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Buy-side vs Sell-side en M&A : quelles différences et quelles implications en entretien ?

Par Guillaume Pommier

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11 min de lecture

En entretien de M&A, les candidats se concentrent souvent sur les grands classiques : méthodes de valorisation, LBO, Bridge Equity Value / Enterprise Value, etc. Pourtant, une notion aussi fondamentale revient régulièrement : la différence entre buy-side et sell-side.

À première vue, la distinction semble simple. Le sell-side correspond au côté du vendeur. Le buy-side correspond au côté de l’acheteur. Mais dans la pratique, cette différence implique deux logiques très différentes : les objectifs ne sont pas les mêmes, les analyses ne sont pas les mêmes, les documents produits ne sont pas les mêmes, et le rôle de la banque d’affaires change fortement selon le côté de la transaction.

Pour un étudiant qui prépare ses entretiens en M&A, comprendre cette distinction est essentiel. Non seulement parce qu’elle fait partie du vocabulaire de base en banque d’affaires, mais aussi parce qu’elle permet de montrer au recruteur que vous comprenez réellement le fonctionnement d’une transaction.

1. Que signifie buy-side et sell-side en M&A ?

Dans une opération de fusion-acquisition, il y a généralement deux grandes parties : un vendeur et un acheteur.

  • Le sell-side désigne le côté du vendeur. Dans ce cas, la banque d’affaires accompagne un actionnaire, un fondateur, un fonds d’investissement ou un groupe industriel qui souhaite vendre une entreprise, une filiale ou une participation
  • Le buy-side, à l’inverse, désigne le côté de l’acheteur. La banque accompagne alors un groupe, un fonds de Private Equity ou un investisseur qui souhaite acquérir une société

Prenons un exemple simple. Une entreprise familiale spécialisée dans les logiciels RH réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et souhaite ouvrir son capital ou vendre une majorité de ses titres. Elle mandate une banque d’affaires pour organiser la vente. Cette banque intervient donc en sell-side. En face, plusieurs fonds de Private Equity et groupes industriels analysent l’opportunité. S’ils sont accompagnés par une banque pour évaluer la cible, structurer une offre ou négocier le prix, cette banque intervient alors en buy-side.

La même transaction peut donc être regardée sous deux angles : celui du vendeur, qui veut obtenir les meilleures conditions de cession, et celui de l’acheteur, qui veut s’assurer de payer le bon prix pour un actif attractif.

2. Attention à la confusion avec buy-side et sell-side dans les métiers financiers

Il existe une confusion fréquente chez les étudiants. Car les termes buy-side et sell-side sont également utilisés pour désigner des catégories d’acteurs financiers.

  • Dans ce sens plus large, le sell-side désigne généralement les banques d’investissement, les brokers, les analystes equity research ou les intermédiaires financiers qui vendent des services, des conseils ou des produits financiers à des clients
  • Le buy-side, lui, désigne plutôt les investisseurs qui gèrent du capital : fonds de Private Equity, hedge funds, asset managers, fonds de pension, fonds souverains ou family offices

Mais en M&A, lorsque l’on parle d’une mission buy-side ou sell-side, on parle surtout du côté de la transaction. Une banque d’affaires, qui est par nature un acteur sell-side au sens large des métiers financiers, peut donc réaliser une mission buy-side si elle conseille un acquéreur dans le cadre d’une opération.

C’est une nuance importante, car elle montre que vous maîtrisez le vocabulaire financier avec précision.

3. Quelle est la logique d’une mission sell-side ?

Dans une mission sell-side, la banque d’affaires conseille le vendeur. Son objectif principal est de maximiser les conditions de vente, ce qui signifie généralement obtenir le meilleur prix possible, mais aussi sécuriser la transaction, réduire les risques d’exécution et sélectionner l’acheteur le plus crédible.

Le sell-side est très souvent organisé comme un process compétitif. La banque prépare l’entreprise à la vente, identifie les acheteurs potentiels, contacte les investisseurs, distribue les documents d’information, collecte les offres et accompagne le vendeur dans la négociation.

La logique est assez claire : plus il y a d’acheteurs intéressés, plus la tension concurrentielle augmente. Et plus cette tension est forte, plus le vendeur peut espérer obtenir une valorisation élevée et des conditions favorables.

Dans une mission sell-side, la banque doit donc construire une véritable equity story. Elle doit expliquer pourquoi l’entreprise est attractive, pourquoi son marché est porteur, pourquoi son business model est solide, pourquoi sa rentabilité est défendable, et pourquoi un acheteur devrait accepter de payer une prime.

C’est une logique de présentation, de conviction et de mise en concurrence.

4. Quelle est la logique d’une mission buy-side ?

Dans une mission buy-side, la banque d’affaires conseille l’acheteur. L’objectif n’est pas de vendre l’actif au prix le plus élevé possible, mais d’aider l’acheteur à prendre une bonne décision d’investissement.

La banque doit donc répondre à plusieurs questions : la cible est-elle attractive ? Son marché est-il porteur ? Ses performances financières sont-elles solides ? Quels sont les risques ? Quelles synergies peut-on espérer ? Quel prix maximum l’acheteur peut-il raisonnablement payer ? Comment financer l’opération ? L’acquisition sera-t-elle créatrice ou destructrice de valeur ?

La logique buy-side est donc plus analytique et plus défensive. L’acheteur ne veut pas surpayer. Il veut comprendre ce qu’il achète, identifier les risques cachés et construire une conviction solide avant de déposer une offre.

En buy-side, la banque peut aussi aider son client à identifier des cibles potentielles. Par exemple, un groupe industriel qui souhaite se développer dans un nouveau pays peut demander à une banque de cartographier les acteurs du marché, d’identifier les entreprises les plus pertinentes, puis de l’accompagner dans l’approche et l’analyse de ces cibles.

La logique est donc différente du sell-side : il ne s’agit pas de créer une tension concurrentielle autour d’un actif, mais de trouver, analyser et sécuriser une opportunité d’acquisition.

5. Les différences clés entre buy-side et sell-side

Critère Sell-side Buy-side
Client conseillé Le vendeur : fondateur, actionnaire, fonds d’investissement ou groupe industriel qui souhaite céder une entreprise, une filiale ou une participation L’acheteur : groupe industriel, fonds de Private Equity ou investisseur souhaitant acquérir une société
Objectif principal Maximiser la valorisation, sélectionner le meilleur acheteur et sécuriser la transaction Identifier une bonne cible, éviter de surpayer et s’assurer que l’opération a du sens stratégiquement et financièrement
Rôle de la banque Agir comme chef d’orchestre du process de vente : préparer les documents, contacter les acheteurs, organiser les échanges, gérer le calendrier, collecter les offres et accompagner la négociation Agir comme conseiller stratégique et financier de l’acheteur : analyser la cible, évaluer le prix, identifier les synergies, structurer l’offre et accompagner la négociation
Documents produits Teaser, NDA, Information Memorandum, management presentation, process letter, data room, analyses comparatives des offres reçues Screening de cibles, profils d’entreprises, analyses stratégiques, modèles d’acquisition, analyses de valorisation, notes d’investissement, supports de négociation
Logique de valorisation Défendre la valeur la plus élevée possible en mettant en avant les forces de l’entreprise, ses perspectives de croissance, sa rentabilité, son positionnement concurrentiel et les synergies potentielles pour les acheteurs. Déterminer le prix maximum acceptable en analysant les risques, en testant différents scénarios et en challengeant les hypothèses du vendeur
Question centrale “Comment justifier le prix le plus élevé possible ?” “À partir de quel prix cette acquisition détruit-elle de la valeur ?”

En résumé, le sell-side est guidé par une logique de valorisation et de mise en concurrence, tandis que le buy-side est guidé par une logique d’analyse, de conviction et de maîtrise du risque.

6. Buy-side vs Sell-side : quelles différences pour un analyste M&A ?

Pour un analyste M&A, le quotidien peut être assez différent selon que la mission est buy-side ou sell-side.

  • En sell-side : L’analyste passe beaucoup de temps sur les documents de présentation. Il travaille sur le teaser, l’Information Memorandum, les analyses de marché, les pages financières, les profils d’acheteurs, les relances et les supports de management presentation. Il peut également participer à la préparation de la data room et à l’analyse des offres reçues. Le sell-side est souvent très intense car le process doit avancer selon un calendrier précis. Il y a beaucoup de coordination, beaucoup de versions de documents, beaucoup d’échanges avec le client et parfois un nombre important d’acheteurs à gérer en parallèle
  • En buy-side : L’analyste travaille davantage sur l’analyse de cibles, les profils d’entreprises, la valorisation, les modèles financiers, les analyses de synergies et les notes d’investissement. Il doit comprendre rapidement un marché, évaluer l’attractivité d’une cible et aider son client à prendre une décision. Le buy-side peut donc être plus proche d’une logique d’investisseur. Il demande de savoir challenger les hypothèses, comprendre les risques et construire une conviction

Les deux types de missions sont très formateurs. Le sell-side permet de comprendre en profondeur le déroulement d’un process de vente. Le buy-side permet de développer une logique d’acquisition, d’investissement et de création de valeur.

7. Quelle mission est la plus intéressante : buy-side ou sell-side ?

Il n’y a pas de réponse universelle. Tout dépend de ce que l’on cherche à apprendre.

  • Le sell-side est particulièrement formateur pour comprendre l’exécution d’une transaction. Il permet de voir comment une banque organise un process, prépare une société à la vente, contacte des acheteurs, crée de la tension concurrentielle et accompagne une négociation
  • Le buy-side est très intéressant pour développer une approche plus stratégique et analytique. Il oblige à se mettre dans la peau de l’acheteur : pourquoi acheter ? À quel prix ? Avec quels risques ? Avec quelles synergies ? Avec quel financement ? Avec quel impact sur la création de valeur ?

Pour un étudiant qui souhaite commencer en M&A, l’idéal est d’être exposé aux deux types de missions. Cela permet de comprendre les transactions dans leur globalité et de développer une vision plus complète du métier.

8. Pourquoi cette distinction est importante en entretien M&A ?

En entretien, la différence entre buy-side et sell-side est une question classique. Elle peut être posée directement, mais elle peut aussi apparaître de manière indirecte à travers des questions sur le process M&A, la valorisation, les documents préparés par une banque ou le rôle d’un analyste.

Un recruteur peut par exemple demander :

  • Quelle est la différence entre une mission buy-side et une mission sell-side ?
  • Quels documents une banque prépare-t-elle dans un process sell-side ?
  • Pourquoi un vendeur organise-t-il un process compétitif ?
  • Pourquoi un acheteur accepte-t-il de payer une prime ?
  • Quelles analyses sont importantes pour conseiller un acquéreur ?
  • Comment déterminer le prix maximum qu’un acheteur peut payer ?
  • Quel est le rôle d’un analyste dans une mission sell-side ?
  • Quelle est la différence entre un acquéreur stratégique et un acquéreur financier ?

Ces questions peuvent sembler simples, mais elles demandent en réalité une réponse structurée, précise et illustrée. En entretien, il ne suffit pas de connaître la définition du buy-side et du sell-side : il faut être capable d’expliquer les objectifs de chaque partie, le rôle concret de la banque, les documents produits, la logique de valorisation et les implications pour l’analyste M&A.

C’est précisément ce que nous travaillons dans les Packs Training You dédiés à la Corporate Finance. Les étudiants y retrouvent les notions clés à maîtriser pour réussir leurs entretiens en M&A : process de transaction, valorisation, bridge Equity Value / Enterprise Value, LBO, questions techniques, fit interview et cas pratiques inspirés des standards des banques d’affaires.

L’objectif : ne pas seulement apprendre la théorie, mais savoir la mobiliser clairement face à un recruteur.

9. Exemple concret : une entreprise vendue à un fonds de Private Equity

Prenons un exemple simple.

Une entreprise spécialisée dans les logiciels de gestion RH réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et 8 millions d’euros d’EBITDA. Ses fondateurs souhaitent vendre une majorité du capital afin de monétiser une partie de leur patrimoine et accélérer le développement de la société avec un nouvel actionnaire.

  • Côté sell-side, la banque conseille les fondateurs. Elle analyse l’entreprise, prépare l’equity story, rédige l’Information Memorandum, identifie des fonds de Private Equity et des acquéreurs stratégiques, organise les échanges, collecte les offres et aide les fondateurs à sélectionner le meilleur acheteur
  • Côté buy-side, un fonds de Private Equity analyse l’opportunité. Il étudie le marché des logiciels RH, regarde la croissance de l’entreprise, analyse la qualité des revenus, évalue la rentabilité, construit un modèle LBO, estime la dette soutenable et détermine le prix maximum qu’il peut payer tout en atteignant son objectif de rendement.

La même transaction donne donc lieu à deux lectures très différentes.

  • Pour le vendeur, la question est : comment obtenir le meilleur prix et choisir le bon partenaire ?
  • Pour l’acheteur, la question est : cette société est-elle une bonne opportunité d’investissement au prix demandé ?

C’est précisément cette différence de perspective qu’il faut être capable d’expliquer en entretien.

10. Buy-side, sell-side et choix de carrière

Pour les étudiants, la distinction entre buy-side et sell-side est également utile pour comprendre les trajectoires de carrière.

Commencer en banque d’affaires M&A permet d’être exposé à différents types de transactions, côté acheteur comme côté vendeur. C’est une excellente école de formation, car le rythme est exigeant, les standards sont élevés, et les analystes développent rapidement de solides compétences en finance, modélisation, exécution et communication.

Après quelques années en banque d’affaires, certains professionnels rejoignent le Private Equity. Dans ce cas, ils passent davantage du côté buy-side au sens métier : ils analysent des opportunités d’investissement, construisent des convictions, réalisent des due diligences, structurent des acquisitions et accompagnent les participations en portefeuille.

D’autres rejoignent des directions M&A ou Corporate Development au sein de grands groupes. Ils travaillent alors en interne sur des acquisitions, des cessions, des partenariats stratégiques ou des opérations de croissance externe.

Comprendre la différence entre buy-side et sell-side permet donc aussi de mieux comprendre les passerelles entre banque d’affaires, Private Equity et Corporate Development.

11. Comment se préparer aux questions buy-side / sell-side en entretien ?

Pour être solide en entretien, il faut maîtriser plusieurs niveaux.

  • D’abord, il faut connaître les définitions. Vous devez être capable d’expliquer simplement ce qu’est une mission buy-side et ce qu’est une mission sell-side
  • Ensuite, il faut comprendre les objectifs de chaque partie. Le vendeur veut maximiser la valeur et sécuriser le process. L’acheteur veut identifier une bonne opportunité, éviter de surpayer et limiter les risques. Il faut également connaître les documents clés. En sell-side, vous devez savoir parler du teaser, du NDA, de l’Information Memorandum, de la management presentation, de la data room et des process letters. En buy-side, vous devez être capable d’évoquer le screening de cibles, les profils d’entreprises, les analyses de valorisation, les modèles d’acquisition et les notes d’investissement
  • Enfin, il faut être capable de relier cette distinction aux grandes notions techniques : valorisation, synergies, prime d’acquisition, structure de financement, dette nette, bridge Equity Value / Enterprise Value, LBO, due diligence et création de valeur.

C’est exactement ce qui distingue un candidat moyen d’un candidat bien préparé. Un candidat moyen connaît quelques définitions. Un bon candidat comprend les logiques économiques sous-jacentes et sait les expliquer avec clarté.

Conclusion : une distinction simple, mais essentielle pour réussir ses entretiens en M&A

La différence entre buy-side et sell-side peut sembler évidente au premier abord. Pourtant, elle structure une grande partie du métier de banquier d’affaires.

En sell-side, la banque conseille le vendeur. Elle cherche à maximiser la valorisation, organiser un process compétitif et sécuriser la transaction. En buy-side, la banque conseille l’acheteur. Elle l’aide à identifier une cible, analyser l’opportunité, valoriser l’entreprise, structurer une offre et éviter de surpayer.

Pour un étudiant qui prépare ses entretiens en M&A, cette distinction est indispensable. Elle permet de mieux comprendre le rôle de la banque, les attentes du client, les documents produits, les analyses réalisées et les questions susceptibles de tomber en entretien.

Chez Training You, nous accompagnons les étudiants dans leur préparation aux entretiens en finance d’entreprise, avec des cours dédiés au M&A, à la valorisation, au LBO, au bridge Equity Value / Enterprise Value, au fit interview et aux questions techniques réellement posées en entretien.

Si vous souhaitez rejoindre une banque d’affaires, un fonds de Private Equity ou une équipe Corporate Development, la maîtrise de ces notions n’est pas optionnelle. Elle constitue la base sur laquelle vous pourrez construire des réponses solides, structurées et convaincantes en entretien.

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Préparation
C’est quoi le process M&A sell-side ?

En entretien, il faut bien maîtriser le process M&A « sell-side ». En effet, le banquier M&A conseille une entreprise dans deux situations principales. Si elle veut acquérir une autre société, il est mandaté en « buy-side » (conseil à l’achat). Si les actionnaires souhaitent vendre l’entreprise, il est mandaté en « sell-side » (conseil à la vente). Dans ce second cas, le travail de la banque est d’organiser le process d’enchères pour vendre la société. Dans cet article, nous allons parcourir les grandes étapes de ce process « sell-side » : préparation, contact, due diligence et négociation. Etape 1 du process M&A sell-side : La préparation de la documentation La première étape consiste à préparer la documentation sur l’entreprise. La banque l'enverra ensuite aux acquéreurs potentiels. La documentation se rédige généralement deux étapes. Le teaser D’abord, la banque prépare le Teaser. Le document est assez court. Il fait une dizaine de pages maximum. Il est souvent encore anonyme. En effet, il ne mentionne pas le nom de la cible. Et son seul objectif est d’éveiller l’intérêt des acheteurs potentiels. C'est donc un « teasing »…. Le Teaser est envoyé à tous les acquéreurs identifiés par la banque comme pouvant être intéressés de près ou de loin par la cible. L'Information Memorandum Ensuite, la banque prépare l’Information Memorandum (parfois appelé « Info Memo » ou plus succinctement « IM »). C’est un document beaucoup plus volumineux. Il fait parfois plus de 100 pages. Son objectif est de donner beaucoup d’informations (y compris confidentielles) sur l’entreprise. L’Information Memorandum s'envoie seulement aux acquéreurs qui ont signé un accord de confidentialité. Cet accord s'appelle le « NDA » ou « Non Disclosure Agreement » en anglais. Et il se signe après la réception du Teaser. Ayant été suffisamment intéressés par la cible, ils acceptent cette contrainte (ne pas divulguer l’information confidentielle à laquelle ils vont accéder) pour en apprendre davantage sur l’opportunité Pour savoir quels éléments la banque inclut dans le Teaser et l’Information Memorandum : Vous pouvez visionner notre cours sur les process en M&A. Les juniors en M&A (analystes et stagiaires) sont très exposés à cette première étape du process. Pendant vos premières années en M&A, une partie significative du travail consistera à produire ces documents (Teaser et Information Memorandum) sous la forme de présentation PowerPoint. Etape 2 du process M&A sell-side : Le contact des acquéreurs potentiels La seconde étape consiste à envoyer la documentation aux acquéreurs potentiels (les investisseurs). Pendant cette étape, la banque peut aussi répondre à leur premières questions (souvent très préliminaires à ce stade). Les acquéreurs potentiels se répartissent en deux grandes catégories : Les acquéreurs industriels. Ce sont des entreprises qui évoluent souvent dans le même secteur d’activité de la cible. Ils souhaitent la racheter pour augmenter leur part de marché (acquisition horizontale), enrichir leurs produits ou avoir de nouveaux clients (diversification) ou intégrer une activité faisant partie de la chaîne de valeur (acquisition verticale) Les acquéreurs financiers. Ce sont des fonds d’investissement. On les appelle aussi communément les fonds de Private Equity. Ils investissent dans le secteur de la cible et souhaitent la racheter pour en améliorer les performances avant de la revendre à un meilleur prix Le Teaser est partagé à tous les acquéreurs identifiés par la banque. L’Information Memorandum est envoyé uniquement aux signataires du NDA (envoyé pour signature au même moment que le Teaser). A l’issue de cette phase, certains acquéreurs (les plus intéressés par la cible) vont déposer une LOI (« Letter of Intent ») auprès de la banque. Ce document est non engageant mais donne quelques indications sur la motivation de l’acheteur pour acheter la cible (prix, stratégie, financement, etc.). Et sur la base des informations incluses dans le document, la banque sélectionne (en accord évidemment avec son client) quelques acquéreurs potentiels pour l’étape suivante. Etape 3 du process M&A sell-side : La due diligence La troisième étape consiste à organiser l’audit de la cible par les acquéreurs potentiels préalablement sélectionnés à l’issue de la phase de contact. Cette étape s'appelle la due diligence. Concrètement, les acheteurs potentiels ont accès à plusieurs sources d’informations sur la base desquelles ils vont construire leur avis sur la cible. Les trois principales sources d’informations sont : La data room C’est un espace virtuel (en ligne) qui regroupe l’ensemble des informations pertinentes sur la cible, de nature financière (ex : les derniers états financiers de l’entreprise), juridique (ex : les statuts de l’entreprise, les contrats avec les salariés), opérationnelle (ex : les contrats signés avec les principaux clients), etc. Les rapports de Vendor Due Diligence (ou « VDD ») Ce sont des rapports thématiques que rédigent les différents conseils du vendeur pour rassurer les acquéreurs potentiels. D’abord, un cabinet d’audit comme ceux du « Big 4 » (EY, PwC, KMPG ou Deloitte) peut rédiger une VDD financière pour « certifier » les chiffres historiques de la cible et identifier les potentiels risques financiers. Ce sont les équipes Transaction Services qui s’occupent de la production de ce rapport. Parmi les principales questions posées, on doit savoir quel est l’Ebitda normatif sur lequel doit se baser la valorisation ? Ensuite, un cabinet d’avocat peut faire une VDD legal pour rassurer les acquéreurs sur toute la partie juridique liée à la cible. Enfin, un cabinet de Conseil en stratégie (Bain est d’ailleurs le leader sur ce segment) peut faire une VDD stratégique pour analyser le marché de la cible, sa position face à ses concurrents et ses pistes de croissance. Les Management Presentations Ce sont des réunions avec le management de la cible pendant lesquelles les acquéreurs potentiels peuvent poser des questions très variées sur l’entreprise Pour obtenir plus de détails sur la phase de due diligence, vous pouvez visionner notre cours sur les process en M&A. A l’issue de la phase de due diligence, les acquéreurs potentiels peuvent soumettre une offre ferme à la banque. Contrairement à la précédente LOI, cette offre est engageante. Etape 4 du process M&A sell-side : La négociation avec l’acheteur La quatrième étape est la négociation de la documentation juridique avec l’acheteur retenue à l’issue de la phase de la due diligence. A ce stade, le vendeur entre généralement en négociations exclusives avec un seul acquéreur. C'est souvent celui qui a fait la meilleure offre. Le principal document à négocier est le protocole de cession. On l'appelle aussi « Share Purchase Agreement » ou « SPA » en anglais. C’est dans ce document que figurent le prix de vente et les principales clauses concernant les termes de la transaction (pourcentage d’acquisition, financement, etc.). Parfois, le vendeur doit négocier en plus un pacte d’actionnaires. On l'appelle aussi le « Shareholder Agreement » ou « SHA ». Ce document additionnel intervient principalement quand les cédants conservent des parts au capital de la cible après la transaction. La signature de ces documents constitue le signing. Après certaines vérifications ou atteinte de conditions, l’acheteur réalise le virement des fonds auprès du vendeur. C’est le closing de la transaction. Pour avoir une idée plus précise des obstacles potentiels entre signing et closing : Vous pouvez retrouver notre cours sur les process en M&A. Vous souhaitez faire un stage en M&A ? Les banques d’affaires recrutent chaque année des stagiaires. Cependant, les process de recrutement sont de plus en plus compétitifs. Pour optimiser vos chances de réussite, c’est avec Training You ! Co-fondé par deux anciens banquiers de Lazard, Training You contient +60 heures de formation pour tout réviser et être au point le jour J : cours sur les candidatures, le fit et la technique (dont un cours dédié au process en M&A), exercices et cas pratiques, tests d’entraînement, fiches sur les banques et le fonds de Private Equity, podcasts avec des professionnels du secteur. 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Par Théa Chaduteau

5 min de lecture

Décryptage
Corporate Development : comprendre le M&A stratégique au cœur des entreprises

Le Corporate Development, parfois appelé Corporate M&A, est l’un des métiers les plus stratégiques d’un grand groupe. Pourtant, il reste largement méconnu des étudiants et jeunes diplômés. Beaucoup l’associent à une simple version “interne” du M&A. C’est une idée fausse. Le Corporate Development est bien plus large, plus stratégique, plus complet. C’est le métier qui pilote la croissance d’une entreprise, façonne son portefeuille d’activités et prépare sa trajectoire à long terme. Dans cet article, vous trouverez : Une explication claire du métier Les missions Les compétences clés Les différences avec M&A et stratégie Les salaires Les sorties Comment décrocher un poste Comment réussir les entretiens Un tableau comparatif complet 1. Corporate Development : un rôle stratégique au centre du M&A interne Le Corporate Development est la fonction qui pilote : les acquisitions, les cessions, les carve-outs, les joint-ventures, les alliances stratégiques et l’intégration post-acquisition. C’est un métier hybride, à la croisée de la stratégie, du M&A, des opérations et de la finance. Contrairement aux banques d’affaires, centrées sur la transaction financière, les équipes Corporate Development prennent en charge tout le cycle stratégique : Définir la vision et les axes de croissance du groupe Identifier les meilleures cibles Construire le Business Plan Négocier l’opération Coordonner les due diligences Intégrer l’acquisition Leur impact est direct : une décision peut changer la trajectoire d’un groupe pendant 10 ou 20 ans. 2. Sourcing stratégique : l’art de repérer la bonne cible au bon moment Avant de parler de négociations ou de due diligence, il faut trouver la bonne entreprise. Les équipes Corporate Development réalisent une veille permanente : Cartographie des concurrents Analyse des tendances sectorielles Suivi des innovations Repérage des startups émergentes Identification des acteurs à fort potentiel Exemples concrets : LVMH cartographie les marques premium mondiales pour repérer les “gems” avant ses concurrents. Airbus surveille technologies et sous-traitants stratégiques. Doctolib repère des logiciels médicaux pour renforcer sa plateforme. C’est un travail analytique, stratégique et structurant. 3. Exécution du deal : l’étape la plus intense du métier Lorsque la bonne cible est identifiée, tout s’accélère. La phase d'exécution L’équipe Corporate Development entre dans une phase d’exécution où chaque décision compte. Elle commence par réaliser une pré-analyse stratégique, évaluer les synergies potentielles, construire les hypothèses du Business Plan et préparer les premières estimations de valorisation. Vient ensuite la coordination des due diligences, un travail mené avec les Big 4, les avocats, les consultants spécialisés et l’ensemble des fonctions internes. L’équipe participe également aux négociations et prépare les présentations au Comex ou Board, qui devront valider l’opération. Le Corporate Development agit comme un véritable chef d’orchestre : finance, juridique, IT, RH, stratégie, Supply Chain, opérations… Toutes les directions sont impliquées. Et aucune ne peut avancer sans sa coordination. Par exemple, lorsqu’un groupe industriel rachète un fournisseur clé, il faut aligner les enjeux de production, de qualité, de logistique, de ressources humaines, de systèmes d’information et bien sûr de finance. C’est précisément le rôle du Corporate Development de maintenir cette cohérence et de faire en sorte que chacun travaille dans la même direction. La relation avec les banques d’affaires : un partenariat structurant Lorsque l’entreprise mandate une banque d’affaires pour l’accompagner, les interactions entre les équipes Corporate Development et les équipes M&A deviennent centrales. Chaque partie joue un rôle distinct mais complémentaire. La banque apporte son expertise sur l’analyse de marché, les comparables de transactions, le positionnement concurrentiel de la cible, la structuration du process, la conduite des négociations et la gestion du calendrier. Le Corporate Development conserve la maîtrise stratégique du deal : c’est lui qui définit l’intérêt industriel de l’acquisition, valide les synergies, challenge les hypothèses financières, oriente les analyses de la banque et présente les décisions à la direction générale. En pratique, la banque prépare les analyses… mais c’est le Corporate Development qui tranche. La banque gère les discussions tactiques… Mais c’est le Corporate Development qui fixe la stratégie et les limites à ne pas dépasser La banque construit le process… Mais c’est le Corporate Development qui porte la décision finale en interne Les analystes M&A voient souvent l’entreprise “de l’extérieur”... Mais le Corporate Development, lui, comprend la réalité opérationnelle, les contraintes internes et les priorités stratégiques du groupe C’est cette complémentarité qui permet aux deux équipes d’avancer efficacement, chacun avec sa vision et son expertise. 4. Post-Merger Integration : là où se crée (ou se détruit) la valeur Contrairement au M&A externe, le travail ne s’arrête pas au closing. La création de valeur dépend de l’intégration post-acquisition. Les équipes Corporate Development pilotent : la fusion des équipes, l’intégration IT, la gouvernance, les synergies opérationnelles, la stratégie produit et le suivi des synergies à 12, 24, 36 mois. 60 à 70 % des acquisitions détruisent de la valeur. La raison : une intégration mal gérée. C’est pourquoi le Corporate Development joue un rôle crucial dans la réussite d’un deal. 5. Culture, rythme et quotidien du métier Le rythme dépend des deals. Deux phases : En deal : Semaines longues (50–70h), deadlines serrées et pression élevée Hors deal : Analyses sectorielles, veille stratégique, Business Planning, échanges avec les BU La culture du métier est particulière : ce sont de équipes petites souvent composées d'anciens banquiers M&A (avec au moins 3 à 5 d'expérience en banque d'affaires), qui travaillent en forte proximité avec le Comex. C’est un environnement idéal pour un profil analytique voulant comprendre un business en profondeur. 6. Salaires en Corporate Development (France, 2024–2025) Niveau Salaire annuel total Analyst 55–70k€ Associate 70–100k€ Manager 100–150k€ Director 150–250k€ Head of Corp Dev 250–400k€+ Le début de carrière est légèrement moins rémunéré que la banque d’affaires. Mais la trajectoire long terme est excellente, surtout si vous visez CFO ou DG. Attention, les recrutements en sortie d'école restent rares. Souvent, ces équipes recrutent des profils expérimentés (avec 3 à 5 ans d'expérience). 7. Sorties : un tremplin vers les postes de direction Le Corporate Development est l’un des rares métiers qui ouvre naturellement la voie vers des responsabilités de haut niveau. Cela s’explique par la nature même du rôle : les équipes Corporate Development manipulent des décisions stratégiques, analysent des acquisitions majeures, dialoguent avec la direction générale et comprennent le fonctionnement interne d’un groupe dans toute sa profondeur. Cette exposition accélère leur progression et les prépare à des trajectoires rares sur le marché. La sortie la plus fréquente se fait vers le Private Equity, un univers où l’expertise transactionnelle acquise en Corporate Development est particulièrement valorisée. Les fonds spécialisés (infrastructure, énergie, santé, tech) recrutent également régulièrement des profils issus de ces équipes, séduits par leur compréhension fine des Business Models et leur capacité à piloter un investissement au-delà de la simple modélisation financière. Beaucoup rejoignent ensuite des équipes de Corporate Venture Capital, où ils utilisent la même logique d’analyse stratégique pour évaluer et accompagner des investissements minoritaires dans des startups. D’autres poursuivent une évolution interne naturelle : la filière financière. Le Corporate Development constitue en effet l’un des meilleurs tremplins vers des postes de Directeur Financier, grâce à la maîtrise des deals, de l’allocation de capital et de la relation avec le top management. Le métier prépare également très bien aux rôles de Head of Strategy, où l’on coordonne la vision long terme du groupe, ainsi qu’aux fonctions de Direction de Business Unit, où il faut gérer un P&L, piloter des équipes opérationnelles et prendre des décisions stratégiques au quotidien. À un stade plus avancé, certains deviennent CEO de filiale, en particulier dans les groupes diversifiés ou très internationaux. Enfin, une proportion non négligeable de professionnels choisit la voie entrepreneuriale : création d’entreprise, rachat de PME, lancement d’une activité, parce qu’ils ont appris à analyser un marché, décoder un business model et piloter un deal de A à Z. En résumé, le Corporate Development façonne des profils capables de penser comme des investisseurs et d’agir comme des opérationnels, une combinaison très rare et très recherchée sur le marché du travail. 8. Corporate Development vs M&A vs Conseil en Stratégie Voici un tableau clair pour comprendre les différences. Critère Corporate Dev M&A banque Conseil en stratégie Objectif Construire le futur du groupe Exécuter des deals Résoudre problèmes stratégiques Horizon Long terme Court terme Moyen terme Rythme Variable Très intense Intense Missions Sourcing, négos, intégration Valorisation, DDR, marketing Marchés, croissance, organisation Sorties CFO, PE mid cap PE large cap C-level, PE large cap   9. Comment entrer en Corporate Development ? Accéder à un poste en Corporate Development demande un mélange de compétences financières, de compréhension stratégique et d’exposition concrète au monde des transactions. Les entreprises recherchent avant tout des profils capables d’analyser un business rapidement, de comprendre les enjeux industriels et de travailler de manière transversale avec des équipes très différentes. Dans les faits, les candidats les plus régulièrement recrutés sont ceux qui disposent d’une première expérience forte en finance transactionnelle : Les anciens stagiaires en M&A (que ce soit en banque d’affaires, en boutique ou en équipe interne) arrivent avec une maîtrise technique immédiate et une capacité à travailler sous pression, ce qui les rend particulièrement attractifs Les juniors issus du Transaction Services, des équipes TS/Valuation des Big 4, ou encore du Restructuring sont également très appréciés car ils connaissent les due diligences, les analyses financières détaillées et les mécanismes comptables Les cabinets de conseil en stratégie constituent une autre voie d’accès reconnue. Ces profils apportent une vision marché, une capacité de structuration et une compréhension profonde des Business Models, ce qui complète très bien le travail transactionnel Les auditeurs performants des Big 4 parviennent également à se faire une place grâce à leur rigueur technique et à leur connaissance fine des états financiers Enfin, certains analystes sectoriels (notamment en Equity Research) réussissent à intégrer ces équipes lorsque leur expertise sectorielle est un atout stratégique pour le groupe. 10. Comment réussir les entretiens Corporate Development ? Les entretiens en Corporate Development évaluent avant tout votre maîtrise des fondamentaux du M&A et votre capacité à analyser rapidement un business. Les recruteurs cherchent des candidats capables de comprendre l’impact financier d’une acquisition et de raisonner comme un investisseur interne. La partie la plus importante reste la technique. Vous devez connaître parfaitement les méthodes de valorisation, savoir construire ou challenger un DCF, comprendre les logiques de multiples, et être capable d’expliquer comment les synergies se traduisent concrètement dans un modèle financier. Les entreprises attendent également que vous maîtrisiez les mécanismes comptables liés à une acquisition : impact sur le P&L, le bilan, la trésorerie, et structure du financement Les équipes testent ensuite votre capacité à analyser un secteur et à évaluer l’attractivité d’une cible : taille du marché, dynamique concurrentielle, solidité du Business Model. Ce raisonnement stratégique est indispensable pour juger si une acquisition est cohérente avec les priorités du groupe Enfin, même si c’est moins mis en avant, vous devez montrer que vous comprenez les bases de l’intégration post-acquisition, notamment comment capturer les synergies opérationnelles ou anticiper les principaux risques d’intégration Ces compétences techniques, financières et analytiques sont précisément celles que nous entraînons chez Training You à travers des modèles financiers, des études de cas M&A et des simulations d’entretien ciblées. Conclusion Le Corporate Development n’est pas un “M&A interne”. C’est un métier qui combine stratégie, finance et opérations, avec un impact direct sur l’avenir des entreprises. Pour les étudiants intéressés par le M&A, la stratégie corporate, la compréhension des business models et un rôle transversal au cœur des décisions, c’est l’un des meilleurs choix de carrière. Et avec la bonne préparation, les opportunités sont nombreuses. Training You accompagne chaque année des milliers d’étudiants vers les meilleures opportunités en Corporate Development, M&A, Private Equity et Consulting. Accédez à nos cours, exercices corrigés, études de cas et coaching personnalisés. Découvrir nos formations


Par François Thiré Lacault

9 min de lecture

Décryptage
Définition M&A

Le M&A est l’un des métiers les plus prestigieux en Corporate Finance. Et de nombreux étudiants souhaitent débuter leur carrière en tant que banquier d'affaires. Dans cet article, nous allons définir ce qu’est le M&A, décrire le rôle et les missions du banquier d’affaires, expliquer l’attractivité actuelle du M&A chez les jeunes et enfin donner des conseils sur comment candidater en M&A. Le M&A est un métier de conseil sur des transactions financières  Les M&A ou « Mergers and Acquisitions » (en français les Fusions et Acquisitions) désignent l’ensemble des transactions qui modifient le capital d’une entreprise. On parle généralement d’opérations de « haut de bilan » pour les qualifier. Les motivations pour réaliser ces opérations M&A sont diverses : accéder à de nouveaux marchés, diversifier ses activités, acquérir des compétences, réaliser des économies d'échelle, renforcer sa position concurrentielle, etc. On distingue généralement 3 types d’opérations : Les fusions (deux sociétés fusionnent pour donner naissance à une nouvelle entité). Dans ce cas, les actionnaires des deux sociétés reçoivent chacun des actions de la nouvelle entité. Et les actifs et passifs des sociétés fusionnées sont combinées pour créer une seule entité Les acquisitions et cessions (un acquéreur rachète une partie ou l’intégralité du capital d’une société auprès d’un vendeur). Si l’acquéreur est un fonds d’investissement, l’opération est souvent qualifiée de « LBO » ou « Leveraged Buy-Out) Les levée de fonds ou augmentations de capital (des nouveaux investisseurs entrent au capital de la société) Le M&A est un métier réalisé par une banque d’affaires  Pour ces opérations, les différentes parties prenantes (acquéreurs, vendeurs, investisseurs, etc.) mandatent souvent une société pour les conseiller. Ce conseil est réalisé par des banques d’affaires (ex : BNP Paribas, Lazard, Rothschild & Co, etc.). Leur travail consiste à accompagner le client à chaque étape de l’opération. Si la banque d’affaires conseille l’acquéreur ou des investisseurs qui souhaitent prendre une participation au capital de l’entreprise, on dit qu’elle exerce un mandat « buy-side » Si la banque d’affaires conseille le vendeur, on dit qu’elle exerce un mandat « sell-side » Ces deux rôles sont évidemment très différents. Mais l’objectif reste le même : conseiller le client de manière à ce que l’opération réponde à ses besoins et maximise sa valeur. Si vous souhaitez travailler en M&A, vous devez rejoindre l’une de ces banques d’affaires. Il existe deux grands types de banques d’affaires. Les banques d’affaires au sein des banques universelles C'est la partie « Banque de Financement et d’Investissement » des grandes banques, présentes sur toute la chaîne de valeur de la banque. C’est le cas par exemple au sein des « bulge brackets » à Paris (ex : Goldman Sachs, J.P. Morgan, Morgan Stanley, etc.) et des grandes banques françaises (ex : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE). Ces banques ont des équipes dédiées au conseil sur les opérations M&A. Les boutiques M&A Les boutiques sont des spécialistes (ou « pure players ») du conseil financier. Ces acteurs ne font que du conseil financier. Elles ne proposent pas d’autres prestations (financement, ouverture d’un compte, couvertures contre les risques). Les boutiques d’élite conseillent des clients sur des opérations de toute taille (ex : Lazard, Rothschild & Co, Messier & Associés, etc.) tandis que les boutiques Small/Mid Cap interviennent davantage auprès des petites et moyennes entreprises (ex : Financière de Courcelles, Oddo BHF, Natixis Partners, DC Advisory, etc.). Ces dernières ont parfois développé une forte expertise sur un secteur particulier (ex : la tech pour Cambon Partners, Clipperton ou encore GP Bullhound, l’éducation pour Eurvad ou le luxe pour Michel Dyens) ou un type d’opérations (ex : les opérations cross-border pour Pramex International).  Le M&A est un métier avec des missions diverses Les missions d’une banque d’affaires dans le cadre d’une opération M&A sont diverses. Exemples de missions d’un conseil « sell-side » (conseil du vendeur) : Valorisation de la société cible Recherche des acquéreurs potentiels (le plus souvent des entreprises qui évoluent dans le même secteur ou des fonds de Private Equity qui investissent dans le secteur) Réalisation de la documentation marketing pour présenter la société cible aux acquéreurs potentiels (ex : teaser, information memorandum, management presentations) Organisation des interactions entre la cible et les différents acquéreurs potentiels Exemples de missions d’un conseil « buy-side » (conseil de l’acheteur) : Analyse de la documentation marketing reçue de la part du vendeur Valorisation de la cible Conduite de la due diligence sur la société cible (opérationnelle, financière, juridique, etc.) Recherche du financement pour réaliser l’acquisition de la société cible Organisation des interactions entre l’acheteur potentiel (qui est ici le client) et la cible Pourquoi travailler en tant que banquier d'affaires ? Les raisons de débuter sa carrière en M&A sont multiples. Un métier formateur D’abord, le M&A est un métier très formateur, avec une exposition rapide dès la prise de poste et une courbe d’apprentissage raide, que ce soit sur le développement des soft skills (telles que la rigueur ou la résistance à la pression) et les hard skills (telles que la capacité de synthèse d’informations ou la modélisation financière sur Excel, etc.). Un métier qui offre de la diversité Ensuite, le M&A est un métier qui offre de la diversité à tous les niveaux. Le banquier d’affaires travaille en « mode projet » pendant quelques mois sur une ou plusieurs opérations. Puis il sera confronté à d’autres dossiers. Ainsi, le M&A expose le banquier à une diversité de clients (taille de l’entreprise, secteur dans lequel elle évolue, cotée ou non cotée), de problématiques (vente d’une filiale à l’étranger, acquisition d’un petit acteur pour consolider un marché, levée de fonds pour accélérer la croissance, etc.) et de contreparties (fonds d’investissement, entreprises, etc.). Un métier dynamique qui permet une évolution rapide Enfin, le M&A est un métier dynamique qui permet une évolution rapide. Premièrement, cette évolution rapide concerne le rôle du banquier d'affaires au sein de la banque et les missions qui lui sont attribuées. En effet, au fur et à mesure de l’avancée de sa carrière, le métier de banquier M&A évolue. Et le périmètre des responsabilités s’élargit. Au départ, il est surtout axé sur l’exécution des transactions, avec par exemple la production de la documentation marketing ou le suivi des interactions entre chaque partie prenante sur le deal. Mais après quelques années, le banquier M&A devra davantage gérer la relation avec les clients et originer des deals pour la banque Deuxièmement, cette évolution rapide concerne le niveau de rémunération. Si la rémunération du banquier d’affaires junior ou « analyste M&A » oscille généralement entre 60k€ et 120k€, elle augmente considérablement après chaque année passée au sein de la banque. Surtout avec la hausse du bonus qui représente régulièrement une large part de la rémunération globale du banquier plus senior Troisièmement, cette évolution rapide concerne les transitions professionnelles. Une expérience de quelques années réussie en M&A ouvre de nombreuses portes : fonds de Private Equity, cabinets de Conseil en stratégie, postes à responsabilités au sein de startups, etc. Le M&A est un métier sélectif avec un process de recrutement concurrentiel Cela vous attire d'être un analyste en M&A ? Attention, le process de recrutement est aussi très sélectif. Vous devrez franchir trois grandes étapes : Etape 1 : Les screenings des banques Moins de 5% des candidatures reçues par une banque d’affaires sont retenues pour débuter le process de recrutement. Pour maximiser vos chances, vous devez soigner rigoureusement votre CV, rédiger une lettre de motivation percutante et personnalisée à chaque banque et ne pas hésiter à utiliser le networking ! Etape 2 : Les tests De plus en plus de banques d’affaires proposent des tests en ligne ou sur place pour écrémer les candidats. Certains tests en ligne évaluent la capacité de raisonnement du candidat dans différents domaines (analyse de chiffres, interprétation d’informations écrites, etc.). D’autres tests mettent le candidat en situation réelle : rechercher des informations sur une société, synthétiser ces informations de manière claire, structurée et jolie sur PowerPoint (l’outil utilisé en poste en M&A) ou encore construire un petit modèle financier sur Excel (ex : un DCF pour valoriser une entreprise). Etape 3 : Les entretiens Si le candidat réussit les tests, il passera un ou plusieurs tours d’entretiens. A chaque tour, il rencontrera un ou plusieurs banquiers qui évalueront à la fois son fit (motivation pour le M&A et la banque en question, personnalité, cohérence du parcours avec son projet, adéquation entre le candidat et la banque, etc.) et sa technique (compréhension des concepts financiers de base en Corporate Finance, sur des thématiques telles que la comptabilité, les méthodes de valorisation ou les LBO) Vous voulez travailler en M&A ? Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A avec des +60 heures de formation : cours en ligne sur le fit et toutes les thématiques en technique (comptabilité, Bridge EqV-EV, Valorisation, Merger, LBO, Process M&A), questions d’entretiens corrigées, tests en ligne sur la technique, fiches sur les entreprises du secteur (dont les principales banques d’affaires de la place parisienne), podcasts avec des professionnels du secteur. Une plateforme de cours pour un seul et même objectif : décrocher le stage de vos rêves ! Découvrir les cours de la plateforme


Par Ziad Sebti

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