« Où est le CAC 40 ce matin ? » Dans un entretien Sales & Trading, cette question peut tomber dès la première minute, avant même la fin de votre présentation. Elle dit tout de l'exercice : le recruteur ne cherche pas seulement un candidat qui connaît la formule de Black & Scholes, mais quelqu'un qui suit les marchés au quotidien, raisonne vite et reste clair sous pression. Les questions d'entretien Sales & Trading se répartissent en quatre familles : les questions de marché (actualité, macro, lecture des signaux), les questions techniques (forwards, grecques, volatilité, devises, crédit, produits structurés), les brainteasers (probabilités, logique, calcul mental) et les questions de fit (motivation, choix du desk). Leur poids varie selon le poste visé, mais ces quatre blocs structurent la grande majorité des process en Sales, Trading et Structuring. Dans cet article, nous avons sélectionné les 10 questions les plus posées, avec pour chacune la réponse attendue et les pièges à éviter. Neuf d'entre elles sont extraites telles quelles des modules du Pack Premium Finance de Marché, avec les réponses enseignées par nos intervenants, professionnels des marchés en poste : un aperçu concret de ce qui vous attend en entretien. Comment se déroule un entretien Sales & Trading ? Un process en finance de marché enchaîne généralement un test en ligne, un ou deux entretiens avec les RH et des opérationnels, puis un tour final face à plusieurs membres du desk. Pour un Summer Internship à Londres, ce tour final prend souvent la forme d'un assessment centre ou d'un superday : plusieurs entretiens successifs dans la même journée, parfois avec une mise en situation de vente ou de trading. À chaque étape, les questions relèvent de l'une des quatre familles ci-dessous. Leur poids dépend du poste : un futur trader sera davantage testé sur le pricing et les brainteasers, un futur sales sur la lecture des marchés et la pédagogie face au client, un futur structureur sur les options et les produits structurés. Famille de questions Ce que le recruteur teste Exemple typique Questions de marché Votre suivi de l'actualité et votre capacité à relier un événement macro à son impact sur les actifs « Pourquoi l'élargissement des spreads de crédit inquiète-t-il les investisseurs ? » Questions techniques La maîtrise des produits : forwards, options, volatilité, devises, crédit « Comment détermine-t-on le strike d'un forward à l'initiation ? » Brainteasers Logique, probabilités, calcul mental sous pression « Quelle est la probabilité qu'au moins un invité retrouve son manteau ? » Questions de fit Motivation, connaissance du métier, cohérence du parcours « Pourquoi le trading plutôt que le structuring ? » Pour mieux cerner les attentes propres à chaque poste, consultez nos fiches métier : comment devenir trader, le métier de sales en finance de marché et le métier de structureur. Questions de marché : lire les signaux comme un professionnel Les questions de marché vérifient que vous comprenez pourquoi les actifs bougent, pas seulement où ils en sont. Elles sont souvent précédées d'un « Où est le CAC 40 ? », auquel nous consacrons une méthode dans la partie préparation. Question 1 : « Pourquoi l'élargissement des spreads de crédit inquiète-t-il les investisseurs ? » Question extraite du module Actu & Macro : Impacts sur les marchés financiers. Commencez par la définition. Le spread de crédit est la prime de rendement que le marché exige pour prêter à un émetteur risqué plutôt qu'à l'État : c'est l'écart de rendement entre une obligation d'entreprise et une obligation d'État de même maturité. Exemple : si l'OAT à 5 ans rapporte 3 % et qu'une obligation d'entreprise notée BBB à 5 ans rapporte 5 %, le spread est de 200 points de base. Il rémunère le risque de défaut, une liquidité moindre et le risque de dégradation macroéconomique. Montrez ensuite comment un élargissement se propage, à trois niveaux : Marché obligataire : c'est là que tout commence. Les investisseurs vendent les obligations d'entreprise et achètent des obligations d'État : les rendements corporate montent, les rendements souverains baissent, et l'écart se creuse mécaniquement. C'est le flight to quality. Sur le segment high yield, les spreads peuvent passer de 300 à 800 points de base en quelques semaines. Marché actions : un financement plus cher comprime les marges, surtout des sociétés endettées. Les secteurs cycliques (industrie, consommation discrétionnaire, finance) corrigent en premier, les défensifs (santé, télécoms, utilities) résistent mieux, et la volatilité monte car les investisseurs achètent de la protection. Reste du système : le crédit finance l'économie réelle. Quand il se tend, les entreprises investissent moins, les banques prêtent moins et la courbe des taux s'aplatit, voire s'inverse, signe d'une récession anticipée. Concluez sur l'idée clé : un élargissement durable des spreads est un thermomètre de la confiance. Plus il dure, plus le marché anticipe un ralentissement prolongé. Gardez ce raisonnement en tête : la question 7 en donne la traduction chiffrée sur le P&L d'un desk de crédit. Question 2 : « Pourquoi actions et obligations peuvent-elles baisser en même temps ? » Question extraite du module Actu & Macro : Impacts sur les marchés financiers. Pendant des décennies, les obligations ont joué le rôle d'amortisseur quand les actions corrigeaient. 2022 a brisé cette règle : les actions américaines ont reculé de près de 20 % et les obligations du Trésor américain ont connu leur pire année depuis plus de 40 ans. Trois mécanismes expliquent cette baisse simultanée : L'inflation érode la valeur réelle des flux futurs. Un coupon de 2 % quand les prix montent de 8 % donne un rendement réel négatif ; côté actions, les coûts montent et les marges se compriment. En 2022, l'inflation a dépassé 10 % en zone euro et 9 % aux États-Unis au plus haut. La hausse rapide des taux frappe tout ce qui est valorisé par actualisation. Une obligation à 2 % perd de sa valeur quand les nouvelles émissions rapportent 4 %, et les actions de croissance (tech, luxe), dont la valeur dépend de profits lointains, sont les plus touchées. La fuite vers le cash : en cas d'incertitude extrême, les investisseurs vendent tout pour retrouver de la liquidité, au profit des fonds monétaires et des bons du Trésor à court terme. La réponse qui fait la différence montre que la corrélation actions-obligations dépend du régime macroéconomique : Régime macro Actions Obligations Corrélation Inflation modérée, croissance stable (fin des années 1990 à la pandémie) Baissent quand l'économie ralentit Montent, car les taux baissent Négative Inflation forte et hausse des taux (2022) Baissent Baissent Positive Récession avec reflux de l'inflation Baissent au début Montent, car les banques centrales baissent les taux Négative Ce n'est pas un dysfonctionnement du marché, mais la conséquence logique d'un même choc sur les deux classes d'actifs. Dans ces phases, les gérants doivent repenser leur diversification : actifs réels comme l'or ou l'infrastructure, ou stratégies non directionnelles. Questions techniques en entretien de trading : forwards, grecques et volatilité Question 3 : « Comment déterminer la valeur du strike K à l'initiation d'un contrat forward ou future ? » Question extraite du module Forwards et Futures. La réponse repose sur l'absence d'opportunité d'arbitrage (AOA) : si deux portefeuilles ont la même valeur à la date T, ils doivent avoir la même valeur aujourd'hui. Comparez donc deux stratégies : Stratégie Valeur en t = 0 Valeur à maturité T 1 : achat d'un forward de strike K 0 (un forward ne coûte rien à l'initiation) ST − K 2 : achat du sous-jacent et emprunt de K × e−rT S0 − K × e−rT ST − K (l'emprunt a capitalisé les intérêts) Les deux stratégies valent ST − K à maturité, donc elles ont la même valeur aujourd'hui : 0 = S0 − K × e−rT. On en déduit le strike : K = S0 × erT Exemple : pour une action à 100 €, un taux de 3 % et une maturité d'un an, le strike vaut environ 103,05 €. Attendez-vous à la relance, traitée dans les vidéos suivantes du module : que se passe-t-il si l'action verse un dividende ou se prête sur le marché du repo ? Le strike devient S0 × e(r − q − repo)T : une hausse des taux le fait monter, une hausse du dividende ou du repo le fait baisser. Question 4 : « Pourquoi dit-on que le delta d'un call ATMF est 0,5 ? » Question extraite du module Grecques. Le delta d'un call vaut N(d1) dans le modèle de Black & Scholes. Une option at the money forward (ATMF) a un strike égal au forward : K = S × erT. En remplaçant K dans la formule de d1, le terme en logarithme disparaît et il reste : d1 = ½ σ√T d1 est donc légèrement positif, et le delta légèrement supérieur à 0,5. L'approximation est d'autant meilleure que σ√T est petit, c'est-à-dire que la volatilité est faible ou la maturité courte. Avec une volatilité de 20 % et une maturité de 3 mois, le delta vaut environ 0,52 ; avec 40 % de volatilité et 5 ans de maturité, il monte à environ 0,67. Le piège à connaître : si le sous-jacent verse un dividende, le delta devient e−qT × N(d1) et peut passer sous 0,5. En FX, le taux de la devise étrangère joue le même rôle. En entretien, « environ 0,5 » est une réponse recevable, à condition de savoir dire quand elle cesse d'être vraie. La relance classique, également traitée dans le module : « Quelle est la relation entre le gamma et le theta ? » Un acheteur d'options est long gamma (son delta évolue en sa faveur quand le marché bouge) mais short theta (il perd de la valeur temps chaque jour). Pour une position couverte en delta, et en négligeant les taux, Black & Scholes relie directement les deux : Θ ≈ −½ σ² S² Γ Autrement dit, le theta est le prix payé chaque jour pour détenir du gamma. La position est gagnante si la volatilité réalisée dépasse la volatilité implicite payée à l'achat. Question 5 : « Qu'est-ce que le skew en volatilité implicite ? » Question extraite du module Volatilité. Le skew décrit comment la volatilité implicite varie selon le strike, pour une maturité donnée. Black & Scholes suppose une volatilité constante ; en pratique, le marché attribue des volatilités différentes selon la zone du payoff, car les risques ne sont pas symétriques. Le skew est donc une information de prix : il indique quelle direction le marché craint le plus. Skew négatif : la volatilité des puts hors de la monnaie dépasse celle des calls hors de la monnaie. C'est la norme sur les indices actions, pour deux raisons : les baisses sont plus brutales que les hausses, et les fonds de pension, assureurs et gérants achètent structurellement de la protection pour respecter leurs contraintes de risque. Skew positif : les calls hors de la monnaie sont plus chers, car le marché craint une hausse violente. On l'observe en change (intervention de banque centrale, fin d'un ancrage), sur les matières premières (choc d'offre) ou lors d'un short squeeze. Skew plat : le risque est perçu comme symétrique, proche de l'hypothèse de Black & Scholes. Pour aller plus loin, distinguez indice et action individuelle. En crise, les corrélations entre actions tendent vers 1 et la diversification disparaît : le skew d'un indice est donc fortement négatif. Sur une action seule, le risque est surtout idiosyncratique (résultats, acquisition, innovation) et peut surprendre dans les deux sens : le skew est moins marqué et prend souvent la forme d'un smile. Enfin, montrez que vous savez l'utiliser : un skew marqué rend les puts chers et les calls bon marché, ce qui favorise les put spreads, les risk reversals ou les collars. Questions techniques avancées : devises, crédit et produits structurés Question 6 : « Comment déterminer le taux de change A/C sachant que A/B et B/C sont connus ? » Question extraite du module Devises. Une paire A/B vaut K signifie qu'une unité de A vaut K unités de B. Si B/C vaut G, une unité de B vaut G unités de C, donc une unité de A vaut K × G unités de C : A/C = A/B × B/C. Premier exemple : avec un EUR/USD à 1,12 et un USD/JPY à 143, un euro vaut 1,12 × 143 = 160,16 yens. L'EUR/JPY vaut donc 160,16. Second exemple, plus piégeux : avec un GBP/USD à 1,27 et un EUR/USD à 1,12, une livre vaut 1,27 dollar, et un dollar vaut 1 / 1,12 euro. Une livre vaut donc 1,27 / 1,12 ≈ 1,134 euro. Ici, il faut diviser et non multiplier. C'est tout l'enjeu de ces exercices : savoir quand multiplier et quand diviser selon le sens de la conversion, de la devise de base vers la devise de cotation ou l'inverse. Bonus apprécié en entretien : rappeler que le marché cote la paire dans l'autre sens, en EUR/GBP, soit environ 1 / 1,134 ≈ 0,882. Question 7 : « Comment interpréter une variation de 50 bps de spread sur le P&L ? » Question extraite du module Credit Default Swap. C'est la traduction chiffrée de la question 1. L'outil clé est le CS01 (Credit Spread 01), l'équivalent du DV01 pour les CDS : la variation de valeur d'une position pour un point de base de spread. CS01 ≈ Notionnel × Duration crédit × 0,0001 Exemple : un CDS 5 ans de 10 M€ de notionnel. Sa duration crédit est d'environ 4 à 4,5 ans, un peu inférieure à la maturité car le défaut peut survenir avant l'échéance. Avec 4,2 ans, le CS01 vaut 10 000 000 × 4,2 × 0,0001 = 4 200 € par point de base. Si le spread passe de 200 à 250 pb, la variation de P&L est de 50 × 4 200 = 210 000 € : l'acheteur de protection gagne 210 000 €, car le CDS qu'il détient vaut plus cher ; le vendeur de protection perd 210 000 €. Interprétation économique : avec un taux de recouvrement de 40 %, une hausse de 50 pb correspond à une probabilité de défaut annuelle en hausse d'environ 0,8 % (0,50 % / 60 %). Sur 100 M€ de notionnel, l'impact dépasse 2 M€ : c'est pourquoi les desks suivent leur CS01 net en temps réel. Pour une réponse complète, précisez que la duration crédit n'est pas constante : elle diminue quand le spread monte, donc le calcul linéaire reste une approximation. Question 8 : « Pourquoi un Autocall perd-il de la valeur malgré la hausse du sous-jacent ? » Question extraite du module Produits structurés. Cette question met le candidat dans la peau d'un sales en produits structurés face à un client mécontent. La valeur de marché (mark-to-market) d'un Autocall ne dépend pas que du niveau du sous-jacent : elle dépend aussi de sa position par rapport aux barrières, de la volatilité implicite, du temps restant, des taux et des dividendes attendus. Une hausse du sous-jacent combinée à une hausse de la volatilité peut donc faire baisser le produit. L'explication attendue, en langage client : votre produit combine une obligation et des options que vous avez vendues. Quand la volatilité monte, ces options valent plus cher, ce qui réduit mécaniquement la valeur de votre produit. Deux analogies aident à faire passer le message : l'assurance : si le risque d'accident augmente, l'assureur réévalue ses engagements à la hausse ; la machine à scénarios : la valeur de l'Autocall dépend de la probabilité de chaque scénario. Plus de volatilité, c'est plus de poids sur les scénarios défavorables, même si le sous-jacent a légèrement monté. Ajoutez l'effet du temps : sans rappel anticipé, le produit perd de sa valeur optionnelle à l'approche de la maturité. Enfin, gérez les attentes : un Autocall est un produit de portage, conçu pour être détenu jusqu'au rappel ou à l'échéance. Le recruteur évalue ici autant votre pédagogie que votre technique : être juste sur le fond, honnête sur les risques, et rassurant sur la logique du produit. Brainteasers en entretien de trading : la question qui fait la différence Question 9 : « Les manteaux : quelle est la probabilité qu'au moins une personne retrouve son propre manteau par pur hasard ? » Question extraite du module Brainteasers. L'énoncé : un très grand nombre N de personnes assistent à un congrès et déposent leur manteau au vestiaire. En fin de soirée, les invités, un peu trop ivres, récupèrent les manteaux au hasard. Quelle est la probabilité qu'au moins une personne retrouve le sien ? La clé est de traduire l'énoncé en langage mathématique. La répartition des manteaux est une permutation aléatoire de N éléments, et la question revient à demander la probabilité qu'elle possède au moins un point fixe. Le cas complémentaire, où personne ne récupère son manteau, s'appelle un dérangement. Pour N grand, la probabilité d'un dérangement tend vers 1/e. On obtient donc : P(au moins un point fixe) → 1 − 1/e ≈ 0,632 Pour N très grand, la probabilité qu'au moins une personne retrouve son manteau est d'environ 63,2 %. Ce qui surprend le plus les candidats : le résultat ne dépend pratiquement pas de N. Avec 10 invités comme avec 10 000, on obtient déjà environ 63,2 %, car la convergence est très rapide. Quel que soit l'énoncé, la méthode compte autant que le résultat : Reformulez la question pour vérifier que vous l'avez bien comprise. Traduisez-la dans un cadre connu : ici, permutations et passage au complémentaire. Raisonnez à voix haute : le recruteur évalue votre chemin, pas seulement le chiffre final. Vérifiez l'ordre de grandeur et corrigez-vous calmement en cas d'erreur. Le module Brainteasers, conçu par Augustin Potier (Sales & Trading chez Barclays à Londres), classe les énigmes par catégorie et par niveau de difficulté, et inclut trois vidéos de calcul mental pour gagner en vitesse. Question de fit en Sales & Trading : convaincre sur votre motivation Question 10 : « Sales, trading ou structuring : pourquoi ce desk en particulier ? » Cette question teste votre connaissance des métiers et la cohérence de votre projet. Le recruteur veut vérifier que votre choix est réfléchi, pas un plan B. Commencez par montrer que vous savez ce que fait chaque fonction : Métier Rôle sur le desk Qualités mises en avant Sales Relation avec les clients institutionnels (fonds, assureurs, trésoriers), idées de trade, pédagogie sur les produits Communication, sens commercial, lecture rapide des marchés Trader Gestion du risque et du P&L du book, pricing des demandes clients Rigueur quantitative, sang-froid, prise de décision rapide Structureur Conception de solutions sur mesure combinant obligations, options et autres dérivés Créativité technique, maîtrise des payoffs, pédagogie Expliquez ensuite pourquoi le poste visé correspond à votre profil, en trois temps : Ce qui vous attire dans le quotidien du métier, par exemple la décision en temps réel pour un trader, ou l'échange avec le client pour un sales. Une preuve concrète tirée de votre parcours : cours de dérivés, club d'investissement, stage précédent, suivi personnel des marchés. Un lien avec le desk : citez un produit traité par ce desk (Equity Derivatives, Rates, FX, Credit) et une tendance récente qui le concerne. Attendez-vous à la relance « Quel est le dernier article de marché que vous avez lu ? ». Préparez-en un, récent, que vous savez résumer en trente secondes avec votre propre analyse. Pour approfondir les réalités de chaque métier, écoutez les témoignages de professionnels dans notre podcast Career Insights. Pourquoi la préparation est décisive en entretien Sales & Trading Les desks de marché recrutent peu de stagiaires et de juniors chaque année, et ces postes attirent des candidats issus des meilleures écoles d'ingénieurs et de commerce. Face à des profils académiques comparables, ce n'est pas le CV qui fait la différence le jour J, mais la qualité des réponses. Les recruteurs le savent et calibrent leurs entretiens en conséquence. Une erreur sur une notion de base, comme le signe du delta d'un put ou le sens d'une conversion de change, suffit souvent à écarter un candidat : sur un desk, ce type d'erreur coûte de l'argent. Les relances servent précisément à distinguer une maîtrise réelle d'une réponse apprise par cœur. Chacune des 10 questions de cet article en ouvre trois ou quatre. Une bonne préparation vous apporte trois avantages décisifs : Des fondamentaux sans hésitation : forwards, options, grecques, taux et crédit doivent venir naturellement, pour garder votre énergie sur les questions difficiles. La capacité d'aller au-delà de la première réponse : savoir quand une approximation cesse d'être vraie, comme le delta ATMF à 0,5, est ce qui impressionne un trader. Une réponse structurée sous pression : face à un brainteaser ou à un client fictif, le recruteur évalue votre raisonnement autant que le résultat. Répondre à « Où est le CAC 40 ? » : la fiche marché quotidienne La question d'ouverture la plus fréquente est aussi la plus simple à préparer. Le recruteur attend un niveau précis, une variation récente et surtout une explication : « L'indice a clôturé hier autour de X points, en baisse de Y %, après une publication d'inflation plus forte que prévu. » Vérifiez toujours les niveaux le matin même de votre entretien, et suivez au quotidien les indicateurs suivants : Indicateur Pourquoi il compte CAC 40, Euro Stoxx 50, S&P 500 Sentiment sur les actions françaises, européennes et américaines Taux de dépôt de la BCE et taux des Fed funds Point de départ de toute la courbe des taux Rendement du Bund et de l'OAT à 10 ans, spread OAT-Bund Coût de financement des États et risque perçu sur la France Spreads de crédit investment grade et high yield Thermomètre de la confiance (question 1) EUR/USD Différentiel de politique monétaire entre zone euro et États-Unis Brent et or Inflation importée, risque géopolitique, valeur refuge VIX ou VSTOXX Niveau de stress et prix de la protection Dans un process aussi sélectif, la régularité paie davantage qu'une révision intensive la veille : commencez tôt, et entraînez-vous à voix haute. Conclusion : transformez ces 10 questions en avantage compétitif Un entretien Sales & Trading se gagne sur quatre fronts : la lecture des marchés, la maîtrise technique des produits, la vivacité de raisonnement et une motivation crédible. Les 10 questions présentées ici forment le socle de la plupart des process, mais les meilleurs candidats se distinguent sur les relances : l'impact du repo sur un forward, le delta ATMF d'une option longue, le P&L d'un book de crédit, la pédagogie face à un client d'Autocall. C'est précisément l'objet du Pack Premium Finance de Marché : les modules sont construits autour des questions posées en entretien, comme celles de cet article, et sont conçus par des professionnels en poste (par ex. le Head of Cross-Asset Structuring chez TP ICAP, un ancien trader chez J.P. Morgan, et un structurer chez Barclays).
Par Training You
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