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Décryptage

Due diligence en M&A : comprendre les principaux types d’audit dans une acquisition

Par Guillaume Pommier

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10 min de lecture

Dans une opération de M&A, la due diligence désigne l’ensemble des vérifications réalisées avant la signature définitive d’une acquisition. Son rôle est simple à comprendre, mais essentiel dans la pratique : il s’agit de s’assurer que l’entreprise ciblée correspond bien à ce qu’elle prétend être, et qu’aucun risque majeur ne remet en cause la logique du deal.

En réalité, la due diligence ne sert pas seulement à “contrôler les chiffres”. Elle permet aussi de :

  • Sécuriser la décision d’investissement
  • Préparer la négociation du prix
  • Identifier les risques cachés
  • Mieux structurer la documentation juridique
  • Anticiper les enjeux de l’intégration post-acquisition

C’est donc une étape centrale dans toute transaction, que l’on se place du côté d’un acquéreur stratégique, d’un fonds d’investissement ou d’un vendeur.

Pour les étudiants qui s’intéressent au Transaction Services, M&A, Private Equity ou Conseil en stratégie, c’est aussi un sujet incontournable. Comprendre les grands types de due diligence, c’est mieux comprendre comment se construit un deal dans la vraie vie.

1) La due diligence financière : analyser la performance réelle de la cible

La due diligence financière est souvent la plus visible dans une opération M&A. C’est elle qui permet de :

  • Examiner la performance historique de l’entreprise
  • Comprendre sa rentabilité réelle
  • Identifier les ajustements nécessaires sur l’EBITDA, le BFR et la Dette nette
  • Analyser la génération de cash et la qualité globale des chiffres présentés par le management

Autrement dit, l’objectif est de répondre à une question simple : la performance affichée reflète-t-elle vraiment la réalité économique de l’entreprise ?

C’est dans ce cadre que l’on va par exemple retraiter des éléments non récurrents, normaliser certains postes de charges, analyser la saisonnalité de l’activité ou encore détecter des tensions cachées sur le besoin en fonds de roulement. Cette due diligence a un impact direct sur la valorisation, sur la structure du prix et souvent sur les négociations entre acheteur et vendeur.

Ce sont généralement des acteurs spécialisés en Transaction Services qui interviennent sur ce sujet : les Big 4 bien sûr (Deloitte, EY-Parthenon, KPMG et PwC), mais aussi des cabinets comme Eight Advisory, Accuracy, Interpath ou Alvarez & Marsal. En pratique, ces équipes interviennent aussi bien sur des deals Small et Mid Cap que sur des transactions très larges et complexes.

Chez Training You, nous préparons précisément à ces métiers à travers notre cours de Transaction Services, dispensé par un professionnel de EY-Parthenon. Et si vous voulez découvrir ce métier de manière concrète, vous pouvez aussi écouter notre épisode de podcast avec Alexis Fontana (EY-Parthenon), qui permet de mieux comprendre les missions, les attentes du métier et les compétences à développer.

2) La due diligence fiscale : identifier les risques invisibles

La due diligence fiscale vise à repérer les expositions fiscales historiques ou potentielles de la cible. C’est un volet parfois moins connu des étudiants, mais il peut avoir un impact majeur sur le prix ou sur les garanties négociées dans le cadre du deal.

L’idée est d’évaluer :

  • La robustesse des positions fiscales de l’entreprise
  • La qualité de son historique déclaratif
  • Les éventuels risques de redressement
  • La cohérence de certaines structurations
  • L’existence de passifs fiscaux latents

Une entreprise peut sembler saine financièrement, tout en portant un risque fiscal important susceptible de dégrader fortement la valeur du deal.

Ici encore, les Big 4 jouent un rôle central, avec leurs équipes de M&A Tax ou de Transaction Tax. On retrouve également sur ces sujets des cabinets fiscaux spécialisés ou les départements fiscaux de grands cabinets d’avocats d’affaires.

Dans une transaction, la fiscalité n’est jamais un simple détail technique. Elle influence directement la manière de structurer l’acquisition, le traitement des passifs passés, le niveau de protection demandé par l’acheteur, et parfois même la pertinence de l’opération dans son ensemble.

3) La due diligence juridique : sécuriser ce que l’on achète vraiment

La due diligence juridique a pour objectif de vérifier que l’acquéreur sait exactement ce qu’il achète, dans quelles conditions, et avec quels risques juridiques associés.

Elle couvre généralement l’analyse de la documentation corporate, des statuts, des pactes d’actionnaires, des contrats-clés, des autorisations réglementaires, des contentieux en cours, des sujets de propriété intellectuelle, des baux, des financements ou encore des clauses de changement de contrôle. C’est souvent à ce stade que l’on découvre qu’un contrat important ne peut pas être transféré librement, qu’un litige a été sous-estimé, ou qu’un actif stratégique n’est pas aussi sécurisé qu’il y paraît.

Cette due diligence est menée par des cabinets d’avocats d’affaires, comme Mayer Brown, Darrois Villey Maillot Brochier, Bredin Prat, Clifford Chance, Freshfields, White & Case, Linklaters, Latham & Watkins, Allen & Overy Shearman, ou encore Gide et De Pardieu Brocas Maffei sur le marché français.

Pour un étudiant, il est important de comprendre que la revue juridique n’est pas seulement une couche de protection formelle. Elle influence directement la documentation de l’opération, la rédaction du SPA, les déclarations et garanties, et parfois la décision même de poursuivre le deal.

4) La due diligence commerciale : tester la solidité de la thèse d’investissement

La due diligence commerciale (ou stratégique) consiste à analyser le marché, les clients, le positionnement concurrentiel, la qualité de la croissance et la crédibilité du business plan. En d’autres termes, elle sert à répondre à cette question : le business est-il vraiment aussi attractif qu’il en a l’air ?

Une entreprise peut afficher de bons résultats historiques, mais reposer sur un marché en ralentissement, un portefeuille clients trop concentré, une proposition de valeur fragile ou des hypothèses de croissance trop optimistes. La due diligence commerciale permet donc de tester la thèse d’investissement au-delà des chiffres passés.

C’est un volet souvent pris en charge par les grands cabinets de conseil en stratégie, notamment McKinsey, BCG, Bain & Company (très reconnu sur ces sujets, en particulier avec les fonds de Private Equity), mais aussi L.EK. Consulting, Roland Berger, Oliver Wyman, Kearney, Strategy& ou OC&C.

Cette dimension est particulièrement importante dans les opérations menées par des fonds, car ils cherchent non seulement à comprendre la performance actuelle de la cible, mais aussi à vérifier si sa trajectoire future est crédible et défendable.

Chez Training You, nous préparons aussi à cet univers via notre Pack Conseil, qui aide les étudiants à développer les réflexes attendus en cabinet de stratégie : structuration, analyse de marché, logique concurrentielle, raisonnement économique. Pour approfondir ce monde, vous pouvez également écouter notre épisode avec Iryna Kuderska (ex-McKinsey) qui éclaire très bien les exigences du conseil en stratégie et la manière dont ces cabinets abordent les situations complexes.

5) La due diligence opérationnelle : comprendre comment l’entreprise fonctionne vraiment

La due diligence opérationnelle vise à analyser le fonctionnement concret de l’entreprise : ses process, sa supply chain, son organisation, sa production, sa logistique, ses capacités de delivery et, plus largement, sa capacité à exécuter son modèle économique.

C’est une due diligence très importante, car une entreprise peut sembler attractive sur le papier, tout en étant beaucoup plus fragile dans son exécution quotidienne. Une dépendance forte à un fournisseur, des process peu industrialisés, un outil de production saturé ou une organisation trop centralisée peuvent remettre en cause la création de valeur espérée après l’acquisition.

Selon les opérations, cette revue peut être menée par des équipes internes de conseil en opérations ou par des cabinets spécialisés comme AlixPartners, Accenture ou Capgemini Invent sur certains projets de performance ou d’intégration.

Pour les profils attirés par les environnements industriels, les sujets de transformation ou la création de valeur post-deal, cette dimension opérationnelle est particulièrement intéressante, car elle se situe à la frontière entre la transaction et la transformation.

6) La due diligence RH et sociale : mesurer les fragilités humaines de la cible

Une acquisition ne porte jamais uniquement sur des actifs financiers ou des contrats. Elle porte aussi sur des équipes, une culture, des modes de management, des engagements sociaux et parfois des dépendances très fortes à certaines personnes-clés.

La due diligence RH et sociale permet donc d’analyser les contrats de travail, les engagements sociaux, les risques liés à certains dirigeants, la structure des rémunérations, les enjeux de rétention, le climat social ou encore les problématiques de retraite et de pensions selon les pays et les secteurs.

Ce type de revue peut être mené par des équipes RH / reward / pensions au sein des Big 4, par des cabinets de conseil spécialisés comme Mercer, Aon, WTW, ou par les équipes de droit social des grands cabinets d’avocats lorsqu’il s’agit de sécuriser le volet juridique et social de la transaction.

Cette due diligence est souvent sous-estimée par les étudiants, alors qu’elle peut être décisive. Une acquisition techniquement cohérente peut échouer si l’intégration humaine est mal anticipée ou si la cible repose excessivement sur quelques profils impossibles à retenir.

7) La due diligence IT, technologique et cyber : un enjeu devenu central

Dans de nombreux secteurs, la valeur d’une entreprise dépend aujourd’hui fortement de la qualité de son système d’information, de sa stack technologique, de sa cybersécurité et de sa gouvernance des données. C’est pourquoi la due diligence IT et cyber a pris une place croissante dans les opérations M&A.

Elle consiste à analyser l’architecture informatique, les outils critiques, la dépendance à certains prestataires, la qualité des infrastructures, la dette technique, la robustesse des procédures de sécurité, les risques de compromission ou encore la conformité en matière de données personnelles.

Sur ces sujets, on retrouve souvent les équipes spécialisées des Big 4, mais aussi des acteurs comme Accenture, Capgemini, Wavestone, Sia, Alvarez & Marsal, FTI Consulting ou certains cabinets spécialisés en cybersécurité et en technology due diligence.

Cette dimension est particulièrement importante dans les deals tech, software, services digitaux ou dans toute activité où la continuité opérationnelle dépend fortement des systèmes. Aujourd’hui, un risque cyber mal appréhendé peut devenir un vrai sujet de valorisation, voire un point de blocage dans une transaction.

8) La due diligence ESG et compliance : un volet de plus en plus structurant

Enfin, les opérations M&A intègrent de plus en plus des analyses ESG et compliance. L’objectif est d’identifier les risques liés à la durabilité, à la gouvernance, à la réputation, à la chaîne d’approvisionnement, aux sujets réglementaires, à l’anticorruption ou encore à certaines pratiques sociales ou environnementales.

Pendant longtemps, ces sujets étaient parfois traités de manière périphérique. Ce n’est plus vraiment le cas. Dans certains secteurs ou pour certains investisseurs, ils deviennent désormais une partie intégrante de la due diligence, au même titre que la finance ou le juridique.

Ces travaux peuvent être menés par les équipes ESG des Big 4, par des cabinets spécialisés comme ERM, South Pole, EcoVadis sur certains volets, ou encore par des cabinets de conseil et d’avocats lorsqu’il s’agit d’analyser des enjeux réglementaires, réputationnels ou de conformité.

Là encore, il faut comprendre la logique de fond : un risque ESG ou compliance n’est pas seulement un sujet d’image. Il peut affecter la croissance future, entraîner des coûts de mise en conformité, dégrader la rentabilité ou exposer l’acquéreur à des risques juridiques et réputationnels importants. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez visionner notre podcast avec Arthur Angelier (EY-Parthenon) qui accompagne les acteurs de la mobilité, du transport et des infrastructures pour se décarboner, s’adapter au changement climatique et piloter leur trajectoire durable.

Conclusion

La due diligence en M&A ne se résume donc pas à un simple audit financier. Elle correspond à une lecture multidimensionnelle de la cible, mobilisant plusieurs expertises : finance, fiscal, juridique, commercial, opérationnel, RH, IT, cyber, ESG et compliance.

Il faut aussi distinguer deux grandes approches.

  • La buyer due diligence est menée pour le compte de l’acheteur. Son objectif est de tester la cible, d’identifier les risques, de documenter les points d’attention et d’éclairer la décision d’investissement
  • La vendor due diligence, à l’inverse, est préparée en amont par le vendeur. Elle vise à présenter une vision indépendante et structurée de l’entreprise, à fluidifier le process et à rassurer les acheteurs potentiels. Elle est particulièrement fréquente dans les process organisés, notamment en Private Equity.

Cette distinction est importante car le même actif peut être analysé différemment selon le camp dans lequel on se place. Le vendeur cherche à réduire l’incertitude et à défendre sa trajectoire. L’acheteur cherche au contraire à tester les hypothèses et à identifier tout ce qui pourrait justifier une révision du prix ou des protections supplémentaires.

Pour bien comprendre une acquisition, il faut donc raisonner de manière globale. C’est justement ce qui rend ces métiers aussi passionnants : ils se situent au croisement de la finance, de la stratégie, du juridique et de l’analyse opérationnelle.

Chez Training You, nous accompagnons les étudiants qui veulent se préparer à ces univers, qu’il s’agisse du Transaction Services avec notre cours dédié dispensé par un professionnel de EY-Parthenon, ou du Conseil en stratégie avec notre Pack Conseil.

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Les 10 cabinets où travailler en Transaction Services en France

Le Transaction Services ou « TS » est un métier de conseil financier (« Services ») qui s’exerce dans le cadre d’une transaction (« Transaction »). Concrètement, les professionnels du Transaction Services : Vérifient les chiffres historiques de la cible et les retraitent si nécessaire Analysent les risques financiers liés à la transaction Rédigent (en « sell-side ») ou challengent (en « buy-side ») un rapport de due diligence financière Le Transaction Services s’exerce au sein d’un cabinet. Ce cabinet peut être un cabinet d’audit (par exemple ceux du « Big 4 ») qui possèdent aussi des équipes dédiées au TS, soit un cabinet spécialisé dans les services financiers.  1) KPMG KPMG est un cabinet international d'audit et de conseil, fondé en 1922 mais qui résulte d’une fusion plus récente en 1987 entre « Peat Marwick International » et « Klynveld Main Goerdeler ». Le cabinet fait partie du « Big 4 » (avec Deloitte, EY et PwC). 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Dans le classement CFNEWS pour les acteurs du TS en 2023 en France, PwC se place deuxième avec 192 mandats (juste derrière KPMG). De plus, PwC est le leader pour les opérations M&A. En 2023, le cabinet a par exemple conseillé sur l'augmentation de capital du Paris Saint-Germain (qui a accueilli le fonds américain Arctos Partners comme actionnaire minoritaire) ou la reprise par Carrefour des 175 enseignes Cora et Match en France auprès du belge Louis Delhaize. 3) EY EY est un cabinet international d'audit et de conseil dont les origines remontent au 19ème siècle. Précisément, le cabinet est issu de fusions successives entre plusieurs cabinets d’audits américains et britanniques jusqu’à la création en 1989 d’Ernst & Young (qui est aujourd’hui dénommé plus sobrement « EY »). EY est aussi un membre du « Big 4 » (avec Deloitte, KPMG et PwC). EY est l’un des leaders des Transaction Services en France. Selon CFNEWS, EY est 5ème du classement des conseils en due diligence financière en 2023. Cependant, le cabinet est le leader sur le segment Mid Cap. EY a par exemple conseillé sur le refinancement du Groupe Premium et le nouveau LBO de Constantia Flexibles mené par le fonds américain One Rock CP auprès de Wendel. Regardez notre conversation avec Alexis Fontana, Senior Manager en Transaction Services chez EY, qui explique tout sur le métier et son quotidien au sein d'EY  4) Deloitte Deloitte est un cabinet international d'audit et de conseil, fondé à Londres en 1845 par William Deloitte. La version actuelle du cabinet est ensuite issue de fusions successives entre plusieurs cabinets d’audits jusqu’à la création en 1989 de Deloitte Ross Tohmatsu (qui sera renommé « Deloitte » en 2003). Deloitte fait partie du « Big 4 » (avec EY, KPMG et PwC). Dans le classement CFNEWS de 2023, Deloitte occupe la 4ème place avec 170 mandats. Le cabinet est intervenu sur de nombreuses opérations avec des fonds d’investissement. Comme la prise de participation de Ardian dans la plateforme européenne de gestion des déchets Attero ou la cession par Antin de l'espagnol Lyntia Networks. 5) Mazars Mazars est un cabinet international spécialisé dans l'audit, la fiscalité et le conseil financier. Ses origines sont françaises ! Le cabinet a été créé en 1945 par Robert Mazars à Rouen. Son développement à l’international a ensuite débuté à partir des années 1970 avec l’ouverture de bureaux en Allemagne et en Espagne. Aujourd’hui, Mazars occupe en Europe la 5ème place, juste derrière les membres du « Big 4 ». Dans le classement CFNEWS, Mazars se positionne en 6ème position avec 138 mandats. Il est cependant 4ème pour les opérations M&A, juste devant EY. En 2023, le cabinet français a par exemple conseillé sur la reprise par Canal + du bouquet de chaînes payantes OCS et d’Orange Studio auprès d’Orange, l’OBO sponsorless de Advancy (qui permet à certains collaborateurs d’intégrer le capital du cabinet) ou l’entrée de BNP Paribas Développement et Bpifrance au capital de Alliaserv. 6) Eight Advisory Eight Advisory est un cabinet paneuropéen de conseil financier, opérationnel et stratégique. Il conseille ses clients dans trois principaux domaines : Transactions, Restructurations et Transformations à l'international. La création de Eight Advisory a lieu en 2009 quand plusieurs associés de EY décident de quitter le « Big 4 » en pleine crise financière. Ces associés « frondeurs » mettaient en cause la place prépondérante de l’audit et du commissariat au compte chez EY par rapport à d’autres métiers, dont celui du Transaction Services. 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Le cabinet est par exemple intervenu sur le LBO de Banook avec Motion Equity Partners (qui relaie le fonds Turenne Santé), l’entrée de Capza au capital de Neo2 (toujours auprès de Turenne) ou la prise de participation par Carlyle au capital de Prophecy (auprès de IK Partners). Dans un épisode de notre podcast "Career Insights", Cédric Zana, Managing Director en Transaction Services chez Alvarez & Marsal , nous partage tout sur le métier et les particularités du cabinet, et sa croissance en France  8) Accuracy Accuracy est un cabinet de conseil aux dirigeants d’entreprise, fondé en 2004 par Frédéric Duponchel aux côtés de six autres associés, des anciens comme lui d’Arthur Andersen. Au départ, l’objectif est de proposer une alternative aux cabinets du « Big 4 » mais avec une qualité de service capable de rivaliser avec eux. Aujourd’hui, Accuracy propose des conseils dans 4 domaines : Transactions, Situations de litige et de crise, Stratégie financière des entreprises et Amélioration de la performance. Dans le classement CFNEWS de 2023 pour les conseils TS, Accuracy est 15ème avec 39 mandats. Le cabinet a par exemple conseillé sur l’entrée de Ardian au capital du groupement de cliniques vétérinaires Mon Véto ou l’augmentation de capital du spécialiste de la valorisation de la donnée ChapsVision. Charlotte Abecassis, MSenior Associate chez Accuracy , nous fait découvrir le conseil financier chez Accuracy et partage ses conseils pour intégrer le cabinet  9) Grant Thornton Grant Thornton est un cabinet d'audit et de conseil financier, issu du rapprochement de plusieurs cabinets d’audit, dont Thornton and Thornton (fondé en 1904 à Oxford) et Alexander Grant & Co (fondé à Chicago en 1926 par le comptable Alexander Richardson Grant). Dans le classement 2023 des conseils en TS publié par CFNEWS, Grant Thornton prend la 9ème place avec 77 mandats. Pendant l’année, le cabinet est intervenu sur plusieurs opérations. Dont le LBO secondaire sur Iagona mené par IRD Invest ou le MBO sponsorless sur ACS Solutions soutenu par Indigo Capital. 10) Advance Capital Advance Capital est un cabinet de conseil fondé à Lyon par Olivier Poncin et Arnaud Vergnole (deux anciens de PwC) en 2007 qui accompagne les entreprises dans leur développement, avant et après les transactions. Concrètement, Advance Capital exerce 4 métiers : Transaction Services , Transformation (lancement en 2018), Restructuring (activité lancée en 2020) et Evaluation. Dans le classement 2023 des conseils en TS publié par CFNEWS, Advance Capital est 8ème avec 89 mandats. En 2023, Advance Capital a par exemple conseillé sur l’acquisition par Alizon du spécialiste de la location financière dédiée à la santé Infimed à Turenne Groupe ou la réorganisation du capital de Lumiplan (avec l’arrivée d’InnovaFonds et Bpifrance). Vous souhaitez faire un stage en Transaction Services ? Tous ces cabinets peuvent vous accueillir. Mais les process de recrutement en Transaction Services sont exigeants. Il faut comprendre le métier, connaître le cabinet dans lequel vous candidatez et maîtriser les notions techniques utilisées par les professionnels en Transaction Services. Pour vous aider, Training You a été fondé par deux anciens banquiers de Lazard qui connaissent les process de recrutement, les questions de fit et techniques régulièrement posées et comment y répondre. 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Par Guillaume Pommier

8 min de lecture

Entreprise
EY-Parthenon vs MBB : Le comparatif ultime pour choisir votre cabinet de conseil en stratégie

Et si le vrai dilemme n’était pas prestige vs second choix ? Dans la tête de nombreux candidats, le match semble plié : MBB = élite absolue, EY-Parthenon serait une alternative “juste en dessous”. Erreur. Le vrai sujet n’a jamais été celui du prestige. Il s’agit de choisir entre deux modèles de conseil radicalement différents, deux trajectoires professionnelles qui n’attirent pas les mêmes profils, n’offrent pas les mêmes missions et ne préparent pas aux mêmes carrières. EY-Parthenon tire sa force d’un positionnement unique : stratégie + transactions + accès total à l’écosystème EY. Un cocktail que les MBB ne peuvent pas répliquer. Résultat : le cabinet est devenu l’un des leaders mondiaux de la due diligence et un accélérateur naturel vers le Private Equity Mid Cap. De leur côté, McKinsey, BCG et Bain offrent la plus grande diversité de missions stratégiques au monde, une exposition client inégalée et un prestige qui continue d’ouvrir des portes rares, notamment vers les gros fonds d'investissement. Alors, EY-Parthenon ou MBB ? La réponse dépend de ce que vous voulez devenir. Voici le guide le plus complet pour décider. 1. EY-Parthenon : un modèle unique dans le conseil en stratégie EY-Parthenon naît en 1991 sous l’impulsion de deux anciens Partners de Bain & Company qui voulaient créer un cabinet de stratégie “pur”, agile et entrepreneurial. L’intégration dans EY en 2014 change l’équation : le cabinet conserve son ADN stratégique tout en accédant à la force de frappe d’un Big 4. Aujourd’hui : 25 000 consultants dans 150 pays Une croissance organique impressionnante Plus de 160 Partners issus des MBB Un positionnement centré sur la stratégie et les transactions Ce dernier point est crucial : EY-Parthenon ne cherche pas à être un McKinsey bis, mais à créer la meilleure plateforme mondiale de stratégie transactionnelle. Un point important pour les candidats : EY-Parthenon recrute au même niveau d’exigence que les MBB. Les entretiens sont rigoureux, les études de cas pointues, le niveau académique attendu très élevé. Le cabinet attire des profils qui auraient pu aller en MBB, mais qui préfèrent un modèle plus transactionnel, plus opérationnel et souvent plus équilibré. 2. La force cachée : l’écosystème EY C’est ici que tout change. MBB = stratégie pure.EY-Parthenon = stratégie + accès aux 400 000 experts EY. Prenons une mission réelle de Private Equity (cas classique) : Un fonds Mid Cap veut acquérir une entreprise industrielle. Les MBB vont : Analyser le marché Challenger le Business Plan Evaluer les leviers de croissance Définir les risques sectoriels EY-Parthenon va faire tout cela, mais aussi : Mobiliser les fiscalistes EY pour optimiser la structure du deal Embarquer les équipes Transaction Services pour analyser les comptes Intégrer les experts cybersécurité pour auditer l’IT Impliquer l’équipe M&A pour structurer ou challenger l’opération En un mot : une approche one-stop-shop impossible chez les MBB. Pourquoi les clients apprécient ? Parce qu’ils obtiennent une vision 360º du deal, centralisée, fluide, sans coordination de plusieurs cabinets — ce qui réduit les coûts et les risques. Pourquoi les consultants apprécient ? Parce qu’ils comprennent l’ensemble d’une opération M&A, du business plan à la structuration du deal. Une compétence rare… et très bankable dans le Private Equity. 3. Missions : EY-Parthenon vs MBB, deux mondes différents EY-Parthenon : la puissance transactionnelle Le positionnement du cabinet est clair : ~50 % des missions sont des due diligences pour des fonds de Private Equity Missions courtes (2 à 5 semaines) Analyse intensive 30 à 50 interviews d’experts Travail rythmé, data-driven, orienté décision Le livrable influence directement une décision d’investissement de plusieurs dizaines (ou centaines) de millions d’euros. Exemples de missions typiques : due diligence d’un groupe de retail européen, analyse des synergies sur un carve-out industriel, due diligence commerciale d’un acteur SaaS, étude de marché pour un fonds infra En France, EY-Parthenon possède également des forces sectorielles : Industrie & Mobilité, TMT, Retail & Consumer, Santé, Services financiers, Education, Secteur Public (en forte croissance) MBB : la stratégie corporate dans toute sa profondeur Les MBB interviennent sur des missions : De 3 à 6 mois Orientées transformation stratégique Avec un impact direct sur le futur d’un groupe Exemples de missions MBB : stratégie de croissance Afrique pour un géant agroalimentaire, redéfinition du business model d’un leader tech, lancement d’une nouvelle activité pour un constructeur automobile, programme de transformation digitale d’un grand groupe bancaire Les MBB offrent une exposition directe aux C-levels, une diversité sectorielle exceptionnelle et une compréhension profonde des stratégies corporate 4. Culture, rythme, style de management MBB : intensité et excellence Politique up or out très stricte Feedbacks fréquents Pression constante sur la performance Horaires chargés (60–70h/semaine en moyenne) Déplacements fréquents Rémunération plus élevée, surtout à partir du niveau Manager C’est un environnement idéal pour les profils qui recherchent l’élite, la compétition, l’intensité. EY-Parthenon : exigence + flexibilité Politique up or out plus souple Culture plus horizontale Moins de déplacements Un meilleur work-life balance Une pression moins systématique au quotidien Le rythme reste exigeant, surtout en due diligence, mais plus soutenable et moins politique. 5. Salaires : EY-Parthenon vs MBB (France) Données 2023–2024 (moyenne Paris, source multiples & marché) Niveau EY-Parthenon McKinsey / BCG / Bain Analyst / Consultant 1 52-60k€ + bonus 60-70k€ + bonus Consultant / Senior Consultant 65-85k€ 80-100k€ Manager 100-140k€ 130-180k€ Senior Manager / Associate Partner 150-220k€ 200-300k€ Partner ~300-500k€ 500-1 000k€+ Conclusion : Les MBB paient mieux, et l’écart se creuse significativement à partir du niveau Manager. Mais EY-Parthenon offre un meilleur équilibre entre rémunération et qualité de vie. 6. Sorties : Private Equity, Corporate Development, MBB, etc. Sorties naturelles EY-Parthenon Grâce à l’exposition massive aux transactions, les consultants EY-Parthenon sortent naturellement vers : Private Equity Mid Cap (PAI MidCap, Ardian Expansion, Eurazeo, LBO France, …) Corporate Development (stratégie + M&A interne) Start-up / scale-up (rôles stratégiques ou opérationnels) Fonds infra / fonds spécialisés Les due diligences sont un atout énorme : les recruteurs savent que vous savez évaluer une entreprise rapidement. Sorties naturelles MBB Les MBB dominent clairement sur : Gros fonds PE (KKR, Blackstone, Apollo, Carlyle…) Hedge Funds global macro Stratégie interne C-level des grands groupes Postes de direction dans la tech VC internationaux Lancement de start-up Le prestige du logo joue encore un rôle puissant. Mouvements latéraux EYP → MBB : fréquent après 1–2 ans (bon tremplin) MBB → EYP : existe aussi, souvent pour un meilleur équilibre ou pour se spécialiser dans le transactions-driven consulting 7. Le tableau comparatif : EY-Parthenon vs MBB Critère EY-Parthenon McKinsey / BCG / Bain Type de missions Due diligence, transactions, stratégie PE Stratégie corporate, transformations Durée des missions 2–5 semaines 3–6 mois Secteurs forts Industrie, Retail, TMT, Santé, Services financiers Tous, très variés Culture Flexible, intégrée, moins politique Très exigeante, “up or out” Exposition client Forte mais souvent mid-cap C-level, grandes multinationales Rémunération Compétitive mais inférieure La meilleure du marché Work-life balance Meilleur que MBB Plus intense Sorties naturelles PE Mid Cap, Corp Dev, TS, M&A interne Gros fonds, Hedge funds, stratégie globale Forces Expertise transactionnelle unique, effet EY Prestigieux, diversité, alumni power Limites Process internes lourds Intensité élevée, politique   8. EY-Parthenon ou MBB : que choisir selon votre objectif ? Choisissez EY-Parthenon si : Vous voulez devenir expert des transactions ou du Private Equity Vous aimez les missions courtes et intenses Vous appréciez les environnements Big 4 Vous cherchez un meilleur équilibre de vie Vous voulez comprendre l’intégralité d’un deal, de la stratégie à la structuration Choisissez MBB si : Vous visez l’élite du conseil Vous voulez toucher à toutes les formes de stratégie Vous recherchez des sorties vers les meilleures opportunités mondiales Vous êtes prêts à un rythme très intense Vous voulez maximiser votre progression financière 9. Conclusion : la seule vraie question Ce n’est pas un combat entre “prestige” et “plan B”. C’est un choix entre deux visions du métier de consultant. Voulez-vous devenir un spécialiste des transactions, un expert du Private Equity, un consultant qui comprend les deals de A à Z ? EY-Parthenon est fait pour vous. Ou souhaitez-vous devenir un généraliste de très haut niveau, exposé aux enjeux stratégiques des plus grandes entreprises mondiales ? Alors les MBB sont probablement votre voie naturelle. Le meilleur cabinet est celui qui vous permettra d’aimer vos missions, de progresser plus vite, d’exprimer votre potentiel et d’avancer vers votre carrière rêvée 10. FAQ 1. EY-Parthenon est-il un cabinet de stratégie ? Oui. C’est l’un des leaders mondiaux de la stratégie transactionnelle, intégré à EY. 2. EY-Parthenon est-il moins prestigieux que les MBB ? Pas moins prestigieux : simplement différent. Le positionnement stratégique n’est pas le même. 3. Les salaires chez EY-Parthenon sont-ils compétitifs ? Oui, mais légèrement inférieurs à ceux des MBB, surtout en seniorité. 4. Est-ce un bon tremplin pour le Private Equity ? L’un des meilleurs, surtout pour le Mid Cap. 5. Les sorties vers les plus gros fonds sont-elles possibles ? Oui, mais plus accessibles depuis les MBB. 6. Comment se préparer aux entretiens EY-Parthenon ? Avec un mix : étude de cas, due diligence, market sizing et fit. C’est d’ailleurs ce que nous entraînons chez Training You. Training You accompagne les candidats dans leur préparation aux cabinets de conseil stratégique, qu'il s'agisse d'EY Parthenon, des MBB ou d'autres cabinets de premier plan. Pour en apprendre plus sur EY Parthénon : Notre page entreprise complète sur EY Parthenon  Nicolas Debeuf, Partner chez EY-Parthenon, dans le « Career Insights » :  Arthur Angelier, Partner chez EY et expert en Transition Energétique, dans le « Career Insights » :    Découvrir nos formations en Conseil


Par Training You

9 min de lecture

Retour d'expérience
Pourquoi débuter sa carrière en Transaction Services ?

« Dans une transaction, le M&A est le « chef d'orchestre ». Il coordonne l’action des différents acteurs qui interviennent sur le deal : les consultants en stratégie, les avocats, les fiscalistes, etc. Le Transaction Services a un rôle plus spécifique qui consiste à produire un rapport de due diligence financière. Son objectif est double : qualifier l'information financière et identifier les zones de risque » Edouard Léger était Deputy Manager en Transaction Services chez Deloitte. Il est maintenant chez EY. Diplômé de l’ESSEC, il a réalisé plusieurs stages (Conseil interne chez EDF, M&A chez Adviso Partners, Private Equity chez 21 Invest) avant de débuter sa carrière en Transaction Services, d’abord chez Grant Thornton pendant 2 ans puis chez Deloitte. Dans cet interview, Edouard revient sur son parcours, explique les principales différences entre le Transaction Services et le M&A, parle du processus de recrutement chez Deloitte et donne son point de vue sur les tendances du Transaction Services en 2023. Comment as-tu découvert l'univers du Corporate Finance ? Je l’ai découvert à la fois dans mon premier stage chez EDF Conseil et grâce à mes rencontres à l’ESSEC. Chez EDF, j’ai compris les leviers de création de valeur et de croissance interne d’une grande entreprise. A l’ESSEC, j’ai rencontré des professionnels de ces métiers à l’occasion de plusieurs forums organisés par l’école et mieux compris les leviers de croissance externe des entreprises. Peux-tu nous parler de tes différents stages à l’ESSEC ? D’abord, chez EDF Conseil, j'ai travaillé sur deux missions : la refonte des processus organisationnels pour la Direction des achats (quand acheter et quand faire en interne) et les impacts des nouveaux tarifs réglementés de l’énergie pour la Direction marketing. Ensuite, chez Adviso Partners en M&A, j'ai travaillé sur des missions d'origination avec la réalisation de plusieurs pitchs et sur une exécution, la restructuration du holding Financière Turenne Lafayette (connu pour sa marque William Saurin). Enfin, chez 21 Invest en Private Equity, j’ai analysé des projets d'investissement, suivi les entreprises du portefeuille et géré certaines tâches statistiques en interne. Suite à ces stages, pourquoi et comment as-tu rejoint Grand Thornton en Transaction Services ? Deux facteurs ont guidé mon choix. Premièrement, je souhaitais rester dans le Conseil plutôt que passer côté « investisseurs ». Deuxièmement, j'étais attiré par la dimension technique du Transaction Services, avec l’étudie des chiffres et la compréhension du Business Model de l’entreprise d'un point de vue financier. J'ai rencontré des professionnels de Grant Thornton lors d’un forum à l'ESSEC et j'ai eu un excellent fit avec eux. Ils m'ont fait une offre et j'ai accepté sans hésitation. Peux-tu nous expliquer les différences entre le Transaction Services et le M&A ? Dans une transaction, le M&A est le « chef d'orchestre ». Il coordonne l’action des différents acteurs qui interviennent sur le deal : les consultants en stratégie, les avocats, les fiscalistes, etc. Le Transaction Services a un rôle plus spécifique qui consiste à produire un rapport de due diligence financière. Son objectif est double : qualifier l'information financière et identifier les zones de risque. Nous produisons des rapports, à la vente ou à l'achat, qui se concentrent principalement sur deux analyses : la « Quality of Earnings » (QoE) et la « Quality of Debt » (QoD). La QoE est une normalisation de l'EBITDA, l’agrégat de référence du compte de résultat. La QoD est une normalisation de la dette nette, un indicateur de référence du bilan. Pourquoi as-tu changé de cabinet après deux ans chez Grand Thornton ? D’abord, j’aime la puissance de la marque Deloitte. Grand Thornton est bien établi, notamment aux États-Unis, mais Deloitte a une plus grande reconnaissance de marque en Europe et en France. Ensuite, je voulais travailler sur des deals plus internationaux, de type « cross-border ». Or, Grand Thornton se concentre plutôt sur des transactions franco-françaises. Enfin, la diversité de clients et de missions chez Deloitte m'intéressait. Par exemple, j'ai travaillé pour un grand groupe aéronautique français cherchant à faire une acquisition à l'étranger, sur des sujets d'infrastructures d'énergies renouvelables ou sur des levées de fonds pour des startups du secteur de la santé. Quels profils Deloitte recherche-t-il en Transaction Services ? Deloitte cible généralement les diplômés des écoles de commerce et d'ingénieurs du Top 10 et certains profils plus techniques issus de bonnes universités. Pour les expériences professionnelles, deux types d'expériences se valorise. D'abord, une expérience « technique » (Contrôle de Gestion, Audit) qui donne une forte compréhension des chiffres financiers d’une entreprise. Ensuite, une expérience plus « stratégique » (bras droit du CEO en startup ou en Conseil en stratégie) qui permet de bien comprendre le Business Model des sociétés. Enfin, certaines compétences se valorisent comme la communication car une grande partie du travail se fait en équipe ou la capacité d'initiative (création d’une association, participation à des activités sportives ou associatives pendant les études) car cela montre que le candidat sera proactif dans l’équipe. Quelles questions techniques reviennent le plus souvent en entretien ? C’est assez similaire au M&A ou PE. L'idée est de vérifier si le candidat a une bonne compréhension des relations financières et comptables entre les différents états financiers. Dans un premier temps, nous attendons des candidats qu’ils comprennent comment les activités d'une entreprise se matérialisent dans ses états financiers. Par exemple, comment une entreprise facture et comment cela se traduit en chiffre d’affaires ? Comment ses coûts sont-ils représentés ? Dans un second temps, nous allons un peu plus loin et posons des questions techniques plus précises. Par exemple, comment on normalise la dette nette ? Ces questions requièrent une certaine préparation car elles sont assez spécifiques. La plateforme Training You peut vous aider ! L'important, c’est de ne pas réciter par cœur une liste d'ajustements mais de les comprendre et les expliquer avec des exemples concrets. Peux-tu nous parler de ta journée type en tant que junior en Transaction Services ? Pour les juniors, la journée commence avec la construction d'un Data Book qui recense les principales informations comptables de la société. Cela implique la réception des documents sur une plateforme en ligne, en particulier les balances générales comptables. L’analyste va « mapper » les comptes, c'est-à-dire assigner une nomenclature aux comptes de la balance générale pour reconstituer les états financiers. Puis, il y a généralement un point avec le Manager sur les difficultés rencontrées et la compréhension des chiffres. Dans l'après-midi, le junior se concentre davantage sur la rédaction des slides. En fin de journée, il suit l'avancement du projet et peut participer à une réunion avec le client. Pour les managers, la journée inclut la supervision du travail des juniors et des interactions plus directes avec les clients et autres parties prenantes du deal. Actuellement, le secteur fait face à un ralentissement. L’activité chez Deloitte est-elle impactée ? Le marché du M&A connaît actuellement une certaine incertitude, notamment en raison de la remontée des taux directeurs en Europe et du contexte géopolitique instable. L'Ukraine et la Chine sont deux exemples de zones où les tensions peuvent affecter le marché. En dépit de cela, l'impact sur Deloitte a été modéré. Bien que le dealflow est plus léger en ce moment, nous avons beaucoup de nouveaux projets, en particulier dans des secteurs très actifs comme la santé et la technologie. Qu’en est-il du recrutement ? Ces circonstances n'ont pas d'impact significatif. Nous continuons de recruter pour soutenir notre activité. Quelles sont les voies possibles après une expérience en Transaction Services ? D’abord, le Private Equity est souvent la voie privilégiée. Autour de moi, plusieurs collègues ont rejoint un fonds d'investissement. Ensuite, des postes en Direction financière ou Corporate M&A dans les entreprises sont aussi accessibles. Puis, le M&A est aussi une option solide. Certains réussissent à faire ce « move » entre le TS et une boutique M&A. Enfin, l'entrepreneuriat représente une alternative intéressante. Certains collègues sont partis pour monter leur propre entreprise. Pour aller plus loin, retrouvez notre épisode de "Career Insights" avec Alexis Fontana, senior manager en Transaction Services chez EY:  Vous souhaitez travailler en Transaction Services ? Les recrutements sont très techniques. C’est important d’être bien préparé ! Pour vous aider, Training You est la 1ère plateforme de préparation aux entretiens en M&A/Corporate Finance. La plateforme contient plus de 50 heures de formation pour tout réviser et être au prêt le jour J : des cours pour préparer le fit et réviser la technique financière, des exercices et cas pratiques pour pratiquer à votre rythme, des fiches sur les grands cabinets pour vous acculturer au secteur et des podcasts avec des professionnels du secteur pour obtenir des retours d’expériences. Découvrir les cours de la plateforme


Par Ziad Sebti

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