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Décryptage

La fin de l’argent gratuit : comment la hausse des taux transforme la finance, le M&A et les stratégies d’investissement

Par François Thiré Lacault

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6 min de lecture

Pendant plus d’une décennie, l’argent ne coûtait quasiment rien. Entre la crise financière de 2008 et la fin de la pandémie en 2021, les grandes banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs au plancher, jusqu’à zéro, voire en territoire négatif en Europe. Le quantitative easing a injecté des milliers de milliards dans l’économie, rendant le capital abondant, fluide et extraordinairement bon marché. Dans ce contexte, le financement devenait une ressource illimitée : les start-ups levaient des sommes record pour “acheter du temps”, le Private Equity finançait des acquisitions massives à crédit, les valorisations s’envolaient dans la tech, et le marché du M&A établissait de nouveaux records.

Tout cela appartient désormais au passé. Depuis 2022, l’environnement financier a brutalement changé. En 18 mois, la Réserve fédérale américaine a remonté ses taux de 0,25% à plus de 5,25%. La BCE est passée de -0,50% à plus de 4%. Et les taux souverains ont suivi la même trajectoire. Ce n’est pas un simple cycle. C’est un tournant structurel, un changement d’ère qui redéfinit la manière dont les entreprises investissent, dont les transactions se financent et dont les investisseurs arbitrent leurs choix.

La fin d’un cycle historique

Entre 2010 et 2021, la dette coûtait presque rien. Les entreprises pouvaient se refinancer à l’infini, lever des capitaux massifs, mener des stratégies agressives de croissance externe et supporter des Business Models non rentables pendant des années. Le marché du M&A atteignait près de 6 000 milliards de dollars en 2021, un record historique, tandis que le capital-risque finançait tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une “growth story”. Des start-ups étaient valorisées à plusieurs dizaines de fois leurs revenus, sans jamais avoir généré un seul euro de bénéfice.

Cette logique reposait sur une idée implicite, mais fausse : la dette serait toujours abondante et peu chère. Ce paradigme s’est effondré. Aujourd’hui, le capital redevient rare, exigeant, sélectif. Le coût du capital est revenu au centre des décisions.

Un choc systémique pour la finance mondiale

La hausse des taux produit une série d’effets immédiats et mécaniques.

  • Le premier est évident : emprunter devient beaucoup plus cher. Une entreprise ou un fonds de Private Equity qui se finançait à 3% doit désormais payer 8 à 10%. Sur un financement de 300 millions d’euros, cela représente 15 à 20 millions d’euros de charges d’intérêt supplémentaires chaque année. Le simple coût du financement transforme la rentabilité d’une acquisition et change le calcul stratégique
  • Le deuxième effet touche le refinancement. Pendant la période d’argent gratuit, il suffisait de repousser les maturités, restructurer légèrement la dette, ou lever une nouvelle tranche à faible coût. Ce n’est plus le cas. Les entreprises surendettées sont les premières à souffrir : elles découvrent que le refinancement n’est plus automatique. Les banques deviennent plus frileuses, les conditions plus strictes, les délais plus longs. Le crédit se resserre, parfois brutalement
  • Enfin, les valorisations se corrigent mécaniquement. Dans tout modèle d’actualisation des flux (DCF), lorsque le coût du capital augmente, la valeur actuelle baisse. C’est presque mathématique. Dans la tech, des entreprises se négociaient à 15 ou 20 fois leurs revenus en 2021. En 2024, le même profil se valorise entre 5 et 8 fois. Le business n’a pas changé. Le monde financier, si

Le retour de la rigueur financière avec la hausse des taux

Lorsque l’argent n’est plus gratuit, la logique d’investissement s’inverse. Le cash-flow redevient la métrique centrale. Les directions financières ne financent plus des initiatives “au cas où” ; elles privilégient des projets dont le retour sur investissement est clair, rapide et mesurable. Les dépenses non essentielles sont gelées, les coûts fixes sont optimisés, les plans d’investissement passent au filtre du ROI, et le besoin en fonds de roulement redevient une obsession quotidienne.

Autrement dit : l’argent ne sert plus à acheter du temps, mais à préserver la solidité de l’entreprise. On ne finance plus des promesses. On finance des résultats.

Start-up et capital-risque : la sélection naturelle

Le monde des start-ups, longtemps dopé par des capitaux illimités, découvre une réalité que les industriels connaissent depuis toujours : la rentabilité compte. Les investisseurs exigent désormais une trajectoire crédible vers la profitabilité, une réduction du cash-burn, des marges brutes solides et un Business Model démontrable, pas seulement théorique. Les sociétés qui reposaient sur un financement permanent sont fragilisées ; celles qui ont un modèle robuste tirent leur épingle du jeu.

Il suffit de comparer WeWork, symbole des années d’argent gratuit, à des acteurs rentables et disciplinés comme Odoo ou Brevo. La hausse des taux impose une forme de Darwinisme financier : seuls les modèles économiquement sains survivent.

M&A : moins de volume, plus de discipline

Le marché des fusions-acquisitions, lui aussi, a changé de nature. Le financement LBO était autrefois basé sur des multiples de 6 à 7 fois l’EBITDA. Aujourd’hui, il se finance plutôt entre 4 et 5 fois, avec un coût de dette significativement plus élevé. Les acheteurs sont plus prudents, plus sélectifs, plus exigeants. Ils recherchent des entreprises résilientes, avec des marges solides, des cash-flows prévisibles et des secteurs résistants aux cycles économiques. L’heure n’est plus aux deals spectaculaires fondés sur des histoires de croissance. Il est au “deal défensif”, bâti sur la stabilité plutôt que sur le rêve.

Private Equity : la création de valeur opérationnelle revient au centre

Pendant l’ère de l’argent gratuit, l’effet de levier financier était l’outil par excellence du Private Equity. On créait de la valeur en utilisant de la dette bon marché, en refinançant plusieurs fois, et en misant sur l’expansion des multiples. Ce modèle est mort. Désormais, la performance vient de l’exécution, pas de l’ingénierie financière.

Les fonds se concentrent sur l’amélioration opérationnelle, la discipline financière, la stabilité des flux de trésorerie, la réduction des coûts, l’augmentation de la productivité et, surtout, la capacité à piloter une entreprise avec précision. C’est le retour d’un Private Equity plus “industriel”, plus proche du terrain.

Hausse des taux et marchés financiers : retour des fondamentaux

Quand les taux étaient à zéro, le marché récompensait la vision, la croissance et l’ambition, même sans bénéfices. Désormais, la finance valorise le présent. Les actions à dividendes et les valeurs dites “value” résistent mieux. Les obligations redeviennent attractives, offrant 4 à 5% de rendement sans risque. Les modèles d’actualisation, parfois ignorés pendant la vague spéculative de 2020–2021, reprennent toute leur place.

On assiste à un retour plus discipliné aux fondamentaux : coût du capital, prime de risque, arbitrage entre actions et obligations, génération de cash, et structure de capital.

Nouvelles compétences pour les dirigeants

Cette transformation impose une nouvelle culture managériale. Les dirigeants doivent comprendre les chiffres, piloter la trésorerie, maîtriser le coût du capital, anticiper les tensions de liquidité, optimiser leur structure de financement et communiquer une vision claire et crédible. La montée des taux agit comme un révélateur. Elle distingue les entreprises bien gérées de celles qui dépendaient uniquement de financements faciles.

Opportunités pour les jeunes professionnels

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce nouveau contexte est extrêmement favorable pour les jeunes talents. Les métiers qui comprennent l’économie réelle, les flux financiers, la valorisation, le M&A, le Private Equity ou l’Equity Research prennent encore plus d’importance. Les entreprises recherchent des profils capables de comprendre ce nouveau régime de taux et de prendre des décisions basées sur la rigueur analytique plutôt que sur l’instinct financier d’une époque révolue.

Désormais, savoir lire un bilan, comprendre un cash-flow, réaliser un DCF crédible et analyser un business dans un contexte de coût du capital élevé est un avantage compétitif immédiat.

Conclusion : le retour à une finance plus saine

La fin de l’argent gratuit n’est pas une crise. C’est une normalisation. Elle met fin à des excès, à des illusions, à des valorisations déconnectées du réel. Elle récompense la discipline, la rentabilité, la compréhension stratégique des chiffres et la capacité à créer de la valeur opérationnelle durable.

Pour ceux qui commencent leur carrière en finance aujourd’hui, ce n’est pas une menace : c’est une opportunité extraordinaire. La finance redevient une discipline analytique, exigeante, fondée sur le jugement, la précision et la rigueur. Training You accompagne chaque année plusieurs milliers d’étudiants et jeunes diplômés dans la préparation aux métiers les plus exigeants de la finance et du conseil. 

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Décryptage
5 raisons de travailler en M&A

Le M&A attire chaque année de nombreux étudiants et jeunes diplômés. Concrètement, le banquier M&A (« Mergers & Acquisitions ») conseille une entreprise dans le cadre d'une acquisition, fusion ou cession. Pour en savoir plus sur ce métier, n'hésitez pas à lire notre article Définition M&A qui lui est consacré. Mais pourquoi travailler en M&A ? Comment expliquer l’attractivité des grandes banques d'affaires comme Lazard, Goldman Sachs ou JP Morgan chez les étudiants et jeunes diplômés ? Dans cet article, on vous donne 5 raisons de débuter votre carrière en M&A. Raison 1 : Le M&A a une forte dimension stratégique En M&A, on intervient sur des sujets à forte valeur ajoutée. D'abord, le banquier M&A est au cœur des décisions stratégiques des entreprises. Il peut influencer sa direction future, en identifiant des opportunités de croissance, évaluant des acquisitions potentielles et recommandant des stratégies de création de valeur. Ensuite, le banquier M&A travaille à des moments clés de la vie de l'entreprise. Son quotidien est d'accompagner des dirigeants d'entreprise sur des sujets qui sont par nature en dehors de leur quotidien. En effet, ce sont des moments exceptionnels dans la vie de l'entreprise et du dirigeant. Réaliser une acquisition reste peu fréquent pour la majorité des entreprises. Céder son entreprise est presque unique. On le fait une fois (peut-être deux fois) dans sa vie. Et c'est parfois le fruit d'une vie de travail pour un entrepreneur ! Par conséquent, on saisit bien l'importance et le poids des conseils apportés par le banquier M&A dans ces moments précis. Cette capacité à façonner l'avenir des entreprises est très gratifiante sur le plan professionnel et personnel. David Salabi (fondateur de Cambon Partners) le précise bien dans le podcast Career Insights que nous avons réalisé avec lui, quand il compare ses débuts en audit et le M&A : « En terme de valeur ajoutée apportée, on est loin du conseil. Je me sentais trop loin de construire quelque chose, d'apporter quelques chose au client. On est dans le contrôle. On n'est pas dans l'apport de conseil ». Raison 2 : Le M&A expose sur des transactions complexes et variées En M&A, on a de la diversité dans son quotidien. Et la journée type n'existe pas ! D'abord, le banquier M&A intervient sur des transactions de nature très différente. Cela peut être des : Acquisitions. Il conseille un acquéreur qui veut acheter une entreprise (buy-side) Cessions. Il conseille le vendeur qui souhaite céder son entreprise (sell-side) Levées de fonds. Il conseille une entreprise qui cherche des financements Restructurations. Il conseille une entreprise qui souhaite assainir son bilan (ex : refinancement de la dette) Ensuite, le banquier M&A travaille sur des secteurs variés. En M&A, on conseille des entreprises qui évoluent dans des secteurs très différents (santé, éducation, biens de consommation, luxe, etc.). Même dans des équipes sectorisées comme TMT, cette diversité est possible : télécoms, médias, infrastructures, etc. Enfin, le banquier M&A se confronte à des problématiques diverses. Chaque client vient avec son histoire, ses objectifs et ses problèmes. En M&A, on peut travailler simultanément (car on a souvent plusieurs projets en même temps) pour un grand groupe de l'agroalimentaire qui veut acquérir l'un de ses concurrents dans un autre pays européens et la transmission capitalistique d'une PME industrielle dont le dirigeant fondateur souhaite prendre sa retraire. Ces deux projets sont très différents. Pourtant, le banquier d'affaires jonglera entre les deux pendant plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois ! Raison 3 : Le M&A est très formateur à la sortie de l'école En M&A, on apprend beaucoup ! Dans peu d'autres métiers, la courbe d'apprentissage sera aussi forte et rapide. Pourquoi ? D'abord, le banquier M&A travaille beaucoup. Les journées sont longues et intenses. Par conséquent, la progression est plus rapide. Ensuite, le banquier M&A développe des connaissances et compétences riches. Premièrement, il développe de solides connaissances financières (ex : comptabilité, analyse financière, valorisation) et non financières (stratégie d'entreprise, droit, fiscalité, économie). Deuxièmement, il acquiert une forte maîtrise de certains outils (hard skills) couramment utilisés en poste. Les deux principaux sont PowerPoint et Excel. Quelques autres sont par exemple Factset, Bloomberg ou encore Eikon Refinitiv. Troisièmement, il développe des compétences comportementales (soft skills). Quelques exemples : La rigueur dans le travail. Il faut sans cesse rechercher l'excellence La résilience. C'est utile face aux longues journées de travail ou la pression des clients La communication (en français et anglais d'ailleurs). Par exemple, sur un sell-side, le banquier d'affaires est au centre d'un écosystème. Il parle à la fois à son client, aux acquéreurs potentiels et aux autres conseils (avocats, consultants, auditeurs, etc.). Raison 4 : Le M&A offre de nombreuses perspectives d'évolution Le M&A est une excellente porte d’entrée vers d’autres secteurs. La majorité des banquiers M&A exercent le métier sur une période relativement courte. Certains resteront et graviront les différents grades : Analyste, Associate, VP, Director et Managing Director. Beaucoup partiront après quelques années. Et parmi les évolutions classiques après une première expérience dans une banque d'affaires, on recense : Les fonds de Private Equity. C'est un exit très répandu du banquier M&A. On passe en buy-side, en rejoignant un fonds d'investissement Les Corporates. C'est un exit assez courant aussi. Le banquier M&A va travailler dans une entreprise après avoir acquis une expertise sectorielle pendant ses années en banques d'affaires ou travaillé avec cette entreprise sur un mandat Les start-ups. C'est de plus en plus fréquent. Les banquiers peuvent fonder leur propre entreprise (c'est d'ailleurs l'histoire de Training You) ou rejoindre une start-up (sur des postes de Chief of Staff ou CFO) Les banques d'affaires. Le banquier peut travailler dans d'autres métiers que le M&A De manière générale, la banque d’affaires reste un excellent moyen d’augmenter rapidement son réseau professionnel. Le carnet d’adresses constitué est utile. Et puis, le M&A peut ouvrir toutes les portes ! Le président Macron n'est-il pas un ancien banquier de Rothschild & Co ? Raison 5 : Le M&A garantit un bon salaire En M&A, on est bien payé ! Attention, cet argument n'est pas celui à mettre en avant pendant l'entretien. Le banquier M&A travaille beaucoup, mais il est bien payé. D'ailleurs, depuis quelques années, les banques d'affaires ont même augmenté les salaires d'entrée de leurs juniors. Cette tendance inflationniste a pour objectifs de continuer à attirer les meilleurs talents et fidéliser les juniors. Concrètement, combien gagne un banquier M&A ? La rémunération dépend évidemment de la banque. En moyenne : Grandes banques internationales et boutiques d'élite : Entre 70k€ et 100k€ pour le fixe (environ 50% de plus en bonus) Grandes banques françaises : Entre 70k€ et 90k€ pour le fixe (environ 30% de plus en bonus) Boutiques Small et Mid Cap :  Entre 50k€ et 70k€ pour le fixe (environ 20% de plus en bonus) Les primes de performance (bonus) sont évidemment basées sur la performance globale de la banque et parfois le succès des transactions sur lesquelles les juniors ont travaillé. Vous voulez travailler en M&A ? Le M&A vous attire ? Les banques d'affaires recrutent chaque année de nombreux stagiaires et CDI. Mais attention, les process de recrutement sont très sélectifs. Ils exigent à la fois une vraie compréhension du métier et de solides connaissances financières. Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A. Fondée par deux anciens banquiers de Lazard, elle contient tout ce qu'il faut savoir pour décrocher une offre ! 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Par Guillaume Pommier

5 min de lecture

Décryptage
5 raisons de travailler en Private Equity

De nombreux étudiants souhaitent travailler en Private Equity. Avant de mentionner les principaux arguments qui motivent les étudiants, il est utile de rappeler ce qu’est le Private Equity. Concrètement, le fonds de Private Equity a 4 activités principales : Recherche de financement auprès d’investisseurs particuliers et institutionnels pour constituer des véhicules d’investissement. Ces investisseurs sont les souscripteurs ou les « LPs » du fonds Investissement de cet argent dans des entreprises généralement non cotées qui correspondent à différents critères d’investissement (secteur, croissance, rentabilité, etc.) Gestion des entreprises rachetées qui font partie du portefeuille du fonds d’investissement. Pendant cette période, il s’appuie sur le management de l’entreprise qui doit créer le maximum de valeur Revente des différentes participations et distribution de l’argent aux investisseurs avec au passage une plus-value confortable en cas de succès dans les investissements Pour plus d'informations sur les activités principales, vous retrouverez le replay du webinaire d'un investment manager chez Ardian qui vous explique pourquoi travailler en Private Equity. Dans cet article, nous vous donnons 5 raisons de travailler en Private Equity : Raison #1 pour travailler en Private Equity : Agir dans l'économie réelle Les fonds de Private Equity participent à la croissance des entreprises en leur donnant les moyens financiers et relationnels d’accélérer leur développement. En effet, le fonds veut maximiser la valeur de son investissement. Pour faire cela, il faut faire grandir l’entreprise en portefeuille ou augmenter sa rentabilité. L’argent investi par le fonds de Private Equity permet le plus souvent d’accélérer le développement de l’entreprise : Recruter. Cela a un impact positif sur l’emploi dans la région Mener des acquisitions dans le secteur. Cela participe au dynamisme de l’économie dans la région Investir dans de nouvelles technologies ou brevets. Cela contribue à la croissance du pays Par conséquent, le fonds de Private Equity participe à la croissance des entreprises et au développement de l’économie d’une région grâce à ses investissements. Par exemple, le fonds Eurazeo PME a acquis en 2021 une participation majoritaire dans Groupe Premium auprès de Montefiore Investment. L’entreprise se spécialise dans les produits d’épargne retraite, les assurances vie et la prévoyance. Grâce à ce nouvel LBO, Groupe Premium va poursuivre sa croissance : expansion du réseau, maillage territorial, buy and build, digitalisation, engagement en matière d’ESG. Sans les tickets investis par les fonds d’investissement, la cible ne pourrait pas se développer de manière aussi efficace et rapide. Si vous souhaitez aller plus loin en matière d'ESG, vous pouvez retrouver un webinaire avec 2 professionnels chez Bpifrance et Apax. Il explique comment les fonds intègrent les critères ESG dans leurs investissements. Raison #2 pour travailler en Private Equity : Être au plus près des dirigeants d'entreprise Au-delà du financement de l’économie réelle, le fonds de Private Equity a un rôle clé dans l’accompagnement des dirigeants d’entreprises. Par rapport à une boutique M&A qui conseille le dirigeant pendant une période relativement courte correspondant à la durée du process d’achat ou de cession, le fonds d’investissement suit le développement de l’entreprise pendant toute la période où elle est dans son portefeuille. Et cette durée est approximativement de 4 à 5 ans dans la majorité des cas. Précisément, de belles histoires ont pu voir le jour grâce au Private Equity. On peut par exemple citer Alliance Etiquettes, une PME française qui réalise des impressions d’étiquettes premium. Le fonds Activa Capital a acquis une participation majoritaire dans l’entreprise en 2015 et a accompagné le fondateur dans son développement. En 2021, il a cédé sa participation dans le cadre d’un MBO organisé par Chequers Capital. A l’occasion de cette opération, le fondateur et CEO de l’entreprise Olivier Laulan a mentionné « Je suis très fier du chemin parcouru avec Activa Capital. L’arrivée de Chequers Capital donnera à Alliance Etiquettes les moyens de son ambition : la poursuite de son projet de croissance et de consolidation en France et en Europe ». Pour rappel, depuis l’entrée d’Activa Capital en 2015, le chiffre d'affaires et l'EBITDA de l’entreprise ont été multipliés respectivement par plus de 8 et 7 fois. Raison #3 pour travailler en Private Equity : Développer ses connaissances techniques Le Private Equity est un métier très technique où le junior peut beaucoup apprendre. Ce n’est pas pour rien que les fonds d’investissement recrutent souvent des professionnels qui ont déjà une première expérience : M&A, Conseil en stratégie, Transaction Services, Leveraged Finance ou Venture Capital. Vous souhaitez vous tourner vers le Private Equity mais il vous paraît judicieux de décrocher un stage en amont dans ces domaines ? Réussissez vos entretiens avec notre formation en ligne complète par deux anciens banquiers de Lazard. Vous retrouverez de nombreux cours en ligne pour devenir un as en Private Equity mais également en Conseil en stratégie, Transaction Services, Leveraged Finance, Venture Capital et bien d'autres. Modéliser sur Excel D’abord, les juniors utilisent couramment Excel pour faire de la modélisation financière. En effet, le fonds doit souvent construire un Business Plan détaillé de la cible et faire une valorisation pour négocier les conditions d’entrée. Le plus souvent, le fonds de Private Equity déduit le prix d’acquisition en fonction d’un TRI cible et d’un certain niveau d’endettement qu’il peut utiliser pour financer l’opération. De plus, il faut modéliser le LBO pour faire des analyses de sensibilités selon les différentes hypothèses utilisées : levier financier, taux d’intérêt, remboursement de la dette ou encore le TRI ciblé par le fonds pour cette opération. Enfin, il faut suivre de manière très précise les principaux indicateurs de la cible pendant sa durée dans le portefeuille du fonds. Il est d'ailleurs possible pour vous de tout connaître de la modélisation financière avec Excel que ce soit pour votre première mission de stage en corporate finance mais également pour vos process de recrutement. Apprendre sur un secteur Ensuite, les juniors peuvent acquérir de solides connaissances sur un secteur en particulier, surtout si le fonds d’investissement a développé une expertise sectorielle. C’est par exemple le cas de Antin dans le secteur Infrastructure ou BlackFin pour les services financiers. C’est donc très important de bien connaitre le marché dans lequel le fonds investit. Par exemple, on peut demander à des candidats de réaliser des Market Sizings en entretien. Ce sont des questions souvent posées lors des entretiens en Conseil en Stratégie, mais bien plus rares en Corporate Finance. Pour vous entraîner aux Market Sizings, il est possible pour vous de rejoindre Training You et de suivre le cours Market Sizings pour comprendre toute la méthodologie ainsi que de bénéficier d'exemples corrigés. Egalement, vous profiterez d'études de cas Market Sizings corrigées sur la plateforme en ligne. Raison #4 pour travailler en Private Equity : Gagner un bon salaire Ce n’est pas une réelle surprise. Au même titre que les salaires en M&A, les professionnels du Private Equity gagnent bien leur vie. Et pour beaucoup d’étudiants, le salaire à la sortie de l’école représente une dimension importante de leur choix de carrière. Bien sûr, cela ne doit pas être la seule raison de rejoindre un fonds d’investissement. Mais c’est toujours un plus, surtout quand on travaille de longues heures. Concrètement, la rémunération dans un fonds d’investissement se compose de 3 parties : D’abord, le professionnel reçoit un salaire fixe Ensuite, il touche un bonus qui dépend de la performance globale du fonds de Private Equity sur l’année et de sa performance individuelle. Ici, on note que les bonus sont équivalents ou légèrement inférieurs à ceux que l’on peut percevoir en banque d’investissement Enfin, la partie la plus intéressante est le « carried interest ». Il correspond à une partie de la plus-value réalisée sur les investissements de l’année. Cependant, seuls les professionnels seniors reçoivent le « carried interest ». Et les juniors ne sont généralement pas invités à la table ! Ces salaires peuvent paraître impressionnants mais il faut préciser plusieurs points. D’abord, les données proviennent des fonds les plus importants. Dans certains fonds d’investissement plus petits, les salaires restent moins élevés. Mais l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle y est davantage respecté. Ensuite, les rémunérations dépendent de la performance annuelle du fonds d’investissement. Si le fonds ne performe pas, les parts variables de la rémunération sont plus faibles. Raison #5 pour travailler en Private Equity : Avoir des perspectives d'évolution Un début de carrière en Private Equity offre de fortes perspectives d’évolution. Les possibilités de sortie après quelques années au sein d’un fonds d’investissement sont nombreuses. D’abord, les professionnels peuvent être recrutés par des entreprises qui ont fait partie du portefeuille du fonds. Ils connaissent déjà bien le secteur et la société. Ils peuvent donc postuler à des postes de CFO ou en Business Development Ensuite, les professionnels peuvent créer leur propre entreprise De plus, ils peuvent rejoindre un autre fonds d’investissement qui travaille sur des marchés différents. Ex : fonds spéculatif, fonds de VC ou Family Office Enfin, certains professionnels sont recrutés par des cabinets de Conseil en Stratégie comme BCG, McKinsey ou Bain. En effet, ils ont acquis une forte expertise sectorielle après plusieurs années au sein d’un fonds d’investissement sectorisé Pour aller plus loin, retrouvez notre épisode de "Choose Your Career" avec Pauline François-Poncet (ex-Goldman Sachs), Investment Director chez MBO+, un fonds Private Equity dédié aux PME et ETI françaises:  Comment décrocher un stage en Private Equity ? Si vous n'étiez pas encore convaincu par les métiers en finance d'entreprise, postulez maintenant en Private Equity ! Mais attention, cette voie demande un soin particulier quant aux process de recrutement. Pour y arriver, une préparation optimale est requise. Training You est votre solution. Première plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Corporate Finance, vous aurez accès à +60 heures de formation : vidéos sur les concepts techniques à maîtriser dont un cours sur le Private Equity, des exercices et cas pratiques d’entraînement, des fiches sur les entreprises et des podcasts exclusifs avec des professionnels. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Karim Maaizate

7 min de lecture

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Audit : tout comprendre sur ce métier clé en finance d’entreprise

L’audit est un passage incontournable pour de nombreux étudiants qui débutent leur carrière en finance. Ce métier exigeant, rigoureux et formateur permet d’acquérir rapidement une vision globale du fonctionnement d’une entreprise, tout en développant des compétences clés en analyse financière. Dans cet article, on vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le métier d’auditeur : missions, débouchés, rémunération et raisons pour lesquelles il représente un excellent tremplin vers d’autres carrières. Qu’est-ce que l’audit ? L’audit désigne l’ensemble des procédures visant à contrôler la régularité et la sincérité des comptes d’une entreprise. Il existe plusieurs types d’audit, mais deux se distinguent : L’audit externe ou audit financier : Il est réalisé par des cabinets indépendants (PwC, EY, Deloitte, KPMG, Mazars, etc.) pour certifier les comptes annuels L’audit interne : Il est mené directement par des équipes intégrées dans l’entreprise pour améliorer les processus internes et la gestion des risques L’objectif d’un auditeur est donc double : vérifier la fiabilité des informations financières publiées par l’entreprise et formuler des recommandations pour renforcer les contrôles internes.   Quelles sont les missions concrètes d’un auditeur ? Le quotidien d’un auditeur est rythmé par des missions de revue et d’analyse : Vérification des états financiers : analyse du bilan, du compte de résultat et des flux de trésorerie Tests d’audit : circularisations (confirmation auprès de tiers), vérification de pièces justificatives, revue des contrats, contrôle des calculs de provisions ou d’amortissements Evaluation du contrôle interne : compréhension des processus comptables, évaluation des risques, recommandations d’amélioration Interactions avec les clients : échanges avec les directions comptables et financières, rédaction de rapports pour les commissaires aux comptes Exemple concret : une mission chez un grand distributeur consistera à vérifier les stocks en entrepôt, tester les procédures d’achat et contrôler la valorisation des remises fournisseurs.   Comment devenir auditeur ? La majorité des auditeurs débutent après un parcours en école de commerce, en école d’ingénieur avec spécialisation finance ou après un master universitaire en comptabilité ou audit (CCA, DSCG). Les recruteurs recherchent plusieurs éléments : Compétences techniques : maîtrise des normes comptables (IFRS, French GAAP), Excel, lecture des états financiers Qualités humaines : rigueur, esprit critique, sens du détail, capacité à travailler en équipe Langues : un bon niveau d’anglais est souvent nécessaire, surtout pour les missions en environnement international Les recrutements se font majoritairement via des stages de césure, de fin d’études ou des programmes jeunes diplômés.   A quoi ressemble le quotidien d’un auditeur ? Le rythme en audit est intensif, notamment de janvier à avril, période des clôtures comptables. Une mission dure généralement entre 2 à 6 semaines. L’auditeur travaille souvent chez le client, ce qui implique mobilité et adaptation rapide. Le travail est majoritairement en équipe, avec un manager ou un senior en supervision. La journée type alterne entre analyses de données, réunions avec le client, vérifications d’éléments comptables et rédaction de mémos d’audit. Exemple : une semaine d’un auditeur chez une entreprise du CAC 40 peut inclure une visite d’entrepôt, des entretiens avec les contrôleurs de gestion, des tests sur les stocks et la préparation du rapport d’audit à transmettre aux CAC. Quels débouchés après l’audit ? L’audit est considéré comme une formation accélérée à la compréhension des entreprises. Après 2 à 3 ans, de nombreux auditeurs choisissent de faire évoluer leur carrière : Rester en cabinet : devenir senior, manager, puis associé Rejoindre le monde du deal : intégrer les équipes Transaction Services, Restructuring ou Corporate Finance (avec le M&A) du cabinet Basculer en entreprise : contrôle de gestion, consolidation, direction financière Changer de secteur : certains rejoignent le conseil en stratégie ou des fonds d’investissement Le passage par un Big Four est hautement valorisé par les recruteurs, qui y voient un gage de rigueur et de fiabilité. Plus généralement, l’audit est une excellente porte d’entrée en finance. En effet, il vous met au cœur de l’entreprise. Vous accédez à toutes les informations comptables. Vous dialoguez avec les DAF. Et vous comprenez la logique des décisions financières. C’est donc un métier idéal pour apprendre vite dans un environnement structuré, voir plusieurs secteurs d’activité en quelques mois, se construire un réseau et développer une rigueur et une méthodologie solides. Nombreux sont ceux qui, après deux saisons d’audit, rejoignent les métiers les plus prisés du monde financier.   Combien gagne un auditeur en début de carrière ? En France, un auditeur junior en Big Four perçoit en général entre 38 000® et 43 000€ brut par an, avec des variations selon le cabinet, la ville et la performance individuelle. Des primes variables peuvent s’ajouter, notamment en période de forte activité. Après deux ou trois ans, le salaire peut grimper entre 50 000€ et 65 000€ brut/an. Et encore davantage pour ceux qui passent en Transaction Services ou Corporate Finance. Comparé à d’autres métiers de la finance, l’audit est moins bien rémunéré au départ, mais il offre une courbe d’apprentissage rapide et une forte employabilité. Pour aller plus loin, regardez notre épisode de "Career Insights" avec Patrick Vincent-Genod, Partner auditeur chez EY:  Se former avec Training You : la meilleure stratégie pour réussir Chez Training You, nous avons conçu une formation spécifique pour aider les étudiants à réussir leurs entretiens en Corporate Finance. Cette formation inclut plusieurs cours dédis à la comptabilité et l’audit. Notre promesse : une pédagogie claire, concrète et opérationnelle, appuyée par l’expérience de professionnels issus des plus grands cabinets. Pourquoi choisir Training You ? Qualité inégalée : cours réalisés par des experts du secteur, avec une vulgarisation soignée et des explications claires Accessibilité totale Résultats concrets : taux de réussite supérieur à 90% pour les étudiants ayant suivi le programme jusqu’au bout   Découvrir nos formations en Corporate Finance


Par Training You

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