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Qu’est-ce que le WACC ?

Par Training You

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7 min de lecture

Mise à jour le 17/06/2026

Le WACC est l’un de ces sigles qu’un candidat récite avant de l’avoir compris. Weighted Average Cost of Capital — coût moyen pondéré du capital, le « CMPC » en français — désigne le taux de rendement minimum qu’une entreprise doit servir à l’ensemble de ceux qui la financent, actionnaires et créanciers confondus. Pour l’entreprise, c’est le coût de son financement ; pour l’investisseur, l’exigence de rendement en contrepartie du risque pris. Reste à savoir d’où vient ce taux, et surtout ce qui le fait bouger, car c’est là que la plupart des candidats se trompent.

WACC : définition, formule de calcul et interprétation

Le WACC est le taux de rendement minimum exigé par les apporteurs de capitaux d’une entreprise, pondéré par le poids de chacun dans son financement. Deux lectures du même nombre coexistent, et il faut tenir les deux. Vu de l’entreprise, le WACC est le coût auquel elle se procure ses ressources ; vu de l’investisseur, c’est le rendement en deçà duquel il refuse d’immobiliser son argent.

Ces apporteurs sont de deux natures. Les actionnaires financent l’entreprise en achetant ses actions, et attendent en retour des dividendes et une plus-value à la revente. Les créanciers la financent par la dette, bancaire ou obligataire, et attendent des intérêts ou des coupons, puis le remboursement du principal à l’échéance. Le WACC mélange ces deux exigences dans une moyenne, et cette moyenne incorpore deux choses que tout étudiant en valorisation doit savoir nommer.

La première est la valeur temps de l’argent : cent euros reçus dans cinq ans valent moins que cent euros en poche aujourd’hui, parce que ces cent euros, disponibles maintenant, pourraient être placés, investis, mis au travail. La seconde est le risque : plus la probabilité de ne jamais toucher l’argent promis est élevée, plus l’investisseur exige d’être payé pour l’attente, et plus le WACC monte. Actualiser au WACC, c’est précisément faire payer ces deux choses au même taux.

À quoi sert le WACC ?

Le WACC n’est pas un chiffre que l’on contemple : c’est un taux d’actualisation que l’on emploie. Trois usages, qu’un recruteur attend qu’un candidat distingue sans hésiter.

Valoriser une entreprise par DCF

La méthode des flux de trésorerie actualisés, le Discounted Cash Flow, repose sur une idée simple : la valeur d’une entreprise est la somme de ses flux futurs, ramenés à aujourd’hui. Le taux qui opère cette translation dans le temps est le WACC. C’est l’une des principales méthodes de valorisation d’une entreprise, et la plus exigeante sur le choix du taux :

VE = CF1/(1+WACC)1 + CF2/(1+WACC)2 + … + CFn/(1+WACC)n + VT/(1+WACC)n

où CF1, CF2, …, CFn sont les flux de trésorerie des années 1 à n, et VT la valeur terminale. Avec la formule de Gordon-Shapiro, cette valeur terminale s’écrit VT = CFn(1+g)/(WACC − g), où g est le taux de croissance des flux à l’infini. On lit déjà dans cette fraction toute la sensibilité de l’exercice : un WACC proche de g fait exploser la valeur, un WACC élevé l’écrase.

Mesurer la création de valeur

Deuxième usage : confronté au rendement opérationnel de l’entreprise, le WACC dit si celle-ci crée ou détruit de la valeur. Ce rendement se mesure par le ROCE (Return on Capital Employed), et la différence entre le ROCE et le ROE est elle-même un classique d’entretien :

ROCE = EBIT (1 − t) / actif économique = NOPAT / (actif immobilisé + BFR)

Au numérateur, l’EBIT après impôt, ou Net Operating Profit After Tax ; au dénominateur, la valeur comptable de l’actif économique, soit l’actif immobilisé augmenté du besoin en fonds de roulement. L’EBIT lui-même se reconstruit à partir de l’EBITDA diminué des dotations aux amortissements. La règle de lecture est binaire. Si le ROCE dépasse le WACC, l’entreprise gagne sur ses investissements plus qu’ils ne lui coûtent à financer : elle crée de la valeur. Si le ROCE est inférieur au WACC, elle en détruit, et chaque euro investi appauvrit ses actionnaires.

Juger la rentabilité d’un projet

Troisième usage : le WACC sert de seuil pour décider d’un investissement. En actualisant à ce taux les flux qu’un projet promet de générer, on calcule sa Valeur Actuelle Nette (VAN) :

VAN = −I0 + CF1/(1+WACC)1 + CF2/(1+WACC)2 + … + CFn/(1+WACC)n

où I0 est le montant de l’investissement initial. Une VAN positive signifie que les flux futurs actualisés couvrent la mise de départ : le projet est viable, et l’on dit alors que le WACC est inférieur au TRI, le taux qui annule la VAN. Une VAN négative dit l’inverse : l’investissement coûte plus que ce qu’il rapporte, le WACC excède le TRI, et le projet ne devrait pas être lancé.

La formule du WACC et son calcul

Le WACC est la moyenne du coût des capitaux propres et du coût de la dette après impôt, chacun pondéré par sa part dans le financement de l’actif économique :

WACC = re × E/(D+E) + rd × (1 − t) × D/(D+E)

où re est le coût des capitaux propres, rd le coût de la dette, t le taux d’imposition des sociétés, E la valeur de marché des capitaux propres et D la valeur de marché de la dette. La formule s’apprend en une minute. La comprendre demande de savoir d’où viennent ses deux coûts.

Le coût des capitaux propres s’obtient par le MEDAF (Modèle d’Évaluation Des Actifs Financiers, le CAPM anglo-saxon) : on part du taux sans risque, en pratique une obligation d’État, auquel on ajoute une prime de risque, car détenir une action expose à davantage d’incertitude qu’un titre souverain. Cette prime dépend du secteur d’activité, du niveau d’endettement de l’entreprise et du risque du marché pris dans son ensemble, capté par le bêta.

Le coût de la dette s’obtient en ajoutant une prime de risque, le spread, à un taux de référence sans risque. Ce coût se prend après impôt, parce que les intérêts de la dette sont déductibles du résultat imposable. Un détail qui, on le verra, fait toute la différence.

Ce qui fait varier le WACC : d’abord le risque économique

Puisqu’un WACC faible gonfle la valeur d’une entreprise, la tentation (surtout quand on est en sell-side) est de chercher à le réduire. Encore faut-il savoir ce qui le détermine. La réponse est que le WACC tient avant tout au risque de l’actif économique : au métier de l’entreprise, pas à la manière dont elle le finance.

Quelques caractéristiques sectorielles pèsent lourd. La structure de coûts d’abord : une entreprise à coûts fixes élevés voit ses résultats amplifier les variations de son activité, ce qui la rend plus sensible à la conjoncture et hausse son WACC. La cyclicité ensuite : certains secteurs exagèrent structurellement les cycles économiques, et leurs acteurs paient ce risque d’un WACC supérieur. La visibilité joue en sens inverse : des flux prévisibles rassurent l’investisseur et abaissent le taux exigé. Le profil de croissance, enfin : quand une grande part de la valeur repose sur des flux lointains, le risque s’accroît, et le WACC avec lui. Aucun de ces leviers ne relève de l’ingénierie financière : ils décrivent une activité, pas un bilan.

Peut-on réduire son WACC ? Le débat Modigliani-Miller

Voici l’argument qu’il faut prendre au sérieux avant de le contredire. Puisque la dette coûte moins cher que les capitaux propres, et que ses intérêts sont fiscalement déductibles, il suffirait d’augmenter l’endettement pour abaisser le WACC et donc enrichir l’entreprise. L’argument est juste. Jusqu’à un certain point. Les créanciers perçoivent leurs intérêts avant impôt ; les actionnaires touchent leurs dividendes après, car ceux-ci ne se déduisent pas de l’assiette de l’impôt sur les sociétés. L’économie d’impôt liée à la dette, le tax shield, crée une valeur réelle, que Modigliani et Miller formalisent dès 1963 en corrigeant leur théorème d’origine de 1958.

L’argument cède pourtant au-delà d’un seuil. Plus une entreprise s’endette, plus le risque de défaillance grandit, et avec lui les coûts attendus de faillite : financiers, commerciaux, organisationnels. La théorie du compromis (trade-off) résume ce bras de fer : la valeur actuelle des économies d’impôt finit par être compensée, puis dépassée, par la valeur actuelle des coûts de difficulté financière. Le WACC, qui baissait avec les premiers euros de dette, repart à la hausse : il décrit une courbe en U. La structure financière optimale se situe au creux, là où l’avantage fiscal marginal de la dette équivaut exactement à son coût marginal de détresse. C’est l’intuition qui sous-tend l’analyse des leviers d’un LBO, où la dette est poussée près de cette limite.

Reste le coup de théâtre. En 1977, dans Debt and Taxes, Merton Miller réintroduit la fiscalité des particuliers à côté de celle des entreprises, et montre qu’une fois les deux prises en compte, l’avantage fiscal de la dette au niveau de la société est largement neutralisé au niveau de l’investisseur. La conclusion rejoint celle de 1958 : la répartition entre dette et capitaux propres n’a, en théorie, pas d’effet sur la valeur de l’entreprise. La leçon, pour le candidat, n’est pas qu’un théorème l’emporte sur l’autre, mais que le pouvoir de la structure financière sur le WACC est de second ordre. On ne déguise pas le risque d’un actif en changeant la couleur de son financement.

Le WACC en entretien : pourquoi il revient toujours

Le WACC est testé parce qu’il sépare ceux qui ont appris une formule de ceux qui en ont saisi le sens. Savoir l’écrire ne suffit pas : un recruteur interroge chaque terme de l’équation, et derrière chacun la même exigence, savoir ce que l’on retient et pourquoi.

Sur le coût de la dette : pourquoi le retient-on après impôt ? Et que prend-on, concrètement, comme coût de la dette d’une société ? Sur le coût des capitaux propres, si l’on passe par le MEDAF : quel taux sans risque retenir ? Quel bêta, et comment l’estime-t-on ? Faut-il l’employer endetté ou désendetté, et comment passe-t-on de l’un à l’autre ? Chacune de ces questions révèle si le candidat a compris ce qu’il manipule ou s’il se contente de réciter.

Ce sont précisément ces mécaniques que détaillent les cours techniques de Training You : le cours de valorisation reprend le MEDAF, l’estimation et le ré-endettement des bêtas, le choix du taux sans risque et le coût de la dette, du raisonnement jusqu’au maniement sur un cas réel.

Le WACC, au fond, se laisse moins manœuvrer qu’on ne le croit. Il n’est pas le levier que l’on actionne pour gonfler une valeur ; il est le miroir dans lequel se lit le risque d’une activité. Le comprendre, c’est cesser de chercher à le tromper.

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Par Guillaume Pommier

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5 concepts économiques à maîtriser pour la valorisation en M&A

Les entretiens en M&A sont très sélectifs. La valorisation fait partie des thématiques systématiquement évaluées pendant l'entretien en M&A. Pour réussir l’entretien M&A, c’est très important de comprendre et savoir dérouler les principales méthodes de valorisation : DCF, méthodes analogiques, LBO et autres. Pour briller sur la valorisation en M&A, vous devez maîtriser certains concepts économiques. Dans cet article, nous parcourons 5 concepts à connaitre pour briller en valorisation lors d'un entretien en M&A. 1) Valorisation en M&A : Le « Risk Free Rate » Le « Risk Free Rate » (ou « taux sans risque » en français) est le taux d’intérêt exigé par un investisseur pour détenir un actif supposé « sans risque ». En général, l’actif sans risque correspond à une dette émise par un Etat (une dette souveraine) qui jouit d’une bonne réputation sur les marchés financiers de sorte que son risque de faillite est quasi-nul voire nul. Pour la France Pour la France, il est commun d’utiliser le taux d’intérêt exigé par les investisseurs pour détenir une OAT (Obligation Assimilable au Trésor) à horizon 10 ans. Concrètement, l’Etat français émet des OAT pour assurer son financement à moyen et long terme La première OAT a été émise en 1985 par Pierre Bérégovoy qui était alors Ministre des Finances. Depuis 2001, c’est l’Agence France Trésor qui est chargée de l’émission de la dette souveraine. Les taux de l’OAT sont publics et disponibles sur le site de la Banque de France. En octobre 2023, le rendement attendu sur l’OAT à 10 ans s’élevait à 3,5%. Ce chiffre est nettement plus élevé par rapport aux années 2010 en raison du retour de l’inflation depuis 2022 Pour l'Europe Pour un pays européen dont les finances publiques seraient moins stables que la France, on peut utiliser comme référence l’obligation émise par l’Etat allemand (dont les finances publiques sont considérées comme les plus stables du continent). Dans ce cas, on prendra le « Bund » à 10 ans. Ce taux s’établissait autour de 2,4% en novembre 2023. Parfois, il est aussi possible d’utiliser l’EURIBOR (Euro Interbank Offered Rate) qui correspond au taux interbancaire auquel les banques peuvent s’échanger de l’argent entre elles Pour les Etats-Unis Pour les Etats-Unis, c’est la même idée. On utilise une obligation émise par le trésor américain sur le long terme (en général 10 ans). On les appelle les « Treasury Bonds ». Leur rendement s’élevaient autour de 4% en novembre 2023 Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le « Risk Free rate » est le point de départ du calcul du coût des capitaux propres en utilisant le MEDAF (Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers) ou « CAPM » (Capital Asset Pricing Model) en anglais. Concrètement, le coût des capitaux propres (qui correspond au taux de rendement exigé par les actionnaires pour détenir une action) est la somme entre le rendement exigé pour détenir l’actif sans risque et une prime de risque (qui intègre le risque additionnel de détenir une action par rapport à l’actif sans risque). On a : Coût des capitaux propres = Risk Free Rate + Prime 2) Valorisation en M&A : Le taux d’inflation Le taux d’inflation s'obtient en comparant le prix total d’un panier de biens et services au cours d’une période donné à celui relevé pour une période précédente. En effet, dans une économie de marché (comme la France, l’Europe ou les Etats-Unis), les prix varient. Précisons deux points. Premièrement, l’inflation intervient lorsque les prix augmentent globalement et non seulement le prix de certains biens et services. Deuxièmement, la mesure de l’inflation se base sur les dépenses moyennes de l’ensemble des ménages (selon le poids des différents biens et services achetés). Pour l’année 2023, le taux d’inflation prévisionnel est de 5,8% pour la France, 5,2% dans les pays de l’Union Européenne et 4,5% aux Etats-Unis. Notons que ces taux sont bien plus élevés que ceux connus depuis 20 ans dans les pays développés ! Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le taux d’inflation est l’une des deux références qu’on peut utiliser pour approximer le taux de croissance à l’infini (ou « Perpetual Growth Rate » an anglais) lors du calcul de la Valeur Terminale. En effet, selon la méthode de Gordon-Shapiro, la Valeur Terminale (qui capture la valeur de l’entreprise au-delà de l'horizon explicite) se calcule de la manière suivante : Valeur Terminale = FCF normatif x (1+g) / (WACC-g) Avec : FCF normatif: flux de trésorerie disponible à la fin de l'horizon explicite g: taux de croissance à l'infini (souvent le taux d'inflation ou le taux de croissance du PIB) WACC : coût moyen pondéré du capital 3) Valorisation en M&A : Le taux de croissance Le PIB (Produit Intérieur Brut) est un indicateur économique permettant de mesurer la production de richesses d’un pays, c’est-à-dire la valeur de tous les biens et services produits dans le pays sur une année. La variation du PIB d’une année sur l’autre permet de mesurer le taux de croissance économique d’un pays qu’on appelle aussi le taux de croissance du PIB. À l’inverse, une diminution du PIB traduit une décroissance de l’économie. Souvent, le PIB par habitant reflète aussi le « niveau de vie » dans le pays. En 2022, le taux de croissance du PIB était de 2,5% en France, 3,5% pour l'Union Européenne (et la zone euro) et 2,1% aux Etats-Unis. Dans le cadre d’une valorisation par la méthode du DCF, le taux de croissance du PIB est l’autre référence (avec le taux d’inflation) qu’on utilise pour approximer le taux de croissance à l’infini (« Perpetual Growth Rate ») lors du calcul de la Valeur Terminale. Entre 2012 et 2022, les banquiers M&A adoptent une approche conservatrice dans le calcul de la Valeur Terminale (faible inflation) en utilisant le taux d’inflation. Depuis 2022, le taux de croissance du PIB devient (au moins à court terme) une meilleure référence pour approximer le taux de croissance à l’infini. En effet, une croissance des flux de l’entreprise à l’infini basée sur l’inflation aujourd’hui serait bien trop élevée et irréaliste !  4) Valorisation en M&A : La prime de contrôle La prime de contrôle est le surplus de prix payé par un acquéreur pour détenir le contrôle d’une entreprise au-delà d’un certain montant. Dans le cadre d’une offre publique (OPA ou OPE sur une société cotée), ce montant est par exemple le cours de bourse, correspondant à la valeur boursière en vigueur du titre et qui résulte des échanges entre les investisseurs sur le marché boursier. En théorie, son fondement repose sur la valeur actuelle des synergies attendues dans le cadre du rachat. Ces synergies proviennent de l’augmentation des revenus (ex : ventes croisées, accès à de nouveaux marchés, etc.) ou de la diminution des coûts (ex : économies d’échelle, suppression des doublons, etc.). Par conséquent, l'acquéreur peut payer « plus cher » que la valeur « standalone » de la cible. Evidemment, la valeur présente des synergies dépend principalement du niveau de complémentarité entre les deux entreprises En pratique, la prime de contrôle oscille souvent entre 20% et 30% du prix par action. Mais ce chiffre peut aussi augmenter en fonction du contexte concurrentiel sur l’opération (compétition entre les acheteurs pour la cible). 5) Valorisation en M&A : Les multiples EV/EBITDA selon les secteurs Dans le cadre d’une valorisation avec les méthodes analogiques (comparables boursiers ou transactions précédentes), on utilise des multiples à partir d’un agrégat bénéficiaire de l’entreprise pour arriver à la valeur de la cible. Le multiple le plus couramment utilisé est EV/EBITDA. En effet, l’EBITDA est la véritable mesure de la performance opérationnelle de l’entreprise (qui résulte de son exploitation) avant prise en compte de sa politique d’investissement (D&A), financière (Interests) et fiscale (Taxes). En France, les entreprises sont en moyenne valorisées autour de 10x l’EBITDA fin 2023, tous secteurs confondus. Mais cette moyenne cache aussi de forte disparités sectorielles. En effet, il est peu pertinent d’appliquer un multiple d’une entreprise du secteur pharmaceutique à une entreprise industrielle par exemple. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la manière dont les investisseurs valorisent une entreprise dépend de son secteur d’activité, plus précisément de plusieurs facteurs sectoriels (croissance, niveau de rentabilité dégagé sur cette activité, contexte concurrentiel, etc.). Voici quelques exemples de multiples EV/EBITDA par secteur en au 3ème trimestre 2023 :   Vous souhaitez faire un stage en M&A ? Les banques d’affaires recrutent chaque année des stagiaires. Cependant, les process de recrutement sont de plus en plus compétitifs. Pour optimiser vos chances de réussite, c’est avec Training You ! 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Par Ziad Sebti

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Comment valoriser une startup ?

Il existe de nombreuses méthodes de valorisation possibles pour évaluer le prix de cession d'une entreprise. Dans le cas où vous souhaiteriez maîtriser les principales méthodes de valorisation (les comparables boursiers, les transactions précédentes et le DCF), un cours complet sur la Valorisation est disponible sur la plateforme Training You. Comme cela, l'évaluation du prix de cession d'une entreprise ne sera plus un secret pour vous ! Mais valoriser une startup requiert une expertise particulière. Dans cet article, nous nous pencherons plus précisément sur le cas des méthodes de valorisation utilisées pour valoriser une startup. Dans les faits, elles sont exactement les mêmes que pour les autres entreprises. Mais certaines spécificités doivent être connues par les banquiers M&A pour adapter ces méthodes de valorisation à la startup. Valoriser une startup avec les méthodes traditionnelles La méthode DCF La méthode DCF repose sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs générés par l’entreprise. Elle se divise en trois étapes. D’abord, on calcule la valeur de l’entreprise sur un horizon explicite, en général entre 5 et 7 ans. Ensuite, on calcule la valeur de l’entreprise au-delà de cette période en utilisant la valeur terminale. Enfin, chaque flux est actualisé (ou ramener à sa valeur présente) à un taux qui représente le risque opérationnel de l’entreprise. Ce taux reflète aussi le coût de financement global pour l’entreprise, défini comme le taux de rendement minimum exigé par l’ensemble des pourvoyeurs de fonds pour financer l’entreprise. Pour valoriser une startup, ces trois étapes sont parfaitement valides. Cependant, la durée de l’horizon explicite doit souvent être supérieure à 5 ou 7 ans. En effet, une startup n’est presque jamais rentable dans les premières années d’activité. Son EBITDA est souvent négatif, et ses flux de trésorerie disponibles aussi. Si l’ensemble des flux de trésorerie disponibles calculés pendant la période de projection (prenons par exemple 5 ans) sont négatifs, alors plus de 100% de la valeur d’entreprise est liée à la valeur terminale. Cela n’a aucun sens en théorie financière. Surtout, cette valeur terminale doit être calculée en utilisant un flux de trésorerie « normatif ». Ce flux doit représenter les flux générés par l’entreprise sur le long terme. Que faire si ce dernier est négatif ? Cela n’a aucun sens. Par conséquent, on prolonge l’horizon explicite (10 ou 15 ans) le temps que la startup soit rentable, avec des flux de trésorerie positifs pendant quelques années. Les méthodes des multiples La méthode des multiples renvoie au comparables boursiers ou transactions précédentes. Le principe est le suivant. D’abord, on sélectionne un échantillon d’entreprises comparables, soit des entreprises cotées en bourse (ce sont les comparables boursiers ou trading comparables) soit des entreprises ayant fait l’objet d’une acquisition dans les précédentes années (ce sont les transactions transactionnels ou précédente transaction). Ensuite, on calcule un multiple pour chacune des entreprises comparables qui constituent les échantillons. Le multiple le plus couramment utilisé est EV/EBITDA. Enfin, on applique la moyenne ou la médiane des multiples à un agrégat de l’entreprise que l’on cherche à valoriser, ici l’EBITDA par exemple. Cependant, les startups ont souvent un EBITDA négatif ou très faible dans les premières années de leur existence. Il est alors pertinent de calculer des multiples qui utilisent un autre agrégat que l'EBITDA. On pourra alors utiliser le chiffre d’affaires (EV/Revenue) ou des indicateurs opérationnels (par exemple le nombre d’utilisateurs pour une plateforme). De la même manière que pour les autres entreprises, on calculera une moyenne ou médiane qu’on appliquera ensuite à l’entreprise à valoriser. En conclusion, pour valoriser une startup, on utilise les mêmes méthodes de valorisation qu'une autre entreprise. Néanmoins, ces méthodes doivent s’adapter aux spécificités des startups, en particulier le manque de rentabilité dans les premières années. Valoriser une startup avec d'autres méthodes  La méthode du Venture Capital La méthode du Venture Capital ressemble à la méthode du LBO pour les fonds de Private Equity. Premièrement, elle se place du point de vue de l’investisseur. Deuxièmement, elle prend en compte ses différentes contraintes. Concrètement, la méthode du VC répond à la question suivante : si je veux investir un certain ticket (contrainte de financement), à quelle valorisation dois-je le faire pour obtenir ce rendement (contrainte de rentabilité), étant donné l'évolution supposée de la startup et le multiple auquel je pourrai sortir (contraintes opérationnelles) ? Passons en revue les contraintes : Contrainte de financement. Le fonds a établi une stratégie d'investissement et doit injecter des tickets à l'intérieur d'une certaine fourchette. Exemple : entre 10m€ et 30m€ Contrainte de rentabilité. Le fonds doit atteindre un certain TRI pour rendre l'argent à ses LPs (investisseurs) et se payer aussi. Cette contrainte inclut aussi la dilution que le fonds va nécessairement subir au fur et à mesure des prochains tours de table. Par exemple, s'il prend une participation de 20% aujourd'hui, il détiendra certainement moins que cela à sa sortie (sauf s'il réinvestit lors des prochaines levées) Contrainte opérationnelle. Cela correspond à l'évolution du marché de la startup et de son Business Plan sur ce marché. Cette contrainte prendre aussi en compte le risque de faillite, surtout si la startup est encore en « early stage » On peut noter que la méthode du Venture Capital se base sur plusieurs hypothèses qui sont par nature très incertaines au stade de maturité de l'entreprise (Business Plan, multiples de sortie, etc.). La méthode du Scorecard La méthode du Scorecard est une variante des multiples. Elle repose sur la comparaison de la cible avec d'autres startups similaires dans le même stade de développement. Les étapes sont les suivantes : Identification des facteurs de valorisation. Exemples : expérience de l'équipe fondatrice, taille du marché cible, technologie, traction du marché, concurrence, etc. Attribution de scores aux facteurs de valorisation (par rapport à d'autres startups au même stade de développement). Par exemple, une startup avec une équipe fondatrice expérimentée a un score plus élevé que celle avec une équipe moins expérimentée Pondération des facteurs de valorisation (en fonction de leur importance relative pour la valorisation globale de la startup) Calcul de la valorisation. Cela repose sur l'agrégation des scores pondérés de chaque facteur de valorisation Ajustements et négociations (en fonction d'autres facteurs). Exemples : niveau de risque associé à l'investissement, perspectives de croissance, conditions du marché En résumé, la méthode du Scorecard évalue la valeur relative de la startup en fonction de ses caractéristiques spécifiques et du contexte du marché. Pour conclure, valoriser une startup n'est pas facile. Par conséquent, les investisseurs appliquent souvent une règle simple : la proportionnalité ! Premièrement, il sait combien il va investir. Car cela dépend de la taille moyenne du ticket et des besoins de la startup. Deuxièmement, il sait le pourcentage qu'il veut détenir à chaque tour. Car cela dépend des projections concernant les prochaines levées et donc la dilution qu'il va subir dans le futur. Par conséquent, la valorisation est souvent une résultante de ces deux données. Par exemple, le fonds injecte 10m€ et veut détenir 20% post-money (valorisation après la levée de fonds). La valorisation post-money est donc de 50m€ (10m€/20%). Et la valorisation pre-money (avant la levée de fonds) est de 40m€ (50m€ - 10m€). Pour en apprendre davantage, vous pouvez visionner le cours de Venture Capital sur la plateforme Training You. Vous voulez travailler en M&A ou Venture Capital ? C'est possible ! Mais vous devez travailler dur pour réussir les process de recrutement. Ils sont exigeants. Les recruteurs évaluent les candidats sur plusieurs dimensions : connaissance du métier, fit avec les équipes, maîtrise des connaissances techniques en finance, capacité d'analyse et de synthèse, etc. Pour vous aider, la plateforme Training You contient plus de 60 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours sur le fit et la technique (dont un cours dédié au Venture Capital), des exercices et cas pratiques, des fiches sur les banques et fonds d’investissement et des podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Guillaume Pommier

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