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Entretien Sales & Trading : les 10 questions les plus posées (avec réponses)

Par Training You

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14 min de lecture

« Où est le CAC 40 ce matin ? » Dans un entretien Sales & Trading, cette question peut tomber dès la première minute, avant même la fin de votre présentation. Elle dit tout de l’exercice : le recruteur ne cherche pas seulement un candidat qui connaît la formule de Black & Scholes, mais quelqu’un qui suit les marchés au quotidien, raisonne vite et reste clair sous pression.

Les questions d’entretien Sales & Trading se répartissent en quatre familles : les questions de marché (actualité, macro, lecture des signaux), les questions techniques (forwards, grecques, volatilité, devises, crédit, produits structurés), les brainteasers (probabilités, logique, calcul mental) et les questions de fit (motivation, choix du desk). Leur poids varie selon le poste visé, mais ces quatre blocs structurent la grande majorité des process en Sales, Trading et Structuring.

Dans cet article, nous avons sélectionné les 10 questions les plus posées, avec pour chacune la réponse attendue et les pièges à éviter. Neuf d’entre elles sont extraites telles quelles des modules du Pack Premium Finance de Marché, avec les réponses enseignées par nos intervenants, professionnels des marchés en poste : un aperçu concret de ce qui vous attend en entretien.

Comment se déroule un entretien Sales & Trading ?

Un process en finance de marché enchaîne généralement un test en ligne, un ou deux entretiens avec les RH et des opérationnels, puis un tour final face à plusieurs membres du desk. Pour un Summer Internship à Londres, ce tour final prend souvent la forme d’un assessment centre ou d’un superday : plusieurs entretiens successifs dans la même journée, parfois avec une mise en situation de vente ou de trading.

À chaque étape, les questions relèvent de l’une des quatre familles ci-dessous. Leur poids dépend du poste : un futur trader sera davantage testé sur le pricing et les brainteasers, un futur sales sur la lecture des marchés et la pédagogie face au client, un futur structureur sur les options et les produits structurés.

 

Famille de questions Ce que le recruteur teste Exemple typique
Questions de marché Votre suivi de l’actualité et votre capacité à relier un événement macro à son impact sur les actifs « Pourquoi l’élargissement des spreads de crédit inquiète-t-il les investisseurs ? »
Questions techniques La maîtrise des produits : forwards, options, volatilité, devises, crédit « Comment détermine-t-on le strike d’un forward à l’initiation ? »
Brainteasers Logique, probabilités, calcul mental sous pression « Quelle est la probabilité qu’au moins un invité retrouve son manteau ? »
Questions de fit Motivation, connaissance du métier, cohérence du parcours « Pourquoi le trading plutôt que le structuring ? »

 

Pour mieux cerner les attentes propres à chaque poste, consultez nos fiches métier : comment devenir trader, le métier de sales en finance de marché et le métier de structureur.

Questions de marché : lire les signaux comme un professionnel

Les questions de marché vérifient que vous comprenez pourquoi les actifs bougent, pas seulement où ils en sont. Elles sont souvent précédées d’un « Où est le CAC 40 ? », auquel nous consacrons une méthode dans la partie préparation.

Question 1 : « Pourquoi l’élargissement des spreads de crédit inquiète-t-il les investisseurs ? »

Question extraite du module Actu & Macro : Impacts sur les marchés financiers.

Commencez par la définition. Le spread de crédit est la prime de rendement que le marché exige pour prêter à un émetteur risqué plutôt qu’à l’État : c’est l’écart de rendement entre une obligation d’entreprise et une obligation d’État de même maturité. Exemple : si l’OAT à 5 ans rapporte 3 % et qu’une obligation d’entreprise notée BBB à 5 ans rapporte 5 %, le spread est de 200 points de base. Il rémunère le risque de défaut, une liquidité moindre et le risque de dégradation macroéconomique.

Montrez ensuite comment un élargissement se propage, à trois niveaux :

  • Marché obligataire : c’est là que tout commence. Les investisseurs vendent les obligations d’entreprise et achètent des obligations d’État : les rendements corporate montent, les rendements souverains baissent, et l’écart se creuse mécaniquement. C’est le flight to quality. Sur le segment high yield, les spreads peuvent passer de 300 à 800 points de base en quelques semaines.
  • Marché actions : un financement plus cher comprime les marges, surtout des sociétés endettées. Les secteurs cycliques (industrie, consommation discrétionnaire, finance) corrigent en premier, les défensifs (santé, télécoms, utilities) résistent mieux, et la volatilité monte car les investisseurs achètent de la protection.
  • Reste du système : le crédit finance l’économie réelle. Quand il se tend, les entreprises investissent moins, les banques prêtent moins et la courbe des taux s’aplatit, voire s’inverse, signe d’une récession anticipée.

Concluez sur l’idée clé : un élargissement durable des spreads est un thermomètre de la confiance. Plus il dure, plus le marché anticipe un ralentissement prolongé. Gardez ce raisonnement en tête : la question 7 en donne la traduction chiffrée sur le P&L d’un desk de crédit.

Question 2 : « Pourquoi actions et obligations peuvent-elles baisser en même temps ? »

Question extraite du module Actu & Macro : Impacts sur les marchés financiers.

Pendant des décennies, les obligations ont joué le rôle d’amortisseur quand les actions corrigeaient. 2022 a brisé cette règle : les actions américaines ont reculé de près de 20 % et les obligations du Trésor américain ont connu leur pire année depuis plus de 40 ans. Trois mécanismes expliquent cette baisse simultanée :

  1. L’inflation érode la valeur réelle des flux futurs. Un coupon de 2 % quand les prix montent de 8 % donne un rendement réel négatif ; côté actions, les coûts montent et les marges se compriment. En 2022, l’inflation a dépassé 10 % en zone euro et 9 % aux États-Unis au plus haut.
  2. La hausse rapide des taux frappe tout ce qui est valorisé par actualisation. Une obligation à 2 % perd de sa valeur quand les nouvelles émissions rapportent 4 %, et les actions de croissance (tech, luxe), dont la valeur dépend de profits lointains, sont les plus touchées.
  3. La fuite vers le cash : en cas d’incertitude extrême, les investisseurs vendent tout pour retrouver de la liquidité, au profit des fonds monétaires et des bons du Trésor à court terme.

La réponse qui fait la différence montre que la corrélation actions-obligations dépend du régime macroéconomique :

 

Régime macro Actions Obligations Corrélation
Inflation modérée, croissance stable (fin des années 1990 à la pandémie) Baissent quand l’économie ralentit Montent, car les taux baissent Négative
Inflation forte et hausse des taux (2022) Baissent Baissent Positive
Récession avec reflux de l’inflation Baissent au début Montent, car les banques centrales baissent les taux Négative

 

Ce n’est pas un dysfonctionnement du marché, mais la conséquence logique d’un même choc sur les deux classes d’actifs. Dans ces phases, les gérants doivent repenser leur diversification : actifs réels comme l’or ou l’infrastructure, ou stratégies non directionnelles.

Questions techniques en entretien de trading : forwards, grecques et volatilité

Question 3 : « Comment déterminer la valeur du strike K à l’initiation d’un contrat forward ou future ? »

Question extraite du module Forwards et Futures.

La réponse repose sur l’absence d’opportunité d’arbitrage (AOA) : si deux portefeuilles ont la même valeur à la date T, ils doivent avoir la même valeur aujourd’hui. Comparez donc deux stratégies :

 

Stratégie Valeur en t = 0 Valeur à maturité T
1 : achat d’un forward de strike K 0 (un forward ne coûte rien à l’initiation) ST − K
2 : achat du sous-jacent et emprunt de K × e−rT S0 − K × e−rT ST − K (l’emprunt a capitalisé les intérêts)

 

Les deux stratégies valent ST − K à maturité, donc elles ont la même valeur aujourd’hui : 0 = S0 − K × e−rT. On en déduit le strike :

K = S0 × erT

Exemple : pour une action à 100 €, un taux de 3 % et une maturité d’un an, le strike vaut environ 103,05 €. Attendez-vous à la relance, traitée dans les vidéos suivantes du module : que se passe-t-il si l’action verse un dividende ou se prête sur le marché du repo ? Le strike devient S0 × e(r − q − repo)T : une hausse des taux le fait monter, une hausse du dividende ou du repo le fait baisser.

Question 4 : « Pourquoi dit-on que le delta d’un call ATMF est 0,5 ? »

Question extraite du module Grecques.

Le delta d’un call vaut N(d1) dans le modèle de Black & Scholes. Une option at the money forward (ATMF) a un strike égal au forward : K = S × erT. En remplaçant K dans la formule de d1, le terme en logarithme disparaît et il reste :

d1 = ½ σ√T

d1 est donc légèrement positif, et le delta légèrement supérieur à 0,5. L’approximation est d’autant meilleure que σ√T est petit, c’est-à-dire que la volatilité est faible ou la maturité courte. Avec une volatilité de 20 % et une maturité de 3 mois, le delta vaut environ 0,52 ; avec 40 % de volatilité et 5 ans de maturité, il monte à environ 0,67.

Le piège à connaître : si le sous-jacent verse un dividende, le delta devient e−qT × N(d1) et peut passer sous 0,5. En FX, le taux de la devise étrangère joue le même rôle. En entretien, « environ 0,5 » est une réponse recevable, à condition de savoir dire quand elle cesse d’être vraie.

La relance classique, également traitée dans le module : « Quelle est la relation entre le gamma et le theta ? » Un acheteur d’options est long gamma (son delta évolue en sa faveur quand le marché bouge) mais short theta (il perd de la valeur temps chaque jour). Pour une position couverte en delta, et en négligeant les taux, Black & Scholes relie directement les deux :

Θ ≈ −½ σ² S² Γ

Autrement dit, le theta est le prix payé chaque jour pour détenir du gamma. La position est gagnante si la volatilité réalisée dépasse la volatilité implicite payée à l’achat.

Question 5 : « Qu’est-ce que le skew en volatilité implicite ? »

Question extraite du module Volatilité.

Le skew décrit comment la volatilité implicite varie selon le strike, pour une maturité donnée. Black & Scholes suppose une volatilité constante ; en pratique, le marché attribue des volatilités différentes selon la zone du payoff, car les risques ne sont pas symétriques. Le skew est donc une information de prix : il indique quelle direction le marché craint le plus.

  • Skew négatif : la volatilité des puts hors de la monnaie dépasse celle des calls hors de la monnaie. C’est la norme sur les indices actions, pour deux raisons : les baisses sont plus brutales que les hausses, et les fonds de pension, assureurs et gérants achètent structurellement de la protection pour respecter leurs contraintes de risque.
  • Skew positif : les calls hors de la monnaie sont plus chers, car le marché craint une hausse violente. On l’observe en change (intervention de banque centrale, fin d’un ancrage), sur les matières premières (choc d’offre) ou lors d’un short squeeze.
  • Skew plat : le risque est perçu comme symétrique, proche de l’hypothèse de Black & Scholes.

Pour aller plus loin, distinguez indice et action individuelle. En crise, les corrélations entre actions tendent vers 1 et la diversification disparaît : le skew d’un indice est donc fortement négatif. Sur une action seule, le risque est surtout idiosyncratique (résultats, acquisition, innovation) et peut surprendre dans les deux sens : le skew est moins marqué et prend souvent la forme d’un smile. Enfin, montrez que vous savez l’utiliser : un skew marqué rend les puts chers et les calls bon marché, ce qui favorise les put spreads, les risk reversals ou les collars.

Questions techniques avancées : devises, crédit et produits structurés

Question 6 : « Comment déterminer le taux de change A/C sachant que A/B et B/C sont connus ? »

Question extraite du module Devises.

Une paire A/B vaut K signifie qu’une unité de A vaut K unités de B. Si B/C vaut G, une unité de B vaut G unités de C, donc une unité de A vaut K × G unités de C : A/C = A/B × B/C.

Premier exemple : avec un EUR/USD à 1,12 et un USD/JPY à 143, un euro vaut 1,12 × 143 = 160,16 yens. L’EUR/JPY vaut donc 160,16.

Second exemple, plus piégeux : avec un GBP/USD à 1,27 et un EUR/USD à 1,12, une livre vaut 1,27 dollar, et un dollar vaut 1 / 1,12 euro. Une livre vaut donc 1,27 / 1,12 ≈ 1,134 euro. Ici, il faut diviser et non multiplier.

C’est tout l’enjeu de ces exercices : savoir quand multiplier et quand diviser selon le sens de la conversion, de la devise de base vers la devise de cotation ou l’inverse. Bonus apprécié en entretien : rappeler que le marché cote la paire dans l’autre sens, en EUR/GBP, soit environ 1 / 1,134 ≈ 0,882.

Question 7 : « Comment interpréter une variation de 50 bps de spread sur le P&L ? »

Question extraite du module Credit Default Swap.

C’est la traduction chiffrée de la question 1. L’outil clé est le CS01 (Credit Spread 01), l’équivalent du DV01 pour les CDS : la variation de valeur d’une position pour un point de base de spread.

CS01 ≈ Notionnel × Duration crédit × 0,0001

Exemple : un CDS 5 ans de 10 M€ de notionnel. Sa duration crédit est d’environ 4 à 4,5 ans, un peu inférieure à la maturité car le défaut peut survenir avant l’échéance. Avec 4,2 ans, le CS01 vaut 10 000 000 × 4,2 × 0,0001 = 4 200 € par point de base. Si le spread passe de 200 à 250 pb, la variation de P&L est de 50 × 4 200 = 210 000 € :

  • l’acheteur de protection gagne 210 000 €, car le CDS qu’il détient vaut plus cher ;
  • le vendeur de protection perd 210 000 €.

Interprétation économique : avec un taux de recouvrement de 40 %, une hausse de 50 pb correspond à une probabilité de défaut annuelle en hausse d’environ 0,8 % (0,50 % / 60 %). Sur 100 M€ de notionnel, l’impact dépasse 2 M€ : c’est pourquoi les desks suivent leur CS01 net en temps réel. Pour une réponse complète, précisez que la duration crédit n’est pas constante : elle diminue quand le spread monte, donc le calcul linéaire reste une approximation.

Question 8 : « Pourquoi un Autocall perd-il de la valeur malgré la hausse du sous-jacent ? »

Question extraite du module Produits structurés.

Cette question met le candidat dans la peau d’un sales en produits structurés face à un client mécontent. La valeur de marché (mark-to-market) d’un Autocall ne dépend pas que du niveau du sous-jacent : elle dépend aussi de sa position par rapport aux barrières, de la volatilité implicite, du temps restant, des taux et des dividendes attendus. Une hausse du sous-jacent combinée à une hausse de la volatilité peut donc faire baisser le produit.

L’explication attendue, en langage client : votre produit combine une obligation et des options que vous avez vendues. Quand la volatilité monte, ces options valent plus cher, ce qui réduit mécaniquement la valeur de votre produit. Deux analogies aident à faire passer le message :

  • l’assurance : si le risque d’accident augmente, l’assureur réévalue ses engagements à la hausse ;
  • la machine à scénarios : la valeur de l’Autocall dépend de la probabilité de chaque scénario. Plus de volatilité, c’est plus de poids sur les scénarios défavorables, même si le sous-jacent a légèrement monté.

Ajoutez l’effet du temps : sans rappel anticipé, le produit perd de sa valeur optionnelle à l’approche de la maturité. Enfin, gérez les attentes : un Autocall est un produit de portage, conçu pour être détenu jusqu’au rappel ou à l’échéance. Le recruteur évalue ici autant votre pédagogie que votre technique : être juste sur le fond, honnête sur les risques, et rassurant sur la logique du produit.

Brainteasers en entretien de trading : la question qui fait la différence

Question 9 : « Les manteaux : quelle est la probabilité qu’au moins une personne retrouve son propre manteau par pur hasard ? »

Question extraite du module Brainteasers.

L’énoncé : un très grand nombre N de personnes assistent à un congrès et déposent leur manteau au vestiaire. En fin de soirée, les invités, un peu trop ivres, récupèrent les manteaux au hasard. Quelle est la probabilité qu’au moins une personne retrouve le sien ?

La clé est de traduire l’énoncé en langage mathématique. La répartition des manteaux est une permutation aléatoire de N éléments, et la question revient à demander la probabilité qu’elle possède au moins un point fixe. Le cas complémentaire, où personne ne récupère son manteau, s’appelle un dérangement. Pour N grand, la probabilité d’un dérangement tend vers 1/e. On obtient donc :

P(au moins un point fixe) → 1 − 1/e ≈ 0,632

Pour N très grand, la probabilité qu’au moins une personne retrouve son manteau est d’environ 63,2 %. Ce qui surprend le plus les candidats : le résultat ne dépend pratiquement pas de N. Avec 10 invités comme avec 10 000, on obtient déjà environ 63,2 %, car la convergence est très rapide.

Quel que soit l’énoncé, la méthode compte autant que le résultat :

  1. Reformulez la question pour vérifier que vous l’avez bien comprise.
  2. Traduisez-la dans un cadre connu : ici, permutations et passage au complémentaire.
  3. Raisonnez à voix haute : le recruteur évalue votre chemin, pas seulement le chiffre final.
  4. Vérifiez l’ordre de grandeur et corrigez-vous calmement en cas d’erreur.

Le module Brainteasers, conçu par Augustin Potier (Sales & Trading chez Barclays à Londres), classe les énigmes par catégorie et par niveau de difficulté, et inclut trois vidéos de calcul mental pour gagner en vitesse.

Question de fit en Sales & Trading : convaincre sur votre motivation

Question 10 : « Sales, trading ou structuring : pourquoi ce desk en particulier ? »

Cette question teste votre connaissance des métiers et la cohérence de votre projet. Le recruteur veut vérifier que votre choix est réfléchi, pas un plan B. Commencez par montrer que vous savez ce que fait chaque fonction :

Métier Rôle sur le desk Qualités mises en avant
Sales Relation avec les clients institutionnels (fonds, assureurs, trésoriers), idées de trade, pédagogie sur les produits Communication, sens commercial, lecture rapide des marchés
Trader Gestion du risque et du P&L du book, pricing des demandes clients Rigueur quantitative, sang-froid, prise de décision rapide
Structureur Conception de solutions sur mesure combinant obligations, options et autres dérivés Créativité technique, maîtrise des payoffs, pédagogie

Expliquez ensuite pourquoi le poste visé correspond à votre profil, en trois temps :

  • Ce qui vous attire dans le quotidien du métier, par exemple la décision en temps réel pour un trader, ou l’échange avec le client pour un sales.
  • Une preuve concrète tirée de votre parcours : cours de dérivés, club d’investissement, stage précédent, suivi personnel des marchés.
  • Un lien avec le desk : citez un produit traité par ce desk (Equity Derivatives, Rates, FX, Credit) et une tendance récente qui le concerne.

Attendez-vous à la relance « Quel est le dernier article de marché que vous avez lu ? ». Préparez-en un, récent, que vous savez résumer en trente secondes avec votre propre analyse. Pour approfondir les réalités de chaque métier, écoutez les témoignages de professionnels dans notre podcast Career Insights.

Pourquoi la préparation est décisive en entretien Sales & Trading

Les desks de marché recrutent peu de stagiaires et de juniors chaque année, et ces postes attirent des candidats issus des meilleures écoles d’ingénieurs et de commerce. Face à des profils académiques comparables, ce n’est pas le CV qui fait la différence le jour J, mais la qualité des réponses.

Les recruteurs le savent et calibrent leurs entretiens en conséquence. Une erreur sur une notion de base, comme le signe du delta d’un put ou le sens d’une conversion de change, suffit souvent à écarter un candidat : sur un desk, ce type d’erreur coûte de l’argent. Les relances servent précisément à distinguer une maîtrise réelle d’une réponse apprise par cœur. Chacune des 10 questions de cet article en ouvre trois ou quatre.

Une bonne préparation vous apporte trois avantages décisifs :

  • Des fondamentaux sans hésitation : forwards, options, grecques, taux et crédit doivent venir naturellement, pour garder votre énergie sur les questions difficiles.
  • La capacité d’aller au-delà de la première réponse : savoir quand une approximation cesse d’être vraie, comme le delta ATMF à 0,5, est ce qui impressionne un trader.
  • Une réponse structurée sous pression : face à un brainteaser ou à un client fictif, le recruteur évalue votre raisonnement autant que le résultat.

Répondre à « Où est le CAC 40 ? » : la fiche marché quotidienne

La question d’ouverture la plus fréquente est aussi la plus simple à préparer. Le recruteur attend un niveau précis, une variation récente et surtout une explication : « L’indice a clôturé hier autour de X points, en baisse de Y %, après une publication d’inflation plus forte que prévu. » Vérifiez toujours les niveaux le matin même de votre entretien, et suivez au quotidien les indicateurs suivants :

Indicateur Pourquoi il compte
CAC 40, Euro Stoxx 50, S&P 500 Sentiment sur les actions françaises, européennes et américaines
Taux de dépôt de la BCE et taux des Fed funds Point de départ de toute la courbe des taux
Rendement du Bund et de l’OAT à 10 ans, spread OAT-Bund Coût de financement des États et risque perçu sur la France
Spreads de crédit investment grade et high yield Thermomètre de la confiance (question 1)
EUR/USD Différentiel de politique monétaire entre zone euro et États-Unis
Brent et or Inflation importée, risque géopolitique, valeur refuge
VIX ou VSTOXX Niveau de stress et prix de la protection

Dans un process aussi sélectif, la régularité paie davantage qu’une révision intensive la veille : commencez tôt, et entraînez-vous à voix haute.

Conclusion : transformez ces 10 questions en avantage compétitif

Un entretien Sales & Trading se gagne sur quatre fronts : la lecture des marchés, la maîtrise technique des produits, la vivacité de raisonnement et une motivation crédible. Les 10 questions présentées ici forment le socle de la plupart des process, mais les meilleurs candidats se distinguent sur les relances : l’impact du repo sur un forward, le delta ATMF d’une option longue, le P&L d’un book de crédit, la pédagogie face à un client d’Autocall.

C’est précisément l’objet du Pack Premium Finance de Marché : les modules sont construits autour des questions posées en entretien, comme celles de cet article, et sont conçus par des professionnels en poste (par ex. le Head of Cross-Asset Structuring chez TP ICAP, un ancien trader chez J.P. Morgan, et un structurer chez Barclays).

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Décryptage
Comment devenir trader ?

Le métier de trader en finance de marché fascine et intrigue par son caractère à la fois complexe et captivant. Chargé d'acheter et de vendre des actifs financiers, le trader joue un rôle clé dans les marchés financiers. Cet article explore les aspects essentiels du métier de trader. D’abord, nous présentons le métier de trader en finance de marché. Ensuite, nous parlons des formations pertinentes pour débuter sa carrière en tant que trader. Ensuite, nous aborderons les rémunérations des traders. Qu'est-ce qu'un trader en finance de marché ? Un trader en finance de marché est un professionnel spécialisé dans l'achat et la vente d'actifs financiers. Ces actifs financiers sont de différentes nature : actions, obligations, matières premières, devises, etc. Ainsi, il existe différents types de traders, chacun spécialisé dans un produit spécifique. Quelques exemples : Trader en actions : Achat et vente d’actions de sociétés cotées en bourse Trader en obligations : Achat et vente de titres de dette comme les obligations émises par les Etats ou les entreprises Trader en devises : Achat et vente de devises sur le marché des changes (Forex) Trader en matières premières : Achat et vente de produits physiques comme le pétrole, l'or ou les produits agricoles Au-delà des différents domaines d’expertise du trader, on distingue principalement deux grandes catégories : Les traders du buy-side qui travaillent pour des fonds d'investissement (ex : fonds de pension, hedge funds) Les traders du sell-side qui travaillent pour des institutions financières (ex : les banques) A chaque fois, les missions quotidiennes d'un trader comprennent la prise de décisions d'achat et de vente. Concrètement, l’objectif principal d’un trader est de générer des profits, en exploitant les fluctuations des marchés financiers. Il faut acheter moins cher et vendre plus cher ! En amont, ces décisions sont basées sur des analyses approfondies des marchés financiers. En aval, le trader gère les risques associés à ses positions. Quelles formations pour devenir un trader ? Compétences et qualités requises Pour réussir dans ce métier, un trader doit posséder certaines compétences et qualités. D’abord, le trader doit avoir des compétences techniques en mathématiques (car le calcul est la base du métier), économie (car l’évolution du prix des actifs financiers est corrélée à la conjoncture économique) et informatique (car la maîtrise des outils de trading et logiciels est cruciale, comme Python, R ou C++). Ensuite, certaines qualités personnelles sont importantes. Par exemple, le trader est capable de résister au stress ou prendre des décisions rapides. Etudes à suivre Devenir trader nécessite une formation solide et spécialisée. Cette formation doit combiner à la fois des connaissances théoriques et des compétences pratiques. Voici les principales étapes et formations recommandées pour accéder à ce métier : Etudes universitaires : D’abord, une licence en finance, économie, mathématiques ou gestion est souvent le point de départ. Les licences en ingénierie ou informatique sont aussi pertinentes, surtout pour ceux intéressés par le trading algorithmique ou quantitatif. Ensuite, un master dans l’un de ces domaines offre une spécialisation plus poussée. Vous retrouvez ces parcours dans les principales écoles de commerce ou d’ingénieur, mais aussi à l’université Certifications professionnelles : En plus des écoles, plusieurs certifications sont pertinentes pour compléter ses compétences. Le CFA (Chartered Financial Analyst) est la plus reconnue au niveau mondial pour renforcer son expertise en gestion des investissements et analyse financière. Le FRM (Financial Risk Manager) est aussi intéressante pour ceux qui souhaitent se spécialiser dans la gestion des risques financiers Cours de trading : Plusieurs institutions proposent des cours spécifiques en trading. C’est le cas de la formation Training You en finance de marché qui comprend des cours sur les principales notions et différents produits à maîtriser pour réussir un entretien en trading ! Quels salaires gagne t-on quand on est trader ? Le travail d'un trader est souvent rythmé par les horaires des marchés financiers. Cela implique des journées de travail longues et parfois imprévisibles. Cependant, la satisfaction professionnelle et les opportunités de gains financiers sont considérables. Le salaire des traders varie considérablement en fonction de plusieurs facteurs : type de trading, employeur (banque, hedge funds, etc.), expérience (débutants, intermédiaires et seniors) et localisation géographique. Par exemple, les rémunérations sont souvent supérieures à New York et Londres par rapport à Paris. Cette différence s’explique par la culture des places financières, mais aussi par des régulations plus souples. Voici un aperçu des rémunérations typiques d’un trader en fonction du niveau de séniorité : Salaire de base D’abord, les traders débutants peuvent s'attendre à un salaire de base annuel compris entre 50 000€ et 100 000€. Les diplômés des grandes écoles ou de programmes de MBA se situent dans la fourchette supérieure de cette plage. Ensuite, les traders avec quelques années d'expérience (3 à 5 ans par exemple) voient souvent leur salaire de base augmenter, généralement entre 100 000€ et 200 000€ par an. Enfin, les traders seniors (plus de 5 ans d'expérience) peuvent gagner entre 200 000€ et 500 000€ par an en salaire de base. Ces salaires sont encore plus accessibles pour ceux qui ont une spécialisation ou expertise reconnue, Bonus Les bonus constituent une partie importante de la rémunération des traders. Et ils peuvent souvent dépasser le salaire de base. Néanmoins, ils dépendent largement des performances individuelles et de celles de l'équipe. Les bonus pour les traders débutants peuvent varier de 10 000€ à 50 000€. Les traders intermédiaires peuvent recevoir des bonus de 50 000€ à 150 000€, selon leurs performances. Les traders seniors peuvent recevoir des bonus significatifs, souvent de 200 000€ à plusieurs millions d'euros. Ces bonus élevés sont surtout distribués dans les grandes banques d'investissement et les hedge funds. Vous souhaitez démarrer votre carrière comme trader ? Le métier de trader en finance de marché est exigeant mais extrêmement gratifiant pour ceux qui possèdent les compétences et la passion nécessaires. Avec les bonnes qualifications et une préparation rigoureuse, une carrière de trader est riche en opportunités et succès. Pour ceux qui souhaitent se lancer, une compréhension approfondie des marchés et une solide formation sont essentielles. Training You est disponible pour vous aider ! Dans nos Packs en finance de marché, vous pourrez retrouver 14 cours (actions, obligations, devises, grecques, etc.) et près de 400 questions d’entretiens et cas pratiques corrigés pour tout réviser avant vos entretiens. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Training You

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Préparation
Modèle de Black-Scholes : formule, limites et exercice corrigé

Toute personne qui prépare un entretien de trading ou de structuration finira par buter sur la même question : combien vaut cette option ? Le modèle de Black-Scholes est la réponse que la finance de marché s'est donnée en 1973, et c'est encore le premier réflexe attendu d'un candidat. Le maîtriser ne consiste pas à réciter une formule, mais à savoir ce qu'elle suppose, où elle se trompe, et comment la manier de tête. Cet article traite les trois. Un peu d'histoire : de Bachelier au prix Nobel L'idée que le prix d'un actif puisse être modélisé comme un processus aléatoire ne date pas de 1973. Elle remonte à la thèse de Louis Bachelier, Théorie de la spéculation, soutenue à la Sorbonne en 1900, un travail longtemps ignoré qui anticipait le mouvement brownien cinq ans avant Einstein. Le mérite de Fischer Black, Myron Scholes et Robert Merton fut de transformer cette intuition en un prix : non pas une prédiction de la valeur future de l'actif, mais le coût exact de la couverture d'une option. L'article fondateur, The Pricing of Options and Corporate Liabilities, paraît dans le Journal of Political Economy en 1973, l'année même où le Chicago Board Options Exchange ouvre ses portes. Le calendrier n'a rien d'anodin : un marché organisé des options venait de naître, et il lui fallait une grammaire des prix. Scholes et Merton reçoivent le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 1997 ; Black, mort en 1995, n'a pu y prétendre : le comité ne récompense pas à titre posthume. La formule de Black-Scholes Pour un call européen sur un actif sans dividende, le modèle donne : C = S0 N(d1) − K e−rT N(d2) et, par la parité call-put, le prix du put correspondant : P = K e−rT N(−d2) − S0 N(−d1) avec : d1 = [ ln(S0/K) + (r + ½σ²) T ] / (σ√T)     d2 = d1 − σ√T où S0 est le prix spot de l'actif, K le prix d'exercice, r le taux sans risque, T la maturité, σ la volatilité de l'actif, et N(·) la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. La lecture financière prime sur l'algèbre. Le terme S0 N(d1) représente la valeur actuelle de l'actif reçu en cas d'exercice, pondérée par sa probabilité ajustée du risque ; K e−rT N(d2) représente le paiement du prix d'exercice, actualisé et pondéré par N(d2), la probabilité que l'option finisse dans la monnaie sous la mesure risque-neutre. Le prix d'une option n'est pas une espérance de gain : c'est le coût d'une couverture parfaite. Les hypothèses du modèle La formule est élégante parce que ses hypothèses sont fortes. Il faut les connaître, car ce sont elles qui cèdent dans le monde réel. Le modèle suppose que le prix de l'actif suit un mouvement brownien géométrique : les rendements logarithmiques sont distribués normalement, et la trajectoire du prix est continue, sans saut. Il suppose une volatilité σ constante et connue sur toute la durée de vie de l'option, ainsi qu'un taux sans risque r constant. Il suppose des marchés sans friction : pas de coûts de transaction, pas de taxes, des actifs infiniment divisibles, la vente à découvert autorisée, et la possibilité d'emprunter et de prêter au même taux r. Il suppose enfin l'absence d'opportunité d'arbitrage et une couverture en temps continu : le portefeuille de réplication est réajusté à chaque instant. L'actif ne verse aucun dividende, du moins dans la version originale ; l'extension de Merton lèvera cette restriction. Aucune de ces conditions ne tient exactement. La question n'est pas de savoir si le modèle est faux, il l'est, mais de savoir où son erreur devient coûteuse. Les limites : le smile de volatilité C'est ici que les défenseurs du modèle méritent d'être entendus avant d'être contredits. L'argument le plus solide en faveur de Black-Scholes n'est pas qu'il décrit fidèlement les marchés, mais qu'il offre un langage commun : une bijection entre un prix et une volatilité implicite. Les traders ne cotent pas des prix, ils cotent des vols ; la formule sert de dictionnaire. Vue ainsi, elle n'a pas besoin d'être vraie pour être indispensable. L'objection tient pourtant, et elle se lit directement dans les prix de marché. Si l'hypothèse de volatilité constante était exacte, toutes les options sur un même sous-jacent et une même maturité partageraient la même volatilité implicite, quel que soit leur strike. Or ce n'est pas le cas. En reportant la volatilité implicite en fonction du strike, on n'obtient pas une droite horizontale mais une courbe : le smile de volatilité, souvent déformé en skew sur les indices actions. Les options très en dehors ou très dans la monnaie s'échangent à des volatilités implicites supérieures à celles des options à la monnaie. Le smile est l'aveu, par le marché lui-même, que les rendements ne sont pas log-normaux : les queues de distribution sont plus épaisses que la loi normale ne le prévoit, et les krachs existent. Le phénomène s'est d'ailleurs accentué après le lundi noir d'octobre 1987, comme si le marché avait décidé de tarifer durablement le risque d'effondrement que Black-Scholes ignore. Les modèles ultérieurs (volatilité locale de Dupire, volatilité stochastique de Heston, modèles à sauts de Merton) ne sont, pour l'essentiel, que des tentatives de rendre compte de cette courbure que le modèle de 1973 ne sait pas produire. Exercice corrigé : le call à la monnaie, façon entretien Voici la question telle qu'un desk peut la poser, sans calculatrice : « L'actif cote 100, la volatilité est de 20 %, la maturité d'un an, le taux est nul. Combien vaut le call à la monnaie ? » L'examinateur ne cherche pas une décimale ; il cherche à savoir si le candidat connaît l'approximation que tout trader d'options a en tête. Posons le cadre : option à la monnaie, donc S0 = K = 100 ; taux nul, donc r = 0 ; σ = 0,20 et T = 1. Calculons d1 et d2 : d1 = [ ln(1) + ½σ²T ] / (σ√T) = σ√T / 2 = 0,20 / 2 = 0,10     d2 = −0,10 Le prix devient C = S0 [ N(0,10) − N(−0,10) ]. Reste à évaluer cette différence sans table. C'est là qu'intervient l'astuce : pour un x petit, N(x) − N(−x) ≈ 2 x n(0), où n(0) = 1/√(2π) ≈ 0,4 est la densité normale en zéro. On obtient donc l'approximation que les praticiens gardent en mémoire : CATM ≈ (1 / √(2π)) S0 σ√T ≈ 0,4 × S0 × σ√T Application numérique : C ≈ 0,4 × 100 × 0,20 × 1 = 8. La valeur exacte donnée par Black-Scholes est 7,97 : l'approximation tient à moins de 0,5 % près. Un candidat qui sort « environ 8 » en quelques secondes, puis sait expliquer d'où vient le coefficient 0,4, a démontré l'essentiel : il comprend que le prix d'une option à la monnaie est, en première approximation, proportionnel à la volatilité et à la racine du temps. C'est cette proportionnalité, et non la formule complète, qui gouverne l'intuition sur un desk. Ce qu'il faut retenir Black-Scholes n'est pas un oracle ; c'est une convention de langage que le marché a adoptée tout en sachant ses hypothèses fausses. Le candidat qui impressionne n'est pas celui qui récite la formule, mais celui qui sait pourquoi le smile existe et combien vaut un call à la monnaie de tête. Bachelier l'avait entrevu dès 1900, en démontrant que les variations de cours obéissent à la loi de Gauss ; Black, Scholes et Merton n'ont fait qu'en tirer un prix. Et un prix, contrairement à une vérité, se négocie : c'est d'ailleurs tout ce que le marché sait faire.   Aller plus loin avec Training You — Finance de Marché Le modèle de Black-Scholes, le pricing d'options et la couverture sont au cœur du Pack Premium Finance de Marché : vidéos de cours, fiches, tests d'entraînement et corrigés pour arriver prêt en entretien de trading, sales ou structuration. → Je démarre avec le Pack Premium Finance de Marché → Voir tous les cours Finance de Marché


Par Training You

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Préparation
Produits dérivés en finance : options, futures et swaps expliqués simplement

Les produits dérivés intimident pour une mauvaise raison : on les apprend comme une liste, les futures, puis les options, puis les swaps, alors qu'ils ne sont qu'une seule idée déclinée trois fois. Cette idée tient en une phrase : un contrat dont la valeur dépend d'un autre actif, le sous-jacent, et dont l'objet est de déplacer dans le temps un risque de prix. Saisir l'idée commune avant les trois formes, c'est l'écart entre réciter un cours et tenir un entretien. La suite reprend chaque famille (mécanisme, diagramme de payoff, exemple) puis leurs trois usages et une première lecture des Greeks. Qu'est-ce qu'un produit dérivé Un produit dérivé est un contrat dont la valeur dérive de celle d'un sous-jacent : une action, un indice, une devise, un taux d'intérêt, une matière première. Le contrat ne fait pas exister le sous-jacent ; il organise un échange futur sur celui-ci, à des conditions fixées aujourd'hui. C'est tout. Tout le reste, nomenclature, formules, sigles, n'est que l'habillage de cette mécanique élémentaire. Sa banalité contraste avec son échelle : l'encours notionnel des seuls dérivés de gré à gré avoisinait 850 000 milliards de dollars à la mi-2025 selon la Banque des règlements internationaux, près de sept fois le produit mondial brut. Le chiffre impressionne plus qu'il n'éclaire, puisque le notionnel n'est pas une somme exposée mais la base de calcul des flux ; il dit néanmoins à quel point l'instrument irrigue la finance contemporaine. La version la plus solide de l'objection mérite d'être posée d'emblée. On entend que les dérivés seraient une finance désincarnée, un casino greffé sur l'économie réelle, des armes de destruction massive selon la formule consacrée. L'histoire récente ne dément pas frontalement : les dérivés mal compris ont effectivement amplifié des crises. Mais l'origine de l'instrument la contredit. Le premier marché à terme organisé naît au XIXᵉ siècle à Chicago pour une raison agricole prosaïque : permettre à un producteur de blé de connaître à l'avance le prix de sa récolte. Le dérivé est d'abord un transfert de risque entre quelqu'un qui veut s'en débarrasser et quelqu'un qui accepte de le porter. La spéculation vient ensuite ; elle n'est pas la cause. D'où la distinction qui structure tout : un dérivé ferme (futures, swaps) engage les deux parties à exécuter, tandis qu'un dérivé optionnel (options) ne lie que le vendeur, l'acheteur disposant d'un droit qu'il exerce ou non. Toute la différence de payoff découle de là. Marché organisé ou gré à gré Une seconde ligne de partage traverse les trois familles, et les recruteurs la posent tôt : où le contrat se négocie-t-il ? Les dérivés listés, soit la plupart des futures et une partie des options, sont standardisés par une bourse comme Eurex, le CME ou l'ICE, qui fixe la taille du contrat, l'échéance et les modalités de règlement. Une chambre de compensation s'interpose entre les parties et absorbe l'essentiel du risque de contrepartie, au prix d'un dépôt de marge réévalué chaque jour. Liquidité forte, personnalisation nulle. Les dérivés de gré à gré (over-the-counter, soit la quasi-totalité des swaps et les options exotiques) se nouent directement entre deux contreparties, le plus souvent une banque et un client institutionnel. On y ajuste tout : nominal, maturité, structure du payoff. C'est le terrain du structureur. La rançon de cette liberté est un risque de crédit que la crise de 2008 a replacé au centre, d'où la généralisation depuis lors du collatéral et de la compensation centralisée. Standardisé et liquide d'un côté, sur mesure et négocié de l'autre : la même idée, deux écosystèmes. Les futures : l'engagement réciproque Un future est un contrat à terme standardisé : deux parties s'accordent aujourd'hui pour échanger un sous-jacent à une date future et à un prix fixé, le prix à terme. Aucune des deux n'a le choix d'exécuter ou non : l'engagement est ferme et symétrique. Le contrat se négocie sur un marché organisé, avec une chambre de compensation qui s'interpose entre acheteur et vendeur et appelle quotidiennement des marges, ce qui neutralise le risque de contrepartie. Ce réglage quotidien (mark-to-market) sépare le future de son cousin de gré à gré, le forward, contrat sur mesure dont les flux ne se dénouent qu'à l'échéance. Même promesse économique, deux plomberies : l'un valorise et encaisse chaque jour, l'autre attend le terme. Le payoff est linéaire, et c'est ce qui le rend lisible. Qui achète un future gagne euro pour euro ce que le sous-jacent prend au-dessus du prix fixé, et perd symétriquement en dessous. Profit (position acheteuse sur future) │ / │ / │ / ─────┼─────────●────────── Prix du sous-jacent à terme │ /│ │ / │ │ / Prix fixé (F) Exemple. Une compagnie aérienne anticipe une hausse du kérosène. Elle achète des futures sur le pétrole à 80 dollars le baril pour livraison dans six mois. Si le baril monte à 100, le gain sur le contrat compense la facture alourdie ; s'il tombe à 60, la perte sur le contrat annule l'économie réalisée à la pompe. Dans les deux cas, l'entreprise a fait ce qu'elle cherchait : figer un prix, échanger l'incertitude contre la certitude. Que le sort lui soit ensuite favorable ou non est une autre question, et précisément celle que la couverture refuse de se poser. Les options : le droit sans l'obligation L'option introduit l'asymétrie. Son détenteur paie aujourd'hui un montant, la prime, pour acquérir un droit, non une obligation, d'acheter ou de vendre le sous-jacent à un prix fixé, le prix d'exercice (strike), jusqu'à une échéance donnée. Deux familles : le call confère le droit d'acheter, le put le droit de vendre. L'acheteur exerce si cela l'arrange, abandonne l'option sinon ; le vendeur, lui, encaisse la prime et subit la décision de l'autre. La conséquence est un payoff coudé, qui fait toute la singularité de l'instrument. Pour l'acheteur d'un call, la perte est plafonnée à la prime, le gain théoriquement illimité. Profit (achat d'un call) │ / │ / ─────┼────────────●────── Prix du sous-jacent │ ___________/ K (strike) │ −prime L'acheteur d'un put obtient le profil inverse : il gagne quand le sous-jacent s'effondre, ce qui en fait l'instrument d'assurance par excellence. Profit (achat d'un put) │\ │ \ │ \___________ ─────┼───●────────────── Prix du sous-jacent │ K −prime Exemple. Un investisseur détient des actions d'une entreprise dont il redoute une chute à court terme sans vouloir les vendre. Il achète un put de strike 90 pour une prime de 3. Si l'action tombe à 70, le put lui permet de vendre à 90 : la prime de 3 a fonctionné comme un contrat d'assurance, franchise comprise. Si l'action monte, il perd ses 3 et conserve son gain. L'option ne supprime pas le risque ; elle le redessine, en échange d'un coût certain payé d'avance. Les swaps : l'échange de flux Le swap est un accord par lequel deux parties échangent des flux financiers sur une période donnée, selon une formule convenue. Le cas d'école est le swap de taux : l'une verse un taux fixe, l'autre un taux variable, calculés sur un même montant notionnel qui ne change jamais de mains. Aucun actif n'est livré ; seuls circulent les écarts de flux, périodiquement. Discrets, les swaps n'en sont pas moins les plus volumineux des dérivés : les seuls dérivés de taux pesaient quelque 548 000 milliards de dollars de notionnel fin 2024, près de 80 % du marché mondial de gré à gré, selon l'ISDA. L'usage est moins spectaculaire que celui des options, et plus répandu qu'on ne le croit. Une entreprise a emprunté à taux variable et redoute une remontée des taux. Elle conclut un swap où elle paie un taux fixe et reçoit le variable : le flux variable reçu compense exactement celui qu'elle doit à sa banque, et il ne lui reste qu'un taux fixe, prévisible. Elle a transformé la nature de sa dette sans la renégocier. Les swaps de devises, de matières premières ou de défaut (credit default swaps) reposent sur le même principe : échanger un flux que l'on subit contre un flux que l'on préfère. Couverture, spéculation, arbitrage : trois usages, trois intentions Le même instrument sert trois desseins, et les confondre est l'erreur du débutant. La couverture (hedging) consiste à prendre une position dérivée de sens opposé à une exposition déjà subie, pour en neutraliser les variations. La compagnie aérienne, l'entreprise endettée à taux variable, l'investisseur acheteur de put : tous cherchent à réduire un risque qu'ils portent déjà. La spéculation prend le risque à l'endroit, en pariant sur un mouvement futur. Le levier des dérivés, soit exposer une valeur importante pour une mise réduite, y est central : il décuple les gains comme les pertes. C'est l'usage qui nourrit la mauvaise réputation de l'instrument, et c'est aussi celui qui apporte la liquidité sans laquelle le hedger ne trouverait pas de contrepartie. L'arbitrage, enfin, exploite un écart de prix entre deux marchés censés cohérents pour encaisser un profit sans risque. En théorie, ces occasions n'existent pas ; en pratique, elles apparaissent fugacement et disparaissent dès qu'on les exploite. L'arbitragiste est moins un parieur que le gardien involontaire de la cohérence des prix, la force qui referme les écarts qu'il vient de débusquer. Une porte d'entrée vers les Greeks Le payoff coudé de l'option pose une question que le profil linéaire du future ne pose jamais : de combien le prix de l'option bouge quand le monde bouge. Les Greeks sont les réponses : les sensibilités du prix d'une option à ses paramètres, chacune désignée par une lettre grecque. Le delta mesure la sensibilité au prix du sous-jacent : de combien l'option gagne quand le sous-jacent prend un euro. Le gamma mesure la sensibilité du delta lui-même, soit la courbure, ce qui rend la couverture d'une option dynamique plutôt que fixe. Le véga capte la sensibilité à la volatilité, variable cardinale puisqu'une option vaut d'autant plus que l'avenir est incertain. Le thêta chiffre l'érosion du temps : toutes choses égales, une option perd de la valeur à mesure que l'échéance approche. Le rhô, plus discret, mesure la sensibilité aux taux d'intérêt. Inutile d'en maîtriser le calcul pour saisir l'essentiel : tenir une option, ce n'est pas parier sur une direction, c'est gérer un faisceau de sensibilités qui évoluent ensemble. C'est là que la finance de marché cesse d'être une liste de contrats pour devenir un métier. Carl von Clausewitz écrivait que la théorie doit accompagner le praticien jusqu'au seuil de l'action, puis s'effacer. Il en va de même ici : les définitions ouvrent la porte, les Greeks la franchissent, et le reste s'apprend devant un book. Mais nul ne tient le book sans avoir d'abord compris qu'un dérivé n'a jamais été qu'un contrat sur le prix de demain. Le Pack Pack en Finance de Marché Les produits dérivés sont au cœur de la salle des marchés. Le Pack Premium Finance de Marché de Training You reprend chaque famille (options, futures, swaps, Greeks) avec des vidéos et questions calibrés sur les entretiens.   Aller plus loin avec Training You — Finance de Marché Le modèle de Black-Scholes, le pricing d'options et la couverture sont au cœur du Pack Premium Finance de Marché : vidéos de cours, fiches, tests d'entraînement et corrigés pour arriver prêt en entretien de trading, sales ou structuration. → Je démarre avec le Pack Premium Finance de Marché → Voir tous les cours Finance de Marché


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