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Les débouchés du consultant après le Conseil en stratégie

Par Elyas Hamadache

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7 min de lecture

Le Conseil en stratégie est connu pour être une « école après l’école ». Acquérir un bagage transdisciplinaire solide tout en développant de multiples compétences spécifiques : voilà la promesse du conseil, après seulement quelques années d’expérience. Et le consultant peut travailler dans de nombreux domaines après le Conseil en stratégie. Mais de nombreux candidats trouvent aussi dans « l’après conseil » une motivation à rejoindre un grand nom de la stratégie.

Dans cet article, on vous explique en quoi le conseil est autant formateur et quels sont les débouchés après quelques années dans ce domaine.

Pourquoi le Conseil en stratégie offre-t-il autant de débouchés pour le consultant ?

Le Conseil en stratégie est souvent assimilé à « une voie royale ». Il offre une véritable formation d’excellence. Premièrement, il met en exergue tous les défis rencontrés lors d’un travail d’équipe de haut niveau : respect des « deadlines », répartition des rôles, qualité de la communication. Deuxièmement, il pousse les savoirs et méthodes de travail au plus haut niveau d’excellence. Par conséquent, le conseil peut servir de puissant tremplin de carrière pour tout consultant qui décide de changer d’horizon professionnel !

La dimension humaine d’un consultant en Conseil en stratégie

D’abord, l’humain est une partie intégrante de la courbe d’apprentissage du consultant. Du fait du niveau de stress et de performance attendue, le conseil est sans nul doute un terrain propice au développement de fortes compétences relationnelles et managériales.

Un fort niveau d’exposition

En externe d’abord, les consultants en stratégie échangent avec des clients issus de comités exécutifs du CAC 40 ou de grandes entreprises multinationales. Par conséquent, vos interlocuteurs seront souvent d’une séniorité supérieure à la vôtre ! En interne ensuite, la composition des équipes témoigne de la montée en compétence du consultant. Du manager multi-tâche au Partner chevronné, vous apprenez à travailler avec tout le monde, de manière responsable et autonome !

Un carnet d’adresse international

Vos missions ont un impact mondial. Dès lors, vous pouvez prétendre parfaire votre connaissance des différences culturelles, votre maîtrise de l’anglais des affaires et même votre culture business internationale. De plus, vos collaborateurs actuels peuvent devenir vos associés de demain. Soumis aux mêmes standards d’excellence, les consultants savent qu’ils pourront compter les uns sur les autres à l’avenir. D’autant plus que la difficulté des missions est propice à la formation d’amitiés durables !

L’exigence du haut niveau

La culture du « up or out » (selon laquelle la politique RH des cabinets gravitent autour de deux options : promouvoir ou licencier un collaborateur) invite à particulièrement soigner ses relations et à rapidement devenir « l’as du travail d’équipe » ! En outre, les missions d’un cabinet de Conseil en stratégie impliquent souvent une prise de décision au sommet d’une organisation. C’est pourquoi, après quelques années seulement, les consultants observent généralement une excellente résistance au stress ainsi qu’une certaine maîtrise des codes business !

La courbe d’apprentissage du consultant en Conseil en stratégie

Ensuite, le Conseil en stratégie offre une formation d’excellence. La courbe d’apprentissage du jeune consultant est forte et rapide.

La variété des défis intellectuels

Les secteurs rencontrés au fil des missions sont rarement les mêmes. Par exemple, plusieurs industries coexistent dans le conseil : pharmaceutique, énergies renouvelables, éducation ou encore métallurgie. Ces champs d’étude permettent au consultant d’aborder des problématiques passant du B2B au B2C. Du public au privé. Ou encore de l’industrie lourde au logiciel SaaS. Cette immersion est sans équivalent en termes de diversité. D’ailleurs, un même secteur peut aussi renfermer de nombreux acteurs différents et des problématiques plurielles. Par exemple : profitabilité, entrée sur un nouveau marché, pricing ou encore « carve-out ».

La logique du conseil

Dans la structuration des raisonnements et le séquencement des étapes du projet, le conseil enseigne un logos. C’est tout un art de la logique, à un tel point que l’on parle souvent de la logique du « conseil ». La « règle des « 80-20 », le principe d’être « MECE » et d’autres outils/concepts renforcent les analyses en donnant une certaine consistance aux réflexes et pratiques du consultant. C’est pourquoi, après quelques années de conseil, vous découvrirez qu’il est facile de reconnaître un raisonnement de consultant en stratégie. En effet, la structure et les concepts du métier sont universels. Aussi, la dimension quantitative (visant à capturer les problèmes dans des équations et enraciner les phénomènes de marché dans des chiffres) fait du conseil un parfait hybride mêlant quotidiennement deux disciplines apparemment opposées : la dissertation et la mathématique. Calculer, interpréter, analyser, démontrer : voilà des verbes d’actions qui traduisent fidèlement le quotidien du consultant

Un processus d’apprentissage constant

Entre les missions, le consultant bénéficie d’une formation intensive qui procède de l’investissement draconien des cabinets dans leurs ressources humaines. Perçu comme un véritable asset, le consultant est guidé par le cabinet guide vers le progrès, au fil de ce qu’il est coutume d’appeler la « learning curve ». Par exemple, pendant une mission, le consultant découvre et parfait sa maîtrise d’outils informatiques destinés à trier, traiter et « faire parler » des jeux de data, souvent remis par le client sous forme d’un support « brut »

Quels sont les débouchés principaux pour le consultant après une carrière en Conseil en stratégie ?

Vous l’aurez compris, le conseil est riche en enseignements, autant sur le fond que sur la forme. Du reste, il s’agit d’un univers intellectuel comportant sa propre grammaire. La maîtrise des codes du conseil peut ainsi ouvrir de nombreuses portes. Quelles sont-elles ?

Pour aller plus loin, découvrez notre épisode de “Choose Your Career” avec Iryna, ex-McKinsey. Le focus sur les débouchés possibles pour un consultant de McKinsey est disponible à partir de 45:40.

Les parcours typiques du consultant après le Conseil en stratégie

Parmi les parcours typiques, on peut citer :

Poursuivre dans le conseil

Après 5 années passées au sein d’un cabinet de Conseil en stratégie, une question de fond se pose : « Dois-je persévérer dans le consulting ? ». En toile de fond, se pose la question de votre valeur sur le marché du travail et de la capacité d’une organisation à s’offrir vos services.

En effet, un manager en Conseil en stratégie perçoit un salaire avoisinant celui d’un membre de comité exécutif. Et il n’est pas chose aisée de trouver chaussure à son pied lors d’un changement de poste. Pour un Partner, la mobilité professionnelle est encore plus délicate. Les émoluments du Conseil en stratégie, associés à un certain confort (notes de frais fréquentes, prestige du métier) font du conseil un secteur attractif dont il peut être difficile de sortir (pour de bonnes raisons, bien sûr !). Toutefois, vous pouvez tout à fait poursuivre dans un cabinet de conseil spécialisé sur une problématique en pleine croissance et valoriser vos acquis (ex : expertise en transformation digitale, énergies renouvelables, etc.) ou opter pour un nouveau bureau (ex : mobilité géographique). En résumé, le conseil ne manque pas d’arguments pour vous garder précieusement dans son univers particulièrement riche et enrichissant !

« Passer du côté client »

Le conseil permet en 5-10 ans de glaner des postes « C-level » en industrie. Et on ne pourrait pas espérer ces postes avant une vingtaine d’années d’ancienneté au sein d’un « corporate». Et pour cause, les méthodes du conseil ainsi que l’exposition qu’il présuppose en font un véritable accélérateur de carrière ! De plus, pour préserver des liens privilégiés avec leurs clients, les cabinets de Conseil en stratégie accompagnent volontiers leurs meilleurs éléments en quête de nouveau chemin de carrière vers des postes à haute responsabilité au sein des départements stratégiques de leurs clients

Les parcours atypiques du consultant après le Conseil en stratégie

Parmi les parcours atypiques, on peut citer :

Les métiers connexes

La banque d’affaire ou les fonds de Private Equity restent les exemples principaux de virages professionnels auxquels le consultant peut s’intéresser. Le prestige, les standards de « delivery » restent extrêmement élevés. Et le service client suppose, ici aussi, une grande flexibilité. L’ancien consultant s’appuiera sans difficultés sur les compétences acquises lors de ses missions passées en cabinet. La quête de défi, de prestige et de diversité peut également orienter le consultant vers une startup de grande taille (appelée souvent « scale-up ») à la recherche de compétences pour devenir une licorne. De même, une entreprise high tech, voire un GAFAM, attire généralement la convoitise des anciens consultants en stratégie, notamment via les salaires compétitifs proposés

L’entrepreneuriat

La capacité de travail, la réalisation de livrables (lors d’une levée de fonds ou de la réalisation d’un pitch book), le carnet d’adresse, les connaissances du marché ou encore le business sense sont d’excellents acquis qui offrent à l’ancien consultant une valeur inestimable en tant que futur entrepreneur. Effectivement, loin de la vision fantasmée de l’inventeur de génie issu de la Silicon Valley, l’entrepreneur moderne évolue dans un monde digitalisé où la maîtrise des outils élémentaires, des codes business et d’un excellent relationnel sont incontournables. Or, ces éléments sont centraux dans la vie de tout consultant

Externship & Académique

Enfin, l’Externship permet au jeune consultant de passer 2 ans au sein d’un client corporate (souvent dans le département Stratégie) afin de revenir fort de nouvelles skills dans son cabinet d’origine ! Le MBA est également une voie envisageable, ici encore souvent pour le jeune consultant ! Après une formation MBA au sein d’une institution de renom, le consultant jouira d’une immédiate augmentation de salaire et en général d’une accélération de carrière quasi-assurée

Pour conclure, à la suite de quelques années en Conseil en stratégie, les acquis sont nombreux. Et ils se valorisent facilement sur le marché du travail. Le consultant en stratégie peut donc envisager différents chemins :

  • Poursuivre dans le conseil en se spécialisant
  • « Passer du côté client » et intégrer un grand groupe industriel
  • S’orienter vers les métiers de la finance
  • Rejoindre un GAFAM ou une entreprise high tech
  • Entreprendre en offrant ses services à une startup ou en lançant sa propre entreprise
  • Faire un Externship ou poursuivre un MBA. Ce sont des voies « clé en main » offertes par les cabinets aux jeunes consultants (souvent après 2 ou 3 ans)

Vous souhaitez débuter votre carrière en Conseil en stratégie ?

C’est possible, mais difficile. Pour intégrer l’un des meilleurs cabinets (tels que McKinsey, BCG, Bain, Roland Berger, Oliver Wyman, etc.), une préparation optimale est requise. Pour vous aider, la plateforme Training You contient tout ce qu’il faut maîtriser pour réussir un process de recrutement en Conseil en stratégie : des cours en ligne dispensés par des consultants professionnels sur chaque étape du process de recrutement (dossier de candidature, fit en entretien, étude de cas, etc.) des exemples d’études de cas réelles qui tombent en entretien corrigées sous forme de vidéos, des fiches sur les principaux secteurs d’activités à connaître pour aborder sereinement les cas, des webinaires et podcasts exclusifs avec des consultants qui vous donnent tous les conseils pour réussir.

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Les évolutions de carrière en Conseil en stratégie

Les cabinets de Conseil en stratégie semblent unanimement offrir des parcours « balisés » à leurs consultants. Un peu à l’image d’une armée où le « soldat » passe successivement les grades le conduisant vers le poste convoité de « général ». Les évolutions de carrière en Conseil en stratégie très normées. Pourtant, certains cabinets comme McKinsey proposent des parcours sur mesure à côté du chemin plus « conventionnel ». Ces parcours se caractérisent souvent par l’obtention d’un MBA, la réalisation d’un externship dans une entreprise cliente ou un transfert dans un autre bureau du cabinet. Cette richesse du métier est appréciable. Elle peut aussi rapidement se transformer en véritable « casse-tête ». Aussi, vous devez vous interroger dès maintenant sur la marge de manœuvre réelle du consultant une fois en poste. Plus précisément, concernant la promotion : êtes-vous en mesure de significativement favoriser votre passage de grade ou le cabinet n’est-il au contraire qu’une « base orthonormée » n’offrant aucune accroche ? Bonne nouvelle, vous avez le pouvoir d’infléchir le cours des choses ! Ce pouvoir dérive de vos liens avec deux types d’acteurs auxquels vous ferez face. Avec chacun, vous devez inscrire le plus de points possibles. Dans cet article, nous allons d’abord parler de votre relation avec le cabinet puis de vos interactions avec les clients du cabinet. 1) Les évolutions de carrière en Conseil en stratégie : l'importance du cabinet Par « cabinet », nous incluons l’ensemble des parties prenantes (décisionnaires ou non) au sein de l’entreprise. Parmi les agents décisionnaires, on retrouve le département des Ressources Humaines, les actionnaires ou encore les Partners influents. Parmi les agents non-décisionnaires, on a les consultants « juniors » et les autres collaborateurs n’ayant pas encore atteint le grade de « manager ». Votre réussite dépend en grande partie d’une succession de décisions prises par les acteurs décisionnaires et d’interactions avec les différents collaborateurs. Comment influencer ces paramètres favorablement pour « driver » votre réussite ? Quand vous recevez l’offre Au moment de signer votre contrat d’embauche, l’objectif principal est de « faire bonne impression ». Vos premiers échanges avec votre futur employeur laissent souvent une trace indélébile. Comment faire ? Le rapport de force D’abord, vous devez montrer votre connaissance du métier en négociant intelligemment votre salaire. Concrètement, une fois l’offre « en poche », 3 cas de figures se dessinent : Vous n’avez reçu qu’une seule offre Vous avez obtenu des offres de cabinets non-concurrents Vous avez reçu plusieurs offres au sein de cabinets similaires et concurrents directs. Dans ce 3ème cas, vous avez la possibilité de négocier votre salaire. En effet, si vous obtenez deux offres de CDI à grade équivalent dans des cabinets concurrents directs (ex : Kearney et Oliver Wyman), vous pouvez faire jouer la loi de l’offre et de la demande. La méthode est simple : il s’agit d’inviter chaleureusement le moins-offrant à s’aligner à la hausse. Dans la majorité des cas, vous aurez in fine des offres plus alléchantes qu’initialement ! L’équilibre entre sagesse et flexibilité Il est sage, une fois le CDI obtenu, de prendre des vacances. Pourquoi ? D’une part, la pratique est très courante et tolérée par la plupart des cabinets. D’autre part, après d’intenses semaines de préparation, vous gagnerez à vous ressourcer pour commencer votre carrière du bon pied ! Cependant, votre flexibilité sera aussi appréciée. En effet, il serait malvenu de ne pas tenir compte des besoins à court terme de votre futur employeur, par exemple dans un cas de sous-staffing. Si une mission vous est proposée, sauf cas extrême, il est donc préférable de l’accepter avec entrain À l’issu de l’onboarding, vous rejoignez une grande famille de professionnels brillants. Félicitations, vous allez maintenant effectuer votre première mission ! Quand vous êtes en mission Votre carrière de consultant commence par un premier pas, une « première fois ». Il s’agit bien entendu de votre première mission. La difficulté est de taille puisque vous devez réussir sur deux niveaux. Au sein de votre première équipe Comme pressenti en entretien, votre niveau de « fit » est variable selon l’interlocuteur. C’est la même chose en en mission. Vous ne pourrez pas vous entendre parfaitement avec tous les consultants. Le secret ? Il n’y en a pas vraiment… Premièrement, vous devez nécessairement observer votre environnement de travail et montrer une excellente capacité d’adaptation. Deuxièmement, vous devez identifier la personne en charge de votre évaluation finale (manager, Partner, etc.) et vous assurer que qu’il dispose de tous les éléments pour vous remettre une excellente évaluation en fin de mission. Comment ? Travaillez à fond, adaptez-vous et demandez régulièrement des « feedbacks ». Insistons sur le facteur humain qui colore souvent les performances strictement objectives et interfère donc avec la valeur perçue de votre travail Sur la durée au sein du cabinet C’est important de cerner les enjeux du métier qui sont indépendants du premier staffing. Paradoxalement, un consultant peut briller le temps d’une mission et enchaîner les déboires sur tous les projets suivants. Il ne suffit pas de réussir sa première mission. Il faut aussi en tirer des conclusions prolifiques qui sèmeront les graines de vos prochains succès. Par exemple, il faut vous demander quels sont les connaissances et acquis transposables entre les missions. Souvent, le Partner a le dernier mot lors de votre évaluation. Par conséquent, montrez-vous proactif et généreux dans votre approche au travail ! Toutefois, même un Partner admet une part de subjectivité dans son jugement, ayez-en conscience Dans votre quotidien au sein du cabinet Lorsqu’un footballer prodige montrant un excellent sens du leadership est promu capitaine, personne n’est surpris. De même, lors d’un passage de grade, ce « tampon » vient ratifier ce que vos évaluations et l’impression globale que vous dégagez laissent présager. Ici encore, voici quelques astuces pour mener votre barque avec succès. La posture Premièrement, vous devez adopter la posture du consultant au quotidien. Évidemment, soyez vous-même ! Cependant, gardez un minimum de distance avec votre travail, tant au niveau de votre tenue, votre ponctualité et bien sûr votre présentation globale. Vous devez simplement incarner ce que vous revendiquez. Un consultant appliqué et sérieux pourra facilement paraître crédible lors de son « bilan annuel » s’il demande une augmentation/promotion La vie du cabinet Deuxièmement, vous pouvez vous investir dans la vie du cabinet au « jour le jour ». Et il vous le rendra. Hors mission, pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devez impérativement prendre part à des événements, qu’ils soient formels ou informels. Ainsi, dans la liste des arguments en votre faveur dans un comité RH, vous aurez des preuves variées et tangibles de votre impact positif sur le cabinet et de votre motivation. De plus, les séminaires, vacances et autres événements constituent d’excellents moyens d’apprendre à connaître les collaborateurs de votre cabinet « Servez-vous » ! Dans le conseil, comme dans de nombreux métiers, vous récoltez ce que vous semez. Inutile donc d’attendre que l’on vous propose une seconde mission quand vous approchez la date de rendu final de votre premier projet. Au contraire, soyez proactif et organisez des déjeuners avec d’autres collaborateurs. Ce faisant, vous aurez une vision globale des projets du « pipeline » de votre cabinet et pourrez facilement vous positionner sur un projet ! Pour conclure cette première partie, votre performance globale au sein du cabinet dépasse le simple cadre des missions. Si ces dernières composent la majeure partie des raisons orientant ou non votre promotion, vous devez assurer la cohérence de votre attitude au travail. Par conséquent, soyez méticuleux en mission mais soignez aussi vos échanges écrits et oraux avec le cabinet. 2) Les évolutions de carrière en Conseil en stratégie : le rôle du client Le client est roi. Lors d’une mission, un excellent rapport avec l’entreprise cliente peut à lui seul vous ouvrir la voix d’une carrière « fast track ». Les évolutions de carrière en Conseil en stratégie vont dépendre aussi des retours de vos clients. S'ils sont positifs, vous pourrez plus facilement sauter des grades et rejoindre les projets qui vous intéressent vraiment. En mission, l’œil du client fait foi Vous devez convaincre le Partner de votre compétence. Mais encore plus le client. En remplissant votre fiche d’évaluation finale, le consultant référent de votre mission évalue l’ensemble du travail fourni. Mais aussi et surtout la valeur que vous apportez au client. Sur le fond comme sur la forme ! En lien avec le client, le Partner peut recevoir des retours sur votre performance : entretiens téléphoniques, analyses quantitatives, études de marché, etc. Souvent, l’avis de votre manager/Partner n’est autre qu’une reproduction la plus fidèle possible du regard de votre client. De plus, soyez prêt à être surpris. Dans une mission, tout peut arriver. Un imprévu (consultant malade, manque de staffing, burn-out d’un collaborateur, etc.) peut bouleverser la répartition des rôles au sein de l’équipe. À tout moment, votre rôle peut être dopé et votre impact accru. Cette situation à double-tranchant se transformera en succès si vous parvenez à braver l’adversité pour offrir au client un travail réactif et calibré. Hors mission, l’œil du client pèse dans les décisions Au moment du passage de grade, le client joue un rôle clé. L’avis du client D’abord, le Partner peut consulter le client pour forger son avis quant à votre avenir professionnel. Et le client est souverain pour soumettre ses préférences. Par exemple, un consultant senior qui s’est distingué par l’excellence de ses interactions/analyses peut amener une entreprise cliente à réclamer sa promotion à un grade supérieur. Ceci est très courant auprès de clients « retail » qui signent chaque année un forfait de missions jalonnées sur toute l’année. De nombreux managers de la place parisienne ont ainsi été « fast-trackés » au grade suivant L’offre du client Ensuite, le client peut aller jusqu’à vouloir vous débaucher ! Cela a deux conséquences. D’une part, si vous préférez rester dans le cabinet, vous jouissez d’une force de négociation accrue. D’autre part, si vous souhaitez rejoindre votre client, vous pourrez facilement négocier votre salaire en raison de vos compétences et du coût d’opportunité à renoncer aux hauts salaires du conseil En conclusion, si le Conseil en stratégie semble présenter des évolutions graduées et linéaires, votre performance reste soumise à un double jugement. D’abord, le cabinet vous évalue hors et en mission. Ensuite, le client pèse dans la balance. Vous souhaitez débuter et avoir des évolutions de carrière en Conseil en stratégie ? C’est possible, mais difficile. Il faut d'abord entrer dans le secteur. Pour intégrer l’un des meilleurs cabinets (tels que McKinsey, BCG, Bain, Roland Berger, Kearney, etc.), une préparation optimale est requise. Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Conseil en stratégie, avec des cours en ligne dispensés par des consultants professionnels sur chaque étape du process de  recrutement (dossier de candidature, fit en entretien, étude de cas, etc.), 172 cas réels corrigés qui tombent en entretien, 14 fiches secteurs pour augmenter votre business sense, 17 fiches sur les principaux cabinets et des podcasts exclusifs avec des consultants qui vous donnent tous les conseils pour réussir. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Elyas Hamadache

7 min de lecture

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Conseil en stratégie : êtes-vous fait pour le métier ?

Le Conseil en stratégie est un métier particulier. Il y a autant de facettes au métier de consultant en stratégie que de raisons de rejoindre la profession. En effet, l’univers du Conseil en stratégie est propice au challenge intellectuel, à l’accomplissement de projets ambitieux, aux aventures humaines fortes, et encore bien d’autres expériences souvent satisfaisantes ! Seulement, les déplacements à l’étranger, les horaires souvent conséquents et plus globalement la gestion de l’équilibre entre la vie personnelle et des attentes professionnelles très élevées méritent de s’arrêter un instant pour prendre le temps de la réflexion. Êtes-vous fait pour le Conseil en stratégie ? Si l’exercice des fonctions de consultant implique naturellement des compromis (voire des sacrifices), force est de constater que la promesse est de taille : rémunération supérieure au marché, courbe d’apprentissage exponentielle, exposition au « top management » de grandes firmes, missions à fortes valeurs ajoutées, etc. Bref, une aventure unique ! Les attributs au Conseil en stratégie Avant de s’intéresser aux raisons « classiques » de rejoindre un grand nom de la stratégie, rappelons les différents attributs propres au métier de consultant en stratégie. La dimension humaine du Conseil en stratégie La première dimension du métier réside dans son aspect fondamentalement humain. En effet, entre les nombreuses présentations effectuées tout au long d’une mission (kick-off, recommandations finales, etc.), les ateliers de réflexion conduits en interne (workshop, brainstorming, etc.) ou encore les échanges avec les bureaux internationaux du cabinet, le consultant interagit en permanence avec des interlocuteurs variés. L’importance du « delivery » en Conseil en stratégie La deuxième caractéristique dérive du rôle du consultant en lui-même : il s’agit du « delivery ». C’est-à-dire la production de contenus. D’abord vis-à-vis du client. Non seulement le cabinet fournit un rendu final, mais les consultants réalisent aussi des pré-rendus lors des « weekly meetings » au fil du projet Ensuite, vis-à-vis de votre équipe. Vous êtes souvent responsable d’un pan entier du projet, d’analyse de données, de modélisation approfondies, d’entretiens divers, etc. En résumé : beaucoup de travail, mais aussi beaucoup d’interactions ! La présence de « l’inattendu » en Conseil en stratégie Enfin, le conseil est souvent le théâtre de surprises ! C’est pourquoi « l’inattendu » constitue paradoxalement un trait saillant de ce métier souvent considéré à tort comme « normatif ». Virages extrêmes en cours de mission, surcharge de travail monumentale à la suite d’un « sous-staffing » ou au contraire période d’inter-mission de deux mois due à un « sur-staffing »… Vous l’aurez compris : le consultant n’a d’autres choix que de faire de l’incertitude permanente son alliée. Tout comme Bruce Wayne (alias Batman) a fait de la nuit son infaillible confidente ! On entend souvent dire que le chemin importe davantage que la fin. Or, le conseil est synonyme d’une formation reconnue dans le monde des affaires. Reste à savoir à qui s’adresse ce chemin ! 4 raisons pour travailler en Conseil en stratégie Voici quatre raisons pour déterminer votre « fit » avec le conseil : 1) Vous souhaitez connaître un épanouissement intellectuel D’abord, l’épanouissement intellectuel constitue une raison « classique » de devenir consultant ! En effet, les consultants sont réputés pour leur curiosité, qui permet de s’instruire et d’en apprendre toujours plus sur les « coulisses » de l’économie mais surtout sur les entreprises qui la font vivre. Vous avez ainsi des chances de vous plaire en rejoignant un cabinet si : Vous avez une curiosité inépuisable C'est une qualité en Conseil en stratégie. D'abord, vous aimez approfondir les sujets que vous traitez et vous documenter pour explorer les moindres détails de votre objet d’étude. Ensuite, vous challengez le « statu quo » et ne prenez pas pour « paroles d’évangiles » les informations dont vous n’avez pas éprouvé la source. Enfin, vous vous ennuyez rapidement et ressentez le besoin d’élargir votre spectre de connaissances. Dans ce cas, le Conseil en stratégie vous fera découvrir de nombreux secteurs de l’économie et vous plongera au cœur de problèmes business inédits puisqu’ils n’ont jamais été résolus ! Pour prendre de l’avance : Training You vous offre la possibilité de mieux comprendre les enjeux relatifs aux différents secteurs de l’économie via 14 fiches thématiques ciblées, conçues spécialement au regard des attentes des cabinets ! Ainsi, vous étancherez votre curiosité, tout en vous préparant activement pour briller le jour J ! Vous avez un goût prononcé pour l’économie et l’actualité business Vous vous demandez pourquoi le Business Model de Porsche renferme sans doute l’avantage concurrentiel le plus convoité de l’industrie automobile, comment Apple parvient (sans surcoût notoire) à pratiquer des prix sensiblement au-dessus du marché du « smartphone » avec succès ou encore comment on peut expliquer que la stratégie « low-cost » de Ryanair (simple en apparence) n’ait jamais été copiée avec autant de succès ? Si ces questions vous taraudent, encore une fois, le conseil pourra réaliser votre rêve sans équivoque : vous deviendrez un acteur à part entière du vibrant univers qu’est le monde des affaires ! Vous êtes fasciné par l’histoire du Conseil en stratégie De la naissance du Conseil en stratégie (cristallisée par le lancement d’Arthur D. Little à la fin du XIXème siècle) en passant par le développement des « MBB » dans le paysage (l’hégémonie de l’imperturbable « Firme » McKinsey & Cie, l’arrivée du personnage haut en couleurs Bruce Henderson qui créé le BCG, puis la formation de la « triade » avec la croissance fulgurante de Bain & Company), le conseil s’est façonné à la faveur de ses plus fidèles apôtres. Et il s’est sans cesse réinventé par l’innovation. Par exemple, les cabinets du « Big Four » (Deloitte avec Monitor Deloitte, EY avec EY-Parthénon, PwC avec Strategy& chez et KPMG avec Global Strategy Group) ont récemment réalisé de nombreuses acquisitions pour renforcer leur practice Conseil en stratégie. Qui plus est, plusieurs boutiques de la place parisienne (Mars & Co, LEK, Simon Kucher, etc.) jouissent d’un regain de l’activité « conseil ». Par conséquent, il y a de quoi admettre, ou a minima concéder pour les plus sceptiques, que le conseil renferme une histoire fascinante. A vous d’en écrire la suite ! Pour découvrir les principaux acteurs du Conseil en stratégie : Training You vous propose des fiches dédiées. Elles sont construites spécialement pour comprendre les particularités de chaque cabinet (origines, valeurs, culture, expertises, entretiens, missions, etc.). Et elles amélioreront vos chances de réussir le process de recrutement ! Vous avez l’esprit mathématique Historiquement, le conseil a préféré solliciter l’esprit quantitatif des ingénieurs pour se développer et affronter rationnellement des problématiques parfois contre-intuitives. Néanmoins, pour les cabinets d’aujourd’hui, les candidats titulaires d’un diplôme d’école de commerce ou MBA forment un vivier de choix pour recruter des talents. Peu importe votre parcours, il vous faudra aimer les mathématiques. En effet, le métier vous invitera souvent, au cours des différentes missions, à formaliser/modéliser le problème business de votre client et de ne pas vous en remettre à de simples intuitions. Le conseil ne se prive donc jamais de chiffres ! 2) Vous avez la mentalité du « High-achiever » Au-delà de la dimension intellectuelle, la simple volonté de réussir constitue aussi une très bonne motivation à vouloir devenir consultant en stratégie. L’univers du conseil, réservé à un nombre restreint d’initiés, fait l’objet de toutes les convoitises. Ainsi, une « bonne dose » d’ambition peut vous inviter à franchir les portes du cabinet de vos rêves. Vous avez des chances de vous y plaire si : Vous aimez l’excellence Travailler en appliquant les plus hauts standards de « delivery » ne vous fait pas peur ? Vous avez une grande attention au détail ? Enfin, effectuer une mission pour le leader mondial de l’industrie pétrochimique ne vous fait pas trembler ? Alors, le conseil se devra de vous accueillir à bras ouverts : un tel profil est peu commun ! Vous êtes perfectionniste Vous embrassez complétement ces hauts niveaux d’exigence du fait de votre perfectionnisme ? Alors, votre minutie vous conférera un avantage de taille, à la fois en entretien et pendant votre carrière. Vous avez soif de réussite Vous aspirez à une carrière vous conduisant au « sommet » en termes de niveau de responsabilité ? Le Conseil en stratégie est le premier métier fournisseur au monde en termes de dirigeants, membres de comité exécutif ou encore « vice-présidents ». Pour cause, l’exposition permanente du consultant junior et la philosophie du « up or out » miment parfaitement les attentes que l’on retrouve au sein d’un C-level ! Vos prétentions salariales sont élevées Enfin, vous aspirez à de hauts salaires et l’incitation financière fait partie intégrante de vos critères pour choisir votre prochain job ? Alors, le Conseil en stratégie peut vous offrir ce que vous demandez ! En dehors des métiers liés à l’art et au sport (ou peu d’élus parviennent à défier les lois de la probabilité) seuls trois métiers peuvent être comparables au Conseil en stratégie sur le plan de la rémunération en fin de carrière : le droit des affaires, la banque d’affaires et l’entrepreneuriat. Même si certains médecins, hauts fonctionnaires ou professeurs d’université atteignent parfois des sommets, le Conseil en stratégie est l’une des rares voies permettant de devenir millionnaire en dix ans... 3) Vous avez une âme d’aventurier ! Par ailleurs, en complément d’un chemin « carriériste », le Conseil en stratégie contient dans son ADN une dimension palpitante. Un paramètre qui devrait attirer les plus aventuriers d’entre vous ! En effet, le conseil est une aventure passionnante. Mais aussi pleine de sens. Les rencontres peuvent donner lieu à des amitiés durables. Et les missions vous plongent en immersion. En particulier au niveau exécutif où vous jouirez d’une influence suffisante pour infléchir d’importantes prises de décision. En particulier, le conseil est une voie adaptée à vos attentes si : Vous avez le sens du défi C'est important en Conseil en stratégie. Vous avez besoin d’un projet qui vous dépasse pour pouvoir vous investir pleinement ? Et vous êtes prêt à produire un travail excellent en un temps record ? Plus simplement, vous avez le sens du défi ? Le Conseil en stratégie est fait pour vous ! Votre impact doit être concret Le consultant se propose d’accompagner les entreprises les plus colossales au monde sur le chemin du succès. Or, sur ce chemin se dressent des obstacles considérables. Comment le consultant vient-il en aide à son client ? En contribuant à bâtir un avantage comparatif tangible, durable et source de performance économique. Le but ultime : missions après missions, dégager un horizon de profit que le client n’aurait pas décelé sans votre aide. Par ailleurs, de plus en plus de missions pro bono ou à impact social intègrent des critères différents en guise de KPIs : taux d’alphabétisation, mortalité infantile, émissions de CO2, etc. Il y en a donc pour tous les goûts, et toutes les sensibilités ! Vous aimez les expériences humaines Entre les clients, les consultants de votre « promo », les consultants plus chevronnés, les Partners et les experts du « Knowledge Management », vous serez entouré d’esprits savants ! Mais aussi d’individus avec qui vous partagerez des moments forts. Le conseil est donc un accélérateur d’amitié, tout comme un accélérateur de carrière ! 4) Vous avez d’autres motivations Ci-après figurent d’autres motivations pour envisager une carrière dans le Conseil en stratégie ! Vous avez un « plan de carrière » Après tout, si vous souhaitez rejoindre le comité exécutif d’un grand groupe après 5-10 ans (donc, en deux fois moins de temps que si vous étiez au sein du « corporate »), le Conseil en stratégie est une voie royale ! De même, à l’issu de quelques années en filière généraliste, vous pourrez envisager une spécialisation, à haut niveau, sur des thématiques inédites : Intelligence Artificielle, décarbonation, politiques publiques, etc. Par ailleurs, si l’entrepreneuriat vous séduit, vous pourrez aussi compter sur les solides acquis du conseil : élaborer une approche structurée, mobiliser les ressources intelligemment, définir vos « core challenges », etc. Votre n’avez pas de « plan de carrière » A l’inverse, si vous n’avez pas encore clairement identifié de trajectoire professionnelle, le conseil peut vous garantir de conserver l’embarras du choix en termes d’« exit » à l’issu de votre vie de consultant. Néanmoins, gardez à l’esprit deux tendances fréquentes. D’abord une mauvaise nouvelle : après le grade de « manager consultant », peu de sociétés pourront s’aligner sur vos prétentions salariales et rivaliser avec votre cabinet. Forte heureusement, l’espérance de vie du consultant est courte (autour de 2 à 3 ans). Ensuite une bonne nouvelle : tout vous semblera plus facile d’accès parce que vous serez familiarisé à d’excellentes méthodologies de « problem-solving » et vous profiterez d’un « toolkit » complet et valorisant Il existe plusieurs raisons de faire du Conseil en stratégie. Quelle est la vôtre ? Comme nous venons de le voir, c’est valorisant d’intégrer un cabinet de Conseil en stratégie. Mais la concurrence est rude. Pour réussir, il faut être très bien préparé. Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Conseil en stratégie, avec : 20 cours fondamentaux pour optimiser vos candidatures et préparer les entretiens 172 études de cas réels corrigées qui sont tombées en entretien pour apprendre à résoudre tous les types de cas 14 fiches sur les principaux secteurs pour améliorer votre business sense et mieux appréhender les cas 17 fiches sur les cabinets les plus prestigieux comprendre les particularités de chaque acteur Podcasts exclusifs avec des consultants pour obtenir des retours d’expérience concrets Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Elyas Hamadache

9 min de lecture

Entreprise
Conseil en stratégie : Décryptage de la stratégie de Decathlon pour devenir une marque mondiale

La stratégie de Decathlon est un exemple pour les consultants ! Les cabinets de Conseil en stratégie s’inspirent régulièrement des belles histoires entrepreneuriales pour accompagner leurs clients. Celle de Decathlon en est une ! Depuis sa création, la petite entreprise française née dans le Nord de la France s'est imposée comme un leader incontesté dans le domaine des articles de sport, offrant une gamme diversifiée de produits de qualité à des prix abordables. Cependant, avec l'évolution constante des attentes des consommateurs et l'émergence de nouveaux défis dans le secteur du commerce de détail, Decathlon a récemment entrepris une refonte stratégique sous la direction de Barbara Martin Coppola, sa nouvelle PDG. Dans cet article, nous revenons sur l’histoire hors du commun de Decathlon avec le prisme de la stratégie d’entreprise : innover à sa naissance, conquérir pendant ses années de forte croissance et se moderniser pour mieux de transformer aujourd’hui. La naissance de Decathlon : une stratégie d’entreprise innovante Decathlon est une aventure humaine dont les origines remontent à 1976. Son fondateur s’appelle Michel Leclercq, un jeune homme de 35 ans qui travaille à l’époque chez son oncle Gérard Mulliez (le président fondateur d'Auchan). A l’époque, Michel Leclercq fait un constat, construit un objectif et déploie une stratégie. D’abord, le constat est l’absence de grandes surfaces spécialisées dans la vente d’articles de sport. Dans la France des années 1970, on vend tout dans les grandes zones commerciales, sauf du sport. Ensuite, l’objectif est de rassembler tous les sports sous un même toit ! Par conséquent, l’entreprise se base sur un concept novateur : elle ne vend pas les articles d'un seul sport mais les équipements pour plusieurs sports. Comme cela, chaque sportif a le choix de sa discipline.   [caption id="attachment_6428" align="aligncenter" width="300"] Brochure publicitaire de Decathlon en 1980[/caption]   Enfin, la stratégie de Decathlon se distingue sur trois dimensions : La couverture d’une large gamme de sports et d'activités. Les magasins Decathlon vont du football au cyclisme, en passant par la randonnée et le ski. D’ailleurs, la marque « Decathlon » est retenue car le décathlon regroupe les 10 sports que les associés fondateurs souhaitent présenter dans les magasins Un modèle commercial unique. Decathlon conçoit et fabrique aussi ses propres marques de produits. C’est assez original dans les années 1970 pour les grandes surfaces La volonté de rendre le sport accessible à tous. Decathlon propose des produits de qualité à des prix abordables. Chez Decathlon, on met en avant à la fois la qualité du premier prix et le prix bas du produit top de gamme. A ce sujet, rappelons cette phrase de Michel Leclercq : « Le but de la journée n'est pas d'avoir fait le plus gros chiffre d'affaires, mais de voir les clients revenir dans six mois, dans un an ». Les historiques de Decathlon racontent souvent l’anecdote suivante. Peugeot ne voulait plus fournir de vélos en raison d’un désaccord sur les marges bénéficiaires. Decathlon a donc proposé à un fabricant régional (l’entreprise Leleu Cycles) de commercialiser leurs vélos en remplaçant leur nom de marque par des autocollants Decathlon. Objectifs : avoir une gamme de vélos accessibles pour les clients de Decathlon et préserver l’image de marque de Leleu La croissance de Decathlon : une stratégie d’entreprise conquérante Au départ, Decathlon se concentre principalement sur la vente de ses produits de sport dans un seul magasin. Mais rapidement, l’enseigne débute une stratégie d’expansion nationale et internationale. Expansion nationale (années 1980) : Au cours des années 1980, Decathlon connait une croissance rapide sur le marché français en ouvrant de nouveaux magasins dans différentes régions du pays. Aujourd’hui, le réseau regroupe plus de 300 magasins en France Expansion internationale (années 1990 et 2000) : Dans les années 1990, Decathlon débute son expansion à l'international en ouvrant des magasins dans plusieurs pays européens, notamment en Espagne, Italie et Allemagne. En effet, le premier magasin Decathlon à l’étranger ouvre à Dortmund en 1986 ! Cette période est aussi marquée par le lancement de nouvelles gammes de produits et par l'accent mis sur l'innovation. Depuis les années 2000, Decathlon a consolidé sa position en tant que leader mondial dans le secteur des articles de sport. L'entreprise a continué à ouvrir de nouveaux magasins dans le monde entier, élargissant ainsi sa présence internationale. Par exemple, Decathlon ouvre son premier magasin en Chine à Shanghai en 2003. Actuellement, l’entreprise a plus de 2 000 magasins répartis dans 57 pays dans le monde La transformation de Decathlon : une stratégie ambitieuse « Le monde change, il est temps pour Decathlon d'accélérer ». C'est par cette phrase que la nouvelle Directrice Générale Barbara Martin Coppola (une franco-espagnole, ancienne Chief Digital Officer chez Ikea) a présenté le nouveau plan stratégique de Decathlon lors d'un grand « show » organisé en mars 2024 à Paris, à l'Accor Arena de Bercy. Deux ans après son arrivée, elle fait prendre un virage stratégique à la marque. Decathlon est confronté à des évolutions A l’origine, quatre évolutions impactent l’activité de Decathlon : Evolution des attentes des consommateurs, en matière d'expérience d'achat et de personnalisation des produits. Ils recherchent désormais des solutions plus personnalisées et une expérience client immersive Concurrence accrue. Le secteur des articles de sport est de plus en plus concurrentiel. De nouvelles marques (Intersport, Go Sport, Sport 2000) émergent. De nouveaux modèles d'affaires (Cdiscount, Amazon) se développent. Par conséquent, Decathlon doit s'adapter pour rester compétitif dans ce paysage en évolution rapide Changement technologique. Les avancées technologiques offrent de nouvelles possibilités en matière de conception de produits, distribution et marketing. Decathlon doit intégrer ces technologies pour rester à la pointe de l'innovation Responsabilité Sociale et Environnementale. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales et sociales. Decathlon doit adopter une approche durable dans toutes ses activités pour répondre à ces préoccupations croissantes La nouvelle stratégie de Decathlon Face à ces évolutions, Decathlon imagine un nouveau plan stratégique qui repose sur 3 axes : expérience client, durabilité et digitalisation. Cela se décline en plusieurs points importants : Nouvelle identité visuelle Le logo a été revisité avec une nouvelle forme circulaire et le bleu emblématique de la marque devient légèrement plus foncé. Réduction du nombre de marques Le portefeuille passe de 80 à seulement 13 marques. Cette diversité était la volonté initiale des fondateurs, mais elle rendait aujourd’hui l’enseigne peu lisible. Selon un responsable, « jusqu'à il y a quelques mois, on avait une marque par sport et, comme on fait 80 sports, on avait 80 marques. On s'est un peu dispersé ». Par conséquent, certaines marques disparaissent (Artengo pour le tennis, Wedze pour le ski ou Olayan pour le surf). Decathlon mise désormais sur 9 marques spécialistes (ex : Quechua pour la montagne, Kipsta pour les sports collectifs ou Tribord pour les sports d'eau) et 4 marques « expertes » (ex : Kiprun pour les chaussures running ou Simond pour l’escalade et l’alpinisme). Internationalisation La DG a même évoqué la « nouvelle frontière » en référence à Kennedy pour faire de Decathlon une marque mondiale. Elle le résume comme cela : « Decathlon est connu depuis des décennies pour ses grands magasins bleus. Maintenant, nous ouvrons cette boîte bleue au reste du monde ». Pour renforcer sa notoriété, Decathlon pourra aussi compter sur les Jeux Olympiques de Paris en 2024, dont la marque est l’un des partenaires officiels. Services associés aux produits Par exemple, Decathlon sera en mesure d’indiquer les routes les plus adaptées au client qui achète un vélo selon son niveau. Optimisation et digitalisation des organisations et des systèmes C'est le cas depuis le processus créatif et la production, jusqu'à l'utilisation et la réutilisation des produits. Durabilité Decathlon prend cet enjeu très au sérieux, avec par exemple le développement de l'offre de seconde main ou des ateliers réparation. Concrètement, le groupe prévoit de réduire ses émissions carbone de 20% en 2026, 42% en 2030 et atteindre le « net zéro » en 2050. En conclusion, la nouvelle stratégie de Decathlon sous la direction de Barbara Martin Coppola traduit l’évolution nécessaire d’une entreprise qui doit répondre aux besoins changeants des consommateurs, tout en renforçant sa position sur un marché mondial. En adoptant une approche plus digitale, innovante, durable et internationale, Decathlon est bien positionné pour relever les défis à venir et rester un leader du secteur des articles de sport ! Cependant, cette modernisation n’est pas un renoncement à son ADN. Decathlon ne veut pas copier Nike et Adidas ! L’enseigne veut garder ses points forts, par exemple l’accessibilité au sport avec des produits techniques à prix bas ou sa capacité à répondre à des experts d’un sport niche comme la randonnée ou la course à pied. Cela vous motive pour travailler en Conseil en stratégie ? C’est normal ! Travailler sur les problématiques stratégiques de grandes entreprises comme Decathlon est très valorisant ! Mais c’est difficile d’intégrer un prestigieux cabinet. Pour réussir, il faut être très bien préparé. Training You est la 1ère plateforme de préparation en ligne aux entretiens en Conseil en stratégie. Avec : des cours pour optimiser votre candidature et bien performer pendant les entretiens, une bibliothèque de 172 cas réels corrigés qui sont tombées en entretien, 14 fiches secteurs pour améliorer votre business sense, 17 fiches cabinets pour comprendre les particularités entre les différents acteurs et des podcasts exclusifs avec des consultants pour obtenir des retours d’expérience concrets. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Guillaume Pommier

6 min de lecture