse financière, investissement ou Transaction Services dans un « Big Four ». C’est le premier volet. Cela sous-entend qu’il faut être capable d’écrire une note d'investissement. Et que cela n’est pas complètement nouveau. Ensuite, nous voulons des jeunes motivés. Par exemple, il faut démontrer un vrai intérêt pour l'investissement responsable, l'investissement à impact, la transition environnementale ou les grands enjeux sociétaux. Enfin, nous évaluons le fit avec l'ADN de Mirova. Cela comporte aussi une dimension de savoir-être. Comme on aimerait que chacun se comporte avec soi. * Le Capital Naturel chez Mirova regroupe les investissements dans des projets contribuant à la préservation, la restauration et la régénération des écosystèmes naturels. Vous voulez travailler en Private Equity ? Les process de recrutement sont compétitifs pour les fonds d’investissement. Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance. Avec nos Packs, vous aurez accès aux vidéos sur les concepts techniques à maîtriser, des exercices et cas pratiques d’entraînement, des fiches sur les entreprises (dont 30 fonds de Private Equity), des podcasts exclusifs avec des professionnels. 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Par Quentin Demaret

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L'audit chez Deloitte : ITW avec Ana Blazquez

« L’audit est un prolongement de la formation acquise lors des études supérieures. C’est vrai en termes de formation continue, développement professionnel et compréhension approfondie des affaires commerciales. » Ana Blázquez est Manager au sein de l’équipe Audit et Assurance de Deloitte à Madrid. Elle exerce dans le cabinet depuis 7 ans. Dans cette interview, elle présente son parcours académique et professionnel, détaille ses missions en audit et partage ses conseils pour réussir les processus de recrutement en audit. Comment as-tu découvert l’univers de l’audit et pourquoi celui-ci t’a intéressé ? Mon parcours est un peu atypique. En effet, j’ai eu une expérience professionnelle avant de faire de l’audit. J’ai travaillé chez Leroy Merlin au sein de leur Direction Comptable. Ensuite, je voulais élargir mes compétences. Et rentrer en audit ! Chez Leroy Merlin, j’ai acquis une solide base en matière de processus financiers internes et conformité. De plus, cela m'a permis de comprendre l'importance d'avoir une comptabilité précise et transparente pour la prise de décision stratégique. L'audit a été une décision mûrement réfléchie. Elle a été motivée par le désir de mettre à l’épreuve mes acquis dans un contexte plus large et varié. En effet, l’audit est un univers très enrichissant, sans routine et avec des défis intéressants qui te font évoluer chaque jour. Tu travailles actuellement chez Deloitte à Madrid. Peux-tu nous partager ton expérience sur ce transfert de la France vers l'Espagne ? Oui, exactement. Après 10 ans en France dont 4 ans chez Deloitte à Lille, j’ai décidé de retourner dans mon pays natal : l’Espagne. Et dans ma ville natale : Madrid. J’ai demandé le transfert. Il a été approuvé très rapidement par mes associés responsables à Lille. Ensuite, j’ai passé deux entretiens avec les équipes de Deloitte en Espagne. Après, ils ont validé officiellement le transfert. Cela a été très rapide. Quelle différence entre Deloitte et un autre « Big Four » ? Comme les autres « Big 4 », Deloitte propose des services d'audit, de conseil et de fiscalité. Mais selon moi, c’est la culture d’entreprise qui change. Me concernant, je peux d’abord dire que Deloitte encourage la mobilité professionnelle. Puisque le transfert vers la firme espagnole n’a posé aucun souci. Ensuite, je dirais que la RSE est un sujet très présent chez nous. De nombreux évènements à vocation sociale sont organisés chaque année. Quels sont les avantages de commencer sa carrière en audit ? L’audit est un prolongement de la formation acquise lors des études supérieures. C’est vrai en termes de formation continue, développement professionnel et compréhension approfondie des affaires commerciales. Chez Deloitte, l’accent est mis sur le mentorat et l'apprentissage sur le terrain. C’est essentiel pour comprendre la complexité des enjeux business. En tant que manager, on investit beaucoup de temps à former à nos nouveaux arrivants pendant leurs premières années chez Deloitte. En audit, chaque mission est unique. Elle permet d'élargir mes horizons en plongeant dans des industries différentes (énergie, technologie, etc.). Par conséquent, c’est une expérience diversifiée qui est transférable dans de nombreux autres domaines que la finance. Ce qui est passionnant, c’est que l'audit nous place au cœur du fonctionnement des entreprises. Cela nous offre une perspective privilégiée sur leurs opérations et stratégies. Justement, quels sont tes conseils pour décrocher un stage en audit ? D’abord, il faut connaitre le métier de l’audit. Ensuite, il faut avoir un minimum de culture financière au sens large. C’est-à-dire s’intéresser à la vie des entreprises. Puis, il faut maîtriser les bases de la comptabilité. De plus, il faut être très naturel pendant l’entretien. Car nous avons aussi besoin de personnes qui seront proches des clients. L’audit exige une interaction constante avec les clients. Enfin, il est important de savoir travailler en équipe. Nous sommes très attentifs aux profils que nous recevons. La curiosité et l’envie d’apprendre sont très importantes ! Pour réviser ces entretiens : Training You inclut dans sa formation un cours complet dédié à l’audit. Il a été construit par deux anciens auditeurs qui maîtrisent parfaitement les process de recrutement dans ce secteur. Peux-tu nous parler du processus de recrutement en audit chez Deloitte ? Bien sûr ! Le processus de recrutement en audit chez Deloitte comprend trois phases distinctes. Premièrement, le candidat a un entretien avec un manager. Cet entretien inclut à la fois une évaluation de la personnalité du candidat et un cas pratique. Deuxièmement, le candidat a un entretien avec un associé. Il évalue sa détermination à rejoindre le poste et le pousse dans ses retranchements. Pour le candidat, c’est l'occasion d'interagir avec un auditeur expérimenté et gagner un aperçu de son rôle. Troisièmement, le candidat a un entretien RH traditionnel. Il doit se présenter, partager ses attentes et montrer sa personnalité. Avant cette phase d’entretiens, les candidats doivent réussir un test d’anglais en ligne. Mais il n’est pas particulièrement difficile ! A ce sujet, peux-tu nous donner des exemples de questions qui reviennent régulièrement en entretien ? D’abord, on peut poser des questions sur le parcours du candidat. Ensuite, sur le métier. Par exemple, qu’est-ce qu’il connaît de l’audit ? Pourquoi il veut faire de l’audit ? On vérifie aussi que le candidat s’est renseigné sur Deloitte. Quand un candidat se renseigne sur les clients d'une entreprise, ses actualités et comprend les défis auxquels elle est confrontée, j’y suis toujours sensible. Cela démontre une proactivité. C’est une qualité essentielle dans notre métier. En entretien, on rencontre souvent deux types de candidat. D’un côté, ceux qui envisagent une carrière longue en audit ou expertise comptable. De l’autre, ceux qui voit plutôt l’audit comme un tremplin vers le M&A ou le Transaction Services. Précisément, quel est l’intérêt de l’audit pour le M&A ou le Transaction Services ? D’abord, l’audit donne une base très bonne en comptabilité pour savoir lire les états financiers et comprendre les enjeux financiers des entreprises. C’est nécessaire pour le M&A ou le TS. Puis, l'expérience acquise en audit ouvre de nombreuses portes. C’est vrai dans le domaine de la finance, mais également en conseil. Enfin, les compétences développées en audit, telles que l'analyse financière, la compréhension des processus d'affaires, la capacité à travailler sous pression et à communiquer efficacement avec les clients, sont hautement valorisées et transférables à d’autres domaines. Comment se passe l’intégration des juniors chez Deloitte ? L’intégration chez Deloitte ne dure pas une seule journée. Puisque le manager suit le stagiaire durant toute sa période dans l’entreprise. Ce processus commence par deux semaines d’intégration. Une première semaine qui a normalement lieu hors de Paris dans un endroit très sympa pour les formations basiques d’audit. Une deuxième semaine qui se déroule à Paris pour une formation en comptabilité. Ces deux semaines permettent de faire un rappel des concepts pour que tout le monde ait le même niveau d’information. Enfin, l’étudiant aura un suivi par un manager RH pour l’orienter dans son parcours professionnel et son expérience au sein de Deloitte. Nous prenons en compte chacun des retours des stagiaires que nous accueillons. Pour aller plus loin, retrouvez notre épisode de "Career Insights" avec Patrick Vincent-Genod, Partner auditeur dans un autre "Big 4": EY:  Vous voulez faire de l’audit ? L’audit est un métier technique, relationnel et très formateur. Il représente une bonne porte d’entrée vers le M&A ou le TS. De plus, les « Big 4 » avec d’autres cabinets comme Mazars, Grant Thornton ou BDO recrutent beaucoup de juniors chaque année. C’est donc une expérience à ne pas négliger si vous envisagez une carrière en Corporate Finance et que vous manquez d’expérience pour viser directement le M&A. Mais les entretiens nécessitent une bonne préparation pour être à l’aise avec les bases de la comptabilité. Pour vous préparer, Training You propose un cours complet en audit. Et en plus, vous aurez accès à +60 heures de formation pour tout réviser en Corporate Finance : cours, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur entreprises, podcasts avec des professionnels du secteur. Alors, n’attendez plus pour booster votre préparation ! Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Quentin Demaret

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5 points à retenir de notre rencontre avec David Salabi, fondateur de la boutique M&A Cambon Partners

Dans le cadre de notre podcast « Career Insights », nous avons rencontré David Salabi, le fondateur de la boutique M&A Cambon Partners. Avec lui, nous avons abordé entre autres son parcours d’entrepreneur à succès (création de Cambon Partners à seulement 31 ans), les facteurs clés de succès de Cambon Partners depuis plus de 20 ans (près de 400 transactions conseillées depuis la lancement, dont plus de la moitié ces 5 dernières années) et la préparation des entretiens en M&A (conseil d’un banquier M&A et recruteur de talents pour sa propre boutique). Le parcours de David Salabi : 1995 : MSTCF (Maîtrise des Sciences et Techniques Comptables et Financières) à l’Université Paris-Dauphine 1995-1997 : Audit chez Deloitte (commissariat aux comptes) 1997-2000 : M&A chez Arjil & Associés, une banque d'affaires indépendante basée à Paris fondée en 1987 par Jean-Luc Lagardère 2000-2003 : Responsable du département M&A chez MGT, une boutique M&A basée à Paris spécialisée sur la tech (qui faisaient uniquement des levées de fonds avant son arrivée) 2003 : Création de Cambon Partners (ex-Financière Cambon) Voici 5 points à retenir de cette discussion. 1) Un intérêt précoce pour la Corporate Finance Alors qu’il était encore étudiant à Dauphine, David Salabi développe un intérêt plus prononcé pour la Corporate Finance que pour les autres matières. D’abord, il rencontre des professeurs inspirants. Ensuite, il est attiré par la finance. Car elle permet de prendre plus de hauteur que la comptabilité pour comprendre l’entreprise. En particulier les leviers de la croissance et la valorisation. Pour lui, la comptabilité et la finance sont très complémentaires. La comptabilité, c’est la matière première (la langue). La finance, c’est la production (l’analyse). Enfin, il lit très tôt la presse économique et financière et investit même en bourse, au départ de manière ludique puis constitue un vrai portefeuille à la fin des années 1990 quand la « bulle internet » commence à grandir. 2) Une ambition très développée et une envie de réussir sans limite David Salabi est un ambitieux. S’il débute sa carrière en audit chez Deloitte « en complément de formation » et « pour apprendre à travailler » (renforcer ses connaissances techniques, respecter des deadlines, parler à des clients, savoir écrire), il se dirige ensuite rapidement vers le M&A pour apporter plus de « valeur ajoutée » aux clients dans un rôle de conseil. Trois évolutions traduisent cette ambition. Premièrement, il saisit la première opportunité qui lui est offerte pour passer de l’audit au conseil M&A avec Arjil & Associés. Dans la boutique de Jean-Luc Lagardère, il travaille par exemple sur la fusion entre Matra et Aerospatiale. C'est une opération avec beaucoup de technicité et d’enjeux autour de la transaction (marché cyclique, taux de change euro/dollar, etc.) Deuxièmement, il saisit l’opportunité de la « bulle internet » qui explose au début des années 2000 et s’impose comme un « eldorado » pour les jeunes de l’époque. Déjà, David Salabi recherche plus d’autonomie et de l’espace pour « prendre le lead » et s’épanouir Troisièmement, il crée à 31 ans la « Financière Cambon ». Pourquoi ? D’abord un peu par défaut car il est « tombé comme un poisson dans l’eau » dans la banque d’affaires et pense « maîtriser tout ce qui est nécessaire pour exceller dans ce domaine ». Ensuite car MGT ne lui amenait plus rien. David Salabi le résume comme cela : « J’ai crée parce que c’est la seule chose que je sais faire » 3) Les trois matrices de croissance de Cambon Partners David Salabi résume le développement de Cambon Partners à l’aide de trois matrices : sectorielle, métier et RH. D’abord, la matrice sectorielle. David Salabi développe initialement une spécialisation forte sur le secteur des ESN (services IT) car c’était le seul qui restait à l’époque après l’éclatement de la « bulle internet » ! Et à partir de ce secteur, la boutique a progressivement élargi ces compétences à d’autres domaines tels que le e-commerce, l’édition de logiciel, l’agence digitale, l’assurance et le courtage en ligne Ensuite, la matrice métier. Cambon Partners est au départ une pure boutique de M&A puis s’élargit vers d’autres types d’opérations. A partir de 2007, la boutique commence à conseiller sur des opérations de LBO (par exemple avec le premier LBO tech en France avec Easy Voyage) et des levées de fonds Enfin, la matrice RH. Au début, David Salabi est seul ! Puis il recrute progressivement d’autres banquiers. Les premières arrivées sont cruciales. Elles permettent à la boutique de franchir des étapes importantes. C'est Michael Azencot en 2005 (qui avait une forte expérience en M&A dans des groupes tech comme Devoteam et Dassault System), Morgan Lesné en 2010 (qui a apporté une culture très internationale et une forte expertise dans le e-commerce), Guillaume Teboul en 2013 (qui avait fait un stage avant au sein de la boutique) ou encore Laurent Azout en 2017 (le premier recrutement provenant d’une grosse maison de la place avec Lazard et qui permet d’envisager des opérations davantage sur le segment Large Cap) 4) L’installation de Cambon Partners comme une référence sur la place En 2017, la boutique change complètement son identité. La « Financière Cambon » devient « Cambon Partners », en particulier pour insister sur la dimension internationale de la boutique qui réalise déjà beaucoup de deals cross-border. Et depuis cette date, « le flux s’est inversé » selon David Salabi. Pendant 15 ans, Cambon était plutôt en demande et allait chercher les deals auprès des clients. Depuis 5 ans, Cambon est reconnue sur la place après avoir construit un beau track record. Comment l’expliquer ? Selon David Salabi, l’état d’esprit de la boutique entraine le succès. En effet, Cambon Partners « ne recherche pas des mandats mais des deals ». Concrètement, cela veut dire que la boutique sélectionne les deals de manière stricte à l’entrée, dit la vérité au client pendant le process (ce qui aide à créer un alignement d’intérêt) et se donne les moyens de bien savoir parler des actifs pour les vendre à la sortie (il faut savoir de quoi on parle pour vendre  un actif en M&A). Et cela marche ! Aujourd’hui, Cambon Partners fait entre 50 et 70 process par an et revendique un taux de conversion de presque 100%. 5) Expérience et personnalité : les deux prérequis pour travailler chez Cambon Partners David Salabi a parlé des candidats et des juniors pendant la discussion. D’abord, il faut combiner deux choses pour obtenir un stage chez Cambon Partners. D’une part, une bonne expérience précédente, idéalement déjà dans l’univers de la Corporate Finance ou de l’entrepreneuriat. En effet, David Salabi insiste sur le fait que Cambon Partners expose ses stagiaires comme des analystes. C’est donc important d’être bien formé en arrivant. C’est-à-dire avoir un bagage technique solide (heureusement, Training You est là pour cela !) et des compétences qui pourront s’exprimer dans le domaine D’autre part, c’est important d’avoir une « personnalité » : être curieux, se poser des questions, être fasciné par le métier et les entrepreneurs, avoir « envie de bosser et de s’engager ». Pour lui, le banquier d’affaires idéal possède toutes les qualités requises pour le métier. Mais cela n’est pas indispensable de les avoir toutes. Par contre, il faut en avoir certaines et bien les développer Ensuite, il faut se reconnaitre dans les valeurs de Cambon Partners pour s’y épanouir au quotidien. Ces valeurs sont la Conviction (pour comprendre en profondeur les clients et leur dire la vérité), le Dépassement (pour explorer de nouvelles opportunités) et le Plaisir (pour s'investir pleinement dans chaque transaction, leurs forces). Bonus : David Salabi nourrit une passion pour les chevaux qui lui a aussi servi dans sa carrière de banquier d’affaire : « L'élevage des chevaux de course m’a appris l'importance du détail et de la patience ». En résumé, cette rencontre avec David Salabi offre un aperçu fascinant de deux monde : celui de l’entrepreneuriat et celui de la banque d’affaires. David Salabi voulait « aller loin » et a « dépassé ses attentes » avec Cambon Partners. C’est exactement ce qu’on veut partager chez Training You. Alors, ayez de l’ambition de réussir avec nous votre début de carrière ! Pour visionner l’épisode avec David Salabi :  Pour retrouver nos podcasts : https://training-you.fr/podcast-career-insights/


Par Ziad Sebti

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Retour d'expérience
Interview with Anne Bouju, Project Finance & M&A Analyst at Finergreen

"Financing renewable energy projects is not just a choice for us [at Finergreen]; it's part of our DNA, shaping the very essence of the projects we choose to support.” Anne Bouju is a Project Finance & M&A Analyst at Finergreen, an advisory boutique dedicated to energy transition. A dual-degree Master’s graduate from EDHEC and Mines Paris, Anne joined Finergreen in 2023 after varied internship experiences in both M&A and Private Equity. In this interview, Anne touches upon her academic and professional experiences. She also explains what project finance entails, the specificities of Finergreen, and shares advice for students looking to pursue a career in the sector. Happy reading! Hello Anne, nice to meet you and thank you for taking the time to speak with us. Please could you please tell us a bit about yourself? Certainly, thank you for having me. I'm a former student from EDHEC, where I completed a dual master's degree in collaboration with Mines Paris, specializing in climate change and sustainable finance. During my gap year, I interned at Tikehau Capital, Golding Capital Partners in Munich and Deutsche Bank in London. These internships provided me with a comprehensive view of various infrastructure deals, particularly in the EV charging sector. I acquired significant modelling experience and a nuanced understanding of risks associated with infrastructure financing. Outside of work, I have a passion for travel and playing the violin. With work experiences in Germany, the UK, France, and living in Mexico, I'm fluent in four languages. Recently, I undertook my end-of-studies internship at Finergreen, contributing to the Project Finance and M&A team. This opportunity resulted in me securing a permanent position as an Analyst within the firm. Did you intentionally shape your career trajectory towards project finance, or was it a path that you discovered through your internships? It all came together for me. I really enjoyed the infrastructure deals from my past experiences and found satisfaction in structured financing and Excel modelling during my internships. That's why I opted for project finance—a perfect mix of modelling and interesting deals. That's more or less how I ended up in project finance in my career. Let's talk about project finance. How might you describe project finance to someone who doesn’t have a clear idea about what it entails? In a nutshell, project finance is a type of financing used to finance infrastructure projects with a long lifetime horizon, ranging from 20 to 40 years. For instance, telecom infrastructures, roadways, public infrastructures such as schools or buildings. The term infrastructure is very broad, it can range from roadways to jails. At Finergreen, we focus on  renewables energy deals involving solar plants, wind farms etc. The particularity of this type of financing is that it involves a high level of debt to boost your project's Internal Rate of Return (IRR). Moreover, it operates under a non-recourse financing model, meaning that in the event of project failure, banks cannot turn to the project initiator's balance sheets for guarantees. In conventional company investments, assets on the balance sheet serve as collateral, providing recourse in case of bankruptcy. However, in project finance, this dynamic differs. The process initiates with Special Purpose Vehicles (SPVs), which lack initial balance sheets. Consequently, when making an investment, there is no initial collateral to claim. Similar to any financing approach, project finance typically involves modelling future cash flows based on the terms and covenants outlined in various contracts. The objective is to identify the optimal financial outcome while adhering to all constraints and aligning with everyone's preferences to achieve the best possible yield. What are the main funding sources for projects, especially when collateral is unavailable? How do you assess and select the most appropriate financing options for various project types? In project finance, the primary choices are between debt and equity. The dynamic lies in optimizing the debt-equity balance. While equity investors aim to increase their equity internal rate of return (IRR) by incorporating more debt, lenders, usually banks, seek to minimize debt exposure to mitigate risks. As financial advisors, our task is to harmonize these divergent interests, maximizing the use of debt within the boundaries of bank constraints to ensure prudent risk management in project financing. Could you walk us through the step-by-step process of project financing for a sustainable development project? Starting from the moment the client knocks at Finergreen's door to the moment the project is completed. The project unfolds in three key phases. First is the preparation phase, where an information package is drafted for potential banks, contracts are scrutinized, and project conditions are gathered. Financial modelling is then undertaken to compute future cash flows and optimize debt size while adhering to the expected covenants, including sizing and other constraints. The second phase involves consultation, where suitable banks are identified, and a competitive environment is created through Q&A exchanges. The final stage is execution, encompassing due diligence, a thorough review of the financial model, technical assessments, and the eventual signing of documentation to complete the transaction. In the initial phase, you mentioned reviewing contracts. Which aspects do you pay attention to? Contracts are essential to large infrastructure projects, as they set out roles and responsibilities between parties over the project life, as well as the financial terms for each party. As financial advisors, we don't possess strong views on the contracts from a legal perspective, but we rely on our market knowledge and internal benchmarks. Our clients usually have existing agreements and contracts in place. They rely on us to secure the optimal financing structure from investors while working with those existing contracts, which we have to understand and analyse. Throughout the process, we work directly with the client and the investors and lenders on these aspects. Could you elaborate on your key responsibilities and tasks throughout these steps? Certainly. My role spans all stages of the process. I actively support the team and participate in calls, learning extensively from senior members. My main tasks involve reviewing contracts, translating them effectively into the financial model, sizing the deal, and preparing presentations for investors, banks, and other stakeholders. Essentially, I orchestrate the entire process to ensure smooth execution according to plan. Have you had the opportunity to present to banks and investors as an analyst, or is that something typically done at a more senior level? Yes, I have presented during weekly calls for smaller updates. However, major presentations for the entire transaction are usually led by more senior team members, providing in-depth details to investors and banks. What would you say is the most challenging part of your day-to-day job? The most challenging aspect of my daily work, in a positive sense, revolves around refining the financial model to accurately mirror real-world dynamics and achieve the optimal valuation. It's intriguing to witness how investors respond to the valuation and the diverse calculations they bring to the table. The challenge lies in finding the right balance that aligns with both investor expectations and our client’s desired outcomes. On a related note, is there a negotiation phase, and at what level do you typically get involved? While I may attend high-level negotiation meetings, I don't directly engage in the discussions. My role is more about analysing and challenging offers, emphasizing competition to best explain to the client how the different offers valuation and conditions may impact their financial transaction. It's an analysis involvement rather than direct negotiation. Thanks for that insight. Shifting gears back to Finergreen and its focus on sustainability, how do you ensure that the projects you work on have a positive environmental and social impact? Finergreen relies on a fully independent team with extensive experience in the dynamic market. Our commitment to the energy transition industry is deeply ingrained, ensuring that the projects we endorse have a positive impact is integral to our identity. Since our inception, we have been dedicated to expediting the growth of renewables, particularly in developing markets with increasing demands for dependable and sustainable energy solutions. Financing renewable energy projects is not just a choice for us; it's part of our DNA, shaping the very essence of the projects we choose to support. What factors contribute to Finergreen's specialization? Is it primarily the network, the clients, or the investors that set you apart in the field of the energy transition and renewable energy? It's a combination of everything. Starting as specialists in the energy transition has allowed us to build an extensive network of investors eager to contribute to this field. Working exclusively on transactions within this domain means that our network, clients, and investors are aligned with our focus. This specialization not only enhances our network but also impacts our modelling practices. Dealing exclusively with these transactions enables us to be highly attuned to market practices and factors, facilitating quicker and more accurate translation of real-world information into our financial models. Alright, thank you. Let's shift to a question that students often ask. What educational background and skills do you consider essential for someone interested in pursuing a career in project finance at a boutique like Finergreen, and how can one gain relevant experience? Ideally, a robust educational background includes a postgraduate degree in engineering and business from institutions like EDHEC, for example. This profile is particularly valuable, covering both modelling and analytical skills, which are substantial aspects of our work at Finergreen. Exposure to finance-related courses further enhances understanding of the field and negotiation processes. In addition to education, possessing a genuine interest in modelling, proactiveness, and meticulous attention to detail are pivotal. Given the intricate nature and scale of models, precision and curiosity are key attributes. In terms of gaining professional experience, undertaking internships in finance-related roles or even working on the client's side with developer companies, such as solar or wind developers, can be a valuable starting point. This hands-on experience offers insights into the financing aspects of projects, providing a well-rounded perspective crucial for a successful career in project finance. As an analyst, could you share more about the balance between your professional and personal life at Finergreen? Absolutely, I have a fantastic balance. Despite Finergreen being an IB boutique, there's room for personal time. I, for instance, play the violin, and they've been supportive, allowing me to attend orchestra rehearsals every Monday. As long as the team is informed and the work is done on time, it's encouraged. Many colleagues engage in activities like running at lunch. While there are occasional periods of heightened workload, overall, the balance is well-maintained. And now, another question often on students' minds: what time do you typically finish work as an M&A analyst? Generally, on an average day, I wrap up at around 8:30pm in the evening, which is quite standard in this industry. Let’s talk about the recruitment processes here at Finergreen. What kind of offers do you have right now? What is the process for getting recruited here? In Paris, we hire one to three interns, twice a year, generally in winter and summer depending on our needs and the schools agendas. We try to hire various and diverse profiles from different schools and universities and there is a balance between gap-year students and end-of-studies interns. Finergreen puts its best efforts in training the interns who are an integral part of the team for the six months they spend with us. In order for interns to have a good vision of the business and have the chance to be part of a mandate from the beginning to the end, we don’t offer summer internships or apprenticeships. The structured and thorough selection process lasts about one month, from posting the offer to the final acceptance and includes two interviews covering both fit and practical cases, each lasting about one hour. After two successful interviews, the interns will get an offer letter. Imagine that I've completed my studies, and am doing a 6-month internship with Finergreen. If all goes well during the internship, could there be an opportunity for a full-time offer afterward? Certainly, and at Finergreen, interns are truly valued. Throughout your internship, you'll have the remarkable chance to participate in our highly regarded in-house financial modelling training. It's a highlight of the internship, allowing you to construct a model from scratch and acquire extensive knowledge about modelling and related skills. Given the substantial investment in this training,  Finergreen intends to retain talent post-internship. While we are actively hiring, the specific opportunities depend on our current needs. What's something that you love about Finergreen? Are there team bonding activities or anything specific that stands out for you? Everyone is incredibly friendly, and there's practically no sense of hierarchy. The atmosphere is collaborative. And people are always willing to help. The colleagues are truly amazing, super nice, and always ready to assist, even if they're busy. The organizational structure is excellent, extending from top management. When you're working on a deal, everyone is well-aware of what you're doing, and they check in to see if you need more tasks or even if you need fewer. Even at the intern level, you feel highly involved in the team, and they treat you with the same consideration as an analyst, which is really cool. To wrap up, could you share a piece of advice that you've received and that you would like to pass on to other students? Absolutely. The best advice I've received is to be proactive and genuinely love what you do. With that mindset, everything tends to fall into place. Looking to get a decisive edge in your corporate finance interviews? Consider the Training You platform, founded by 2 ex-Lazard bankers, which has helped more than 8,000 students secure their dream jobs since 2019  Discover our packs


Par Yannick Espuga

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Retour d'expérience
Le TS chez EY : ITW d'Alexis Fontana

« Je vois beaucoup de stagiaires qui ne vivent que par leur stage d'après. Ils ne profitent pas du stage présent pour accumuler des compétences. Et malheureusement, leur parcours devient un assemblage d’expériences professionnelles qui n'ont pas de consistance. » Alexis Fontana est Senior Manager au sein du service Transaction Services (TS) d’EY à Paris. Diplômé Expert-Comptable (DEC) et du programme Grande Ecole de l’ESSEC, il conseille depuis 7 ans les entreprises dans le cadre d’opérations de cession ou d’acquisition. Dans cette interview, il présente son parcours académique et professionnel, détaille ses missions et présente le service TS d’EY ainsi que son processus de recrutement. Grâce à une première expérience en audit, il aborde également l’intérêt d’exercer dans ce domaine pour ensuite faire du TS et du M&A. Enfin, il nous parle de ce que lui apporte le DEC dans son quotidien. Est-ce que tu peux te présenter ? Je m'appelle Alexis Fontana et je suis Senior Manager chez EY dans le département dédié aux transactions (TS). J’ai été diplômé du programme Grande Ecole de l’ESSEC en 2016. J’ai également suivi le cursus expertise comptable de l’école qui permet de préparer aux épreuves du DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion), tout en bénéficiant d'équivalences sur certaines matières. La majeure partie de mes cours était dédiée à la Finance d’entreprise, ce qui m'a permis de cultiver au fur et à mesure mon goût pour l'analyse et la technique financière ainsi que les transactions. J’ai commencé mon parcours professionnel par de l’audit chez Deloitte. Puis, j'ai eu l'opportunité de travailler dans un fonds d'investissement qui s'appelle LFPI, un ancien « bras armé » de Lazard. Cette expérience m'a donné le goût du Private Equity et de l'investissement dans les sociétés non cotées, mais aussi de l'analyse car c’est dans le cadre des dossiers d'investissement que j’ai eu l’occasion d’exercer ma compréhension des techniques financières d’analyse. Ensuite, j’ai poursuivi en Private Equity sur le continent africain en travaillant chez Enko Capital en Afrique du Sud. Enfin, j’ai ensuite intégré le département Transaction d’EY, où j’ai d’abord passé mon DSCG il y a quelques années puis obtenu en 2022 mon DEC (Diplôme d’Expert-Comptable). Cela fait maintenant 7 ans que j’exerce dans cette branche du conseil financier, dans des contextes d'acquisition ou de cession. Ce sont des contextes exigeants tant pour nos clients, qui visent à clôturer une transaction que pour le management des sociétés ciblées par le deal (en fonction du type de mission, buy-side ou sell-side). Comment te sert ton DEC aujourd’hui en TS ? Le DEC a été plutôt un « compagnon de bataille » ces dernières années. C'est un examen très exigeant et très complet qui nécessite une maîtrise des thématiques fiscales, comptables, sociales et également juridiques. C'est un vernis que je n'avais pas trouvé en école de commerce car les écoles se veulent généralistes et ne rentrent pas dans des sujets techniques sur ces aspects d'entreprise. Ainsi, cela crée déjà une première différence par rapport à des gens qui n'auraient pas du tout suivi ces formations. D’autant plus que le droit est très important en transaction. On a beau faire nos slides, nos feuilles Excel et nos graphiques, ce qui est réellement retenu dans le cadre de la transaction, c'est ce qui est rédigé dans le contrat. Il est donc important d'avoir une vision juridique. Et le DEC permet d’avoir cette vision. Comme c'est un programme long, cela force aussi à te questionner sur ton intérêt pour la Finance d’entreprise. En effet, le DEC inclut un mémoire à rédiger et soutenir sur un sujet très technique. Et en plus des hard skills, il y a tout un panel de soft skills que l’on va pouvoir développer qui aidera le jeune étudiant ou le consultant à se forger progressivement une personnalité et acquérir une position dans l'environnement du conseil. En regardant les professionnels qui sont experts comptables, il y a toujours au travers de leur parcours une teinte de spécialisation. Vous allez avoir quelqu'un qui est spécialisé sur les acquisitions entre French et German GAAP (Generally Accepted Accounting Principles). En ce qui me concerne, la spécialisation que j'ai voulu développer est axée sur le besoin en fonds de roulement. Mon mémoire portait ainsi sur l’impact des incidents du BFR sur la valorisation d’une PME industrielle lors de sa cession. Ce sont des sujets très pratiques et techniques qui permettent d'apporter quelque chose à la profession par la mise en œuvre d’une méthodologie et d’outils. Quel est l’intérêt de commencer par de l’audit pour le TS ? Je pense que l'audit est une expérience fondamentale car cela permet de comprendre et de maîtriser les différentes sources de création de l'information financière. Lors des entretiens avec les banques d'affaires, en TS ou en Private Equity, il y aura une multitude de chiffres, de versions de comptes de résultats et de bilans qui seront transmis au candidat. Et celui-ci ignore bien souvent comment ces informations financières ont été générées. L’audit apporte donc une dimension très complète, permettant de se former sur l'aspect comptable, mais également sur l'aspect IT, avec par exemple la manière dont est alimenté un journal de vente et comment on vérifie qu'il est correct, etc. De plus, l’audit va te former sur un aspect très technique d'analyse financière. En effet, pour trouver l'erreur dans le cadre de l'audit, il faut mettre en place des modules d'analyse et de check de cohérence qui sont très utiles, même en TS. Par exemple, lors d’un contrôle sur les stocks, je repère très vite quand quelqu'un a fait de l'audit ou non. C’est en forgeant qu'on devient forgeron, donc c’est en travaillant le chiffre qu’on devient plus rapide et efficace. Je pense donc que c’est une très bonne chose de commencer par un stage en audit, qui vous plonge dans la Finance entreprise et vous force à travailler le chiffre. Peux-tu nous présenter le TS au sein d’EY ? D’abord, EY est un cabinet du Big 4 qui occupe une place importante dans l’environnement. Cela le différencie déjà par rapport aux cabinets spécialisés de plus petite taille. Ces plus petites institutions sont souvent considérées comme plus flexibles. Mais l’avantage du Big 4, c’est d’avoir accès à un vrai réseau d'experts internationaux. De gros clients internationaux font confiance à EY, ce qui ouvre des opportunités de travailler pour des entreprises prestigieuses. De plus, les cabinets de plus petite taille se spécialisent soit sur une typologie de clientèle soit sur une typologie de taille de deal. Tandis qu’à EY, le consultant aura la possibilité d’expérimenter plusieurs types de missions (Small, Mid ou Large Cap) pour des clients différents (Private Equity ou Corporate) dans des secteurs différents. Ensuite, il y a également un principe important chez EY qui est celui de l'excellence. On le ressent dans les jobs, dans la manière dont les managers, seniors ou Partners évaluent et dans la manière dont on communique vis-à-vis de l'extérieur. C’est quelque chose de très ancré dans la réflexion d’EY. Et ce n'est pas qu'une question d'évaluation. C'est aussi une question de formation, de sélection des profils, etc. Enfin, le troisième aspect qui caractérise le TS chez EY, c'est le dynamisme. On est un groupe d'individus très jeunes avec des nouveaux associés récemment promus. Ce dynamisme se combine avec une volonté d’accélérer les parcours de carrière en permettant aux gens de devenir manager non pas au bout de 5 ans mais plutôt en moyenne au bout de 4 ans. Peux-tu donner un exemple de mission en TS chez EY ? Tout d’abord, dans notre métier, l’intervention diffère en fonction du type de client. Certes il y a des points communs aux missions, notamment au niveau de l'analyse, mais la différence va surtout être dans la posture du consultant vis-à-vis des équipes de management. En effet, la posture du consultant est différente selon que tu t'adresses à un fonds de Private Equity qui fait des acquisitions permanentes toute l'année ou que tu t'adresses à un Corporate Large Cap qui fait des acquisitions stratégiques une fois tous les 3 ans ou tous les 5 ans. Et cela va de pair avec la taille des cibles. On ne dirige pas une due diligence financière de la même manière pour une société à 600 millions de chiffre d'affaires que pour une société à 2 millions de chiffre d'affaires. Je prends souvent cet exemple là car je pense que c'est un très bon exemple de l’étendue de notre métier. J’ai travaillé pour un très grand Corporate. C'est le groupe SIDEL. Il s'intéressait à une toute petite PME française qui façonnait des bouteilles en plastique avec un moule à injection. C'était très intéressant de mêler les exigences d'un très grand groupe à celles d’une société plus petite. En plus, un dirigeant la détenait. Il l'avait reprise à la barre du tribunal de commerce pour ensuite la développer. Nous devions donc trouver les bons arguments pour convaincre les deux parties sur la performance financière et les agrégats de transaction qui déterminent le prix. Ce deal m’a permis de toucher un petit peu tous les aspects de la transaction, de l'échange avec le management au calcul des agrégats clés de la négociation. Par ailleurs, l'aspect humain était important dans cette opération car le dirigeant qui vendait était actionnaire à plus de 80%. Comment se déroule un process de recrutement en TS à EY ? Le process de recrutement en TS chez EY comporte trois étapes. D’abord, la première étape est un entretien de groupe avec les équipes RH. Il évalue la capacité du candidat à interagir et comprendre une problématique à plusieurs. Cet entretien en groupe évolue au fur et à mesure des années. Il fait surtout appel aux soft skills. En plus de cet entretien, des tests numériques sont à compléter. Ensuite, la deuxième étape est un entretien avec un manager. C’est un entretien d'embauche classique qui met l’accent sur le niveau du candidat en termes de compréhension des sujets financiers et comptables. Selon moi, le candidat doit être capable de retracer ses expériences passées, d'y trouver un sens logique et de témoigner de sa motivation pour le TS. Il est donc impératif que le candidat ait « fait ses devoirs » sur qu'est-ce que le TS et comment parvient-il à se forger une conviction sur l'intérêt de ce métier et sur son envie d'y participer. Un autre aspect important selon moi est de ne pas arriver à l’entretien trop frais ou trop jeune sur les questions financières. Je ne demande pas aux candidats juniors des choses qu'on demanderait à des profils plus expérimentés comme des managers, mais il faut quand même savoir se repérer dans un compte de résultat et un bilan pour potentiellement comprendre ce qu'est une analyse de BFR, une analyse d’EBITDA ajusté ou comprendre comment on rapproche la valeur d'entreprise de la valeur des fonds propres. Enfin, la troisième étape est un entretien avec un associé. C’est à la liberté de l’associé de conduire l'entretien comme il le souhaite. Mais il va s'inspirer des échanges précédents pour pouvoir mieux cerner le candidat et donc mieux le connaître dans l’objectif de se convaincre du profil ou non. L’originalité de EY par rapport aux autres cabinets, c'est que nous ne faisons pas de cas pratique écrit ou de type Excel. Ce qui nous intéresse en priorité, c’est l’échange et la discussion. Ainsi, on cherche principalement à identifier un bon profil qui soit capable d'apprendre, qui ait la motivation d'apprendre, plutôt que de sélectionner ou de noter sur un cas pratique. Est-ce que tu aurais des conseils pour les étudiants qui souhaitent se préparer aux entretiens en TS chez EY ? D’abord, la préparation aux entretiens doit être faite de manière rigoureuse. Ne faites pas l’impasse sur votre préparation. Car c'est disqualifiant si on sent que le candidat ne s’est pas du tout préparé. Ensuite, je pense que pour se préparer à l'entretien avec le manager et pour avoir une présentation du parcours pas trop scolaire mais orientée vers le métier TS, il faut faire la méthode de la feuille blanche. Il faut se dire « tiens si je suis en face de mon interviewer, comment vais-je structurer ma présentation, comment vais-je raconter mes expériences, comment vais-je transmettre ma motivation pour le TS, comment vais-je pouvoir expliquer que j'ai fait telle ou telle rencontre de collaborateurs EY, ou participé à tel forum sur lequel j'ai vu EY ? ... ». Il faut également que vous essayiez de vendre vos expériences passées dans le contexte de l'expérience visée. Et après cette partie de présentation, il faut s’arrêter, car on oublie trop facilement que l’entretien est un échange et que ce n’est pas une suite de discours. Pour un entretien avec un associé, ce que je peux vous conseiller, c'est d’effectuer des recherches sur l’associé que vous allez rencontrer, sur son parcours, sur ses missions, etc. Quel est le quotidien d’un stagiaire ou junior en TS ? C'est assez variable en fonction des missions, mais personnellement j’ai toujours eu pour principe de considérer le stagiaire comme un membre à part entière de l'équipe. Je vais donner l'exemple concret d'un stagiaire que j'ai accompagné et qui venait de l'ESSEC. On a travaillé ensemble sur un projet de Vendor Due Diligence pendant plusieurs mois. Il s’est occupé d'une partie du rapport en duo avec moi. Nous avions travaillé sur le bilan ensemble. Je l’avais accompagné sur l'analyse et sur la manière de la présenter, mais il faisait preuve de toute l'autonomie qui était possible à son niveau d'expérience. L'objectif pour nous n’est pas de mettre les stagiaires uniquement sur de la préparation de chiffres et par la suite ne pas en voir le fruit. Il faut avant tout qu’ils comprennent ce qu’ils font. D’ailleurs pour moi entre un stagiaire et un junior 1, à part l'expérience personnelle de chacun des candidats, il n'y a aucune différence. Comment est l’équilibre vie pro - vie perso en TS ? C'est un point qui est d'actualité et qui a beaucoup évolué entre le moment où je suis arrivé en TS et la manière dont on pratique le métier aujourd'hui. En termes d’horaires, il est rare que les gens travaillent tard le soir ou la nuit, à part pour des demandes ponctuelles et immédiates du client. Personnellement, je finis mes journées en moyenne vers 21h, hors sujet de dossier extrêmement complexe. Mais le TS n’est pas pour autant un « soft dream ». On est continuellement occupé et on travaille majoritairement sur des chiffres. Cela peut aussi être fatiguant par rapport à d'autres métiers. Et puis c’est un métier dédié à la transaction. Donc on a parfois besoin d'accélérer les choses au rythme des négociations. Néanmoins, on est moins embêtés qu’en M&A où il y a des fluctuations de rythme très importantes. Pour conclure, je dirais qu’en moyenne c’est un métier qui permet tout de même d'assurer un bon équilibre de vie pro et perso sans étouffer cette dernière. Actuellement, je vois que les nouvelles générations ont ce principe en tête et n’ont aucun problème à avoir un work life balance équilibré et satisfaisant. As-tu un conseil que tu aurais reçu à l'époque où tu étais étudiant et que tu aimerais transmettre aux étudiants d’aujourd’hui ? Toujours garder en perspective le temps long. A l'école, on investit beaucoup de temps pour une échéance à court terme, comme un concours par exemple. Et c'est pareil dans le conseil. Un des grands défauts de notre ère et de notre milieu, c’est de toujours courir après l'opportunité qui fera bien, qui fera briller. Je pense qu'il faut vraiment essayer de construire son parcours sur une dimension long terme, tout en prenant son temps, plutôt que d’être systématiquement à l'étape d'après (le futur stage, le futur job, etc.). Je vois beaucoup de stagiaires qui ne vivent que par leur stage d'après. Ils ne profitent pas du stage présent pour accumuler des compétences. Et malheureusement, leur parcours devient un assemblage d’expériences professionnelles qui n'ont pas de consistance. Je vous recommande donc de vivre l'instant professionnel présent, une sorte de Carpe Diem professionnel pour pouvoir vraiment vous construire plutôt que votre CV au format world. Regardez notre interview avec Alexis, qui explique tout sur le Transaction Services - le salaire, les horaires, les entretiens - et nous partage ses conseils sur comment intégrer le secteur :  Vous souhaitez travailler en TS chez EY ou un autre Big 4 ? Training You, la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A et Corporate Finance, est là pour vous aider ! La plateforme contient plus de 60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière dont un cours dédié à la préparation des entretiens en Transaction Services, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les entreprises du secteur (banques et fonds) pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Côme Beylier

12 min de lecture

Retour d'expérience
Interview de David Boccara, Partner chez Nine58 Advisors

Nine58 Advisors est une boutique M&A fondée en 2019 par Pierre Chabrelie, En 2024, elle ouvre son bureau parisien et en confie la responsabilité à David Boccara. Ce dernier est nommé Partner et responsable des opérations Small et Mid Cap pour le marché français. Avant cela, David Boccara exerçait depuis 2013 au sein de la boutique M&A Small Cap Effective Capital et avait travaillé pour L'Epervier CF et Rothschild & Co. Peux-tu nous présenter ton parcours ? J’ai effectué une classe préparatoire au Lycée Montaigne à Paris avant de rejoindre l’ESCP dont je suis sorti diplômé. Lors de mes études, j’ai effectué plusieurs stages en M&A notamment à la banque Rothschild, puis chez L’Epervier Corporate Finance (aujourd’hui Financière de Courcelles). J’ai ensuite rejoint l’aventure Effective Capital début 2013, à sa création. J’ai gravi les échelons jusqu’à devenir Managing Partner et responsable des équipes en France. Je suis intervenu sur plus d’une cinquantaine de transactions dans des secteurs variés. Après plus de 10 ans dans cette boutique, j’ai rejoint Nine58, une banque d’affaires basée à Londres. Parle-nous de Nine58 ? Nine58 est une boutique M&A small & mid cap qui a été fondée en 2019 par Pierre Chabrelie, ancien Global Co-Head of Corporate Finance chez ING à Londres avec plus de 30 ans d’expérience dans le secteur. Nous avons deux bureaux en Europe. Une équipe à Londres. Et une à Paris. Cela permet d’être au plus proche des entrepreneurs. Nous les accompagnons dans toutes leurs problématiques haut de bilan. Et nous intervenons sur tous types d’opérations : cessions (sell-side), acquisition (buy-side), ingénierie financière (LBO, OBO, MBO) et levées de fonds à l’international. Quelles sont les spécificités de Nine58 Advisors ? Chez Nine58, nous avons une approche flexible et généraliste auprès des entreprises, soutenue par un réseau unique de senior advisors avec plus de 200 transactions cumulées et issus des plus grandes banques. Nous disposons d’un large réseau à l’international nous permettant de fournir une expertise sur mesure à nos clients dans tous les secteurs. Une autre spécificité de Nine58 est notre appétence particulière pour les secteurs de la Santé & Bien-Être, de la Technologie et de l’Energie. Nous avons des équipes à taille humaine à la fois à Paris et à Londres permettant une approche beaucoup plus adaptée à chaque client. Quelles sont les principales différences dans l’approche du conseil M&A small & mid cap vs large cap ? Il existe une plus grande variété de situations et de typologies d’entrepreneurs dans le small cap. La valeur du conseil que l’on apporte est ainsi décuplée par rapport aux plus grosses opérations. De plus, les dirigeants sont très souvent les principaux actionnaires de leur société et ils nous confient ainsi une très forte responsabilité dans le cadre de l’opération visée. Les interlocuteurs auxquels nous sommes confrontés sont différents de ceux des grands groupes que l’on peut retrouver en large cap par exemple. Notre approche d’entrepreneurs à entrepreneurs nous permet d’appréhender au mieux les différentes problématiques, les attentes des chefs d’entreprise que l’on conseille, et ainsi d’avoir une approche beaucoup plus humaine et pédagogique qui se démarque des banques par exemple. Avec des bureaux à Londres et Paris, Nine58 se positionne comme un acteur clé. Comment cette présence aide-t-elle pour les deals internationaux et quelle valeur ajoutée apportez-vous ? La présence de Nine58 à Londres et Paris est un atout majeur dans notre stratégie de croissance et notre capacité à gérer des deals internationaux. Ces deux villes sont non seulement des centres financiers de premier plan en Europe, mais elles représentent aussi des points d'accès stratégiques à des marchés divers et dynamiques. Cette position nous permet de bénéficier d'une perspective unique sur les tendances du marché et les opportunités d'investissement à l'échelle européenne et mondiale. Notre valeur ajoutée repose sur notre capacité à combiner une expertise locale approfondie avec une compréhension globale des dynamiques de marché. Nous avons des partners au bureau de Londres qui ont évolué la majeure partie de leur carrière dans cette ville qui maîtrisent très bien les acteurs de la place. Il en est de même pour notre bureau à Paris avec nos bonnes relations avec plusieurs institutions de la place. Cet aspect nous permet d'offrir des conseils stratégiques et personnalisés qui tiennent compte non seulement des spécificités de chaque opération, mais aussi des nuances culturelles et réglementaires qui peuvent affecter les transactions internationales. Notre approche est fortement axée sur la création de relations à long terme avec nos clients. Nous ne nous contentons pas de faciliter les transactions ; nous cherchons à comprendre et à anticiper les besoins futurs de nos clients, en les aidant à naviguer dans un environnement économique mondial en constante évolution. Cette approche orientée client, combinée à notre expertise dans des secteurs clés tels que la technologie, l’énergie et la santé, nous permet de fournir une valeur ajoutée significative et de soutenir la croissance et le succès à long terme de nos clients. Quels sont les atouts de travailler dans une boutique vs une banque ? Dans une boutique, les analystes et les stagiaires ont de plus importantes responsabilités. Ils doivent gérer beaucoup plus de situations différentes. Cela demande donc une grande capacité à travailler de façon autonome et proactive. Il faut manifester son désir d’apprendre. C’est une formation accélérée qui permet de comprendre le fonctionnement d’une opération de fusion-acquisition d’un bout à l’autre et de se retrouver dans les meilleures dispositions pour évoluer plus rapidement. Les tâches pourront aller de la production de documents de présentation, à de la modélisation et de la valorisation sur Excel, à la gestion de data rooms, la participation à des rendez-vous avec les différentes parties prenantes lors d’un deal (avocats, fonds d’investissement, auditeurs) et bien d’autres. Chez Nine58, nous laissons la liberté à nos juniors d’exprimer leurs idées afin de leur permettre d’apporter leur contribution à leur échelle. Cela facilite ainsi leur apprentissage et leur évolution humaine mais également technique au sein de ce métier. Quels conseils pourrais-tu donner aux étudiants souhaitant faire carrière en M&A ? D’abord de bien se renseigner sur le métier. En discutant par exemple avec des personnes en stage ou en CDI qu’ils peuvent connaître au travers de leurs écoles via les associations d’alumnis ou de leur entourage. Participer à des conférences ou des webinaires est également un bon moyen. Ensuite, il faut être conscient que c’est un métier exigeant. Il demande de la rigueur et une implication forte. Il faut impérativement avoir le sens du détail et faire preuve de minutie lors de l’exécution des tâches. Les horaires peuvent parfois être difficiles. Mais cela reste très formateur. Enfin, il faut s’informer. Sur l’actualité du M&A et de la finance au sens large. Sur les boutiques ou les banques auxquelles on souhaite postuler aussi. Nous recrutons d’ailleurs deux fois par an des stagiaires pour des durées de 6 mois. Vous souhaitez travailler en M&A ? 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Par Thomas Gioe

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Retour d'expérience
Pourquoi débuter sa carrière en Transaction Services ?

« Dans une transaction, le M&A est le « chef d'orchestre ». Il coordonne l’action des différents acteurs qui interviennent sur le deal : les consultants en stratégie, les avocats, les fiscalistes, etc. Le Transaction Services a un rôle plus spécifique qui consiste à produire un rapport de due diligence financière. Son objectif est double : qualifier l'information financière et identifier les zones de risque » Edouard Léger était Deputy Manager en Transaction Services chez Deloitte. Il est maintenant chez EY. Diplômé de l’ESSEC, il a réalisé plusieurs stages (Conseil interne chez EDF, M&A chez Adviso Partners, Private Equity chez 21 Invest) avant de débuter sa carrière en Transaction Services, d’abord chez Grant Thornton pendant 2 ans puis chez Deloitte. Dans cet interview, Edouard revient sur son parcours, explique les principales différences entre le Transaction Services et le M&A, parle du processus de recrutement chez Deloitte et donne son point de vue sur les tendances du Transaction Services en 2023. Comment as-tu découvert l'univers du Corporate Finance ? Je l’ai découvert à la fois dans mon premier stage chez EDF Conseil et grâce à mes rencontres à l’ESSEC. Chez EDF, j’ai compris les leviers de création de valeur et de croissance interne d’une grande entreprise. A l’ESSEC, j’ai rencontré des professionnels de ces métiers à l’occasion de plusieurs forums organisés par l’école et mieux compris les leviers de croissance externe des entreprises. Peux-tu nous parler de tes différents stages à l’ESSEC ? D’abord, chez EDF Conseil, j'ai travaillé sur deux missions : la refonte des processus organisationnels pour la Direction des achats (quand acheter et quand faire en interne) et les impacts des nouveaux tarifs réglementés de l’énergie pour la Direction marketing. Ensuite, chez Adviso Partners en M&A, j'ai travaillé sur des missions d'origination avec la réalisation de plusieurs pitchs et sur une exécution, la restructuration du holding Financière Turenne Lafayette (connu pour sa marque William Saurin). Enfin, chez 21 Invest en Private Equity, j’ai analysé des projets d'investissement, suivi les entreprises du portefeuille et géré certaines tâches statistiques en interne. Suite à ces stages, pourquoi et comment as-tu rejoint Grand Thornton en Transaction Services ? Deux facteurs ont guidé mon choix. Premièrement, je souhaitais rester dans le Conseil plutôt que passer côté « investisseurs ». Deuxièmement, j'étais attiré par la dimension technique du Transaction Services, avec l’étudie des chiffres et la compréhension du Business Model de l’entreprise d'un point de vue financier. J'ai rencontré des professionnels de Grant Thornton lors d’un forum à l'ESSEC et j'ai eu un excellent fit avec eux. Ils m'ont fait une offre et j'ai accepté sans hésitation. Peux-tu nous expliquer les différences entre le Transaction Services et le M&A ? Dans une transaction, le M&A est le « chef d'orchestre ». Il coordonne l’action des différents acteurs qui interviennent sur le deal : les consultants en stratégie, les avocats, les fiscalistes, etc. Le Transaction Services a un rôle plus spécifique qui consiste à produire un rapport de due diligence financière. Son objectif est double : qualifier l'information financière et identifier les zones de risque. Nous produisons des rapports, à la vente ou à l'achat, qui se concentrent principalement sur deux analyses : la « Quality of Earnings » (QoE) et la « Quality of Debt » (QoD). La QoE est une normalisation de l'EBITDA, l’agrégat de référence du compte de résultat. La QoD est une normalisation de la dette nette, un indicateur de référence du bilan. Pourquoi as-tu changé de cabinet après deux ans chez Grand Thornton ? D’abord, j’aime la puissance de la marque Deloitte. Grand Thornton est bien établi, notamment aux États-Unis, mais Deloitte a une plus grande reconnaissance de marque en Europe et en France. Ensuite, je voulais travailler sur des deals plus internationaux, de type « cross-border ». Or, Grand Thornton se concentre plutôt sur des transactions franco-françaises. Enfin, la diversité de clients et de missions chez Deloitte m'intéressait. Par exemple, j'ai travaillé pour un grand groupe aéronautique français cherchant à faire une acquisition à l'étranger, sur des sujets d'infrastructures d'énergies renouvelables ou sur des levées de fonds pour des startups du secteur de la santé. Quels profils Deloitte recherche-t-il en Transaction Services ? Deloitte cible généralement les diplômés des écoles de commerce et d'ingénieurs du Top 10 et certains profils plus techniques issus de bonnes universités. Pour les expériences professionnelles, deux types d'expériences se valorise. D'abord, une expérience « technique » (Contrôle de Gestion, Audit) qui donne une forte compréhension des chiffres financiers d’une entreprise. Ensuite, une expérience plus « stratégique » (bras droit du CEO en startup ou en Conseil en stratégie) qui permet de bien comprendre le Business Model des sociétés. Enfin, certaines compétences se valorisent comme la communication car une grande partie du travail se fait en équipe ou la capacité d'initiative (création d’une association, participation à des activités sportives ou associatives pendant les études) car cela montre que le candidat sera proactif dans l’équipe. Quelles questions techniques reviennent le plus souvent en entretien ? C’est assez similaire au M&A ou PE. L'idée est de vérifier si le candidat a une bonne compréhension des relations financières et comptables entre les différents états financiers. Dans un premier temps, nous attendons des candidats qu’ils comprennent comment les activités d'une entreprise se matérialisent dans ses états financiers. Par exemple, comment une entreprise facture et comment cela se traduit en chiffre d’affaires ? Comment ses coûts sont-ils représentés ? Dans un second temps, nous allons un peu plus loin et posons des questions techniques plus précises. Par exemple, comment on normalise la dette nette ? Ces questions requièrent une certaine préparation car elles sont assez spécifiques. La plateforme Training You peut vous aider ! L'important, c’est de ne pas réciter par cœur une liste d'ajustements mais de les comprendre et les expliquer avec des exemples concrets. Peux-tu nous parler de ta journée type en tant que junior en Transaction Services ? Pour les juniors, la journée commence avec la construction d'un Data Book qui recense les principales informations comptables de la société. Cela implique la réception des documents sur une plateforme en ligne, en particulier les balances générales comptables. L’analyste va « mapper » les comptes, c'est-à-dire assigner une nomenclature aux comptes de la balance générale pour reconstituer les états financiers. Puis, il y a généralement un point avec le Manager sur les difficultés rencontrées et la compréhension des chiffres. Dans l'après-midi, le junior se concentre davantage sur la rédaction des slides. En fin de journée, il suit l'avancement du projet et peut participer à une réunion avec le client. Pour les managers, la journée inclut la supervision du travail des juniors et des interactions plus directes avec les clients et autres parties prenantes du deal. Actuellement, le secteur fait face à un ralentissement. L’activité chez Deloitte est-elle impactée ? Le marché du M&A connaît actuellement une certaine incertitude, notamment en raison de la remontée des taux directeurs en Europe et du contexte géopolitique instable. L'Ukraine et la Chine sont deux exemples de zones où les tensions peuvent affecter le marché. En dépit de cela, l'impact sur Deloitte a été modéré. Bien que le dealflow est plus léger en ce moment, nous avons beaucoup de nouveaux projets, en particulier dans des secteurs très actifs comme la santé et la technologie. Qu’en est-il du recrutement ? Ces circonstances n'ont pas d'impact significatif. Nous continuons de recruter pour soutenir notre activité. Quelles sont les voies possibles après une expérience en Transaction Services ? D’abord, le Private Equity est souvent la voie privilégiée. Autour de moi, plusieurs collègues ont rejoint un fonds d'investissement. Ensuite, des postes en Direction financière ou Corporate M&A dans les entreprises sont aussi accessibles. Puis, le M&A est aussi une option solide. Certains réussissent à faire ce « move » entre le TS et une boutique M&A. Enfin, l'entrepreneuriat représente une alternative intéressante. Certains collègues sont partis pour monter leur propre entreprise. Pour aller plus loin, retrouvez notre épisode de "Career Insights" avec Alexis Fontana, senior manager en Transaction Services chez EY:  Vous souhaitez travailler en Transaction Services ? Les recrutements sont très techniques. C’est important d’être bien préparé ! Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A/Corporate Finance. La plateforme contient plus de 50 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les grands cabinets pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Découvrir les cours de la plateforme


Par Ziad Sebti

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Retour d'expérience
Interview avec Stéphane Valorge, co-fondateur de Clipperton

« La tech est toujours en croissance. La numérisation de l'économie ne s'arrête pas. L’innovation est continue. Donc il y aura toujours des transactions. De plus, le conseil est un secteur assez contracyclique. Plus c’est difficile de faire une transaction, plus l'intermédiation a de la valeur. Ce sont des raisons de faire appel à des banquiers d'affaires et en particulier Clipperton ! » Stéphane Valorge est co-fondateur et Managing Partner chez Clipperton, une société de conseil financier indépendante spécialisée dans le domaine de la tech (et plus globalement les sociétés en forte croissance). Dans cet entretien, il évoque son parcours, raconte la création et le développement de Clipperton, parle des profils ciblés par Clipperton pour des stages et analyse les tendances de la tech dans le contexte actuel. Partie 1 : Parcours de Stéphane Valorge Pourquoi avez-vous démarré votre carrière en Conseil en stratégie ? C’était un peu par hasard. Je recherchais un métier intellectuellement stimulant, qui nécessite une certaine rigueur et qui intègre la prestation de services avec sa dimension relationnelle. J’ai débuté chez CDC Consultant qui est une petite structure mais où j’ai rapidement été exposé aux clients, en particulier sur la dimension commerciale avec des appels d’offre. A côté de cela, mon activité consistait à rédiger des notes pour des Ministères (Environnement, Industrie, etc.). Au bout de quelques années où j’avais servi uniquement des administrations publiques, j’ai ressenti le besoin d’aller dans le monde de l’entreprise et j’ai rejoint le cabinet de Conseil en stratégie Mars & Co. Au sein du cabinet, j'ai travaillé sur des missions importantes pour des grands groupes. Par exemple, j’ai participé à plusieurs due diligence stratégiques pour des acquéreurs qui souhaitaient déterminer la taille du marché de leurs cibles. J’ai aussi travaillé pour une banque sur les impacts des nouvelles technologies sur ses activités. C’est commun maintenant mais c’était très niche à l’époque. En quoi ces missions vous ont-elles aidé pour la suite ? D’abord, tous les fondateurs de Clipperton se sont rencontrés à la fin des années 1990 dans le monde du Conseil. Ensuite, ces expériences ont été inspirantes. J’ai retenu la rigueur intellectuelle, l’importance de la stratégie d’entreprise pour les clients et la volonté de toujours être en support du client. Pourquoi avoir transitionné vers la banque d'investissement ? C’était le début de la « nouvelle économie » avec le développement d’Internet. J’ai rejoint Netscapital, une sorte de « startup banque d’affaires » qui répliquait ce qui se passait dans la Silicon Valley aux Etats-Unis. Elle faisait partie de cette nouvelle génération de banques d'affaires dédiées aux nouvelles technologies qui combinaient à la fois la finance traditionnelle (le conseil financier sur des opérations de M&A ou des levées de fonds) et le Conseil en stratégie (la définition d’un nouveau marché, la détermination des synergies potentielles avec un industriel, le développement de la stratégie opérationnelle). C’était très innovant à l’époque. Mais Netscapital était surdimensionnée par rapport à la taille du marché français et s’est retrouvée en difficulté au moment de la « bulle Internet » en 2001. J’ai vécu une première expérience d’entrepreneur car j’étais aussi actionnaire de la société. J’ai expérimenté à la fois l’hypercroissance et la faillite. Cette expérience m’a beaucoup appris et a été le terreau pour la suite : Clipperton. Partie 2 : Clipperton Vous avez fondé Clipperton en 2003. Quelles ont été les grandes étapes du développement jusqu'à aujourd'hui ? La création de Clipperton s’est faite de manière assez naturelle. Avec Nicolas Von Bulow (le co-fondateur de la boutique avec Stéphane Valorge), nous étions amis et avons été collègues chez Mars & Co et Netscapital. Nous avions acquis un savoir-faire transactionnel chez Netscapital et avions déjà un capital relationnel après 6 ans de vie professionnelle en Conseil et banque d’affaires. Pour résumer, il y a eu 3 étapes. D’abord, nous avons connu une phase d’amorçage pendant 4 à 5 ans avec beaucoup de conseils sur des levées de fonds. En tant que jeunes banquiers, nous étions plus crédibles sur ce segment. Pendant cette période on a fait en quelques sortes de l’ « élevage de clients », c’est-à-dire que nous avons grandi en même temps que nos clients ! Ensuite, nous avons ajouté la couche M&A avec plutôt des mandats de vente à des industriels. Nous accompagnions des petites sociétés en taille mais qui avaient une valeur stratégique forte. Par exemple, nous avons conseillé Dailymotion initialement pour une levée de fonds (quand elle ne faisait pas encore de chiffre d’affaires) puis nous l’avons accompagné lors de sa cession à Orange. Enfin, nous avons introduit récemment une brique Private Equity avec l’accompagnement des fonds dans leurs opérations de LBO. Ce segment représente aujourd’hui un élément important pour le développement de Clipperton. D’une part, nous pouvons proposer ce type de transactions à nos clients devenus rentables. D’autre part, le marché des LBO était très dynamique ces dernières années. A côté de cela, Clipperton a mené depuis 2013 une expansion géographique pour renforcer sa présence en Europe. Cette démarche a débuté avec la création d'un bureau à Berlin où j'ai moi-même travaillé pendant un certain temps. Aujourd'hui, nous sommes bien sûr présents en Allemagne avec des bureaux à Berlin et Munich. Nous avons des banquiers basés en Suisse, Italie et Espagne ainsi que des partenaires en Chine et aux États-Unis. En Europe, l'objectif est d’élargir la couverture de clients. En dehors, c’est faciliter les contacts avec des investisseurs ou acquéreurs potentiels pour nos clients. Quelles sont les particularités de Clipperton par rapport aux autres boutiques M&A dédiées à la tech ? D'abord, le profil des fondateurs est assez unique. Nous ne sommes pas des banquiers d’origine. Nous venons du Conseil en stratégie. Cela explique certainement un positionnement un peu différent. Ensuite, nous sommes spécialisés sur la « vraie tech » avec des projets early stage. Aujourd’hui, un banquier TMT dans une grande banque fera davantage du Télécom et des Médias. Clipperton travaille uniquement sur des dossiers tech, et cela dans tous les domaines (y compris la deeptech, l'Intelligence Artificielle ou encore les cryptomonnaies). Nous sommes en mesure de comprendre en profondeur le business du client et d’avoir une vision très analytique. Clipperton a aussi développé un savoir-faire spécifique sur les transactions cross-border. Alors que de nombreux concurrents s'appuient sur des alliances internationales, nous sommes capables de travailler directement avec des contreparties internationale depuis Paris. Enfin, nous avons une grande stabilité en interne dans un secteur souvent marqué par de nombreux mouvements. Chez Clipperton, nous conservons nos talents. Plusieurs de nos associés ont commencé comme stagiaires et ont gravi les échelons. Pouvez-vous nous parler d’un deal récent conseillé par Clipperton ? Clipperton a conseillé Welcome to the jungle dans sa levée de fonds de 50 millions d’euros en série C, réalisée en janvier 2023 auprès des investisseurs historiques (Revaia, XAnge et Bpifrance) et de nouveaux fonds (blisce/, Cipio Partners, ADP, Kostogri et Raise Sherpas). Quelle est la stratégie de Clipperton pour les prochaines années ? Notre priorité est de poursuivre notre développement en Europe en termes d’exécution. Cela passe par l’élargissement du coverage européen et la capacité de dialogue avec des gros acheteurs américains et asiatiques. En 2018, Natixis a pris une position minoritaire au capital de Clipperton par l’intermédiaire de Natixis Partners. Quels sont les avantages de ce partenariat capitalistique ? Pour Natixis, l’objectif était d’ajouter un expert de la tech à son réseau mondial de boutiques M&A. Pour Clipperton, c’était une opportunité d’institutionnalisation. Premièrement, nous pouvons travailler sur des transactions plus grosses. En effet, Clipperton est davantage spécialisée sur le segment small/mid cap avec des transactions entre 50m€ et 500m€. Avec Natixis Partners, il nous arrive aussi de travailler en co-mandat sur des gros LBO tech, en combinant leur expérience dans l’accompagnement des fonds de Private Equity avec notre expertise en tech. Deuxièmement, nous pouvons aussi être accompagné sur la partie internationale car nous appartenons à un club de plusieurs centaines de banquiers M&A dans le monde. Partie 3 : Recrutement chez Clipperton Quels sont les profils recherchés par Clipperton pour des stages ? Nous vendons des prestations intellectuelles donc nous recherchons évidemment des « têtes bien faites ». Et nous évaluons cela lors des entretiens. Au-delà de cela, il faut maîtriser l’anglais et avoir un bon niveau de français pour travailler à Paris. Nous cherchons aussi des jeunes qui ont à la fois une volonté de travailler dans le conseil M&A (avec la dimension analytique) et un goût pour la tech (avec la dimension entrepreneuriale). Comment se déroule le processus de recrutement chez Clipperton pour des stages ? Le processus de recrutement est structuré en trois étapes : un entretien RH d'une trentaine de minutes, une étude de cas sur une société tech et un entretien avec des banquiers plus seniors de l'équipe. Partie 4 : Tendances des M&A dans la tech L'activité de Clipperton est-elle impactée par les difficultés macroéconomiques, géopolitiques et les pertes de confiance en bourse dans les actifs bancaires ? Clipperton a fait sa meilleure année en 2022 et le premier trimestre de 2023 a été bon. Cependant, nous ne sommes pas naïfs. L’année 2023 sera certainement moins bonne. Ceci étant dit, dans le domaine de la tech, il y a encore beaucoup de liquidités qui ont été levées par des fonds de capital risque. Ces liquidités vont devoir être investies, ce qui offre des opportunités futures pour des levées de fonds. De manière plus globale, la tech est toujours en croissance. La numérisation de l'économie ne s'arrête pas. L’innovation est continue. Donc il y aura toujours des transactions. De plus, le conseil est un secteur assez contracyclique. Plus c’est difficile de faire une transaction, plus l'intermédiation a de la valeur. Ce sont des raisons de faire appel à des banquiers d'affaires et en particulier Clipperton ! Selon vous, quels sont les faits marquants à venir dans le secteur de la tech et du M&A ? Le problème de la tech, c’est qu’elle est devenue tellement grosse qu'elle fait partie de la macroéconomie et donc est soumise aux mêmes contraintes que l'économie globale. Néanmoins, il y a plusieurs tendances marquantes à venir. D’abord, il y aura toujours de l’activité. Ensuite, il y aura relativement plus de levée de fonds que de LBO. Enfin, l'optimisation des technologies sera un levier de croissance et d’activité, en particulier dans les domaines de l’IA et de la cybersécurité. Pour découvrir Clipperton : Vous pouvez retrouver notre page dédiée à la boutique sur le site et visionner notre webinaire avec Stéphane Valorge :  Vous souhaitez travailler dans une boutique M&A comme Clipperton ? C’est important d’être bien préparé ! Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A et Corporate Finance. La plateforme contient plus de 60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les banques et fonds d’investissement pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Découvrir les cours de la plateforme


Par Samir Jacquelin

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Retour d'expérience
L'audit chez Mazars : Interview avec Romain Devrieze

Mazars est l'un des principaux cabinets d'audit. Qu'est-ce que l'audit ? C'est l’activité de certification des comptes d’une entreprise. Certes moins attractif que le M&A ou le Private Equity, l’audit reste important et très formateur. Important d’abord, car il se situe à la base de la Finance d’entreprise : l’auditeur vérifie que les comptes présentés par l’entreprise sont fidèles à la réalité. Formateur ensuite, car il est une bonne porte d’entrée pour d’autres métiers en Corporate Finance : Transaction Services, M&A ou Private Equity. Dans cet article, Romain Devrieze (auditeur chez Mazars) nous présente son parcours et explique son métier. Peux-tu nous présenter ton parcours et ton poste actuel ? Après le baccalauréat, j’ai réalisé deux ans de classe préparatoire en kiné. C’est un métier qui n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui, mais c’était l’idée la plus précise que j’avais avant de débuter mes études. Après ces deux années qui ont finalement été peu convaincante, j’ai pu me faire une idée plus précise du métier que je voulais faire et j’ai décidé de me diriger vers une licence en économie et gestion à l’université d’Angers. A l’issue de ces trois ans de licence, j’ai intégré le master CCA (Comptabilité Contrôle Audit) de l’université Paris Dauphine, une formation que j’ai faite en alternance au sein du cabinet d’expertise comptable Baker Tilly. Enfin, après mon master, j’ai directement intégré Mazars en audit, dans une équipe spécialisée sur le secteur des assurances. J’y suis depuis maintenant 6 ans. Quelle est la différence entre Mazars et un cabinet du « Big 4 » (EY, PwC, Deloitte et KPMG) pour de l'audit ? D’abord, j’apprécie l’ambiance bienveillante et conviviale qui règne chez Mazars. Elle est ancrée dans chaque service et on fait en sorte de la cultiver chaque jour. Cela contribue de manière significative à la motivation. C’est quelque chose que je retiens et que je n’ai pas l’impression de retrouver quand je parle à mes co-CAC des « Big 4 ». Ensuite, on retrouve chez Mazars une logique de non-sectorisation. Cela signifie qu’un junior peut travailler sur des dossiers dans des secteurs différents avant son passage en senior : services, banque, assurance, industrie, immobilier, etc. Premièrement, cela permet une grande diversité dans les missions. Deuxièmement, cela laisse au junior le choix de se sectoriser en pleine conscience lors de son passage en senior. Troisièmement, cela permet de développer une solide culture générale de la gestion financière des grandes entreprises qui composent le tissu économique. Quelles sont les perspectives d’évolution en audit et plus spécifiquement chez Mazars ? L’audit est un vrai ascenseur professionnel. Chez Mazars, les perspectives d’évolution sont nombreuses. Chaque année, l’auditeur peut passer à un échelon supérieur, monter en grade en quelque sorte. Cependant, cette évolution n’est pas automatique. Elle dépend du travail réalisé pendant l’année et de la performance de l’auditeur. Quelles études préparent le mieux à l’audit ? Pour exercer le métier de Commissaire aux Comptes (CAC), il faut passer le Diplôme d’Expert-Comptable (DEC), de niveau Bac +8. Le DEC est accessible aux titulaires d’un DSCG (Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion) ayant effectué un stage de trois ans dans un cabinet d’expertise comptable. A l’issue de ce stage, il faut passer un examen en trois épreuves dont une porte sur la rédaction d’un mémoire. Ce diplôme a de nombreux débouchés autre que CAC et ouvre notamment la voie à des postes de DAF*, RAF** ou tout autre poste de cadre dirigeant dans le domaine comptable, financier ou administratif. Le DSCG est accessible aux titulaires d’un DCG (Diplôme de Comptabilité et Gestion), de niveau Bac+3. Il confère le grade de master et s'obtient à condition d'avoir au minimum 10 de moyenne générale à 7 épreuves. A noter que certains diplômes (notamment des masters d’écoles de commerces) vous permettent d’accéder aux épreuves du DSCG et donnent parfois lieu à des dispenses d'épreuves. * DAF = Directeur Administratif et Financier * RAF = Responsable Administratif et Financier Et quel est ton parcours en audit ? Je suis rentré chez Mazars directement après mon alternance comme auditeur junior. Avec mon master, j’avais 5 équivalences du DSCG sur 7. J’ai donc passé uniquement les deux épreuves qui me manquaient. Chez Mazars, après l’obtention du DSCG, nous avons la possibilité de faire un stage de 3 ans. Tout au long du stage, on assiste à des formations qui nous aident pour rédiger des rapports nécessaires pour le DEC. D’ailleurs, Mazars permet d’aller aux cours et offre quelques jours de congé chaque année pour gérer les formalités administratives et suivre les cours. Aujourd’hui, j’ai terminé mes trois années de stage. Il ne me reste qu’à produire le mémoire et passer les examens pour obtenir mon DEC. As-tu des conseils pour passer les entretiens en audit chez Mazars ? D’abord, la partie humaine est prépondérante en audit. Il faut laisser apparaître sa personnalité pour créer une forme de connexion, de complicité avec le recruteur. L’objectif est de paraître plus familier à la fin qu’au début et qu’il se dise qu’en terme de soft skills, le candidat a ce qu’il faut pour que les relations soient fluides avec les équipes et le client. Ensuite, la capacité de raisonnement est évaluée. Pendant les entretiens, il y a souvent des questions pour lesquelles le recruteur cherche surtout à voir le raisonnement, la manière de diagnostiquer une situation. Une question qu’on aime bien poser chez Mazars, c’est d’estimer le nombre de fenêtres qu’il y a à La Défense. L’objectif n’est pas d’avoir une bonne réponse. C’est de voir comment la personne assemble les informations et raisonne pour trouver un résultat cohérent. Enfin, on teste aussi la technique du candidat. Pour cette partie, et même si vous aurez des formations sur Excel et la comptabilité après le recrutement, il est important d’avoir des connaissances comptables solides (états financiers, principaux agrégats comme l’EBITDA ou le BFR, etc.) et d’être bon sur Excel. J’insiste sur la partie Excel car cela fait la différence pour un stage. Pour réviser pour vos entretiens en audit, retrouvez le cours dédié à l’audit sur la plateforme Training You. Comment se déroule une mission d’audit chez Mazars ? L’audit est une activité très cyclique. Il y a plusieurs phases dans l’année, donc l’activité ne sera pas la même selon la période. La première phase est la phase d’intérim, généralement de septembre à octobre, durant laquelle l’équipe revoit le contrôle interne et met en place la stratégie ou le process d’audit. De janvier à mars, c’est la période de revue des comptes qu’on appelle le « final ». C’est la période la plus importante et donc la plus chargée en audit. Ensuite, entre mai et juillet, c’est la période de préparation et d’émission des rapports. Ces phases peuvent varier selon les missions et les clients. Il peut notamment y avoir une revue des comptes avant la clôture, qu’on appelle un hard close. Quelle est la journée type pour la période la plus intense de revue des comptes ? Quand il arrive sur la mission, le stagiaire ou junior assiste à un briefing pour prendre connaissance du client, de la mission et du programme de travail à suivre. Après ce briefing, l’équipe prépare une sélection de documents à demander au client qu’il devra livrer. Ensuite, le junior exploite ces documents. Au fil des jours, un roulement commence à se faire entre l’exploitation des documents envoyés par le client et le traitement des autres travaux de la mission. Je commence des travaux, je les finalise avec les réponses que je reçois du client, le tout ponctué par des points réguliers avec le senior pour s’assurer que tout se passe bien et aider à se sortir de situations bloquées. L’activité se fait soit directement chez le client, soit dans les bureaux ou en télétravail. Durant le « final », on essaie d’être le plus souvent chez le client. Une mission dure en général plusieurs semaines, donc un stagiaire de 6 mois peut travailler sur plusieurs missions. Peux-tu parler de l’équilibre vie pro/perso en audit chez Mazars ? Pour les stagiaires, la coutume est source de droit. On essaie donc de les libérer assez tôt, de limiter les horaires. Durant le « final », il y a une charge de travail particulièrement élevée. Mais avec une bonne connaissance du dossier et une bonne anticipation du travail, il est facilement possible d’avoir des horaires conciliables avec des activités personnelles : faire du sport, aller au théâtre, etc. Bien entendu, il y a toujours des petits goulots d’étranglement. Mais on peut largement faire en sorte que ces moments-là soient limités dans l’année. Peux-tu citer un conseil que tu as reçu que tu aimerais partager à nouveau ? Quand tu travailles dans une entreprise en tant qu’externe, que ce soit dans le cadre de missions d’audit ou de conseil, l’important est d’approcher le client de manière humble. Surtout en audit, où les relations avec les clients peuvent être assez tendues. J’ajouterais aussi que la courtoisie veut qu’avant de recevoir, cela soit toi qui fasse le premier pas en donnant. Quel est l’intérêt de l’audit pour le M&A ou le TS*** ? L’audit est une bonne expérience intermédiaire pour ceux qui souhaitent se diriger vers le M&A et le TS. D’abord, l’audit permet de se mettre au clair sur les fondamentaux de la comptabilité, sur le langage de la Finance d’entreprise. Ensuite, de manière plus importante, il permet de mieux comprendre l’organisation d’une entreprise, car l’activité permet de rencontrer directement les fonctions clés de la Finance d’entreprise. C’est surtout vrai lors de la phase d’interim lors de laquelle on va revoir tous les process. Cela permet de comprendre de manière plus fine comment on gère opérationnellement l’entreprise. Enfin, une expérience en audit permet de comprendre comment des opérations et des transactions impactent les comptes. Ce sont des notions très utiles à avoir, en particulier pour le Transaction Services. En effet, si vous évoluez en TS, sur la base des comptes que vous aurez appris à constituer en audit, vous devrez challenger les principaux agrégats de l’entreprise (chiffres d’affaires, EBITDA, dette nette, BFR) pour obtenir une vision normative et faire une valorisation sur les mêmes critères que l’ensemble du marché. Pour ces raisons, un stage en audit sera très valorisant pour faire ensuite une carrière en Corporate Finance. *** TS = Transaction Services Pour aller plus loin, retrouvez l'épisode de "Career Insights" avec Patrick Vincent-Genod, Partner Auditeur chez EY:  Vous voulez faire de l’audit chez Mazars ? L’ audit est un métier technique, relationnel et très formateur. Il représente une bonne porte d’entrée vers le M&A ou le TS. De plus, les « Big 4 » avec d’autres cabinets comme Mazars, Grant Thornton ou BDO recrutent beaucoup de juniors chaque année. C’est donc une expérience à ne pas négliger si vous envisagez une carrière en Corporate Finance et que vous manquez d’expérience pour viser directement le M&A. Mais les entretiens nécessitent une bonne préparation pour être à l’aise avec les bases de la comptabilité. Pour vous préparer, Training You propose un cours complet en audit. Et en plus, vous aurez accès à +60 heures de formation pour tout réviser en Corporate Finance : cours, exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur entreprises, podcasts avec des professionnels du secteur. Alors, n’attendez plus pour booster votre préparation ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Côme Beylier

8 min de lecture

Retour d'expérience
Interview avec Serge Prager, Managing Director en M&A chez goetzpartners

Serge Prager est Managing Director et Head of France chez goetzpartners au sein de la boutique M&A goetzpartners. Ingénieur de formation, il a débuté sa carrière dans la fonction publique au ministère de l'Industrie et des Télécommunications. Après un passage au cabinet de François Fillon, il est recruté en 1997 par Clinvest (filiale du Crédit Lyonnais) au moment de la dissolution de l’Assemblée Nationale. Il y reste jusqu’en 2005 où il rejoint la boutique Edmond de Rothschild. En 2007, il rejoint la Société Générale comme Global Head pour le secteur TMT. En 2013, Serge Prager interrompt sa carrière en banque d’affaires pour rejoindre le groupe Derichebourg comme CFO. Depuis 2016, il évolue chez goetzpartners. Dans cette interview, Serge Prager revient sur ses différentes expériences dans la banque d’affaires, explique comment le rôle de banquier M&A varie selon les banques et le type de deals et donne son point de vue sur les tendances actuelles du M&A. Pourquoi avoir réalisé la transition public/privé et dans quelle mesure cela aide de commencer sa carrière dans la haute fonction publique avant de faire du M&A ? Cette transition est arrivée de manière inattendue. J’ai commencé ma carrière comme ingénieur télécom au sein du ministère de l’Industrie et des Télécommunications. Je m’occupais de la dérégulation de secteur des télécommunications qui s’opérait dans les années 1990. Après quelques années au sein de cette administration, j’ai rejoint le cabinet de François Fillon qui était le Ministre en charge de ce sujet. Or, après la dissolution de l'Assemblée Nationale en 1997 et la victoire de la gauche aux élections législatives, je me suis retrouvé sans emploi du jour au lendemain… La banque d’affaires faisait partie des secteurs qui m’intéressaient. En effet, j’avais eu l’opportunité de me familiariser avec ce milieu quand j’ai travaillé avec des banques sur l'introduction en bourse de France Télécom. J’ai pris quelques contacts. Et finalement, j'ai été recruté par le Crédit Lyonnais chez Clinvest, la banque d'affaires spécialisée sur le conseil en M&A. Le deal était le suivant. Je devais les acculturer au secteur des télécoms (le grand public n’y connaissait pas grand-chose à cette époque) et apporter un réseau. En contrepartie, la banque me formait au M&A. Je pense que cela m'a beaucoup aidé de commencer ma carrière dans la haute fonction publique. Les deux secteurs présentent des similitudes : on travaille beaucoup, il existe une dimension stratégique et opérationnelle forte et il faut délivrer des résultats en permanence. Une fois que nous avons dit cela, les deux métiers sont quand même très différents. Par exemple, dans mon cabinet ministériel, tout était très planifié à l’avance. Mais quand je suis arrivé chez Clinvest, je me suis retrouvé livré à moi-même, dans un bureau avec juste un téléphone. Et c'était à moi de montrer que j'étais utile. Pouvez-vous nous raconter vos premiers mois M&A ? Quand je suis arrivé, j’ai dû faire mes preuves. Mon premier dossier était un projet de fusion entre Suez et Bouygues. La banque conseillait Suez qui souhaitait se lancer dans les télécommunications. Mais la transaction n’a pas eu lieu. Dans la foulée, le patron de Clinvest m’a demandé de m’occuper de la fusion entre Matra (qui appartenait au groupe Lagardère) et Aerospatiale. Il y avait très peu de télécoms chez Matra. C’était à 90% de l’aéronautique et de la défense. Mais j’ai quand même fait l’opération. Et je me suis familiarisé avec ce secteur. Suite à ce deal, j’ai travaillé sur la création de EADS (Airbus Groupe aujourd’hui) avec le rapprochement entre Matra Aerospatiale et les activités Défense et Aerospace de l’allemand Daimler. Ces premiers deals ont été un tremplin dans votre parcours ? Comme ces expériences se sont bien passées, on m’a confié la responsabilité de monter la practice Aerospace & Défense chez Clinvest. J’avais comme objectif d’originer et d’exécuter les transactions dans 4 secteurs principaux : aéronautique, défense, télécoms et médias. Et j’ai conseillé sur des opérations dans les différents secteurs. Par exemple, on a accompagné Vivendi sur la vente de leur activité publishing à Lagardère pour la partie européenne et à des fonds d'investissement pour la partie américaine. C’était une grosse opération d’une valeur de 3Mds€, réalisée dans un délai très court (deux mois environ) car Vivendi était au bord de la faillite et devait faire entrer des liquidités rapidement. C’était une opération à la fois passionnante et atypique, avec en même temps l’exigence de la confidentialité mais aussi un suivi très important de la presse (car elle aime parler d’elle) avec des informations qui étaient la moitié du temps erronées. Un autre sujet intéressant a été la restructuration financière du groupe Bull. C'est un groupe informatique coté qui a depuis été racheté par Atos. Bull était dans une situation difficile. Nous avons négocié une aide d'État avec la Commission Européenne et élaboré un plan de sauvetage avec l’entrée de nouveaux investisseurs au capital de l'entreprise. En parallèle, Bull a acté l’abandon d’une partie de sa dette. Elle était détenue à la fois par l'État et des créanciers privés sous forme d'obligations. Le dossier était complexe. Il a nécessité des négociations difficiles avec la Commission Européenne, les minoritaires de Bull (avec Colette Neuville) et les créanciers. Dans votre rôle de direction et d’origination des deals, quelles sont les différences entre une boutique comme Edmond de Rothschild et une banque universelle comme la Société Générale ? Il n’y a pas une grande différence dans l’exécution. Les dossiers se ressemblent et sont exécutés de la même manière. C’est vrai que les équipes à la Société Générale sont plus nombreuses, donc c’était plus facile de « staffer des dossiers » avec des ressources plus importantes. Mais la vraie différence réside dans l'origination. Chez Société Générale, l’origination est plus institutionnelle : la marque « Société Générale » pèse beaucoup, on allait souvent chercher des dossiers à plusieurs facettes en lien avec d’autres lignes métiers de la banque (financement, marchés, etc.). Chez Edmond de Rothschild, l'origination est plus entrepreneuriale : il faut avoir des idées et « se frayer un chemin » à la force du poignet vers le client pour lui vendre cette idée ainsi que montrer que nous sommes les mieux placés pour l'exécuter. Pourquoi avoir rejoint le groupe Derichebourg et qu’est-ce que cela vous a apporté ? En 2012, on était à un « creux de marché » en M&A, juste après la crise financière des subprimes et au moment de la crise sur la dette grecque. C’était donc un bon moment de passer de l'autre côté du miroir et de rejoindre Derichebourg en tant que CFO. Le métier est très différent. Un CFO prend des décisions tous les jours. Il a une responsabilité beaucoup plus forte car il doit anticiper tout ce qui peut impacter les finances du groupe et prendre des décisions au quotidien, dans les bons comme les mauvais moments. Cette expérience m'a permis de mieux comprendre les clients quand je suis retourné en M&A. Depuis, je n'aborde plus les clients de la même façon car je sais qu'il y a des choses qui sont inutiles (comme raconter au client son entreprise, lui expliquer son marché). Cela fait sourire, cela peut agacer quand ce n’est pas davantage. En tant que banquier, on peut avoir beaucoup de compétences mais on ne connaitra jamais aussi bien l’entreprise et le marché que le client. Pouvez-vous présenter goetzpartners et parler de ses particularités par rapport aux autres acteurs de la place ? goetzpartners est une « boutique », au sens où elle est une entreprise de conseil en M&A indépendante qui n’a pas d’activités de financement ou de marché. A côté du conseil M&A, goetzpartners a cependant un deuxième métier. C'est le Conseil en stratégie. Même s’il ne s'exerce pas dans toutes les géographies. La société est internationale, avec le siège à Munich et une présence dans 12 pays (dont la Chine, le Golfe et la plupart des pays européens). A l’origine, goetzpartners était assez spécialisée sur les secteurs télécoms et tech (en phase avec mon expérience). Mais elle s’est progressivement développée dans tous les secteurs de l’économie. Aujourd’hui, goetzpartners couvre un spectre de transactions très large, de la levée de fonds de quelques dizaines de millions d’euros pour une startup innovante à des opérations beaucoup plus grosses (comme le plus gros LBO jamais réalisé en Europe sur les ascenseurs de ThyssenKrupp en 2020). Enfin, la boutique garde un focus plutôt midcap mais peut faire aussi des opérations en large cap. Cette diversité offre une expérience très enrichissante et variée, tant pour les équipes que pour les clients. On travaille avec toutes les typologies de clients : des fonds d'investissement, des familles, des entrepreneurs ou des groupes industriels. Et on le fait sur des opérations variées, à la fois sur le marché domestique ou en cross-border. Pour finir, le dealflow est assez équilibré entre les opérations LBO et les opérations purement industrielles. Quelles sont les différences dans l’approche du conseil M&A midcap vs large cap ? La transaction large cap est généralement orchestrée de manière très différentes. Premièrement, il est très rare qu’elle soit initiée par un banquier d'affaires. Le plus souvent, c’est le client qui est à l’initiative. Ou alors, la transaction est tellement évidente qu’elle est une « chose publique » sur le marché, avec les analystes qui en parlent. Deuxièmement, ces transactions concernent souvent des sociétés cotées. Il faut donc être familier avec les règles des marchés actions et la réglementation qui encadrent ce type d’opérations. Troisièmement, sur des transactions large cap, il y a souvent plusieurs banques qui conseillent le client. Cela implique un process très structuré, un esprit de collaboration mais aussi un peu de compétition entre les co-conseils car il faut davantage se frayer un chemin pour accéder au client. Pour les transactions midcap, la banque est souvent à l'origine du projet ou de l'idée. De plus, il y a une dimension personnelle plus forte dans la relation avec les clients, qui sont souvent moins chevronnés et se reposent davantage sur nos conseils. Donc notre avis pèse davantage. Cela nécessite qu’on fasse une analyse approfondie de la situation et qu’on donne la bonne recommandation. Enfin, les décisions se prennent souvent sur des critères plus restreints. Ce qui signifie que notre avis peut avoir plus de poids. Au-delà des activités « Corporate Finance », goetzpartners est aussi présent dans le « Management Consulting » (avec le Conseil en stratégie et la Transformation). Qu’est-ce que cela vous apporte dans la relation avec vos clients ? D’abord, cette double compétence permet de bénéficier de synergies commerciales. Par exemple, les équipes Corporate Finance qui conseillent un client sur une opération M&A peuvent ensuite « renvoyer la balle » aux équipes Consulting pour les sujets liés à l’intégration. A l’inverse, les équipes Consulting qui réfléchissent à la stratégie d’un client peuvent proposer des recommandations comme la cession d’une filiale ou la croissance externe. Et les équipes Corporate Finance entrent alors en jeu pour exécuter l’opération M&A. Ensuite, cette double approche permet de proposer des missions conjointes. Dans ces missions, nous sommes présents chez le client à la fois pour le conseiller sur sa stratégie et exécuter des opérations liées à son plan de développement ou de désinvestissement. Par exemple, nous accompagnions autrefois le groupe Nokia sur les deux aspects. Le premier, c'est le M&A. Le second, c'est le Conseil en stratégie où nous étions seul avec McKinsey. Aujourd’hui, nous le faisons encore avec quelques entreprises comme Thyssen ou Volkswagen. Et cela permet de développer une approche globale et intégrée pour ces clients. Le secteur fait actuellement face à plusieurs difficultés (environnement macroéconomique incertain, tensions géopolitiques, conditions de financement difficiles, etc.). Selon vous, quels seront les faits marquants des prochains mois ? Avec le Covid-19, on a eu très peur pendant deux mois. Mais après, on a vite compris que les raisons d’avoir confiance étaient supérieures aux raisons d’avoir peur. Et que la crise aurait peu d’impacts sur les marchés financiers. Car les Etats faisaient ce qu’il fallait pour éviter que l’activité ne s’écroule. Aujourd’hui, on bascule dans un monde assez différent de celui qu’on a connu ces 15 dernières années. Depuis la crise des subprimes, les taux d'intérêt n’ont pas cessé de baisser. Cela a aussi été alimenté par les Etats et les banques centrales qui ont injecté des liquidités sur le marché. Cela a favorisé la croissance. Et comme le M&A est une activité cyclique, cela a engendré un dealflow élevé. Depuis 2022, plusieurs facteurs changent la donne. D'abord, la guerre en Ukraine. Ensuite, l’atonie chinoise qui a créé des goulets d’étranglement sur les approvisionnements. Enfin, le rebond post-Covid qui a créé des tensions à la hausse sur les salaires. Tout cela favorise le retour de l’inflation et a obligé les banques centrales à revenir à des niveaux de taux d’intérêt « normaux », ceux qu’on connaissait avant la crise financière de 2008 et qui ne choquaient personne. Or, on ne peut pas refermer une telle fenêtre sans un peu de casse. Et on voit cette casse sur deux segments principaux : les LBO et les levées de fonds, qui nécessitent beaucoup de liquidités (la dette pour les LBO et les fonds propres pour les levées de fonds). Et pour la suite ? Cela aura des conséquences sur le M&A. Cependant, mon expérience m’apprend que les crises arrivent et sont parfois sévères, mais elles ont une fin. Et le marché retrouve ensuite un nouvel équilibre. C’est ce qui s’est passé en 2001 avec l’éclatement de la bulle technologique suivie des attentats du 11 septembre. Ou en 2008 au moment de la crise des subprimes. Enfin, en 2020 avec le Covid-19. A chaque fois, cela repart. Et un nouvel équilibre est atteint. L’activité de goetzpartners est-elle impactée par cet environnement plus difficile ? Pour nous, cela n’est pas très préoccupant car nous ne sommes pas spécialisés sur un seul type de transaction. On fera moins de LBO. Mais on fera plus de deals avec des Corporates, du Distressed M&A ou du Debt Advisory. Ce marché avait disparu. Mais il réapparaît. D’ailleurs, chez goetzpartners nous maintenons notre programme de recrutement inchangé, que ce soit en période de croissance ou de ralentissement économique. Vous souhaitez travailler dans une boutique M&A comme goetzpartners ? N'hésitez pas à consulter notre page dédiée à goetzpartners ainsi que sur d'autres banques d'affaires. Vous pourrez retrouver aussi les fiches complètes sur chaque banque dans notre Pack Premium en Corporate Finance. Vous pouvez aussi visionner notre webinaire avec Serge Prager :  Si vous souhaitez vous préparer au mieux pour vos entretiens en M&A/Corporate Finance, Training You est la pour vous accompagner! La plateforme contient plus de 60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les banques et fonds d’investissement pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Découvrir les cours de la plateforme


Par Ziad Sebti

10 min de lecture

Retour d'expérience
Comment travailler en M&A chez BNP Paribas ?

« Diversifier ses sources d’apprentissage n’est pas forcément utile et cela peut vous embrouiller un peu. Il est préférable de prendre quelque chose de fiable et qui traite toutes les thématiques. C’est le cas de Training You. ». Diplômé de l’EDHEC, Timothé Oum a réalisé deux stages en M&A chez PwC puis à la Société Générale avant de rejoindre BNP Paribas en tant qu’analyste M&A. Dans cet article, il évoque son parcours, les process de recrutement et les missions des juniors en poste. Comment as-tu découvert l’univers du M&A et pourquoi celui-ci t’a intéressé ? Dès mon arrivée à l’EDHEC, j’ai voulu faire de la finance. Et c’est en échangeant avec des professionnels de différents domaines sur LinkedIn et des forums que j’ai découvert le métier du M&A. Ce qui m’a attiré, et d’ailleurs cela s’est confirmé pendant mes expériences, c’est 3 choses. D’abord, le M&A est un métier très « central » avec des problématiques passionnantes. Ensuite, c’est un métier dans lequel il faut être polyvalent car on travaille sur des missions très différentes. Enfin, l’intensité du métier permet une forte courbe d’apprentissage, à la fois sur les hard skills et les soft skills. Après ta première année à l’EDHEC, tu as réalisé un stage de 4 mois chez Accenture en Analyse Financière. Est-ce que tu voulais déjà faire du M&A et comment as-tu décroché ce premier stage ? Un premier stage est toujours très difficile à obtenir en M&A sans expérience professionnelle. D’ailleurs, j’ai perdu pas mal de temps chercher exclusivement en M&A... Aujourd’hui, je pense qu’il faut diversifier ses recherches et postuler aussi dans d’autres structures ou métiers en finance, comme le Contrôle de gestion, la Comptabilité ou l’Audit interne. Ensuite, cela sera à vous de savoir bien valoriser ce premier stage sur votre CV et dans votre lettre de motivation. Tu as aussi fait un Spring chez Bank of America à Londres. Peux-tu nous dire comment tu as réussi à décrocher ce stage et en quoi il consiste ? Le Spring est une semaine d’observation en avril pendant laquelle l’étudiant fait ce qu’on appelle du « shadowing ». Concrètement, nous observons des banquiers qui évoluent dans une division de la banque. Pour moi, c’était en Investment Banking. Plusieurs sessions de networking et de résolution de Case Studies sont aussi organisées. Enfin, le Spring se termine avec un Assessment Center où nous passons des entretiens pour décrocher un Summer Internship. Ce type de stage est considéré comme la voie royale pour décrocher à la fois un Summer et ensuite un Full-time à Londres ou Paris dans une grande banque anglo-saxonne. A l’époque, j’ai postulé à toutes les banques de manière très rigoureuse pour le décrocher. En effet, les banques recrutent souvent en rolling-basis, c’est-à-dire que les premières personnes qui postulent sont celles qui pourront être sélectionnées en priorité. Entre août et octobre, il faut rester à jour sur la sortie des offres. Pour faire la différence dans ce process de recrutement, les activités extra-scolaires peuvent être misent intelligemment en valeur dans la lettre de motivation. Car elles comptent bien plus que vos connaissances techniques ! Tu as ensuite réalisé deux stages en M&A chez PwC et à la Société Générale lors de ta césure. Peux-tu nous parler de ces expériences et quelle est la différence entre faire du M&A dans un Big Four et dans une grande banque française ? La différence, c’est déjà la taille des entreprises avec lesquelles on travaillait. Chez PwC c’était plutôt du small/mid cap. Chez Société Générale, c’était davantage du large cap. J’étais content de commencer en mid cap. Et je le recommande. Car nous sommes plus exposés et avons une vision plus globale d’un process M&A. Cela permet d’avoir du recul sur le métier et de se rendre compte de notre marge de progression. Pendant mon stage chez PwC, j’ai vraiment bénéficié de cette exposition. Par exemple, j’ai travaillé seul sur un infomemo directement avec un Managing Director. J’étais proche du client. Chez Société Générale, nous travaillions plus sur des entreprises cotées. L’information était facile à obtenir. Et le travail consistait à la traiter et faire des analyses. Les deals et les problématiques étaient plus complexes. En conclusion, les deux ont leurs avantages. Mais encore une fois, je recommande de commencer en mid cap et de découvrir ensuite le large cap. Après cette année de césure, comment as-tu rejoint directement BNP Paribas en tant qu’analyste M&A sans passer par un stage de fin d’études ? J’ai beaucoup networké à la fin de ma césure pour décrocher cette offre ! J’ai contacté environ 300 personnes. Je tenais un Excel pour tracker mes interactions et gagner du temps. De plus, j’avais une offre de CDI à la Société Générale suite à mon stage. Cela m’a permis d’accélérer le process avec BNP Paribas… Je conseille de parler de vos process en cours à la fin des entretiens car cela montre que votre profil est attractif. Justement, quels sont tes conseils pour décrocher un entretien ? Votre candidature doit être excellente. Le plus important, c’est le CV. Il faut faire attention aux erreurs de grammaire, typos et mauvais formats. En effet, c’est la première image qu’on renvoie. Pour les expériences professionnelles, n’hésitez pas à mentionnez des exemples concrets et des chiffres. Cela sera apprécié. Aussi, il ne faut pas négliger la partie extra-scolaire. Parlez de vos sports, associations, etc. Cela peut créer un lien avec le recruteur. Ensuite, le networking est essentiel ! J’ai passé 60% de mon temps à networker dans mes candidatures. Et j’ai trouvé tous mes stages par LinkedIn. Pour contacter des professionnels, je conseille d’accompagner votre invitation par un petit message, en étant précis et pas trop direct. Mentionnez plutôt votre volonté de discuter sur le métier et partager l’expérience du professionnel. J’avais contacté des professionnels entre 2 et 4 ans d’expérience pour un stage et des associates/VP pour le CDI. Surtout, n’hésitez pas à relancer si on ne vous répond pas et à entretenir la relation après un call, par exemple en les informant sur les étapes successives de votre parcours. La lettre de motivation vient dans un 3ème temps. Elle ne doit pas être trop longue, être vraiment personnalisée et bien argumentée. Quand on fait tout cela, on décroche des entretiens. Peux-tu nous donner des exemples de questions qui reviennent régulièrement ? Pour le fit, la première question sera toujours « Pouvez-vous vous présenter ? ». Ici, il faut être précis, structuré et efficace. Ensuite, le recruteur posera des questions sur votre motivation. Par exemple « Pourquoi le M&A ? », « Pourquoi la banque ? » ou « Pourquoi le mid ou le large cap ? ». C’est important d’avoir fait des recherches avant, de bien connaître les métiers et les entreprises dans lesquels vous postuler. Par exemple, vous pouvez justifier votre intérêt pour une banque par les échanges que vous avez eus avec des opérationnels. Si vous postulez dans une boutique qui a une expertise sectorielle, vous pouvez faire la différence en parlant de la dynamique du secteur, les multiples de valorisation ou quelques deals récents. Enfin, vous pouvez motiver un stage en mid cap par le degré d’exposition offert et en large cap avec la complexité des deals et leurs enjeux stratégiques. Et pour la technique ? Pour les questions techniques, j’ai beaucoup travaillé avec Training You et cela m’a beaucoup aidé ! Diversifier ses sources d’apprentissage n’est pas forcément utile et cela peut vous embrouiller un peu. Il est préférable de prendre quelque chose de fiable et qui traite toutes les thématiques. C’est le cas de Training You. Pour les thèmes principaux à connaître, il y a la Comptabilité (j’ai travaillé tous les cas que Training You propose sur la plateforme), le Bridge, la Valorisation, le LBO et les cas de Merger. Quelles sont les différences entre une candidature pour un stage et un CDI comme ce que tu as fait en M&A chez BNP Paribas ? Pour un CDI, les process sont plus longs et plus techniques. D’abord, plus longs. Pour BNP Paribas en M&A, j’ai passé 6 entretiens au total : 2 entretiens techniques avec un associate et un VP, 2 entretiens plus orientés sur le fit avec des MD, 1 entretien RH et enfin 1 entretien de groupe où on a travaillé sur un cas avec d’autres candidats. Ensuite, plus techniques. Ce sont les mêmes thématiques qui sont abordées. Mais la différence se fait sur le niveau l’approfondissement des sujets. Par exemple, dans un cas de LBO, vous aurez plus facilement une dette PIK à traiter plutôt qu’une dette classique. Dans le Bridge, on ira très loin sur votre compréhension des ajustements. Peux-tu nous parler d’une journée type d’un junior en M&A et quelles sont les différences entre le rôle du stagiaire et celui d’analyste ? L’avantage de ce métier, c’est qu’il n’y a pas de journée type, pas de routine ! Par exemple, je travaille en ce moment sur 4 exécutions... Non seulement les projets ne sont pas au même stade d’avancée, mais ils sont aussi sur des secteurs différents, traitent de sujets variés, avec des problématiques chez le client différentes. Prenons ma journée d’hier. Dans la matinée, j’ai répondu à mes mails puis j’ai travaillé sur la modification d’un information memorandum car nous avions reçu de nouvelles informations du client. Dans l’après-midi, j’ai participé à un meeting chez le client. C’était une expert session dans la phase de due diligence. Et en fin de journée, j’ai travaillé sur un modèle LBO sur Excel. Par rapport au stagiaire, l’analyste a plus de responsabilités. Il faut être encore plus rigoureux car le travail est envoyé directement à un banquier Senior ou au client. Il faut aussi savoir déléguer. Nous avons l’appui des stagiaires mais il faut bien le faire pour que le travail soit réalisé de manière efficace. Enfin, quel conseil donnerais-tu à un étudiant pour décrocher un stage ou CDI en M&A, par exemple chez BNP Paribas ? Il ne faut pas baisser les bras et jamais se décourager ! J’ai raté 14 entretiens avant d’avoir ma première offre en M&A chez PwC, je n’ai pas converti mon Spring en Summer, j’ai contacté plus de 300 personnes pour décrocher des entretiens… Et au final, je travaille comme analyste en M&A chez BNP Paribas. Pour retrouver notre webinaire avec Timothé, c'est ici : Tu veux débuter ta carrière en M&A et postuler chez BNP Paribas ? Comme Timothé l’a rappelé, cela n’est jamais facile de dérocher une offre ! Se préparer aux entretiens est primordial et il faut le faire de la bonne manière. Pour cela, ne vous dispersez pas avec des ressources multiples, retrouvez tout ce dont vous avez besoin sur Training You, la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance avec : +60 heures de formation, 22 cous en M&A et Corporate Finance, +300 exercices et cas pratiques pour s’entraîner, des fiches sur les entreprises et des podcasts exclusifs avec des professionnels. Faites comme Timothé et +6 000 étudiants : décrocher le stage de vos rêves avec Training You ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Tiffany Escudero

7 min de lecture

Retour d'expérience
Interview avec Thierry Chetrit, fondateur et président de la banque d’affaires Clairfield International

« Être capable d’appréhender la vente d’une entreprise, que l’acquéreur soit américain, allemand ou chinois est un facteur très différenciant de Clairfield. » Thierry Chetrit est l’un des co-fondateurs et Vice-Président de la banque d’affaires Clairfield International. Il occupe aussi le poste de CEO de Clairfield en France. Depuis le début de sa carrière, il a conseillé sur des dizaines d’opérations, à la fois en sell-side et buy-side, auprès d’investisseurs stratégiques et fonds de Private Equity, dans des secteurs très variés (services aux entreprises, tech, distribution, santé, etc.), et régulièrement avec une dimension cross-border. Dans cet article, Thierry évoque son parcours et revient particulièrement sur le développement de Clairfield International. Pouvez-vous présenter en quelques mots votre parcours ? J’ai co-fondé Clairfield International en 2004 après une « première vie » professionnelle en dehors de la banque d’affaires. J’ai débuté ma carrière en tant qu’auditeur. A l'époque, quand on avait un profil financier à la sortie de l’école et qu’on ne savait pas vraiment quoi faire, on commençait généralement par faire de l’audit. En effet, la banque d’affaires et les métiers de l’investissement n’existaient que marginalement par rapport à ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Cependant, je me suis rapidement aperçu que l’audit était intéressant mais sans plus. A la suite de cette première expérience, j’ai intégré le groupe américain Omnicom (leader du conseil en communication, coté à Wall Street). D’abord en tant que financier. Puis comme Directeur Financier. Et enfin au poste de Directeur Général en France. J’y ai été confronté très jeunes à beaucoup de responsabilités opérationnelles et financières. Par exemple, j’ai mené les premières opérations de croissance externe du groupe en France, avec BBDO dans le web. Mais j’avais aussi des velléités entrepreneuriales fortes non assouvies. Et j’ai décidé de quitter Omnicom pour créer Intuitu Capital, dont le métier d’origine était d’accompagner les startups du web sur leurs problématiques de financement (en particulier sur l’amorçage), de levées de fonds et stratégiques. J’ai développé Intuitu de 1998 à 2004, date à laquelle je l’ai fondu dans Clairfield. Vous avez donc réalisé une double transition du monde de l’entreprise vers celui du conseil M&A et vers l’entrepreneuriat. Pourquoi ce choix ? C’était clairement lié aux opportunités qu’offrait l’émergence du web à la fin des années 1990 et au début des années 2000. C’était une vague naissance mais géante dans laquelle de nombreuses choses nouvelles allaient devenir essentielles. Par exemple, le besoin de lever des fonds ou de parler à des investisseurs. Et peu de personnes étaient expérimentées dans ce domaine. Je me suis rapidement associé avec Christian Jagodzinski. C'était un jeune entrepreneur allemand qui a créé l’équivalent d’Amazon en Allemagne (sans copier Amazon) et qui l’a d’ailleurs revendu à Jeff Bezos en personne. Nous voulions aider les jeunes créateurs de startups en leur faisant bénéficier de nos expériences cumulées dans le domaine du web. Cette opportunité m’est apparu comme une fenêtre. D’ailleurs, à ce moment-là, il était plus important d’avoir de l’expérience dans l’univers du web (expérience sectorielle) que comme banquier d’affaires (compétences financières). Ce qui ne serait plus vrai aujourd’hui... Après, il a fallu opérer un saut méthodologique pour apprendre le métier de conseil que je ne connaissais pas bien. Vous avez fondé Clairfield International en 2004. Aujourd’hui, vous êtes 300 personnes, présents dans 25 pays et avez conseillé 700 deals sur les 5 dernières années. Pourriez-vous nous raconter les grandes étapes de ce développement ? Dans l’acte fondateur de Clairfield, je pense qu’on avait déjà un certain nombre de facteurs clés de succès. Le premier, c’était le regroupement de personnes qui s’appréciaient et travaillent déjà ensemble. Le second, c’était la clarté du projet : une banque d’affaires mid-market à capacité internationale absolue (sans frontières). Nous étions tous alignés sur ce projet, les principes communs et la manière dont on voulait développer l’activité. Le troisième, c’était notre développement collégial. Un pays n’a jamais dicté aux autres ce qu’il voulait faire. Cette collégialité a facilité notre extension naturelle vers 25 pays grâce à la captation de boutiques M&A locales. Ces boutiques étaient toutes des références dans leurs pays mais souhaitaient devenir internationales. Le mode de fonctionnement que nous proposions chez Clairfield convenait très bien aux entrepreneurs de ces boutiques locales. Car elles voulaient avoir une dimension internationale tout en restant entrepreneur et sans se vendre à des grosses banques d’affaires. Clairfield offre ce modèle hybride avec une forte intégration opérationnelle (les banquiers du réseau travaillent tous les jours ensemble) et un ADN entrepreneurial (les patrons de bureaux conservent une autonomie locale dans la gestion des clients). Pouvez-vous présenter ce qu’est Clairfield International aujourd’hui ? Clairfield est un partnership qui comprend plus de 300 personnes dans le monde. Nous sommes présents dans 25 pays en Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Asie. Notre métier est de conseiller les entreprises du segment mid-market sur leurs opérations M&A. En 2021, la banque a conseillé sur 140 opérations (2/3 à la vente et 1/3 à l’achat) pour une valeur totale de transactions de 7Mds€ et une valeur d’entreprise de 60Mds€ cumulées. Nous intervenons dans tous les secteurs d’activités grâce à notre taille critique et au cumul des expériences des 300 banquiers du groupe. Actuellement, Clairfield est positionné dans le top 10 européens des conseils M&A mid-market et dans le top 5 des structures indépendantes. En France, nous sommes 22 professionnels et nous avons conseillé sur 25 des 140 deals réalisés. Quelles sont les particularités de Clairfield International par rapport aux autres acteurs de la place ? Ce qui fait la différence pour nos clients, c’est notre capacité internationale grâce à un réseau intégré. Être capable d’appréhender la vente d’une entreprise, que l’acquéreur soit américain, allemand ou chinois est un facteur très différenciant de Clairfield. Concrètement, chaque opération chez nous est envisagée de manière internationale, mais sans se forcer à le faire. La fluidité en interne permet de travailler ensemble comme si nous étions dans le même bureau. Grâce à cela, nous sommes capables de conseiller sur des opérations franco-françaises, des LBO (qui sont souvent réalisés au niveau local), mais aussi sur des opérations cross-borders pour les entreprises du segment mid-market. Aujourd’hui, Clairfield est capable d’exécuter des transactions à 20m€ entre plusieurs pays. Quelles sont les principales différences dans l’approche du conseil M&A mid cap vs large cap ? Il y a logiquement beaucoup de points communs entre ce qu’on fait dans un deal Large Cap et Mid Cap. Cependant, ce qui change, c’est le type d’interlocuteurs. Chez Clairfield par exemple, il y a au moins d’un côté de l’opération des entrepreneurs ou des familles. Par conséquent, nous devons être capable de les appréhender de manière subtile. D’entrepreneurs à entrepreneurs ! Nous devons comprendre leurs problématiques et leurs attentes. Et nous devons passer le temps nécessaire pour les accompagner dans la transaction. Cette approche humaine et pédagogique est différenciante par rapport aux banques qui font du Large Cap. D’ailleurs, notre organigramme est très plat. Précisément pour faciliter le dialogue avec nos clients. Chez nous, il n’existe pas de délégation pyramidale dans laquelle on séquence un travail très technique du haut vers le bas de la pyramide. Cette différence est essentielle. Vous réalisez 80% de vos deals en cross-border. Quelles sont les spécificités de ces opérations et comment les exécuter au mieux ? D’abord, c’est nécessaire que les relations à l’intérieur du groupe soient très fluides, bien organisées et fortement processées. Nous réalisons des tâches de la même manière, ce qui nous permet de parler le même langage. Par exemple, chaque document se construit de manière similaire. Comme cela, c’est facile pour l’ensemble des pays de les décrypter, peu importe dans quel pays le document a été rédigé. Par exemple, quand on reçoit un infomemo d’Inde, on sait directement comment il est structuré et où chercher certaines informations, Ensuite, la définition de certaines règles permet d’éviter les conflits de positionnement ou d’intérêt. Par exemple, comment répartir le travail sur les dossiers ou les honoraires ? Chez nous, les honoraires se répartissent de la même manière quelle que soit la contribution d’un pays par rapport à l’autre. Et cela rend possible le travail collectif sans aucun conflit d’intérêt. L’idée, c’est que chaque pays soit incité à aider n’importe quel client de la banque. Concrètement, si un client du bureau français veut faire un deal en Italie, on aura aucun problème pour faire travailler l’équipe italienne plutôt que conserver le travail en France. Quelles sont les perspectives pour Clairfield International dans les prochains mois ? Au niveau global, le secteur subit un ralentissement. L’année 2023 sera moins bonne que les années 2021 et 2022 pour la majorité des banques d’affaires sur le plan du nombre d’opérations. Cependant, Clairfield est moins impacté par cet environnement difficile pour deux raisons : notre capacité internationale forte et notre positionnement sur le segment mid-market auprès d’industriels (qui ont généralement moins de besoins en financements externes pour réaliser leurs acquisitions). On en revient au caractère différentiant de Clairfield, qui devient aujourd’hui encore plus intéressant et en notre faveur. Pour en apprendre plus sur Clairfield : Vous pouvez visionner notre webinaire avec Thierry Chetrit.  Vous souhaitez faire un stage en M&A ? Les banques d’affaires recrutent chaque année des stagiaires. Cependant, les process de recrutement sont de plus en plus compétitifs. Pour optimiser vos chances de réussite, c’est avec Training You ! Co-fondé par deux anciens banquiers de Lazard, Training You contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au point le jour J : cours sur les candidatures, le fit et la technique (dont un cours dédié au process en M&A), exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et le fonds de Private Equity, podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Tiffany Escudero

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Retour d'expérience
Summer Internships : candidatures, préparation et missions

A Londres ou dans d’autres géographies anglophones, le recrutement se fait à travers les « Summer Internships ». Ce sont des stages plus courts (entre 2 et 3 mois) qui ont lieu pendant l’été (d’où le nom…). Le process de recrutement est très différent. Diplômée d’un Bachelor à l’ESSEC et d'un Master à Polytechnique, Sarah Lopez raconte dans cet article son Summer Internship chez Morgan Stanley. Peux-tu te présenter ? Je m’appelle Sarah Lopez. J’ai grandi au Maroc et je suis venue en France pour mes études. J’ai étudié 4 années dans le Bachelor de l’ESSEC. Puis, j'ai intégré un Master à Polytechnique après une année de césure. Avant ce Summer Internship chez Morgan Stanley, j’avais déjà 3 expériences significatives. La première en Corporate Finance chez HSBC, que j’ai décrochée suite à une compétition inter-écoles organisée par la banque où je représentais l’ESSEC. La seconde chez Amundi en Private Debt. C'était ma première partie de césure. La troisième chez FIG Boutique (une ancienne équipe de EY) en M&A . C'était ma deuxième partie de césure. Après tous ces stages, pourquoi postuler aux Summer Internhips ? Les Summer Internships sont des programme considérés comme une « voie royale » pour obtenir un CDI en M&A à l’étranger. C’est un stage assez court mais très intense dans l’apprentissage ! Pourquoi les Summer Internships à Londres et pas dans d’autres géographies comme Dubaï ou Singapour ? D’abord, c’est à Londres que les opportunités sont les plus nombreuses. Il y a peu de Summer Internhips à Dubaï. Singapour privilégie davantage les étudiants des universités asiatiques. Et à Paris, même si quelques Summer Internhips sont proposés, il n’y a pas cette dimension internationale que je recherchais. Ensuite, un Summer à Londres se vend très bien n’importe où dans le monde. C’est par exemple un réel avantage pour intégrer des Bulge Brackets. Et pourquoi Morgan Stanley ? J’ai été attirée par l’excellente culture chez Morgan Stanley. La banque est réputée pour la bienveillance, la bonne humeur et l’amicalité entre les personnes. C’est un milieu sain où il n’y a pas de concurrence interne. Parlons de tes candidatures. Peux-tu décrire les différentes étapes du process de recrutement pour des Summer Internships ? Généralement, dès que vous soumettez votre candidature, vous passez un online test. Si vous réussissez, vous avez 2 rounds d’entretiens de 45 minutes chacun. Ensuite, c’est l’étape de l’Assessment Center. Pour la part, je n’ai pas réalisé les rounds 1 et 2 en amont de l’Assessment Center car j’ai été fast trackée grâce au networking. Le dossier de candidature est assez solide pour les Summer Internhips. Comment l’as-tu rédigé ? D’abord, il faut un CV classique, normé finance. C’est-à-dire sans photo, sans couleur, sans flashy. Quelque chose de simple et épuré pour mettre en avant vos expériences. Ce qu’il se fait de plus en plus à Londres, c’est ajouter une petite phrase en bas ou en haut du CV qui pourrait vous sortir du lot. Ensuite, j’avais une lettre de motivation très classique qui parlait de moi et de mon parcours. Ce qui était mis en avant, c’était un paragraphe au début de la lettre dans lequel j’explique à qui j’ai parlé au sein de la banque et ce que j’ai appris de chaque personne. Généralement je mettais 3 personnes de grades différents (analyste, associate et Managing Director). A quoi ressemblent les online tests et comment s’y préparer ? J’ai eu des onlines tests uniquement pour Morgan Stanley. Chez Goldman Sachs et J.P. Morgan (deux autres banques où j’ai candidatée), il y avait des hirevues. Les onlines tests sont des tests de mise en situation et de logique mathématique, un peu comme les tests de QI. Il y a beaucoup de candidats qui créent des faux comptes pour s’entraîner à ces tests. Honnêtement, moi j’ai évité. Mais j’avais demandé à des amis qui avaient déjà réalisé ces tests à quoi ils ressemblaient. Pour s’y préparer, il n’y a pas vraiment de solutions, à part réaliser des tests de logique, de calcul mental ou de QI. Peux-tu parler de l’étape de l’Assessment Center ? Cette dernière étape comporte 3 entretiens. Deux sont davantage axés sur le fit et le dernier est une étude d’un cas qui reprend un sujet spécifique au poste auquel vous postulez. Vous devez résoudre le cas et le présenter devant un banquier. Pour la partie fit, c’est beaucoup de TMAT (« Tell Me About the Time »), beaucoup de questions d’éthique et de personnalité pour cerner la personne que vous êtes. Pour la partie technique, je m’y étais énormément préparée avec Training You. J’avais revu avec Guillaume toutes les bases et il m’avait également mis en contact avec un banquier. J’avais déjà sollicité Training You auparavant quand j’étais en recherche d’off-cycles, ça m’a toujours servi. Dans quelle mesure le « networking » peut aider dans le process de recrutement pour des Summer Internships ? D’abord, c’est un plus dans la lettre de motivation. Ensuite, c’est très utile en entretien pour expliquer pourquoi cette banque et pas une autre, en citant l’expérience d’une personne que vous avez contactée. Enfin, le networking m’a également permis d’être fast trackée directement en Assesment Center à la suite d’un événement organisé par Morgan Stanley. J’ai contacté un Directeur qui m’avait marqué à travers son discours. Nous avons longuement échangé et j’ai eu l’occasion de directement passer en Assesment Center. Tu as postulé à combien de banques ? J’ai candidaté chez Goldman Sachs, J.P. Morgan et Morgan Stanley. A ton avis, quelles sont les 3 forces qui t’ont permis d’obtenir cette offre ? Premièrement, j’étais prête techniquement grâce à Training You et mes anciens stages. Deuxièmement, j’ai mis en avant un parcours atypique. Je suis passée d’une école de commerce à une école d’ingénieur. C’est quelque chose qui plaisait. J’ai gagné une compétition nationale. J’ai testé dans mes stages plusieurs métiers en Corporate Finance (Private Debt, Venture Capital, M&A). Cela a plu aussi. Troisièmement, je savais pertinemment que je voulais faire du M&A. C’était une force également. Selon toi, quelles sont les différences entre les process de recrutement pour les Summer Internships et les stages off-cycles à Paris ? Les off-cycles à Paris sont beaucoup plus techniques et longs. Il faut un CV solide, bien étoffé et sortir d’une très belle école. Pour les Summer, c’est davantage l’excellence académique et la curiosité intellectuelle qui sont recherchées. Comment se passe les Summer Internships une fois en poste ? D’abord, un Summer se déroule sur 10 semaines dont 2 de formations en amont. L’allocation des missions se fait par le staffeur de l’équipe en charge des stagiaires. J’étais parmi tous les stagiaires celle qui avait le plus d’expériences, ce qui m’a permis d’être placée dès le premier jour sur un live deal. Durant les 2 mois, j’ai travaillé uniquement sur ce deal. Ensuite, au-delà des missions, beaucoup de conférences avec des MD sont organisés par les RH (2 à 3 par semaines). On a aussi eu deux fois le CEO de Morgan Stanley qui est venu nous voir. L’ambiance est plutôt bonne ? L’ambiance est incroyable. Les personnes sont très sympas, très amicales voire fraternelles. On pouvait se retrouver entre Summer Interns le samedi et dimanche pour dîner ensemble. Je me suis fait de très bons amis, dont une personne de mon équipe avec qui je m’entend très bien et avec laquelle je vais faire une colocation l’année prochaine dans le cadre de notre CDI. Et il n’y avait pas du tout de concurrence entre nous. Quelles sont les principales missions ? Chaque dimanche après-midi, le staffeur nous envoyait un Excel sur lequel on devait remplir nos missions. Le lundi matin, je lisais les infos, regardais ce qu’il s’était passé durant le week-end. Le lundi après-midi, c’était une réunion d’équipe. Ensuite, je retournais à mon poste et travaillais sur mes missions. Les missions pouvaient être : du profilage, gérer un pitch, faire de la valorisation, envoyer des mails pour préparer des rendez-vous futurs. C’était très divers. Il faut vraiment être organisée car les horaires sont exigeants. Mes co-stagiaires faisaient du 9h-1h30. Étant donné que j’étais sur un live deal, je travaillais parfois jusqu’à 4h-5h du matin (samedi et dimanche compris). Ce qui m’a permis de tenir, c’est l’adrénaline et le fait d’être challengée. Comment faire pour progresser rapidement en poste ? La soif d’apprendre est très importante. Tant qu’on a cette qualité, les banquiers sont prêts à nous apprendre les bases, même les plus simples. Être tout le temps dans l’initiative d’apprendre de tout le monde. Je rejoignais assez souvent le floor (open space) dès que j’avais une question. Être à l’aise avec Excel et Powerpoint va forcément vous avantager. C’est aussi important de pouvoir cerner les gens assez rapidement, notamment pour agir selon les exigences de vos supérieurs. Peux-tu parler de l’équilibre de vie pro/perso pendant les Summer Internships ? L’équilibre vie pro/perso existe si l’on veut l’instaurer. Surtout lorsque l’on est en CDI. Moi, honnêtement, je me suis davantage consacrée à mes relations professionnelles durant ce Summer. J’étais dans l’optique de décrocher mon offre. Je préférais apprendre au maximum, prouver de quoi j’étais capable. Existe-t-il une pression exercée par les Analystes/Associates/Managing Director ? Pas du tout, au contraire. Les analystes et associates sont très bienveillants et vont toujours vous aider à vous faire une place. Mon analyste m’a laissé plusieurs fois envoyer les mails à des personnes haut placées de la banque (à New York par exemple) pour que je puisse établir des contacts. Ce qui a d’ailleurs augmenté mes chances d’obtenir une bonne note finale. Car à la fin du Summer, il faut donner une liste au RH de 6 personnes avec lesquelles nous avons pu travailler. L’avis de ces 6 personnes va énormément compter dans la présentation de votre performance aux MD de la banque. Quel conseil aimerais-tu partager aux étudiants qui souhaitent décrocher un Summer ? En entreprise, il est toujours très agréable de travailler avec une personne qui a un bon mindset. C’est une façon d’être qui est recherchée. Pour cela, je pense que le plus important est vraiment d’être proactif, de montrer sa curiosité et d’être hyper résilient. Venir avec le sourire et cette soif d’apprendre est très important. Vous souhaitez postuler aux Summer Internships ? Faire un Summer garantit 3 choses : une forte courbe d’apprentissage, la construction d’un réseau professionnel au sein la banque et surtout la quasi garantie d’opportunités intéressantes. Mettre cette expérience sur le CV, c’est améliorer considérablement son profil. Pour y arriver, c’est extrêmement difficile. Le process de recrutement est long et dense : dossier de candidature, online tests, Assessment Center, etc. Pour suivre la préparation la plus adaptée, c’est dans le Pack Summer de Training You. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Eren Ibis

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Retour d'expérience
Interview avec Adrien Toulemonde, analyste M&A chez Alantra

Diplômé de l’ESCP, Adrien Toulemonde a réalisé plusieurs stages pendant ses études : audit et M&A chez KPMG, Private Equity chez Turenne Capital, M&A chez Oaklins puis Alantra. Après son stage de fin d’études, il débute comme analyste au sein de la boutique M&A Alantra. Dans cet article, Adrien évoque son début de carrière en M&A : les missions au quotidien, l’ambiance de travail et les process de recrutement. Quels sont les avantages de commencer sa carrière dans une boutique M&A comme Alantra ? D’une part, une boutique s’apparente quand même à une structure plus petite, à dimension humaine. Personnellement j’accorde beaucoup d’importance à la proximité au sein de l’équipe. D’autre part, les boutiques sont généralement monoproduit (M&A) et généralistes. Vous avez également une exposition plus forte avec un nombre de deals plus important. Une des différences chez Alantra par rapport à ce que je viens d’évoquer, c’est que nous ne sommes pas monoproduit. Aujourd’hui, nous avons trois verticales : bien évidemment le M&A, ensuite l’ingénierie boursière (principalement des retraits de cotes) et le financement via notre équipe dette. Et pourquoi travailler en M&A chez Alantra ? Pour trois raisons. Premièrement, comme je viens de l’évoquer, Alantra est présent sur 3 verticales du conseil financier : M&A, ingénierie boursière (principalement des retraits de cotation) et financement (équipe dette au sein de la boutique). En tant que juniors, nous sommes complètement exposés aux 3 produits. En effet, les équipes travaillent généralement ensemble car il y a beaucoup de synergies à développer. Deuxièmement, Alantra est une boutique généraliste, ce qui permet de travailler sur des deals dans des secteurs très différents (tech, industrie, etc.). Également, grâce au développement de la sectorisation, vous avez aujourd’hui la possibilité de dire quel est votre appétence pour un secteur, travailler sur un coverage et donc de commencer à vous faire une grande base de connaissances. Troisièmement, l’ambiance est particulièrement agréable. Alantra a cette volonté de promouvoir un esprit convivial et chaleureux, qu’on ne retrouve pas partout. Le matin, tu es content de venir au bureau. Comment se passe l’intégration des juniors chez Alantra ? Chaque stagiaire a un mentor. Le mentor organise chaque mois un repas ou un café pour discuter de ce qui va et ne va pas. L’objectif est de trouver des axes d’amélioration. De plus, chaque stagiaire a une évaluation de mi-année et de fin d’année. Quand tu es analyste, tu as un junior-mentor et un senior-mentor. C’est-à-dire que tu vas avoir généralement un Associé qui va te donner des conseils et sa vision des choses. Et en plus, tu auras un junior (une personne plus senior que toi mais suffisamment proche pour être totalement transparente, ce qui permet d’avoir des échanges constructifs) qui te donne son avis et vérifie que tout va bien. Vous avez des programmes de formation ? Oui. Pendant ma 1ère année d’analyste, j’ai fait 2 trainings. Tu pars avec tous les banquiers de ta promotion dans un de nos bureaux (Madrid, Paris, Londres ou ailleurs) pour te former et surtout échanger avec eux. Cela permet de créer des relations fortes entre les différents bureaux. Les contacts se font plus naturellement et cela est très bénéfique pour se partager des informations et s’aider. Typiquement, si tu dois réaliser un pitch et qu’un bureau étranger a déjà travaillé sur le secteur, tu pourras contacter l’un d’eux en disant : « J’ai vu que tu as bossé sur ce sujet. Est-ce qu’on peut en parler 2 minutes ? ». Le télétravail est-il possible chez Alantra ? Alantra offre de la flexibilité. Si nous souhaitons télétravailler, c’est possible. Personnellement, je préfère venir au bureau chaque jour. Plusieurs juniors font 1 ou 2 journées de télétravail dans la semaine parce qu’ils habitent très loin. Mais encore une fois, nous souhaitons conserver un esprit convivial et chaleureux. Quand tout le monde est au bureau, c’est mieux. Justement, tu peux nous en dire plus sur l’ambiance chez Alantra ? Elle est très bonne. D’abord, des évènements conviviaux sont organisés régulièrement. Ensuite, des séminaires sont prévus chaque année. En 2022, le bureau de Paris s’est retrouvé au bassin d’Arcachon et à Kitzbulhel. Et pour le séminaire monde, nous sommes tous partis à Ibiza. Enfin, nous avons des soirées alumni pour garder le contact avec toutes les anciennes personnes d’Alantra. Nous organisons aussi 2 soirées par an spécifiquement dédiées aux juniors du secteur (transactions services, avocats, fonds d’investissement, etc.). Comment se passe l’intégration avec Avolta* ? C’est tout récent. Les synergies sont en train d’être développées. Nous commençons à partager nos bases de données, à discuter ensemble de comment on peut adapter nos présentations, comment pitcher ensemble, etc. Certains pitchs ont d’ailleurs déjà été faits en commun. Et je crois qu’il y a aussi des co-mandats en cours. Mais c’est encore le début de la relation. Tout reste à faire car le potentiel est immense. Nous communiquons chaque jour avec eux. Si nous ne pouvons pas prendre une opportunité, par exemple parce que c’est un peu plus petit que nos cibles, nous donnons le contact à Avolta pour qu’ils puissent regarder l’opportunité, et inversement. En fait, cela va très vite et c’est ce qui est très intéressant. * Alantra a pris une participation au capital de la boutique de M&A parisienne Avolta. Comment se passent les process de recrutement en M&A chez Alantra ? Pour les stages, le process se déroule en 2 tours. Et le candidat vient deux fois dans nos locaux. D’abord, il passe des tests de technique et de logique. C’est organisé sous la forme d’un petit déjeuner où le candidat rencontre nos équipes. Ensuite, si les tests sont réussis, il passe 3 entretiens (environ 3h en tout), avec du fit, des questions techniques et l’étude d’un IM qu’il faut restituer à l’oral pendant la discussion. Pour en apprendre plus sur Alantra : Vous pouvez retrouver notre page dédiée à la boutique et visionner notre podcast Career Insights avec Franck Portais (qui dirige le bureau parisien)  Vous souhaitez débuter votre carrière en M&A dans une boutique comme Alantra ? Les opportunités sont nombreuses. Mais les candidats aussi. Pour faire la différence et décrocher une offre, c’est important d’être bien préparé. Chez Training You, c’est notre mission. Fondé par deux anciens banquiers de Lazard, Training You est la première plateforme de préparation en ligne aux entretiens en M&A et Corporate Finance, avec +60 heures de formation : vidéos sur les concepts techniques à maîtriser, exercices et cas pratiques d’entraînement, fiches sur les entreprises, podcasts exclusifs avec des professionnels. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Training You

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Retour d'expérience
Rencontre avec une analyste en Leveraged Finance chez Société Générale CIB

Souvent dans l’ombre d’autres métiers de la finance comme le M&A ou le Private Equity, le Leveraged Finance est pourtant au cœur même des opérations de LBO. En effet, il permet d’obtenir l’effet de levier tant recherché par les fonds d’investissement. Amina Abouabdellah-Choplin, analyste Leveraged Finance chez Société Générale, nous présente son parcours et son métier. Peux-tu nous présenter ton parcours et ton poste actuel ? Je suis diplômée du Magistère Banque Finance Assurance (BFA) de l’Université Paris-Dauphine, avec une spécialisation en finance d’entreprise. Pendant ma formation, j’ai réalisé plusieurs stages : le premier en Corporate Development chez Ardian, le second en M&A chez EY et enfin mon stage de fin d’études en Private Debt chez LGT Capital Partners où je suis restée 1 an. Aujourd’hui, j’occupe le poste d’analyste en Leveraged Finance chez Société Générale CIB dans l’équipe Large Cap tous secteurs. C'est quoi le Leveraged Finance ? Lorsqu’un fonds d’investissement veut acquérir une société à travers une opération de LBO, il finance une partie de cet investissement via des fonds propres qu’il a levé en amont et fait appel à de la dette pour le reste, généralement 30% à 50% du prix d’acquisition. Cette dette est soit de la dette junior ou unitranche mise en place par les fonds de dette privée, soit de la dette senior mise en place par des banques qui vont lever l’argent nécessaire sur les marchés financiers. C’est cette deuxième option que l’on appelle Leveraged Finance.  En quoi le Leveraged Finance est-il différents d'autres métiers proches comme l’Acquisition Finance ou le Project Finance ? Le Leveraged Finance et l’Acquisition Finance sont assez proches. En Acquisition Finance, on travaillera plutôt avec des entreprises cotées très connues (e.g : des entreprises du CAC 40). Ces sociétés sont dites « Investment Grade ». C’est-à-dire qu’elles ont une très bonne solvabilité. Et ainsi le prêt qu’elles demandent leur sera quasiment toujours accordé. A contrario, en Leveraged Finance, on travaille presque exclusivement avec des fonds de Private Equity sur des sociétés non cotées. Elles sont un peu plus risquées. Par conséquent, on va avoir une analyse beaucoup plus poussée des risques et de la mitigation de ces risques. Par ailleurs, on se concentrera davantage sur la modélisation financière afin de vérifier la capacité de ces sociétés à deleverager sur la durée de vie de l’emprunt. En Project Finance, on s’intéressera surtout à des projets précis de long terme. Comme par exemple la construction d’une autoroute, le déploiement de la fibre optique ou pour citer un exemple récent, les infrastructures des JO 2024 et du Grand Paris. A quoi ressemble la journée d’un analyste en Leveraged Finance ? Il n’y a pas vraiment de journée type en Leveraged. C’est ce qui rend ce métier attractif. Les missions vont dépendre du moment où l’on se situe dans la vie d’un deal. Si l’on se trouve au début, alors le but va être de s’imprégner du dossier en lisant les due diligences et l’information mémorandum reçus. En plus de la lecture de ces documents, on assiste à des réunions avec les cabinets de stratégie, les conseils M&A et parfois les avocats, afin d’éclaircir nos interrogations et de se forger une opinion sur le deal. Lorsque le deal nous semble intéressant, nous nous lançons dans la rédaction d’un mémorandum d’investissement pour le comité. En parallèle, nous effectuons nos modélisations financières. Nous passons ensuite en comité d’investissement. Si ce dernier donne son feu vert et que le fonds avec lequel nous travaillons remporte le deal, alors nous recherchons des partenaires pour la syndication afin de réunir l’argent nécessaire pour accorder le prêt. Lorsque les fonds ont été levés, le deal est terminé et il s’ensuit toute la partie légale/juridique qui est traitée par les seniors de l’équipe avec l’aide des avocats. Enfin, durant toute la durée du prêt, il y a un travail de suivi du portefeuille et de traitement des demandes (add-on, demande de waiver, PGE, etc.). Quel est l’équilibre de vie pro/perso en Leveraged Finance ? J’apporte beaucoup d’importance à mon équilibre de vie. En période normale, mes horaires sont 9h30-20h. En période d’activité soutenue, cela peut aller jusqu’à minuit – 1h. Pendant tes études, pourquoi avoir choisi la finance d’entreprise par rapport à la finance de marché ? J’ai décidé de me spécialiser en Corporate Finance pour trois raisons. D’abord, ces métiers sont davantage axés sur les relations commerciales. Ce qui est difficile à retrouver en salle de marché derrière des écrans. Ensuite, j’aime bien la comptabilité, la microéconomie, les aspects business et stratégiques des entreprises et un peu moins la macroéconomie et les mathématiques. Enfin, les évolutions de carrière sont plus accessibles en finance d’entreprise. En se donnant les moyens, il est possible d’évoluer vers un autre métier tout en conservant une suite logique. A contrario en Market, on choisit généralement un métier et une catégorie de produit. Et il est ensuite très compliqué de se détacher de l’un d’eux. Surtout lorsqu’on dépasse le stade junior. Pourquoi as-tu choisi le Leveraged Finance ? Et pourquoi chez Société Générale ? Ce qui m’a plu dans le Leveraged Finance, c’est qu’il s’agit d’un métier très concret dans lequel nous participons au développement des entreprises. Cela procure un vrai sentiment de contribution à l’économie réelle. Je trouve également qu’il s’agit d’un métier complet. Avec à la fois une dimension business, une dimension stratégique et une dimension financière. Il est également indispensable d’apporter un esprit critique dans notre approche par les risques. Enfin, un dernier élément qui m’a fait choisir le Leveraged est la diversité des secteurs et des missions, ainsi que la forte exposition en tant que junior. Concernant le choix de la banque, j’ai choisi la Société Générale car il s’agit d’un très bon nom en Europe. C’est l'une des leaders sur ce marché. Et le dealflow est plutôt important. Par ailleurs, c’est une banque qui est généraliste, tous secteurs, Large Cap et qui fait des transactions à l’international. Enfin, comme j’avais pu le percevoir lors des entretiens mais également dans les échos que j’avais pu avoir, l’équipe est vraiment sympathique et l’ambiance est très bonne. C’est un critère important pour moi. Comment se passent les processus de recrutement à la Société Générale ? Pour obtenir mon poste actuel, j’ai candidaté à une offre sur LinkedIn. J’ai ensuite eu 4 entretiens. Deux entretiens d’une heure. Pour chacun, j’ai rencontré trois membres de l’équipe. J’ai ensuite eu un entretien de fit de deux heures avec le Head de l’équipe. Enfin, j’ai eu un debriefing avec les RH des tests de logique, d’anglais et de personnalité que j’avais dû réaliser chez moi (en ligne). Globalement, je n’ai pas trouvé ces entretiens compliqués car ce n’était pas mes premiers. Je pense que le plus compliqué est de parvenir à se démarquer des autres candidats grâce à sa personnalité. Quelles sont les questions les plus souvent posées en Leveraged Finance ? Les questions de fit les plus fréquentes concernent le parcours académique et professionnel, les stages réalisés et les deals effectués, l’intérêt pour le LBO et la compréhension du métier, les motivations pour rejoindre le Groupe, les qualités et les défauts du candidat et ses passions. Parmi les exercices techniques, on retrouve : Un cas LBO (modélisation du P&L et des cashflows, échéancier de la dette financière nette, calcul du levier) La réalisation d’un SWOT sur une société donnée La présentation par le candidat d’un secteur dans lequel il considère qu’il est intéressant de faire un LBO, les raisons de ce choix et les risques potentiels A ton avis, quelles sont les trois forces qui t'ont permis de décrocher ce poste ? Premièrement, je pense que le parcours logique que je suis parvenue à construire ainsi que les différentes tâches que j’ai pu réaliser au cours de mes nombreuses expériences ont été une réelle force pour ma candidature. Deuxièmement, ma bonne préparation à l’entretien, aussi bien d’un point de vue technique que d’un point de vue fit m’a permis d’aborder sereinement et de réussir sans difficulté les entretiens. Troisièmement, je pense que mon aisance à l’oral et le côté « sympathique » que je dégage ont également été des atouts. Quels sont les principaux débouchés en Leveraged Finance ? Les débouchés sont multiples. Il est possible de faire du Leveraged Finance dans une autre banque, de la Private Debt, du Debt Advisory, du Restructuring, du M&A, rejoindre une fonction finance dans une Corporate, et même faire du Private Equity. Est-ce que le Leveraged Finance est un secteur qui recrute beaucoup ? Les recrutements fonctionnent par vague. Pour les CDI, à cause du contexte actuel, il y a en ce moment un gel des embauches. Surtout que contrairement au M&A, il y a beaucoup moins de rotations donc beaucoup moins de besoins. Pour les stagiaires, nous en avons généralement 1 voire 2. Cela dépend également de l’activité car nous ne voulons pas embaucher un stagiaire s’il n’y a pas de mission sur lequel il peut travailler. Pour finir cette présentation, aurais-tu un conseil à partager à nos lecteurs ? Bien sûr ! Je pense qu’on ne s’en rend pas bien compte lorsqu’on est encore étudiant, mais il est vraiment important de se construire un réseau en gardant de bons contacts avec les personnes que l’on rencontre, à commencer par nos camarades de classe. Car in fine, le monde de la finance est un petit monde et ce sont ces personnes que vous allez recroiser tout au long de votre carrière. Nous remercions une nouvelle fois Amina pour le temps qu’elle nous a accordé. Vous voulez travailler en Leveraged Finance ? Vous l’aurez compris, le Leveraged Finance est au cœur des problématiques d’effet de levier. C’est un métier passionnant et exigeant qui recrute un nombre limité de stagiaires. Une bonne préparation est donc la clé pour décrocher une offre. Training You vous propose une préparation complète en Corporate Finance et un cours dédié au Leveraged Finance construit par deux professionnels. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! 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Par Hugo Chami

7 min de lecture